‹ Origines du culte chrétienChapitre 27 sur 52 · H. E., VII · texte numérisé non relu

H. E., VII

(3) Ce raisonnement ne serait pas concluant pour la date de la Passion, événement séparé de la Création par un intervalle de quel' ques milliers d'années ; mais il est sous-entendu que la Pâque du Christ, étant la vraie Pâque , a dû tomber suivant l'échéance-type , celle de l'origine des choses. — Il est sûr que la Passion n'a pu avoir lieu lé 6 avril, un vendredi 6 avril ne coïncidant jamais, dans les années entre lesquelles on doit choisir, avec une pleine lune.

254 ORIGtlNfiS DU GULTB GàRÉTIËN.

fixer la date de la naissance du Christ en partant de la date présumée de sa Passion. Parmi les solutions proposées, celle-ci me parait préférable; mais je ne voudrais pas dire que , en ce qui regarde le 25 décembre , la coïncidence du Sol novus n*ait exercé aucune influence, directe ou indirecte, sur les décisions ecclésiastiques qui sont nécessairement intervenues en cette affaire.

2» Les fêtes d'après Noël.

Une fois fixée la fête de Noël, on j rattacha, et cela de très bonne heure, diverses commémorations relatives aux plus grands saints du Nouveau Testament. Dans son oraison funèbre de saint Basile , prononcée en 379 à Césarée de Cappadoce , saint Grégoire de Nysse dit que Tusage était de célébrer après Noël et avant le premier janvier les fêtes des saints Etienne, Pierre , Jacques , Jean et Paul. Ce témoignage est confirmé par le ménologe syriaque publié par M.Wright, d'après un manuscrit daté de Tannée 412 (1). J'ai étudié Torigine de ce texte et montré qu'il n'est qu'un abrégé fait sur un martyrologe grec d'Asie Mineure, dont une rédaction plus complète est entrée dans la compilation latine appelée Martyrologe hiéronymien (2). Le martyrologe grec est de la fin du quatrième siècle ; il est donc, en somme, du même temps et du même pays que saint Basile et saint Grégoire de Nysse. Or, voici ce qu'il contenait pour les jours après Noël (3) :

(1) Journal of Sacr. LitL, t. VIII, Londres, 1865-66, p. 45, 423.

(2) Les sources du Martyrologe hiéronymien , dans les Mélanges de l'Ecole de Romey 1885.

(3) Je suis ici le Ménologe syriaque : dans le Martyrologe hiéronymien , la fête des saints Pierre et Paul a été reportée, suivant l'usage romain, au^ 29 juin.

Décembre, 26, s. Etienne.

— 27, ss. Jacques et Jean.

— 28, ss. Pierre et Paul.

La coïncidence est parfaite. Elle n'est pas isolée, -fes églises nestoriennes et arméniennes nous offrent, ans leurs calendriers respectifs, la trace évidente du éme usage. Les Arméniens n'ont pas la fête de 3^1 (1); néanmoins, avant de commencer, le 29 dérxibre, la préparation immédiate à la fête de TEpi- ^inie, ils célèbrent les quatre fêtes suivantes : iDécembre, 25, s. David et s. Jacques, frère du Seigneur (2).

— 26, s. Etienne.

— 27, ss. Pierre et Paul.

— 28, ss. Jacques et Jean.

lue calendrier nestorien distribue ces fêtes d'une ^nière un peu différente ; Tusage est, dans cette §lise, de consacrer les vendredis aux commémoraons des saints. Voici Tordre consacré :

2® vendredi après Noël , sainte Marie ;

l^^ — après TEpiphanie, s. Jean-Baptiste;

2® — — ss. Pierre et Paul ;

3® — — les quatre évangé-

listes (3).

4® — — s. Etienne.

(1) Les Arméniens-unis ont adopté cette fête; ils n*en célèbrent as moins les quatre que je vais dire, et cela dans le même ordre; eulement celle des saints David et Jacques est anticipée et placée vant Noël.

(2) Ces deux saints sont introduits ici comme parents du Christ : )avid est ^eoiràTwp et Jacques àôeXçôOeoç. — Photius {Bibl,, cod. 275) larle d'un discours d'Hésychius de Jérusalem (cinquième siècle ?) en 'honneur de Jacques, frère du Seigneur, et de David , « aïeul de >ieu ». n est sûr que cette fête est d'origine palestinienne. Cosmas ndicopleustes atteste (P. G., t. LXXXVIII, p. 197) qu'on la célébrait mcore de son temps à Jérusalem.

(3) Cette fête est, je crois , une transformation de la fête primitive les deux fils de Zébédée. Saint Jean aura attiré à lui les trois au^es

256 ORIGINES DU GULTB GHRÉTIBN.

Il est sûr que ces dates d'anniversaire ont été fixé arbitrairement, qu'elles n'ont été fournies par aucua^ie tradition historique. De tous ces saints personnages, il n'y a que Jacques, fils de Zébédée, dont la mort puisse être rapportée à une époque de Tannée plutôt qii'e une autre. Or, il fut décapité vers le temps de Pâ-^ ques (1) et non au mois de décembre.

Les plus anciennes de ces fêtes sont celles qui figurent dans rénumération de saint Grégoire de Nysse et dans le ménologe syriaque. La fête de saint Etienne remonte, on le voit, à une époque notablement antérieure à la découverte de son tombeau, qui eut lieu eu 415 et donna un grand élan à son culte. Elle est du resite mentionnée dans les Constitutions apostoliques (2). Tous les calendriers et livres liturgiques (3) occidentaux, depuis le cinquième siècle, marquent cette fête à la date orientale (4).

évangélistes , et, la fête changeant ainsi de caractère , saint Jacques aura été éliminé.

(1) Actes, XII, 1-5.

(2) y III, 33. Le jour n'est pas marqué, mais il ne peut être que le 26 décembre.

(3) Le sacramentaire léonien présente une anomalie apparente. Dans ce recueil, fort en désordre, les messes en l'honneur de saint Etienne, premier martyr, au lieu de se trouver au 26 décembre, sont rangées sous la rubrique du 2 août et de saint Etienne, pape. C'est sans doute à l'homonymie du pape et du diacre que la fête de l'Invention du corps de saint Etienne (2 août) doit son origine. Cette fête a été marquée dans le Martyrologe hiéronymien, mais pas dans tous les manuscrits ; aussi l'interpolation ne saurait-elle remonter jusqu'à la recension auxerroise (v. 590). Aucun ancien livre liturgique latin, gallican ou romain (sauf le sacramentaire léonien), ne contient une fête de saint Etienne , diacre , au mois d'août. En revanche , la fête de l'àyaxopiiSi^ tùjv Xei4'àv(ov toù àyioM ZTs^dcvou figure au 2 août dans les calendriers byzantins, au moins depuis la fin du dixième siècle (Martinov, Annus ecclesiasticus graeco-slavicus , p. 192); elle est célébrée aussi par les Arméniens.

(4) L'église do Constantinople la recule au 27, car elle consacre le lendemain de Noël à une commémoration de la sainte Vierge et de saint Joseph.

La fête du 27 décembre fut d*abord commune à saint Jacques et à saint Jean. Elle est marquée comme telle dans le calendrier de Carthage, dans le Martyrologe hiéronymien et dans les livres liturgiques gallicans. Sur ce point, comme en tant de choses, l'usage gallican était conforme à l'ancien usage oriental.

A- Rome, au contraire, on n'admit que la commémoration de saint Jean. A Constantinople , les deux apôtres furent transportés à d'autres jours.

Quant aux apôtres Pierre et Paul , leur fête commune était célébrée en Occident le 29 juin , et cela au moins depuis le temps de Constantin. L'anniversaire oriental du 28 décembre n'a pu éliminer une tradition trop bien établie. A Constantinople aussi, on adopta de très bonne heure la date romaine (1). En d'autres pays d'Orient on trouva moyen de les combiner (2).

La fête des saints Innocents dut être instituée de bonne heure, vers le cinquième siècle environ. On la trouve dans tous les anciens calendriers et livres liturgiques latins depuis le sixième siècle (3) , au 28 décembre. L'église de Constantinople a aussi cette fête, mais un jour plus tard, le 29 décembre (4).

(1) Cod, Theod., XV, V, 5; la loi est de 425, les termes sont un peu vagues; ils semblent pourtant désigner la féto du mois de juin; elle était célébrée à Constantinople à la fin du cinquième siècle (Théod. Lect., II, 16).

(2) A Jérusalem, on célébrait encore, au septième siècle, la fête du mois de décembre, comme il résulte d'une homélie de l'évéque 8ophronius (Migne, P. Gr., t. LXXXVII, p. 3361). La fête de saint Etienne avait lieu le 27, celle des saints apôtres Pierre et Paul le 28.

(3) Je parle ici de la fête , non de la mention des Innocents dans les hymnes, comme celle de Prudence, ou dans les homélies, comme celles de saint Pierre Chrysologue.

(4) Le terme à* Innocents appartient à la langue liturgique romaine ; le calendrier de Carthage et les livres gallicans emploient le mot Infantes,

3* Les fêtes de la Vierge et de saint Jean-Baptiste.

On a VU que le calendrier arménien consacre en ces derniers jours de décembre une fête spéciale à deux parents du Christ , le roi David et Jacques , « frère du Seigneur ». La personne qui avait le 4roit le plus clair à une commémoration spéciale au milieu des fêtes de la Nativité , c'était assurément la sainte Vierge. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner que le calendrier nestorien marque sa fête aussitôt après Noël. Le calendrier copte a une fête semblable le 16 janvier, peu après la fin des solennités de l'Epiphanie, qui duraient jusqu'au 14.

En Gaule, au sixième siècle, nous trouvons aussi une fête de la sainte Vierge en janvier, media/nte mense undecimOy dit Grégoire de Tours (1). Le Martyrologe hiéronymien, dans sa recension auxerroise (v. 590), la marque au 18 de ce mois (2); dans les livres liturgiques elle figure aussi, quoique avec une précision moindre, au même endroit du calendrier.

En Espagne, la fête existait, mais à des dates diverses, suivant les églises. Le dixième concile de Tolède (656) prescrivit une date fixe et universelle, celle du 18 décembre, huit jours avant Noël (3).

(1) GU M&rt. ,8. — Il n'y a pas, pour la Gaule , d'attestation plus ancienne ; la fête no figure pas au calendrier de Perpetuus (Gkreg. Tur., H. Fr., X, 31).

(2) Dans le Lectionnaire de Luxeuil , elle est placée à la suite da 2* dimanche après l'Epiphanie, avant la fête de la Chaire de saint Pierre, qui se célébrait alors le 18 janvier ; dans le Missale gothicum , entre l'Epiphanie et la Sainte- Agnès (21 janvier) ; dans le sacrameii' taire de Bobbio , entre l'Epiphanie et le Carême , avec (et après) la fête de la Chaire do saint Pierre. — Le Martyrologe hiéronymien réunit les deux fêtes au même jour.

(3) Can. 1. — Des termes employés par le concile on a quelquefois conclu, mais à tort, qu'il connaissait la fête du 25 mars comme en vigueur dans certaines églises. Il n'en est rien. Le concile se borne i

LES FÊTBS CHRÉTIENNES. 259

L'église de Rome ne parait avoir solennisé aucune fête de la Vierge avant le septième siècle, alors qu'elle adopta les quatre fêtes byzantines dont je vais bientôt parler (1).

L'Evangile (2) fournit, pour la fête de saint Jean- Baptiste, une donnée qui n*a pas été négligée. La naissance du Précurseur doit avoir précédé de six mois celle du Sauveur. Cependant je soupçonne que la fête du 24 juin a été précédée, en Orient au moins , par une autre commémoration , placée aux environs des fêtes de la Nativité du Christ. On a vu plus haut quel est, à cet égard, Tusage nestorien ; dans Téglise arménienne aussi, la fête du Précurseur est la première que Ton célèbre après TEpiphanie (3). Le calendrier de l'évêque de Tours Perpetuus (460-490) place le Natale *• lohannis entre T Epiphanie et la Chaire de saint Pierre, précisément à la même époque de Tannée (4).

Cette fête fut remplacée plus tard par une autre, CôUe de la Passion ou Décollation de saint Jean, le 29 août, qui fut adoptée dans les pays gallicans et à Constantinople avant de l'être à Rome (5).

*^^ que cette date, qui est celle de l'Incarnation, serait très convc- ^ole pour la fête de la sainte Vierge, mais que la concurrence du

*J*eme et des fêtes pascales ne permet pas de l'adopter. - // ^- pourtant ce qui est dit, page 262, du sens de la fcte du

'^.^"^^ier à Rome.

W iNUles, K&lend. manu&le, t. II, p. 564, 566. W I3aiis le Calendrier de Carthage, au 27 décembre, on lit : S. /o- 7*^*« B&ptistae et lacobi apostoli quem Herodes occidit. Mais il y * ^P^^ lieu de voir ici une faute de copiste , Baptistae pour £van-

^ ' ^our Constantinople, voy. Martinov, Annua eccL graecoslavi-

H\f * ^' ^^^* — ^* ^^^® ®^^ marquée au 29 août dans le Martyrologe ronyjjjjgjj Q^ jjg^Qg jg sacramentaire gélasien. Les livres liturgiques

fi» ^catis ont tous une messe de la Passion de saint Jean, qu'ils pla-

*pTès celle de la Nativité du même saint , à une distance plus

^*^ïii8 grande, mais sans noter la date précise. Les livres romains

® ^*ont pas cette fête; dans le sacramentaire gélasien, elle repré-

Quant à la fête du 24 juin, elle paraît être, comme celle du 25 décembre, d'origine occidentale (1). On ne lui connaît pas d'attestation plus ancienne que les sermons de saint Augustin (2). Depuis le milieu da cinquième siècle , tous les documents de Tusage occidental témoignent de l'existence de cette fête. Ell^ apparaît aussi de très bonne heure à Constantinopl^ et dans l'Orient byzantin. Cependant il y eut des en-" droits où la vieille fête de janvier tint bon contre 1^^ nouvel usage. Le calendrier de Tours, du cinquièmes siècle , représente une sorte de compromis ; le Natale de saint Jean est maintenu au mois de janvier ; mai^ la fête de juin est adoptée aussi , et, chose étrange^ comme anniversaire de la Passio du saint.

Les fêtes de la sainte Vierge, telles qu'elles son maintenant observées dans l'église latine et dan^ l'église grecque, ont une autre origine et une autr histoire que la commémoration primitive dont il a et question tout à l'heure.

La plus ancienne est celle de la Présentation Ai l'enfant Jésus au temple , que Ton appelle générale ment , en Occident , fête de la Purification de l sainte Vierge. Sa date est donnée par celle de la fêt^ de la Naissance du Christ, qu'elle doit suivre à qua — rante jours de distance. C'est à Jérusalem que nou9>

sente une des nombreuses retouches gallicanes qui ont été apportées à cette compilation.

(1) Noter que la fête se célèbre le 24 juin et non le 25 ; pourquoi pas le 25, qui aurait donné exactement Tintervalle de six mois entre le Précurseur et le Christ ? Parce que Ton a fait le calcul suivant le calendrier romain; le 24 juin est le VIII kal. iul. comme le 25 décembre est le VIII kal, ian. A Antioche , avec le comput des jours d'un bout à Tautre du mois, on aurait certainement choisi le 25.

(2) Sernt. 196 et 287. Elle ne figure ni dans le calendrier philocalien, ni dans celui de Polemius Silvius (448). L*état du Ménologe syriaque ne permet pas de dire si elle y était ou non.

4 la trouvons d'abord instituée, et cela dès la seconde

f ffloitié du quatrième siècle. La Peregrinatio de Silvia

i ia décrit sous le nom de Quadragesimae de Epiphania.

Comme on n'avait pas encore adopté la fête de Noël,

1^ Présentation était célébrée le quarantième jour

après TEpiphanie , c'est-à-dire le 14 février (1).

Dans la description de Silvia , on ne remarque aucun

indice d'une préoccupation spéciale de la sainte Vierge.

U^ édit de Justinien , en 542 (2) , prescrivit de solen-

m^er cette fête à Constantinople.

La fête. dé V Annonciation, au 25 mars, n'a pas d'at-

^^^tation bien sûre (3) avant le concile in Trullo (692),

^^i en parle (c. 52) comme d'une institution établie.

^ Gomme la précédente , cette fête est coordonnée à la

îête de Noël.

Vers le temps du concile in Trullo , nous trouvons à Rome un document non seulement sur ces deux fêtes , mais encore sur deux autres fêtes de la sainte Vierge, celle de la Nativité (8 septembre) et celle de la Dormition (15 août) (4). Les quatre fêtes sont marquées dans le sacramentaire gélasien du commencement du huitième siècle. Elles étaient donc entrées, dès le septième siècle, dans l'usage romain (5). Je ne saurais

(1) C'est encore, et pour la même raison, la date du calendrier arménien.

(2) Théophanc, a. m. 6034.

(3) n y a une homélie de saint Sophronius, évoque de Jérusalem, sur le mystère de l'Annonciation (Migne, P. Gr.y t. LXXXVII, p. 3217); s'il était sur qu'elle eût été prononcée à l'occasion d'une fête spéciale, elle donnerait un témoignage un peu antérieur au milieu du septième siècle.

(4) C'est vers ce temps qu'ont été prononcées les homélies d'André de Crète sur la Nativité, l'Annonciation et la Dormition de la sainte Vierge (Migne, P. Gr., t. XCVII).

(5) n est sûr qu'elles n'existaient pas encore au temps do saint Grégoire. Non seulement il n'en parle jamais et il en est ainsi de tous les documents de l'usage romain qui sont ou peuvent être réputés antérieurs au sixième siècle, le calendrier de Carthage, le sacramentaire léonien, etc. ; mais ce qui est tout à fait concluant, c'est que ces

indiquer, même par conjecture, où et comment on est arrivé aux deux dates du 15 août et du 8 septembre. Ces quatre fêtes sont , pour l'Occident , d'importation byzantine. Elles furent d'abord introduites à Rome; les pays de rit gallican ne les connurent pas avant Tadoption de la liturgie romaine (1).

4* La fête du 1" janvier.

La fête de la Circoncision, comme telle, n'est pas d'origine romaine. Il y avait à Rome, dès le septième siècle, une station solennelle, le 1" janvier, à la basilique de Sainte-Marie ad Martyres, Mais les textesliturgiques attribués à ce jour ne parlent pas de la Circoncision (2). La désignation oflBcielle de la fête, c'est Octavas Domini; c'est une sorte de renouvellement des la solennité de Noël , avec une préoccupation spéciale de la Vierge-mère. Au contraire, les plus anciens calendriers byzantins (3) présentent au 1®' janvier la double fête de la Circoncision du Christ et de l'anniversaire de saint Basile. Dans les documents du rit

fêtes étaient encore inconnues de Téglise anglo-saxonne an commencement du huitième siècle.

(1) Elles ne figurent ni dans la recension auxerroisc du Martyrologe hiéronymien, ni dans les livres de la liturgie gallicane. Une inscription (Le Blant , n* 91) mentionne la dédicace d'une église du diocèse de Coutances, dédicace célébrée mtnse agusto medio. L'église avait été élevée in honore aime Maria. H ne faudrait pas conclure de là que la fête du 15 août fût alors observée en Neustrie. Ce que l'inscription désigne comme ayant eu lieu à la mi-août et comme devant être commémoré tous les ans au même jour, ce n'est pas la Dormitio s. Mariae^ c'est la dédicace de l'église du Ham. Cette dédicace eut lieu en 681 (Bull, des Antiquaires de France , 1886, p. 287).

(2) Ce mot est prononcé , il est vrai, dans la préface du sacramentaire gélasien, mais sans qu'il soit rattaché à la commémoration de la circoncision de l'enfant Jésus. Il désigne simplement l'ensemble des Juifs, comme le mot praeputium, qui lui fait antithèse, désigne l'ensemble des Gentils.

(3) Celui de Morcelli {Kal. CP^, Rome, 1788), attribué au huitième siècle, celui de Naples (neuvième siècle), le Ménologe de Basile, etc.

LES FÊT^S CHRÉTIENNES. 263

gallican, la Circoncision apparaît seule, et d^assez bonne heure, au concile de Tours, en 567 (can. 17), dans la recension auxerroise du martyrologe hiéronymien (v. 590), dans les livres liturgiques du septième au huitième siècle (1). Du reste, dans les pays gallicans (2) , il y avait à ce moment de Tannée un jeûne solennel , institué pour détourner les fidèles des fêtes carnavalesques qui se célébraient le l®"* janvier.

5* Les fêtes de la Croix.

La fête de la Croix, le 14 septembre, est, comme celle de la Présentation, une fête d'origine palestinienne. C'est l'anniversaire de la dédicace des basiliques constantiniennes élevées sur le Calvaire et le Saint-Sépulcre. Cette dédicace fut célébrée en 335 par les évéques du concile de Tyr, ceux qui prononcèrent contre saint Athanase une sentence de déposition. On y rattachait aussi le souvenir de la découverte de la vraie Croix. A Jérusalem c'était, dès le déclin du quatrième siècle, une très grande solennité, celle qui attirait le plus grand concours d'évêques, de moines et de pèlerins (3). Elle durait huit jours, comme celles

(1) Miss, gothicum , Sacramentaire de Bobbio, Lectionnaire de Luxeuil.

(2) Aux textes cités, ajouter Isidore, De off,, I, 41; Conc. Toi., IV, c. 10.

(3) « Item dies cncaeniarum appellantur, quando sancta ecclesia quae in Golgotha est, quam Martyrium vocant, consecrata est Deo ; scd et sancta ecclesia quae est ad Anastaso, id est in eo loco ubi Dominus rcsurrexit post passionem, ea dio et ipsa consacrata est Deo. Harum ergo ccclesiarum sanctarum cncaenia cum summo honore celebrantur, quoniam crux Domini inventa est ipsa die. Et ideo propter hoc ita ordinatum est, ut quando primum sanctae ecclesiac suprascriptae consecrabantur , ea dies osset qua crux Domini fuerat inventa, et simul omni laetitia eadem die celebrarentur. Et hoc per Scripturas invenitur quod ea dies sit encaeniarum qua et sanctus Salomon consummata domo Dei quam aedifîcavcrat, steterit ante altarium Dei et oraverit, sicut scriptum est in libris Paralipomenon (p. 108, Gam.).

de Pâques et de TEpiphanie. De Jérusalem elle passa à Constantinople et à Rome ; c'est au septième siècle seulement qu'elle fut introduite à Rome (1).

Les églises gallicanes, qui ne connaissaient pas cette fête, en avaient une autre de même sens, au moins en ce qui regarde la découverte de la vraie Croix. Elles la célébraient le 3 mai. C'est à ce jour qu'elle est marquée dans plusieurs anciens manuscrits du martyrologe hiéronymien (2); dans les deux sacramentaires gallicans d'Autun [Missale gothicum) et de Bobbio, on la trouve, sans indication plus précise, entr^ l'octave de Pâques et les Rogations. Le sacramentair^ gélasien la marque au 3 mai ; comme elle est omise dans. les plus anciens documents de l'usage romain, le sacramentaire léonien et celui du pape Hadrien, il est à croire que sa présence dans le sacramentaire gélasien est due à une retouche opérée en Gaule. Même en Gaule, elle parait avoir été importée assez tard, dans le courant du septième siècle, et peut-être n'était-elle pas acceptée partout quand fut introduit l'usage romain (3). La date parait avoir été empruntée à la légende de l'invention de la vraie Croix, où figure le personnage de Judas-Cyriaque (4).

6* Saint Michel, les Machabées.

Le seul ange dont on rencontre la fête avant le neuvième siècle est saint Michel. Des fêtes de cette nature

(2) Ceux de Berne et de Wolfenbûttel , celui-ci de 772 , Tautre un peu postérieur. Le manuscrit d'Epternach (Parisinus 10,837), du commencement du huitième siècle, n'a pas cette fête. Elle manque aussi au Icctionnairc de Luxeuil. Grégoire do Tours ne la mentionne pas non plus dans un passage (G/. Af art. , 5) où Ton s'attendrait à la rencontrer.

(3) Voy. la note précédente.

(4) L. P., t. I, p. cviii.

ne peuvent être que des dédicaces d'églises. C'est le cas , en effet , pour la fête byzantine du 8 novembre, relative à l'église Saint-Michel dans les thermes d'Arcadius (1) , pour la fête du 8 mai , relative au célèbre sanctuaire de Monte Gargano, enfin pour celle du 29 septembre, relative à une église (détruite depuis longtemps) de la banlieue romaine , au sixième mille de la voie Salaria. Cette fête est la seule qui figure dans les anciens livres liturgiques romains ; elle s'y présente dès le sacramentaire léonien, c'est-à-dire dès le sixième siècle. Les livres et calendriers gallicans ne désignent aucun jour comme spécialement consacré à l'arôhange Michel.

La fête des Machabées (1®'' août) parait avoir été universelle dans l'Eglise , vers le cinquième siècle. Elle est marquée dans tous les calendriers , depuis la plus ancienne rédaction du martyrologe hiéronymien (2). Cependant elle n'est pas mentionnée dans les livres liturgiques, soit gallicans, soit romains, sauf dans le sacramentaire gélasien. Leur culte, surtout au jour des calendes d'août, aura été éclipsé par la fête de saint Pierre a vinculis.

1° Les fêtes des Apôtres.

J'ai déjà parlé plus haut de quelques fêtes d'apôtres, célébrées au temps de Noël; je veux maintenant parler des autres fêtes de cette nature , non pas de toutes , mais seulement de celles qui ont été anciennement célébrées en Occident. La plus considé-

(1) Martinov, Anniis eccl, graeco-slavicus, p. 273.

(2) Ménologe syriaque (412) ; calendriers de Polemius Silvius (448), de Carthage (V-VI* siècle) ; martyrologe hiéronymien, tous les manuscrits; homélies de saint Grégoire de Nazianze, de saint Chrysostome y saint Augustin, saint Gaudence do Brcscia, saint Léon , saint Césaire d'Arles, etc.; inscription d'Arles, De Rossi, Bull» 1874, p. 148.

266 ORIGINES DU GOLTB GHRÉTIBN.

rable est celle de saint Pierre et de saint Paul, au 29 juin. Elle est marquée déjà dans le calendrier philocalien de Tannée 336, et accompagnée d'une date consulaire, celle de 258. J*ai expliqué ailleurs (1) comment cette date peut servir à déterminer Torigine de la fête. Nous avons ici, non pas l'anniversaire du martyre de Tun ou l'autre des deux apôtres ou des deux à la fois , mais celui de la translation commune de leurs restes à l'endroit appelé ad Catacumbas^ au troisième mille de la voie Appienne. Au commencement du quatrième siècle , lorsque fut constitué le calendrier de l'église romaine d'où dérive le texte philocalien, les deux apôtres reposaient* encore en ce lieu. Ils en furent tirés plus tard , pour être déposés dans les basiliques élevées en leur honneur par l'empereur Constantin, sur les tombeaux primitifs du Vatican et de la voie d'Ostie. Ces translations n'apportèrent aucun changement à la date festivale, déjà entrée sans doute dans les habitudes de la population chrétienne de Rome.

Le même calendrier de l'année 336 contient, au 22 février, une fête intitulée Natale Pétri de cathedra. Elle avait pour objet de solenniser le souvenir de l'inauguration de l'épiscopat ou de l'apostolat de saint Pierre. Son rapport avec la fête du 29 juin était exactement le même que celui qui existe entre les deux anniversaires natalis et depositionis de chaque évoque , anniversaires que les papes , au moins , avaient coutume de célébrer , dès la première moitié du quatrième siècle. Le choix du jour n'avait été dicté par aucune tradition chrétienne. 11 suffit de jeter les yeux sur les anciens calendriers de la religion romaine (2)

(1) Liber pontif,, t. I, p. civ.

(2) Mommsen, C. /. L., t. I, p. 386.

LBS FÊTB8 CHRÉTIENNES. 267

pour voir que le 22 février était consacré à une fête populaire entre toutes, celle des défunts de chaque famille. L'observation de cette fête et les rites qui raccompagnaient étaient considérés comme incompatibles avec la profession chrétienne. Mais il était très difficile de déraciner des habitudes particulièrement chères et invétérées. C'est pour cela, on n'en peut douter, que fut instituée la fête du 22 février.

Cette fête intéressait l'église de Rome plus spécialement que les autres. Aussi ne voit-on pas qu'elle ait été jamais adoptée en Orient. En Afrique non plus elle n'a laissé aucune trace (1). En Gaule, au contraire, on la trouve d'assez bonne heure. Dès l'année 448, elle est marquée dans le calendrier de Polemius Silvius(2); diverses homélies attestent son existence et sa coïncidence avec la fête de la Car a cognaiio (3). Il en est de même du concile de Tours de l'année 567 (4). On voit par ces textes combien l'antique repas funèbre du 22 février était difficile à supprimer. Il dura en Occident jusqu'au douzième siècle au moins. Je l'ai vu pratiquer en Epire, par les Grecs orthodoxes et même par les musulmans.

Le Natale PetH de cathedra avçiit une autre coïncidence, dont on finit par sentir l'inconvénient : il tombait souvent en Carême. Dans les pays gallicans, où l'on considérait l'observance quadragésimale comme incompatible avec les solennités en l'honneur des

(1) Le calendrier de Carthage n'en parle pas ; les sermons do saint Augustin relatifs à cette fête ont été reconnus apocryphes.

(2) Avec la fojmule inexacte Depositio saneti Pétri et P&uli.

(3) Voy., en particulier, les sermons 190-192, dans l'appendice aux sermons de saint Augustin.

(4) Can. 22 : « Sunt etiam qui in festivitate cathedrae domni Pétri apostoli cibos mortuis offerunt, et post missas redenntes ad domos proprias ad gentilium revertuntur errores, et post corpus Domini sacratas daemoni escas accipiunt. »

saints (1), on se tira de cette difficulté en avançant la fête. Les livres liturgiques la placent au mois de janvier , avec la fête de la sainte Vierge qui se célébrait le 18 (2). Le Martyrologe hiéronymien, dans sa recensionauxerroise, est plus précis; il indique le 18 janvier comme le jour de la fête de la chaire de saint Pierre à Rome. En ceci le recenseur auxerrois s'est conformé à l'usage fle son pays. Mais comme le texte sur lequel il opérait marquait un Natale s. Pétri de cathedra au 22 février, il eut l'idée de conserver les deux anniversaires et d'attribuer ce dernier à Antioche, siège que Ton considérait comme ayant été aussi occupé par k prince des apôtres.

Cette combinaison ne fit pas d'abord fortune. En Gaule on continua à célébrer la fête le 18 janviei seulement. C'est ce dont témoigne le vieux sacramen taire de Gellone (VlIP-IX* s.), où cette fête est accompagnée de l'indication secundum Gallos, Quant i Rome . la fête du 22 février fut maintenue à l'exclusion de l'autre, et cela jusqu'au seizième siècle (3).

(1) Conc. Toi. y X, c. 1.

(2) Le lectionnaire de Luxeuil ne compte que deux dimanche entre l'Epiphanie et la fête de la Chaire ; il en place trois entr celle-ci et le Carême. Le sacramentaire de Bobbio met la fête de l Chaire immédiatement avant celle de la Vierge (18 janvier) ; quant ai Misssile golhicum , il intercale entre la fête de la Vierge et celle d' la Chaire les messes de sainte Agnès (21 janvier), sainte Cécile (22 no vembre), saint Clément (23 novembre), saint Saturnin (29 novembre] saint André (30 novembre), sainte Eulalie (10 décembre), et do 1 Conversion do saint Paul (25 janvier). Il est clair qu'il ne suit pas ic l'ordre du calendrier et que son témoignage ne saurait étro invoqu contre l'accord dos autres documents.

(3) De Rossi, Bull.^ 1867, p. 38. Sur bien des points, les conclusion exprimées dans le savant mémoire auquel renvoie cette citation dif forent de celles que j'expose ici. La différence ne doit pas étro attri buée, en ce qui me regarde, à un examen trop superficiel des raison et des solutions écartées. — Je ne saurais admettre, en particulier qu'il y ait eu, avant le bas moyen âge, un lien entre le Natale Ca thedrae s. Pétri et le culte de la relique vénérée à Rome sous le non de Chaire de saint Pierre. Les textes allégués pour démontrer qu

Une troisième fête de saint Pierre se célébrait à 'Eloirie le 1" août. C'était la fête de la dédicace de Téglise des Apôtres d), sur TEsquilin, reconstruite sous "Xystus III (432-440) aux frais de la famille impériale d'Orient. On conservait dans cette église les chaînes de saint Pierre, reliques très vénérées, dont le nom servait souvent à désigner la basilique ellemême (2).

Cette fête était particulière à Rome; elle ne passa ni en Orient (3), ni dans les pays de rit gallican. Il est sûr qu'elle avait pour but de commémorer la dédicace de la basilique de TEsquilin; cette dédicace avait donc eu lieu le i" août. Comme le l" août était, depuis Auguste, un jour de fériés solennelles et de

cette chaire se trouvait , dès le quatrième siècle , dans le baptistère dn Vatican, n*ont pas le sens qu'on leur a attribué. Us ne parlent que ^^ la sedes Pétri, de la sedes aposlolica, dans un sens métaphorique. Celai d'Ennodius, où il est question d'une sella gestatoria, a rapport ^ îa 8ella sur laquelle les consuls étaient portés le jour de la procession consulaire (Revue de philologie, t. VII (18«3), p. 81). En réalité, ^ plus ancienne mention de cette relique se trouve dans le catalogue ^^ Konza, du temps de saint Grégoire et de la reine Théodelinde (De ^ssi, Roma sott., t. I, p. 176) : Oleo de sede ubi prius sedit sanctus ^clrtis. Cette huile avait été recueillie loin du Vatican, probable- 'Qent dans le cimetière Ostrien, sur la voie Nomentane. Le sanc- '^^ire d'où elle provenait contenait une sedes s. Pétri , qui aura été "**iXsportée plus tard au Vatican. Elle ne parait pas avoir été très en reixQiQ^ jusqu'au dixième siècle à tout le moins ; ni saint Grégoire, ni ®^ topographes du septième et du huitième siècle , ni le Liber pan- "^Galis n'y font jamais la moindre allusion.

CX) Un prêtre de cette église, Philippe, fut envoyé comme légat au 5?^^cile d'Ephèse (431) et en signa les actes (Hardouin, t. I, p. 1483). ^^^ existait donc avant Xystus III.

Ç^) Cette désignation a vinculis s. Pelri se rencontre pour la prêtre fois dans le Liber pontif., t. I, p. 261 , à propos d'un événe- 'nt de Tannée 501, puis dans une inscription de l'année 533 {ibid», P-* ^). Sur les chaînes de saint Pierre, voy. le poème d'Arator, lu ^^•ïis cette basilique en 544.

C3) Il y a , en Orient , des fêtes en l'honneur des chaînes de saint '^i^rre ou de la délivrance de saint Pierre (Actes, XII); mais elles ne ^^t)cédent pas de la fête romaine que nous considérons ici.

270 OfiiaiNBS DU CULTE CHRÉTIEN.

réjouissances (1) , il est possible qu'on Tait choisi à dessein.

La fête spéciale de saint Paul, le 25 janvier, a beaucoup moins d'importance que les précédentes. Dans la recension auxerroise du martyrologe hiéronymien, elle est désignée (25 janvier) par le nom de Trcmslatio s. Pauli apostoli^ sans que Ton dise où cette translar tion a eu lieu. Dans le Missale gothicum, il y a une messe in Conversione s. Pauli y qui parait devoir être assignée à la même date (2). Les anciens livres romains ignorent absolument cette fête (3).

La fête de saint Jean Tévangéliste , le 6 mai, doil être l'anniversaire de la dédicace de l'église qui lui était consacrée près de la porte Latine. Cette église est mentionnée pour la première fois dans le Liber pontificalis , à l'article du pape Hadrien 1 (772-795) (4) : la fête de saint Jean ante portam Latinam n'a pas d£! document plus ancien que le sacramentaire de ce même pape. On doit noter cependant que les Grecs célèbrent le 8 mai (5) une fête en commémoration d'un miracle qui se produisait sur le tombeau de l'apôtre à Ephése. Ce miracle était connu en Gaule ; Grégoire de Tours (6) en fait mention. Dans le Missale gothicum, on trouve une messe s. lohannis apostoli et evangelistae entre la fête de l'Invention de la Croix (3 maîj et les Rogations. Je pense qu'elle est plutôt en rapport

(1) Le populaire romain observe encore le jour du felice Agosto.

(2) Cf. p. 268, note 2.

(3) n faut noter cependant que la messe romaine du dimanche de Sexagésime est , en réalité , une messe en Thonneur de saint Paul. La station avait lieu, ce jour-là, dans la basilique de cet apôtre, sur la voie d'Ostie. U y a des sermons de saint Augustin sur la conversion de saint Paul; mais il n*en résulte pas que la fête existât au temps de saint Augustin.

(4) T. I, p. 508, 1. 23 ; on y lit lohannis Baptist&e, par erreur.

(5) Martinov, loc. cit., p. 124.

(6) Gi. mare., 30.

LB8 FÉTBS CHRÉTIENNES. 271

avec la fête grecque qu'avec la fête romaine. Mais rien n'empêche de croire que celle-ci , qui doit avoir été instituée au temps où Rome était sous le régime byzantin, n'ait été elle-même fixée avec quelque égard à la solennité d'Ephèse (1).

La fête du 1®"^ mai, en l'honneur des saints Philippe et Jacques, est aussi un anniversaire de dédicace, celui de l'église appelée les Saints-Apôtres, à Rome. Cette église , fondée d'abord par le pape Jules (337- 352), fut rebâtie vers 561 par les papes Pelage I et Jean III et placée sous le vocable des deux apôtres Philippe et Jacques. Le jour de la dédicace fut fixé au l®*" mai, à cause de la fête de saint Philippe qui se célébrait ce jour-là (2). Je ne saurais dire quel est , des deux ou trois apôtres Jacques, celui dont le vocable fut adjoint à celui de saint Philippe. Le martyrologe hiéronymien indiquait la fête de saint Philippe à Hiérapolis en Phrygie ; on l'interpola en y ajoutant le nom de saint Jacques , qui se trouve ainsi placé sous une fausse rubrique topographique.

Les livres liturgiques gallicans ne contiennent aucune fête, soit de saint Philippe seul, soit des saints Philippe et Jacques associés. En Orient, on trouve des fêtes en l'honneur de saint Philippe l'apôtre et de saint Philippe le diacre; mais elles n'ont aucune coïncidence avec celle-ci.

La fête de saint André , le 30 novembre , est beaucoup plus importante et plus répandue. Elle est marquée à ce jour dans tous les calendriers , depuis le sixième siècle (3). Il est difiBcile d'en indiquer l'ori-

(1) Déjà , dans le martyrologe d'Adon, on voit localisée à la porte Latine l'histoire de la chaudière d'huile bouillante , où , d'après une tradition qui existait déjà au deuxième siècle (TertuUien, Prescr.^ 36), saint Jean aurait été plongé.

(2) Lib. pontif., t. I, p. 306, note 2.

(3) On ne la trouve pas dans les calendriers de Philocalus, de >Po«

gine, à moins de supposer, comme il semblerait r( sulter de la célèbre lettre (apocryphe) sur le ma tyre de Tapôtre, que c'était le jour de sa fête Patras. En tout cas , ce n'est pas le jour de î translation à Constantinople (3 mars) , ni celui de seconde dédicace de Téglise des S8. Apôtres en cet ville (28 juillet) , ni celui de la dédicace de la pr( miére église qui lui ait été consacrée à Rome (3 m vembre) (1).

8* Les martyrs ; autres fêtes locales.

Quelle que soit la dignité des personnages en l'ho: neur desquels furent instituées les fêtes flbces do] nous avons parlé jusqu'ici, ces fêtes, sans exceptioi le cèdent en antiquité aux anniversaires des martyr Ceux-ci remontent jusqu'au deuxième siècle. L'ani versaire du martyre de saint Poly carpe (f 155) f institué à Smyrne aussitôt après sa mort (2). Je i pourrais indiquer, en ce qui concerne Rome, une r férence aussi ancienne. Il est même à remarquer qi les martyrs romains du second siècle , j'entends 1 martyrs indubitables et indubitablement du secoi siècle , comme le pape Télesphore et saint Justin Tap légiste , ne furent point inscrits dans les calendrie ecclésiastiques du temps de Constantin. Les anniv( saires marqués dans ces calendriers se rapporient à d martyrs du troisième siècle au plustôt. A Rome, du rest les épitapbes chrétiennes antérieures au troisième si cle ne marquent jamais le jour de la mort du défur

lemius Silvius, de Perpetuus. Elle figure dans celui de Carthag dans tous les livres liturgiques romains et gallicans, dans les cale driers byzantins, etc.

(1) Lib, pontif., t. I. p. 250; Mart. hier.; 3 nov.

(2) Martyr. Polyc, , 18 : « Ilapé^ei ô Rupio^ iTCixeXeTv xi^v xou piapTupi aÔTov VJtUpocv YSvéOXiov. »

martyr ou non. Il en serait autrement si Tanniversaire funèbre avait été, dès lors, l'objet d'une commémoration religieuse, et, en ce qui regarde les martyrs, d'une solennité ecclésiastique. Au contraire, à partir du troisième siècle, la célébration de l'anniversaire devient d'un usage universel.

Les anniversaires des martyrs étaient naturellement des fêtes locales. Chaque église honorait ses saints. Quelquefois, soit à défaut de fêtes spéciales pour chacun d'eux, soit en concurrence avec ces fêtes , on célébrait une commémoration générale de tous les martyrs de la localité.

On vit bientôt se produire des emprunts. Les saints les plus célèbres furent fêtés ailleurs que dans leur patrie ; quelques-uns arrivèrent à une vénération à peu près œcuménique , comme saint Xyste et saint Laurent de Rome, saint Cyprien de Carthage, etc. Les translations de reliques , réelles ou représentatives , donnèrent , à partir du quatrième siècle , un grand essor à cette forme de culte et aux fêtes qui s'y rattachaient.

Aux martyrs furent bientôt assimilés les saints confesseurs, c'est-à-dire ascètes, suivant la signification que le terme prit au quatrième siècle , saint Martin , saint Antoine, saint Siméon, Stylite , etc.

Mentionnons encore, comme fêtes locales, les anniversaires de dédicaces d'église, ceux de l'ordination (natale) et des funérailles [depositio) des évêques.

9' Jeûnes , Octaves , Litanies.

Outre les fêtes proprement dites, l'année ecclésiastique comprenait encore les jours de jeûne et de litanie.

A l'origine , le jeûne pascal et les stations de chaque semaine représentaient seuls l'observance com-

mi ORiaiNBS DU CULTE CHBÉTIEN.

mune, publique, obligatoire. Cependant les évoques prescrivaient des jeûnes* extraordinaires , suivant les nécessités. Peu à peu ces indictions arbitraires, qui semblent avoir été très fréquentes et partant assez onéreuses, furent femplacées par des observances fixes , à des jours déterminés. C'est ainsi, que nous avons vu (1) le concile d'Elvire restreindre à une foia par mois l'usage des superpositions hebdjomadaires. A. Rome,, on n'en faisait plus que quatre par ans, dès le temps de saint Léon; une cinquantaine d'années auparavant elles paraissent avoir été plus fréquentes (2).

Les Quatre-Temps caractérisent, comme il a été dit plus haut , l'usage romain en ce qui regarde les jeûnes en dehors du carême. En dehors dç Rome , on observait partout les jours qui terminent le temps pascal ou qui le suivent immédiatement. A Milan, les dix jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte étaient , au quatrième siècle , des jours de jeûne (3). Saint Isidore (4) mentionne cette coutume et l'explique. Cependant il était plus général que Ton attendit jusqu'après la Pentecôte : tel était l'usage en Orient, en Gaule et en Espagne (5), avec quelque diversité dans le nombre des jours et le commencement du jeûne.

Les Quatre-Temps d'été offraient, à Rome, une certaine analogie avec ce jeûne de Pentecôte.

En pays gallican on observait aussi le jeûne des

(1) Ci-dessus, p. 221.

(2) Saint Augustin, ép. 46 : « Christianus qui quarta et sexta feiia et ipso sabbato ieiunare consuevit quod fréquenter plebs Romana facit. »

(3) Philastrius, Haer., 119.

(4) De o/f., I, 38.

(5) Const, Apost., y, 20; cf. Athanase, Apol. de fug^ sua (t. I,p.323); concile de Gerunda [517], c. 2; Isidore, loc, ciL; concile de Tours [567], c. 17 (pour les moines seulement). En Orient, on ne commençait qu'après Toctave de la Pentecôte. C'est ce jeûne qui, étendu jusqu'à la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin), est devenu le jeûne grec des 8S. Apôtres.

LES FÊTBS CHRÉTIENNES. 215

calendes de janvier. C'est peut-être ce que Philasfecius appelle déjà, au quatrième siècle, le jeûne de l'Epiphanie (1). En Gaule et en Espagne (2) , cette obseirvance avait pour but de détourner les fidèles des mascarades et pratiques païennes du 1®"^ janvier, vieil usage païen, dont la trace s*est .conservée jusqu'à nous. Il est possible cependant que, tout à fait à l'origine, ce jeûne ait été adopté comme préparation à la fête de l'Epiphanie (3). L'exemple du jeûne qui précédait la fôte de Pâques donnait à penser qu'une grande fête doit avoir toujours un jeûne pour préparation immédiate. Telle est l'origine du jeûne d'avant rNoël y mentionné aussi par Philastrius (/. c.) et que l'on trouve plus tard en Oaule (4). C'est ce jeûne qui a donné lieu à la solennisation spéciale des quatre semaines avant la fête de Noël , déjà indiquée dans les livres: liturgiques romains du huitième siècle.

A la même idée se rattache l'usage de jeûner les veilles de grandes fêtes , de celles pour lesquelles on avait conservé l'antique pervigiliv/m ou synaxe nocturne. Mais ces jeûnes n'entrèrent qu'assez tardivement dans la pratique générale. Ce qui est ancien ici, ce n'est pas le jeûne, c'est la vigile (5).

La fête de Pâques était vraiment la fête modèle , celle que l'on cherchait à imiter dans toutes les au-

(1) In Epiphania (loc. cit,),

(2) Concile de Tours [567], c. 17; Isidore, De off., I, 41, 42.

(3) On a vu pins hant, p. ^49, que la fétc de l'Epiphanie parsdt avoir en d'abord, en pays gallican, plus d'importance que celle de Noël.

(4) Calendrier de Perpetuus ; concile de Tours , c. c. ; concile de Mâcon (581) , c. 19. Je ne trouve pas cet usage en Espagne. U était plus particulièrement observé par les moines (Bédé, H. E., III, 27 ; rV, 30). — Il faut noter que, dans le système indiqué par Philastrius, il 7 a, comme à Rome, quatre jeûnes solennels par an : ceux du Carême, de la Pentecôte, de Noël et de l'Epiphanie ; mais ce n'est pas la même idée qui a présidé au choix des semaines et des mois.

(5) Cf. ci-dessus, p. 219.

très. Avant que celles-ci ne fussent pourvues d'ui jeûne préparatoire elles avaient déjà une octave, reproduction de la semaine pascale (1). A Jérusalem, dèî le quatrième siècle, l'Epiphanie et la Dédicace étaien' déjà solennisées pendant huit jours. Ce système fusuivi un peu partout de très bonne heure et appliqui à d'autres fêtes.

Les litanies sont des supplications solennelles, iiL stituées pour appeler la protection céleste sur le biens de la terre. On les faisait au printemps, dansl. saison des gelées tardives, si redoutées des laboureurs. Il ne faut pas s'étonner que, sur ce point, !■ christianisme se soit rencontré avec les usages reli gieux antérieurs à lui. Les mêmes besoins, le mêmi sentiment de certains dangers, la même confianci dans un secours divin, ont inspiré des rites assez sem blables. Le fond en était une sorte de lustration de champs cultivés, où la récolte future donnait ses pre mières espérances. On s'y rendait en procession, ei chantant cette prière dialoguée que nous appelons lî tanie, développée, pour la circonstance, par une longue suite d'invocations, à Dieu, aux anges, aux saints.

A Rome, le jour consacré était le 25 avril, date traditionnelle, à laquelle les anciens Romains célébraient la fête des Robigalia. De celle-ci le rite principal était une procession, qui , sortant de la ville par la porte Flaminienne, se dirigeait vers le pont Milvius et se rendait à un sanctuaire suburbain situé à quelque distance , au cinquième mille de la voie Claudia (2). La procession chrétienne qui lui fut substituée suivait le

(1) Inutile de rappeler que celle-ci a son origine dans le rit de la pàque juive.

(2) Ovide, Fastes j IV, 901. Le flamen Quirin&lis immolait, dans ce temple , un chien et une brebis.

même parcours jusqu'au pont Milvius. Elle partait de l'église Saint-Laurent m Lucina, la plus voisine de la porte Plaminienne , faisait station à Saint- Valentin , en dehors des murs, puis au pont Milvius ; de là , au lieu de s'engager sur la voie Claudia, elle obliquait à gauche, vers le Vatican, s'arrêtait d'abord à une croix dont remplacement n'est pas indiqué, puis dans le paradis ou atrium de Saint-Pierre , enfin dans la basilique elle-même, où avait lieu la station (1).

Le plus ancien document de cette cérémonie est «ne formule de convocation qui figure dans le registre de saint Grégoire le Grand (2) , et qui a dû servir d'abord pour l'année 598.

En Gaule , on avait adopté , depuis la fin du cin-

ïuième siècle, les trois jours avant l'Ascension. C'est

ât Yienne que Tévêque Mamert (v. 470) avait d'abord

introduit cet ouvrage, qui fut étendu à toute la Gaule

fic^anque (3) par le premier concile d'Orléans (511) (4).

n appelait ces prières des Rogations (5). Les jours des

ogations étaient des jours de jeûne sévère. Les Roga-

"tions furent introduites à Rome sous le pape Léon III,

ers l'an 800 (6).

Les litanies de printemps n'étaient pas usitées en

(1) Ces stations sont marquées dans le sacramentaire du pape adrien.

f2) Jaffé, 1153; Ep. app. , 3. Ne pas confondre cette litanie annuelle yec la litanie extraordinaire de 590, décrite par Grégoire de Tours^ ist. Fr., X, 1.

(3) Sans préjudice, bien entendu, des litanies en usage dans les ^^lises particulières. A Auxerre, il y avait une litanie au commence- "Paient de chaque mois (Gesta epp. Autissiod.y c. 19; Migne, P. L. , -%. CXXXVIII, p. 233).

(4) Sidoine Apollinaire, Ep, V, 14; VII, 1, concile d'Orléans, c. 27.

(5) C'est le terme de Sidoine et aussi de saint Avit , successeur de Kamert, dans son homélie in Rogalionibus. Le concile d'Orléans dit aussi : Rogationes ^ id est litanias.

(6) Sur ce sujet, voy. le Liber poniificalis ^ t. II, p. 35, note 17, et p. 40, note 58.

mS ORKÏlNËâ DU GULTB GHRÏâTIBN.

Espagne. En revanche on en faisait aîu commence- ment de novembre (1), au temps des semailles. Ce ^ n'étaient pas les^ seules : suivant le^ lieux on eri fai- — sait d'autres, au jeûne de la Pentecôte (2), ou à î'équi- — noxe d'automne (3).

En Orient , les litanies n'étaient pas moins usitées^ qu'en Occident. Cependant elles né paraissent pa^H avoir été rattachées à des jours déterminés.

10* Calendriers et martyrologes.

Les fêtes célébrées chaque année étaient marquée^S sur le calendrier local. Chaque église devait avoir 1 sien. Les plus anciens qui se soient conservés son ceux de Rome, de Tours et de Carthage.

Le calendrier de Rome nous est parvenu sous deu formes différentes. La plus complète est celle qu présente le martyrologe hiéronymien. Dans cette compilation, il est vrai, le calendrier romain n'est pa^ isolé : il est mêlé, jour par jour, avec beaucoup d'autres documents analogues et il faudra un certain travail critique pour l'en dégager. L'autre forme est représentée par les deux tables intitulées Depositiones episcoporum et Depositiones martyrum, qui figurent dans la collection dite philocalienne. Cette collection, ou du moins la partie qui contient nos deux tables, fut formée en 336. Le calendrier inséré dans le martyrologe hiéronymien présente diverses retouches, dont les . dernières sont contemporaines du p^^pe Xystus III (432-440); mais il offre aussi la trace d'une rédaction contemporaine du pape Miltiade (311-314). De cette circonstance et de quelques autres considérations , on peut conclure que ces deux rédactions dé-

. (1) Concile de Girone [517], c. 3; Isidore, De off.^ I, 40.

(2) Concile de Girone, c. 2.

(3) Isidore, De off.^ I, 39.

LÏS FÉtBS GRRÉTIBNNES; 279

rivent d^un- texte établi en 312 environ, au lendemain de la diéfûière persécution (1).

Le calendrier des jeûnes et des vigiles dans Téglise de Tours nous a été conservé par Grégoire, évêque de cette ville, dans son Historia Francorum (X, 31); il ne mentionne que les fêtes les plus solennelles, celles qui étaient précédées d'une vigile. Ce règlement avait été établi par Tévêque Perpetuus (460-490).

Le calendrier de Téglise de Carthage, publié par Mabillon (2) et reproduit par Ruinart à la suite de ses Acta martyrum sincera, est un peu moins ancien. Il contient le nom de saint Eugène, mort en 505.

C'est en réunissant les calendriers des diverses églises, principalement ceux des grandes métropoles comme Rome, Carthage, Alexandrie, Antioche, Nicomédie , que Ton forma ce qu'on appelle les martyrologes. Les plus anciens recueils de ce genre paraissent avoir été constitués vers le milieu du quatrième siècle, en Afrique et en Asie Mineure. Ils ne se sont pas conservés sous leur forme primitive; nous ne les avons que dans le martyrologe hiéronymien, compilation exécutée en Italie , vers le milieu du cinquième siècle, puis transportée en France, où elle fut, vers Tannée 590, à Auxerre, l'objet d'une recension de laquelle dérivent tous les manuscrits actuellement existants. En dehors du martyrologe hiéronymien, le martyrologe primitif d'Asie Mineure nous est parvenu sous la forme d'une traduction syriaque très abrégée (3) .

(1) Voy. mon mémoire sur Les sources du Martyrologe hiérony^ mierif dans les Mélanges de l'Ecole de Rome^ t. V (1885), page 137, et suiv. Cf. Liber pontif., t. I, p. ix, cxLViii.

(2) Analecta, t. III, p. 398; éd. in-f, p. 163. Mabillon le trouva dans la couverture d'un manuscrit de Cluny, du septième siècle environ. Le titre est ainsi conçu : Hic continentur dies nataliciorum martyris et depositiones episcoporum quos ecclesia Carth&genis anniversaria célébrant (sic).

(3) Sur le Martyfologe hiéronymien , voy. le mémoire cité note 1 ; cf. De Rossi, i2oma sotterranea^ t. II, p. X.

Le Martyrologe hiéronymien atteignit, du septième au neuvième siècle, une trèsgrande publicité ; mais sa complexité , les erreurs dont le remplirent bientôt les copistes, embarrassés au milieu de tant de noms propres d'hommeset de lieux, lui firent préférer des textes moins complets au point de vue du nombre des saints, mais contenant pour ceux que Ton y conservait de petites notices historiques, extraites de leurs actes. C'est ce qu'on appelle les martyrologes historiques. Les plus anciens et les plus connus sont ceux de Bède, Raban-Maur, Adon et Usuard. Ce dernier, exécuté i Saint-Germain-des-Prés vers Tan 875, a joui d'uni grande vogue pendant le moyen âge. Le Martyrolog» romain actuel n'en est qu'une réédition, revue €= complétée par le cardinal Baronius.

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