CHAPITRE VU
LA KESSE GALLICANE*.
L'usage gallican ayaat à peu près disparu , il serait difficile de se faire de visu une idée de ce qu'étaient autrefois les cérémonies de la messe solennelle dans les églises de ce rit. Heureusement saint Germain de Part ris (f 576) nous en a laissé une description assez précise et bien plus ancienne que les ordines romains. Je me bornerai donc à suivre ce vénérable auteur, en reproduisant son texte (1) et en le confrontant avec les autres documents de Tancien usage gallican , c'est-àdire le missel mozarabique, les livres liturgiques de la Gaule mérovingienne, de la Bretagne et de Fltalie du nord. Gomme les texte» gallicans sont moins connus et moins acccessibles que les textes romains, je crois devoir intercaler dans ma description toutes les formules de prière et de chant que comporte la messe: gallicane. A cet efifet , je choisis ceux de la fête de; Noël et je les prends dans leMissale Gothicum^ Goaune
(1) Dans cette reproduction je me borne aux phrases ou parties de phrase oti le rite est décrit. Quant aux explications symboliques , comme elles n'intéressent pas directement mon étude, je renvoie 1« lecteur à l'édition de Martène {Thésaurus , t. V ; Migne , P, L., t. LXXII). Çà et là je corrige les fautes de transcription les plus «évidentes.
(LdiafESBE CkàLLIGANB. 161
oe bvre ne contient pas les pièces de chant, j'em-
j^runte celles-ci an missel mozarabique.
£n suivant cette description , on aura une idée à peu près «exaote de ce que pouvait être une messe solennelle au sixième siècle, à Milan, à Arles, à Tolède, à Paris.
1* Entrée de révoque officiant.
Germain : Antiphona ad praelegendum caniPur.,. JPmllmtibus clericis procedit sacerdos in specie Christi de sacrario.
Cette antiplione est destinée uniquement à rehausser la pompe de rentrée des ministres sacrés. Elle correspond , dans la liturgie byzantine , au chant ûu 'Movoyev^ç , dans la liturgie romaine à l'Introït. A Milan, elle porte le nom àilngressa; à Tolède, celui ^*Officium, Voici ro/^cmm mozarabîque pour la messe de Noël (1).
AUeluia! Benedictus qui venit, alléluia, iu Domine Domini. AlMiria ! AUeluia !
p. Oeus Dominas et illuxit nobis.
-% In nomine Domini.
j^. Gloria et honor Patri et Filio et Spiritui sancto iu saecula *^eculopum. Ameu.
I|. In nomine Domini.
tGcRMAiN : Silentitnn diacorms anrmntiat... Sacerdos ^^^eo daPwr populo ut dum ille benedicit plébem^ dé' ^^^fës : Dominus sit semper vobiscum, ab onmibus benê- ^icaPur dicentibus : Et cum spiritu tuo.
Le diacre fait faire silence ; la formule mozarabique
(f) Ici, comme dans les livres romaine, le psaume est réduit à Un Mû verset. Remarquer aussi la >f6rmule Gloria, et honor P&tri , «rtc. 'Les mots et honor étaient déjà, au septième %iéc}e , dcractéristiques de l'usage espagnol (Conc, Toi., IV, 14).
est : Silentium facite (1). L'évéque salue Tassistance ; la formule conservée par saint Germain est identique à. la formule mozarabique. A Milan, on dit Domintts vobiscv/m , comme à Rome. Saint Germain ne parle du salut qu'à cet endroit, avant les cantiques d'ouverture. C'est aussi la place où se trouve le premier salut dans la liturgie ambrosienne ; dans la liturgie mozarabique il ne vient qu'après la Collecte. Dans ces deux liturgies, chacune des trois leçons (2) est suivie du salut.
2** Les cantiques d'ouverturo.
Germain : Aius vero ante prophetiam pro hoc cani^ tur in graeca lingua quia,.. Incipiente praesule ecclesia Aius psallitf dicens latinum cum graeco,,. Dictum Amen ex hebraeo... Très a/utem parvuli qui ore uno sequentes Kyrie eleison,.. Canticum autem Zachariae pontificis in honorera sancti lohannis Baptistae cantatur,.,; ideo prophetiam quam pater eius ipso nascente cecinit al' ternis vocibus ecclesia psallit.
Il y a trois cantiques , le Trisagion {Aiu^ = "Àyioç), entonné par Tévéque et chanté d'abord en grec, puis en latin ; en second lieu le Kyrie eleison , exécuté par trois enfants; enfin le Benedictus ou « prophétie ». Le Trisagion ne se retrouve, à cette place du moins^ ni dans la liturgie mozarabique ni dans la liturgie milanaise. C'est évidemment une importation orientalOa ou plutôt byzantine. Au temps du deuxième concile de Vaison (529), il n'était encore usité qu^aux « mes-
(1) Dans le missel mozarabique, elle ne se rencontre pas à cet endroit Sur Tinvitation au silence , cf. Grégoire de Tours , H. Fr, , VII , 8 : « Quadam die dominica , postquam diaconus silentium populis ut missae abscultarentur indixit... » Cf. Isidore, De eccl. officiiSy t. X.
(2) Avec cette différence que dans la liturgie mozarabique il précède, dans la litiirgie ambrosienne il suit le répons que Ton chante après la première leçon.
ses publiques. » Le concile (c. 3) ordonna de le chanter à toutes les messes indistinctement.
A la place du Trisagion on trouve, dans les missels mozarabiques et ambrosiens, le Gloria in eœcelsis, qui est ici (1) une importation romaine.
Le second chant est celui du Kyrie eleison, qui s*est conservé dans la liturgie ambrosienne et perdu dans la liturgie mozarabique. A Milan, comme en Gaule, on se borne à chanter trois fois Kyrie eleison. Cette invocation a été introduite en imitation des usages orientaux. Mais dans les liturgies orientales le Kyrie eleison n'est que la réponse du peuple à la litanie diaconale , et, à Rome même , il eut d'abord un lien étroit avec cette même litanie; tandis que, dans le rit gallican, c'est une sorte de cantique absolument isolé de la litanie.
Au temps du concile de Vaison (2) , le Kyrie était encore à peu près inconnu en Gaule , tandis qu'on le
(1) Je dis ici, car il est sûr que le Gloria in excelsis, comme chant ^'office , était connu en Espagne et dans la Haute Italie dès le septième siècle au moins {Conc. ToL, IV, 12; Sacram. galL^ p. 780, ^Urat.). — Le Trisagion est mentionné dans la vie de saint Géry, evéque de Cambrai au septième siècle : « AiuSf aiu« , aius, per tri- ^Um numerum imposuit in nomine Trinitatis » {Anal. Bolland^ t. VII, p. 393).
(2) Concil. VasensBy c. 3 ; « Et quia tam in sede Apostolica quam
6tiam per totas Orientales atque Italiae provincias dulcis et nimium
salutaris consuetudo est intromissa ut Kyrie eleison frequentius cum
^ï'andi affectu et compunctione dicatur; placuit etiam nobis ut in
omnibus ecclesiis nostris ista tam sancta consuetudo et ad matuti-
^um et ad missas et ad vesperam, Deo propitio, intromittatur. Et in
omnibus missis, seu in matutinis» seu in quadragesimalibus, seu in
*llis qqae pro defunctorum commemoratione fiunt , semper Sanctus,
S^nctus , Sanctus , eo ordine quo modo ad missas publicas dicitur ,
^ci debeat; quia tam sancta et tam dulcis et desiderabilis vox,
etiamsi die noctuque possit dici, fastidium non possit generare. »
Le S&nctuSf dont il est ici question, est évidemment le Trisagion, et
non le Sanctus d*après la préface. — Remarquer que le concile ne
nomme pas l'Espagne parmi les pays où le Kyrie eleison était en
usage.
164 0RI0IN8S AU 0UL1S ohuétibn.
chantait déjà à Home et « en Italie » , c'eat-fàrdire à Milan.
Après le Kyrie venait la « Proiph€ftie (1) , » c*esi-àdire le cantic^ue Benediotus jDominus Deus braël (Lojlc , I, 68-79). Dans la liturgie mozarabique il se chaote encore, une fois Tan, le dimanclie madvafitu s. loha/n,ms Baptislae. Il a disparu complètement de la liturgie ambrosienne (2).
Le Trisagion et la Prophétie étaient supprimés pe»daat le Carême, au moins à Paris, et remplacés par lun cantique spécial , qui commençait par les mots Sonotus JDeus Archangelorum (3).
Après la Prophétie, Févéque récitait une oraison analogue soit au cantique lui-mêmie , soit à la fête du jour. C'est ce qu'on appelle la collectio post Prophetiam. Voici le texte du Missale gothicv/m pour la fête de Noël :
Ortus es Dobis, verus Sol iustitiae , lesu Christe; venisti de caelo, humaDi generis Redemptor; erexisti nobis coi'du salutîs (4) , et celsi GreDitoris Proies perpétua , genitus in domo
(1) Mabillon et beaucoup d'autres après lui ont confondu la prophétie avec la leçon prophétique. C-est évidemment de la première, c'est-à-dire du cantique Benedictus^ qu'il est question dans Grégoire de Tours, Hist, Fr., VIII, 7, où l'on voit l'évéque de Saintes, Palladius, entonner la prophétie : « Quo incipiente prophetiam... » •L'évéque célébrant entonnait les cantiques, mais il ne lisait pas les leçons ; c'était l'affaire des lecteurs ou des diacres.
(2) Il y figurait à l'origine, à en juger par le Sacramentaire de Bobbio , qui contient plusieurs fois la rubrique Collectio post Pro^ phetistm.
(3) Germain , ép. II : « Sanctus Deus Archangelorum in Quadrag^simo concinitur et non cantieum Zachariae... Nec Alléluia, in nostra ecclesia , Sanctus , vel Projiïetia , hymnus trium puerorum vel cantieum Rubri maris illis diebus decantantur. » Je pense que par Sanctus il faut entendre le Trisagion. -Cependant il est question., un peu plus haut, d'un cantique Sanctus de caelis, qui est repris à Pâques , avec le cantique de Moïse et V Alléluia , après avoir été interrompu pendant le Carême.
(4) Allusion au cantique Beneâictus. Toute cette prière est remplie de réminiscences de ce genre.
lA ME88I GALLIGAfIB. 985
^^^ Osiid propter priscorum oraoula vatam, propriam voleos absol- Tereplebero et vetusti crimiois delere chiragraphum, ut aeteroae
UK vitAe panderes triumpbum. Ideoque Dunc te quaesumus ut io
^ft misericordiae tuae viscera nostris appareas mentibus, salus aeteroa ; et nos eripiendo ab iniquo hoste iustitiac cultores clfficias; omoique mortis erroné spreto pacis vimii recto itinere
'^^§ gradiaotes, tibî recte servire posaknos, Salvator mundi, qui cura Pâtre et Spiritu «aocto vivis, dominaris et régnas Deus in saecula saeculorum.
3* Les lectures et la psàhnodie.
Germain : Lectio vero Fr&phetica suum tenet ordirvem,
Veteris videlicet TestamenM , corripiens maia et adnun-
^ns futura , ut intelliga/mus ipsum Beum esse qui in
^pketia tonuit quant qui et in Apostolo docuit et in
Svangelico splendore refulsit, Quod enim propheta cla-
^^t futwrum^ apostolus docet facttt/in, Actus autem Apos-
^iorwn vel Apocalypsis lohannis pro novitate gaudvi
P^chalis legu/ntur, servantes ordinem temporum, sicut
^^toria Testamenti Veteris in Quinquagesimo , vel gesta
^^f'nctorum confessorum ac martyrum in solemnitatibufS
^^rum , ut populus intelligat quantum Christus amave-
^^t famulum , dans ei virtutis indicium , quem devota
^iebicula suy,m postulat patronum, Hymnum autem
^'^ium puerorum, quod post lectiones canitu/r,., Ecclesia
^^Tvat ordinem ut inter Benedictionem et Evangelium
^^ctio non (2) intercédât, nisi tantummodo responsorium
9^v^d aparvulis canitur.
Il y avait toujours deux leçons à la messe, l'évangile non compris. La première [lectio prophetica) était 'tirée de TAncien Testament, la seconde des Epitres
(1) Dans le rit milanais actuel, la Collecte est placée avant les Can-
^liqves. Le sacramentaire de Bobfoio suppose qu'elle se disait après.
^hitre certaines collectes po8t prophetiam , il en contient aussi qui
Mie -disaient après le Trisagion {pott Aius) ou après le Gloria in ex-
«elafs.
(2) J'ajoute ici la négation, qui est réclamée par te contexte.
apostoliques. Au temps pascal on lisait aussi l'Apocalypse et les Actes; en Carême les « histoires » de TAncien Testament; aux fêtes des saints le récit da leur vie. Ces indications de saint Germain sont entièrement d'accord avec le lectionnaire de Luxeuil , Tusage mozarabique actuel (1) et la distribution des le- ' çons dans le sacramentaire de Bobbio (2). L'usage de Constantinople au temps de saint Cliiysostome comportait aussi la triple leçon prophétique, apostolique, évangélique (3).
Après les deux premières leçons, suivant saint Germain , on chantait Thymne des trois jeunes gens dans la fournaise, appelé aussi la Bénédiction, du mot Benedicite qui s'y trouve continuellement répété. Puis venait le répons. L'ordre de ces diverses pièces n'est pas le même partout. Les chants sont placés , dans la liturgie mozarabique, entre les deux premières leçons; dans la liturgie mérovingienne, après la leçon apostolique (4). La liturgie milanaise a encore la Bénédiction à certains jours; elle a un répons après la leçon prophétique , un verset accompagné de de V Alléluia après la leçon apostolique; le premier est désigné par le nom de Psalmulus, Voici la for-
Ci) La lecture de l'Apocalypse, aux messes du temps pascal , était , en Espagne, d'usage ancien ; le IV* concile de Tolède (c. 16) menace d'excommunication ceux qui s'abstiendraient de la faire.
(2) Le rit ambrosien a perdu la leçon prophétique , sauf à certains jours. Il l'avait encore au onzième siècle, et on l'empruntait aux Gestes des ssLints le jour de leur fête; ceci résulte des lettres de Paul et Gebehard publiées par Mabillon [Mus, Ital.y 1. 1, part. 2, p. 97) : « Gestis sanctorum quae missarum celebrationibus apud vos interponi soient, » etc. Ces lettres ont été écrites vers l'année 1024.
(3) Hom. XXIX in Act,f app. p. 229. La liturgie arménienne a conservé la leçon prophétique, tombée en désuétude à Constantinople.
(4) Cependant le lectionnaire de Luxeuil indique, au jour de Noël, « Daniel cum benedictione , » c'est-à-dire l'hymne des trois jeunes gens, avant la leçon apostolique. Il est vrai que, dans la messe du Clausum Paschae, il le met après.
LA MBSSB GALLIGANB. 187
mule qui introduit la Bénédiction dans le rit mozarabique (1) :
Daniel Propheta. Tune illi très quasi ex uno ore hjmnum canebant et benedicebant Dominum de fornace , dicentes : Benedictus es Domine , etc.
C'est le texte même de Daniel, III, 51. Le répons de Noël, dans le missel mozarabique, est ainsi disposé :
Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie geuui te. — f, Pete a me et dabo tibi gentes haereditatem tuam et possessionem tuam termines terrae. — ^. Ego hodie genui te.
D'après saint Germain le répons était chanté par des parvuli. Grégoire de Tours nous le montre exécuté par un diacre. L'usage de Tours (2) pouvait être, sur ce point , dififérent de celui de Paris. Vers la fin du sixième siècle , celui de Rome subit , à cet égard, un changement important (3).
A* L'Evangile.
Germain : Tune in adventu sancti Evangelii claro
ff^dulamine denuo psallit clerus Aius... Egreditur pro^
(^sio sancti Evangelii velut potentia Christi Priumphanr
fe de morte, cum praedictis harmoniis et cum septem
^ndelabris luminis , quae sunt septem dona Spiritus
soncti vel v[eteris) legis Iv/mina mysterio crucis confiœa^
^cendens in tribunal analogii (4), velut Christus sedem
^^gni paterni^ ut inde intonet dona vitae, clamantibus
^lericis Gloria tibi Domine ! . . . Sanctus autem quod
^^deunte sancto Evangelio clerus cantate etc.
Cl) Je la prends au premier dimanche de Carême. . (2) Ou d'Orléans. C'est à Orléans que la scène se passe (if. Fr, , ^Xn, 3).
<3) Ci-dessus, p. 162«
^4) L'ambon*
{9% ORIGINES M •CITLTB GltRÉTIBN.
8afint Germain est le seul auteur qui menitioii»© 1 chant du Trisagion comme accompagnant la prcwîeî sion de TEvangile , à Taller et au retour. Mais , dar tomtes les liturgies latines, l'acclamation Gloria tibi D mine est marquée comme étant la réponse de Tassif tance à l'annonce de la leçon évangélique : LecPi sancti Evangelii eecuThdum N.
5» L*homélie.
01SRMAIN : Homiliae autem sanctorum qune legunWA pro sola praedicatione ponuntur ^ ut quicquid Prc pheta, Aposiolus vel Evangelium mandavit, hoc docte vel pastor Ecclesiae apertiori sermone populo praedice ita arte temperans ut nec rusticitas sapientes offendai nec honesta loquacitas obscura rusticis fiât»
L'usage de Tliomélie, après l'Evangile, se coi serva mieux en Gaule qu'à Rome. Les prêtres pr( chaient comme les évoques. Cet usage fut blâmé dai une lettre adressée aux évéques de Provence par '. pape Célestin (1). Mais loin d'être aboli pour autan il fut consacré, étendu même aux paroisses rurale paT le deuxième concile de Vaison (529). Ce conci! est le concile provincial de la métropole d'Arles. 0 sait combien sai«t Gésaire d'Arles fut zélé pour \ prédication. Ses 4ioméli«s ont précisément les quî lités de clarté et de simplicité que saint ^Germain iv elaioe (2).
(T) Jaffé, 381.
(2) C. 2 : « Hoc etiam pro aodificatioo» «mmiuin «cftleBiAnsun et p utilitate totius populi nobis placuit, ut non solum in civitatibus , s etiam in omnibus parochiis verbum faciendi daromus presbyteris p testatem; ita ut si presbyter aligna infirmitate prohfbefnte per sei sum non potuerit praedicare , sanctorum patrum homiliae a diacoi bus recitcntur. Si enim digni sunt diacones quod Ghristus Evangelio locutus est legere^-^uare indigpii iudtcentnrtsanctorum T trum expositiones publiée recitare ? »
hA. lftB80B «ALUCiOn* 189
6* La prière.
Germain : Preces vero psallere levitas pro popuVo
<*6 origine libri Moysacis ducit exordium^ ut audita Apos-
toit praedicatione levitae pro populo deprecentur et aa-
cerdotes prostrati ante Dominum pro peccata poptuU
intercédant, ete (1).
La prière des fidèles commence par une litanie diaconale. Les livres liturgiques mérovingiens, qui ne contiennent que la. partie du célébrant, n^ont conservé aucun texte de cette litanie. Une prière ©n forme de litanie , mais rédigée à l'intention des pénitents publics, se rencontre dans la liturgie moza-- )ique aux dimanches de Carême, entre la prophétie Tépitre. La liturgie ambrosienne conserve une 1*1*806 de la litanie d'après Tévangile, dans le triple MC'i/rie eleison qui se dit encore à ce moxsxent, La litanie elle-même est encore en usage . à Milan , aux messes des dimanches de Carême, mais au commencement de la messe , après VIngressa et le Dominus vobisofim. Voici le texte, d'après le sacramentaire de Biasca (X- s.) :
IneipU letania. Dominica 1 de Quadragesima, Divinae paoifi et in- ^^gentiae muncre supplicantes, ex toto corde et ex tota mente precamur te , Domine, mislérere.
Pro Ecclesia tua sancta cathoiiia , qaae hic et per universom ^^bem diffusa est, prccamur, etc.
Pro papa nostro illo (2) et omni clero eius omnibusque saceiv ^otibus ac ministris» precamur...
Pro famulo tuo illo imperatore et famula tua illa impératrice et ^Uini exercitui eorum, precamur...
(1) Cette prière est mentionnée dans le concile de Lyon de Tan 517 (c. Q; on y accorde à des pénitents, comme une grâce spéciale, la faculté de rester à l'église ; « usque ad orationem plebis quae post eyangelia legpretur. »
(2) L'archevêque de Milan.
190 0RI0INB8 DU GULTB GHRÉTIBN.
Pro pace eclesiarum , vocatione gentium et quiète popalonuDi precamur...
Pro plèbe bac et conversatione eius omnibusque babitantOMU in ea» precamur...
Pro aerum temperie ac fructuum et fecunditate terrarum, precamur...
Pro virginibus, viduis, orfenis, captivis ac penitentîbas, precamur...
Pro navigantibus, iter agentibus, in carceribus, in vincolisiii metaliîs, in exiliis constitutia, precamur...
Pro his qui diversis infirmitatibus detinentur, qiiique spiritibna vexantur inmuodis, precamur...
Pro his qui in sancta tua Eclesia fructus misericordiae lai^giontur, precamur...
Exaudi nos Deus, in omni oratione atqae deprecatione nottn; precamur...
Dicamus omnes : Domine miserere. Kj(rie eleison), Ey(rie eleison), Ky(rie eleison).
Dans le missel irlandais de Stowe on en trouve une toute semblable , entre Tépitre et l'évangile. La voici (1) :
Dicamus omnes : a Domine exaudi et miserere. Domine miserere, n ex toto corde et ex tota mente.
Qui respicis super terram et facis eam tremere. — Oramus [te, Domine, exaudi et miserere] (2).
1. Pro altissima pace et tranquillitate temporum nostrorum, pro sancta Ecclesia catholica quae a finibus usque ad terminos orbis terrae. — Oramus.
2. Pro pastore n[ostro] episcopo et omnibus episcppis et prèsbyteris et diaconis et omni clero. — Oramus.
3. Pro hoc ioco et inhabitantibus in eo, pro piissimis imperatoribus et omni Romano exercitu. — Oramus.
4. Pro omnibus qui in sublimitate constituti sunt, pro virginibus, viduiset orfanis. — Oramus.
(1) Warren, The liturgy of Celtic church, p. 229.
(2) Dans le missel de Stowe, chaque verset est suivi seulement du mot Oramus, Un ms. de Fulda , cité par Bona (Rer. liturg, , II, 4, } 3), contient la même litanie avec quelques variantes peu importantes ; on y voit que la formule de réponse doit être complétée comme je l'ai fait. Sur ceci et ce qui suit, cf. Warren, p. 252*
5. Pro peregrinaotibus et • iter agentibus ac navigantibus et paenitentibas et catechumenis. — Oi*amus.
6. Pro bis qui in saocta Ëcclesia fructus misericordiae largiuatur. Domine Deus virtutum. exaudi preces nostras. — Oramus.
7. Sanctorum aposlolorum ac martyrum memores simus, ut orantibus eis pro nobis veniam mereamur. — Oramus.
8. Ghristiaoum et pacificum nobis finem concedi a Domino preceniur. — Praesta, Domine, praesta.
. 9. Et divinum in nobis permanere vioculum caritatis sanctum Dominum deprecemur. — Praesta.
- 10. Cooservare sanctitatem et catholicae fidei puritatem Dominum deprecemur. — Praesta.
Dicamus, etc.
Il suffit de comparer cette litanie à celles que Ton trouve dans les liturgies d'Orient , depuis celle des Constitutions apostoliques, pour se convaincre qu'elle est absolument du même type ; on peut même aller plus loin, et établir que nous n'avons ici qu'une traduction d'un texte grec. Le début est exactement celui de la litanie de Constantinople (1) : Ehoy^u^ Tcavrsç
IÇ 6hf\ç vr^ «j/u^TJç xal l^ Shf\ç tyjç $cavo{aç ^fjuov, etTccofxev.
On en peut dire autant de la formule de réponse : Ae({{jieda <rou, l'Rdexouaov xal IX^rjffov. Quant aux demandes de la litanie , leur texte ne correspond exactement à aucune des litanies grecques qui nous sont connues, mais il est distribué dans le même ordre et rédigé dans le même style. Il y a moins de différence entre cette litanie latine et les litanies grecques des liturgies de saint Jacques, de saint Chrysostome, etc., qu'il n'y en a entre ces dernières et celle des Constitutions apostoliques (2).
(1) Swainson, p. 118; je cite le texte du onzième siècle.
(2) Voici les coïncidences les plus notables (CP = liturgie byzantine; Jac. = liturgie de saint Jacques; Cl. = liturgie des Const. apostoliques) : « 1. *Tirèp tîîç fivwOev elp^vT)ç (Jac., CP), («cèp tîj; àyCaç xa- OoXixfjç xal àicoaToXixîjc èxxXviaCaïc Tijç àizà icepdcTwv ëcoc icepàrcov (Cl.). — 2. *r7tèp ToO êicioxéirou i^(&(ôv , tov ti(jl(ou wpwéuTepCou, Tijç èv XpiaTtp ÔtaxovioLÇ, wavTÔ; toO xX^pou (CP). — 3. Twàp ti}; àyiaç (ioviic xaOx-t\Çj icdoric
t92 ORIGim» DU 6ULT» qhuétien.
La litfiMii'e était suiviie d'une oradson récitée pa révoque ; c*est la Collectio post precem ; on y rédum les prières qui viennent cPétre faites. Voici celle dm jour de Noël,, dans le Uissale Gathicum :
Sxaudi, Domina, familianir IUm) dicatam* et Jd tuae ecclftsiae gremio in hac hodierna solemnitate NAtivital;i8 tuae congregatam ut laudes tuas exponat.. Tiil^ue captûris redemptionem, oaeois visum, peccantibus remissioneni ; quia tu venisti ut salves facias nos. Aapice de oaelo saA«to tuo et inlumina pofMilum tuuna., quoi*um animus in te plena devotionc confidit^ ^aivator mundi, qm vïvh, etc.
Cette collecte correspond, da^ns la liturgie des Constitutions apostoliques , à la prière Kupic Twnoapdxo^ , et dans la liturgie de Constantinople , à la formule plus courte Kupte 6 0eoç -^fwov, TJjv àcTsviJïv tauTïjv (1). Elle a disparu de toutes les liturgies latines (2).
7® Le renvoi des catéchumènes.
Germain : « Cateckumenum ergo diaconus ideo cla^ mat iuxta anticum Ecclesiae ritum, ut tant iudaei quam haeretici vel pagani instructif qui grandes ad baptismum veniebant et ante baptismum probabantur (3), sta>rent in
irôXecû; xal x<^P>Ct >t*l twv irCarei oIxovvtuv èv avTaîç (CP). — ^Ticèp toO 8Ù<T66e(TTàTou xat 9iXoxp((rrou V)(i«Sv ^aaïkéta^t icavToç toO naXovCou xai toO orpaTOicéfiov xal vCxt)ç aÙTÛv (Jac). — 4. *Ticèp ^aiXsdiv xai tAv iv 6ictpoxB (Cl.) , 0icèp...7cap0év(i>v X'')P<**^ f ^ **i ôpçavôv (Cl.). — 5. ^Ticip icXe6v- Twv xal ô5oi7copouvTtt)v (Cl., CP., Jac), ÇeviTEUôvTcov (Jac). — 6. Ticèp tûv xapicoçopovvTCDv èv t^ ftyC^ 6xxXT)<rCa xal itoiovvtmv toT; nésui^t tàc êXeT)|AOatjvoiç (Cl.). — 7. Tij; icavayCot;... MapCot; xal icàvrcuv Tâv &yu»v xoU Smoîasv (&vif)|ioveu(T(i>tAev, Sicco; eùxatc xal icpeaêeCaiç aOtûv ol iràvTeç iXev)Oû|iev (Jac). — 8. XpKrriavà Ta xikr\ Ti}; ÇttiSj; i^(&côv, àvcoSvva, àveicaioxuvTa... alxijaè»txeOa (Jac). — 9, 10. Tj^v ivorqTa t^ç icC9«c«t>ç xal ti]v xotvuivCav tov icavoyUu nveupLOTOç (Jac). »
(i) Swainson^ p. 77.
(2) Cependant, comme elle fait corps avec la litanie qui la précède, il y a lieu de rappeler ici ce qui a été dit ci-dessus , p. 165, nota 1, à propos de la partie correspondante de la messe romaine.
(3) Probaniury éd.
ecclesia et audirent consilium Veteris et Novi Testamenti; postea deprecarent pro illos levitae , diceret sacerdos collectam, post precem exirent postea forh qui digni non erantstare dum inferebatur oblatio^ et foras an te ostium omcultarent prostrati ad terrain mag)ialla. Quae cura addiaconum vel ad ostiarmm pertinehat. ut ille (1) eos admoneret exire, iste provideret ne quis indiqnus retardaretur in templo^ dicendo : Nolite dare Sanctum canibus^ neque mittatis margaritas ante porcos. »
Déjà, dans la seconde moitié du sixième siècle, le catéchuménat n'était plus qu'un souvenir. On avait besoin d'expliquer la missa (renvoi) catechuvienorum , dont le rite s'était cependant conservé (2 . Cette cérémonie avait lieu après la prière, comme dans la liturgie de Constantinople. Celle des Constitutions apostoliques la place auparavant. On ne voit pas clairement, parle texte de saint Germain, si elle était accompagnée deprières spéciales. Je serais porté à croire que ce texte vise les prières qui viennent d'être étudiées, mais que, à l'origine , il y en avait eu de spéciales , supprimées par suite de la disparition des catéchumènes. Ainsi, âU déclin du sixième siècle, au moins dans l'église de Paris, on se bornait à prononcer quelque formule ^Omme Ne quiscatechumenus, catechumeni recédant , etc. Le renvoi des pénitents , qui n'est pas marqué par Saint Germain , était encore en usage peu de temps ^Vant lui. Le concile de Lyon, célébré vers l'année 517, ^H fait une mention expresse (c. 6). D'après ce texte l^s pénitents auraient été renvoyés, d'ordinaire, avant la prière des fidèles (3).
(1) nie eos] mis, éd.
(2) Le concile d'Epaone (517) , c. 29 , la mentionne encore : « Cum ^techumeni procedere commonentur. »
(3) Voy. ci-dessus, p. 189, note 2.
8"* Procession de Poblation.
Germain : Spiritaliter iubemur silentium facere dbmvantes ad o.stium , id est ut tacentes a tumultu rerèorum,.. hoc solum cor intendat ut in se Christvm mcipiat.
De sono. Sonum autem quod canitur quando procédât oblatio, hinc traxit eœordium. Praecepit Dominus Moifliy ... Nv/nc autem procedentem ad altarium corpus Chi^P^ non iam tuhis irreprehensibilibus^ sed spiritalibus voci^ bus praeclara Christi magnalia dulci modilia psalld^ Ecclesia. Corpus vero Domini ideo defertur in it«mit<quia.,. Sanquis vero Christi ideo specialiter offerturiT* calice quio... Aqua autem ideo miscetur vel quia...
Patena autem vocatur ubi consecratur oblatio, qvi^ ... Palta vero linostima... Corporalis vero palla idt^ pura linea est super quam oblatio ponitur , quia.^ Coopertum vero sacram^ntorum ideo exomatur qm^ ... Sirico autem ornatur aut auro , vel gemmis.
Laudes a^tem, hoc est Alléluia^ lohannes in Apocalypr^ post resurrectionem audivit psallere, Ideo hora illa Do^ mini pallio quasi Christus tegitur caelo (1), ecclesia soW angelicum canticum [cantare], Quod autem, habet ipsct Alléluia prima et secunda et tertia , signât tria tmpora ante legem, sub lege, sub gratia. »
La cérémonie commence par une exhortation au silence et à la surveillance des portes. Saint Germain interprète ceci des portes de Tâme , c'est-à-dire des sens. Mais la véritable signification est- donnée par Texclamation du diacre dans la liturgie de saint Jacques : Mt^ TtÇ TWV XaTTl)(^OU[JLiv(OV , |i.T^ TIÇ TWV â(i.y^T(ûV , {JL-J^ TIÇ ToW
{i.1^ 8uvafiiv(ji>v :?i[/.ïv 9uv8eY)ô9jvai ! 'AXXtJXouç &7ciYVb>Te ITàçôupaç! 'OpOoi
wdtvTsç! Il s'agit évidemment des portes de l'église,' ^we
(1) Passage altéré.
l'on doit surveiller afîu qu'aucun profane ne puisse pénétrer dans l'assemblée.
L'oblation a été préparée d'avance. On lui rend par
prolepse les mêmes honneurs qu'après la consécration ;
On la désigne déjfi sous les noms de corps et de sang
du Christ. La préparation a eu lieu avant l'entrée du
célébrant (l), avec des rites et des prières dont les
documents mérovingiens n*ont conservé aucune trace.
ill en reste quelque chose dans les livres irlandais, le
Jcnissel de Stowe et le Lebar Brecc (2). Le missel
mozarabique contient toute la cérémonie dans le plus
.^rand détail. Il la contient même deux fois, avant
l'entrée des célébrants et après la procession de
IL'-oblation. C'est aussi à cet endroit , correspondant à
l'offertoire romain actuel, que ce rite figure dans le
omissel ambrosien. Mais, à cette place, la préparation
de Toblation ne peut être qu'une modification inspirée
^^lar Tusage romain. Celui-ci =6e reconnaît encore dans
la cérémonie des V-ecckioni de Milan , qui font , à ce
onoment , l'offrande du pain et du vin , comme c'est
aussi l'usage en beaucoup d'églises de France. Le
^te de l'offrande par le peuple , à ce moment de la
amesse, est romain d'origine, et incompatible avec celui
de la procemo oblationis, commun à l'usage gallican
^ik l'usage oriental.
Le pain est porté dans un vase en forme de tour (3),
(1) Cette particularité gallicane a passé dans l'usage spécial de Tor- '^e.de saint, Dominique.
(2) Whitley Stokes , The irish pass&ges in the Stowe missal. Calcutto, 1881, p. 8, 14.
■{3) Cf. Greg. Tur. , Glor, M&rt, , 85. La scène se passe à Riom , le j*ur.de Saint-Polycarpe. « Lecta igitur passione (s. Polycarpi) cum i^iquis lectienibus quas canon sacerdotalis invexit , tempus ad saerificium offerendum advenit. Accepta quoque turre diaconus, in qua mysterium Dominici corporis habebatur , ferre cepit ad ostium ; ingres&usque templum ut eam altari superponeret , elapsa de manu aiua ferebatur in aéra, et sic ad ipsam aram accedens, nunquam eam manus«Uaconi potuit adsequi; quod non alia credimus actum de
le vin mêlé d'eau , dans un calice. Outre ces deizi vases sacrés , il y a encore la patène , où Ton dépose le pain eucharistique, soit pendant la préparatioD , soit à l'autel, pendant la consécration. Il est question aussi de trois voiles, dont Tun, corporalis palla, est en toile de lin , sans aucun mélange {pura linea) ; c'est la nappe de l'autel ; l'autre est tissu de soie, d'or et même de pierres précieuses. Il sert à couvrir l'oblation une fois qu'elle a été déposée sur le corporal. Je ne vois pas à quoi pouvait servir la palla linostima -, dont Germain parle d'abord. Dans le rit byzantin, il y a un voile pour couvrir la patène et le pain, unau^'' tre pour le calice , un troisième pour les couvrir tou ^ les deux à la fois.
Pendant la procession , le chœur exécute un mor — ^ ceau de chant , analogue au Cheroubicon byzantin^ comme celui-ci, il se termine ips,rV Alléluia, C'est ce q\i^^ saint Germain appelle Sonus, Dans la liturgie mozara — bique , ce chant porte le nom de Laudes , qui se ren- — contre déjà au septième siècle (1). A Milan, il est dé — signé par le terme Antiphona post evangelium. Quand^ les aliments sacrés sont déposés sur l'autel , on le recouvre du voile précieux (2) ; alors le chœur axé cute une seconde pièce, que saint Germain appell Laudes ou Alléluia, C'est le Sacrificium ou Offertorium^ de la liturgie mozarabique (3) , VOfferenda de la litur —
causa, nisi quia poUutus erat in conscientia. » Knisch , ad h. 2., a ei tort de confondre l'usage de cette tour avec celui de la capsa , od.^ l'on transportait l'Eucharistie dans la messe romaine.
(1) Isidore, De eccl. off.y I, 13; Conc, Toi. IV, 11.
(2) Ce voile est mentionné plusieurs fois par Grégoire de TounF (Hist. Fr, , VII, 22; Virtutes s. MaLrtini, II, 25; Vtfae PP,j VIII, 11). On voit , par ce dernier texte , que le tissu ne devait pas en étr» transparent , car le voile devait intercepter la vue du mysterium corporis s&nguinisque d^minici.
(3) Sacrificium est le terme employé dans les livres liturgiques ; offertorium se trouve dans saint Isidore {loc, cit., 14) : «t De offertoriis. Offertoria, quae in sacrificiorum honore canuntur, » etc.
gie milanaise. Voici le texte mozarabique de ces deux chants, pour la fête de Noël :
Laudes :
Alléluia! Rédemption em misit Dominus populo suo; mandavit io aeternum testamentum suum ; sanctum et terribile nomen eias. Alléluia !
Sacrifidum :
Parvulus natus est nobis et filius datus est nobis ; et factus est priDcipatus eius super humeros eius. Alléluia ! Alléluia !
Il y a ordinairement , dans la liturgie mozarabiçue, deux versets au Sacrifidum. De cette façon, en combinant les deux chants, on obtient le triple Aileluia dont parle saint Germain. L'idée de les grouper est d'autant plus naturelle qu'à l'origine ils devaient se suivre sans intervalle. Les prières qui les séparent actuellement dans les liturgies de Milan et de Tolède sont, comme je Fai dit, hors de leur place primitive , au moins en partie ; les autres sont des prières secrètes, que l'officiant récite en son particulier pendant que le chœur chante.
9* La prière du voile.
Saint Germain n'en parle pas. Elle était précédée d'une sorte de préface ou d'invitatoire , adressée non à Dieu, mais aux fidèles présents.
PRAËFATIO MISSAB.
Sacrosanctum beatae Nativitatis diem, in quo, nascente Domino,
vipginalis uteri arcana laxata sunt, incorruptorumque genitalium
poodus saeculi levaraen efifusum est, sicut exoptavimus votis ita
veneremur et gaudiis. Hic namque ortus die splendidior, luce
coruscantior est. In hoc omnipotentem Deum qui terrenam fragi-
lemque materiam causa nostrae redemptionis adsumpsit, Fratres
dilectissimi , supplices deprecemur, uti nos, quos ortu corporis
Tisitavit, societate convcrsationis edocuit, praecepto praedicatio-
nis instituit , degustatione mortis redemit , participatione mortis
amplexas est, divini Spiritus infusione ditavit, sub perpétua de-
votione custodiat; et in his beati famulatus studiis perman^Te concédât, qui cum Pâtre et Spiritu Sancto vivit et régnât Dfe -mis in saecuia saeculorum.