‹ Origines du culte chrétienChapitre 15 sur 52 · FORMULBS ET LIVRES LITURGIQUES · texte numérisé non relu

FORMULBS ET LIVRES LITURGIQUES

il était déjà introduit à Césarée de Cappadoce. Sous

Théodose, la pèlerine Silvia nous montre à Jérusalem

des réunions nocturnes tout à fait semblables à celles

d'Antioche et de Césarée : Tantiphone y a sa place à

côté de l'ancienne psalmodie par répons : psalmi res-

ponduntiÀT (sic), similiter et antiphonae. Saint Ambroise

fitdopta cet usage en 387 (1). Il parait avoir mis plus

d^ temps à s'introduire dans l'église romaine : un

texte, il est vrai assez obscur, du Liber pontificalis (2)

c* apporterait cette introduction au temps du pape Cé-

L^stin (422-432).

Telle qu'elle fut adoptée et pratiquée à Rome, l'aiitiphone comportait le chant alternatif de tout un saume ; tous les versets étaient chantés sur le même ir, mais l'air variait d'un psaume à l'autre. Avant ^'entamer le psaume, on exécutait d'abord quelques jhrases musicales sur des paroles empruntées géné- Talement au psaume lui-même. C'est ce que nous appelons l'antienne. Elle était sans doute exécutée en solo par un chantre , pour donner le ton à la psalmodie. Une fois le psaume terminé, on la répétait.

Il est clair que le mot antienne n'est qu'une transformation du terme antiphona. Je lui conserverai son acception actuelle; mais je prendrai antiphone dans le sens primitif, celui de psaume exécuté à deux chœurs, y compris la modulation initiale et finale.

On verra bientôt que les antiphones furent adoptées à Rome , non seulement pour î'ofiBce en dehors de la messe , mais pour la messe elle-même , qui en comporte deux, l'antiphone ad introïtum et l'antiphone ad communionem.

Quelle que fût la forme de la psalmodie, il était, au quatrième siècle, d'usage général que le psaume

(1) s. Augustin, Conf,, IV, 7.

se terminât par la doxologie : Gloria Patri et Filio et Spiritui sancto^ sicut erat in principio et mmo et semper et in saecula saeculorum. Amen (1).

De même que les formules de prière, les pièces de chant furent de bonne heure arrêtées et réparties suivant les jours et les fêtes. De là des livres spéciaux. A Rome , outre les livres qui serraient aux offices de jour ou de nuit, il y avait, pour Tusage liturgique proprement dit , pour la messe , deux livres distincts : le Cantatorium (2) et Y Antiphonarium, Le premier servait au diacre (plus tard au chantre) qui exécutait à Tambon le graduel et les chants assimilés; Tautre était un livre de chœur : il demeurait au lieu où se i^-ubM \dL schola cantorum\' on y trouvait, pour chaque jour de Tannée, outre les deux antiphones déjà mentionnées , les autres chants de la messe , TofFertoire , le Gloria in eœcelsis, etc. Pour les antiphones, il n'y avait qu'à marquer les antiennes. L'antienne donnait le ton du psaume; les choristes ou bien avaient un psautier entre les mains , ou bien savaient le psaume par cœur, de sorte qu'il était inutile de Técrire dans l'antiphonaire.

Actuellement la psalmodie antiphonique s'exécute tantôt avec un mouvement rapide, tantôt avec un mouvement plus lent et une modulation plus compliquée. Ce dernier système est presque exclusivement réservé à l'antiphone de l'introït; l'autre est d'un usage général dans la psalmodie de l'office. Il est à croire qu'à l'origine le mouvement lent était plus ordinairement suivi. On a réduit progressivement toutes les parties du service divin, prières, lectures, chants.

(1) C'est la formule romaine. Les petites variantes des autres usages seront marquées ailleurs.

(2) Ordo Rom., I, 10; Amalaire, De officiis, 2* prologue; De or(U antiphonarii j prol.

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