FOBMULBS ET LITRES LITURGIQUES
Mais c'est le chant qui a subi le plus de suppressions. On le voit bien par les antiphones de la messe; dans Tune d^elles, rintroït, le psaume s*est réduit à un seul verset suivi de la doxologie ; il a disparu tout à fait de l'antiphone ad communionem.
Outre les psaumes exécutés entre les lectures et les antiphones de la messe romaine , le service eucharistique comporte d'autres chants, dont il sera question plus loin. Tous, sauf celui du Sanctus, sont relativement peu anciens. Encore, pour le Sanctus^ faut-il distinguer entre les paroles et Texécution musicale. L'usage de réciter à ce moment, en commun et à haute voix , Thymne des Séraphins remonte à la même antiquité que le thème général de la préface et du canon. Quant à l'application d'une mélodie sur ces paroles, elle est peut-être postérieure.
Sous le nom de chants liturgiques, je n'entends point comprendre les récitatifs en usage pour les lectures ou pour les prières prononcées à haute voix. Ces récitatifs peuvent être très anciens. Ils ont dû s'introduire aussitôt que, les assemblées chrétiennes étant devenues très nombreuses, il devint difficile à l'officiant ou au lecteur de s'y faire entendre. Les flexions de la voix servirent à scander le texte et à donner ainsi plus de relief à l'intonation. Mais les légères modulations qui sortirent de là se rapprochent plutôt de la lecture accentuée que du chant proprement dit.
C'est à la même cause, à la difficulté de soutenir, dans une vaste enceinte, une intonation élevée, que doit se rattacher l'usage de prononcer à voix tasse certaines formules qui ont été évidemment composées pour êtr^ entendues de tout le monde, lia messe romaine en a deux, l'oraison appelée secrète, avant la préface, et le canon depuis le
112 ORIGIMBS DU CULTE GHllâTIBN.
Sanctm. Dans les usages orientaux, beaucoup d'autres formules de prière sont prononcées à voix basse par Tofficiant. Mais dans tous les pays ces formules se terminent par ce que les Grecs appellent une ekphonèse (èjctpoivYicriç) , c'est-à-dire par une finale prononcée tout haut, de sorte que l'assistance^ peut répondre Amen.