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CHAPITRE IX

l'initiation chrétienne.

L'initiation chrétienne, telle que nous la décrivent les documents depuis la fin du deuxième siècle, comprenait trois rites essentiels : le baptême , la confirmation et la première communion. Elle n'était pas accordée, au moins dans les cas ordinaires, sans une préparation plus ou moins longue. Dès le déclin du deuxième siècle, le nombre des aspii*ants au christianisme rendit nécessaire de systématiser cette prépa- ^9.tîon, d'en préciser les règles, de déterminer le ^^mps d'épreuve. De là sortit la discipline du caté- ^huménat.

Le catéchuménat était un stage pendant lequel les tionvertis apprenaient leurs devoirs essentiels de croyance et de conduite , en même temps qu'ils s'exerçaient à les pratiquer. Les catéchumènes étaient considérés comme appartenant à la société chrétienne, comme chrétiens ; les rites qui consacraient l'entrée du converti dans cette catégorie inférieure portent, dans les vieux livres liturgiques, la rubrique ad chris- Hanum faciendum^ ou une autre de même sens. On pouvait rester catéchumène aussi longtemps qu'on le désirait; au quatrième siècle, les empereurs Constantin et Constance restèrent catéchumènes jusqu'à l'article de la mort. Ce système , qui allégeait beau-

coup les obligations disciplinaires, plaisait à raristocratie ; elle le pratiqua largement.

Si le catéchumène désirait compléter son initiation et si les chefs de Téglise le jugeaient digne de recevoir le baptême , il passait dans la classe des éltis ou compétents (1). On inscrivait , au commencement du. Carême, les noms des compétents qui devaient participer au baptême dans la nuit de Pâques. Pendant Idu sainte quarantaine, ils devaient se présenter souvent à Téglise pour subir les exorcismes et entendre lesi instructions préparatoires au baptême.

C'était à Pâques, en effet, que Ton célébrait ordinairement le baptême , et cela dès la plus haute antiquité (2). La vigile du dimanche de Pâques était consacrée à cette cérémonie. Si elle ne suffisait pas, ou3 si quelques néophytes ne pouvaient, pour une raison, ou pour une autre, prendre part à l'initiation ce jour-là, on les renvoyait à un autre jour du temps pascal. La dernier jour, celui de la Pentecôte, tant parce qu'il était le dernier qu'en raison de sa solennité spéciale, ne tarda pas à devenir comme une seconde fête baptismale.

L'église romaine s*en tint là. En Orient, TEpiphanie, la grande fête de la naissance du Christ et de son baptême, parut être indiquée pour célébrer la^ seconde naissance, la régénération, le baptême des chrétiens. Les Pères grecs de la fin du quatrième siècle constatent l'usage où Ton était, dans leur pays, de bénir ce jour-là les eaux baptismales et de baptiser les néophytes. L'exemple de l'Orient fut suivi par beaucoup d'églises occidentales ; peu à peu la fête de

(1) M. Fr. X. Funk (Theologische Qu&rt&lschrift, 1883, p. 41 et suiv.) a très bien établi qu'il n'y a pas d'autres catégories à distinguer parmi les catéchumènes et que l'idée de leur distribution en quatre classes repose sur une mauvaise interprétation des textes anciens.

(2) TertuUien, De baptismo, 19.

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"Noël et même beaucoup d'autres fêtes furent , sur ce point, assimilées à l'Epiphanie (1). Mais les papes réclamèrent avec insistance et parvinrent, non sans peine, il est vrai, à obtenir que les églises latines se conformassent à la vieille pratique romaine, de beaucoup antérieure à toute idée de solenniser la fête de la Nativité du* Christ.

Les rites du catéchuménat , du baptême et de la conflnnation, se diversifièrent , comme ceux de la liturgie eucharistique, suivant les pays. Je vais passer en revue les différents usages.

§ 1. — Le baptême suivant Vusage romain.

Les documents de la liturgie baptismale suivant l'usage romain sont :

1® L'Ordo Baptismi, publié par Mabillon sous le ^* VII. Cet Ordo est, comme texte, du temps de Charlemagne, à tout le moins ; on le retrouve presque tout entier et mot à mot dans une instruction sur le bap- ^^me adressée par Jessé, évêque d'Amiens, au clergé ^e son diocèse, probablement en 812 (2; ;

2® Le sacramentaire du pape Hadrien, qui ne donne ^e bien peu de détails, sauf pour la cérémonie anale;

(1) Lettre de Sirice à Himère de Tarragone, c. 2. Elle paraît n'avoir pas été suivie d'effet, car le concile de la province de Tarragone» en 517, reconnaît encore Noël comme fête baptismale (Conc. Gerund.f c. 4); lettre de saint Léon aux évéques de Sicile (Jaffé, 414), c. 1 ; lettre de Gélase aux évéques de Lucanie, etc., c. 12; Victor de Vite, Hist. pers, Vandal., II, 47; Synodus Pafrtcii, II, 19 (Hardouin, t. I, p. 1795) : il résulte de ces deux pièces que l'Epiphanie était une fête baptismale en Afrique et en Irlande. Les conciles de Mâcon [585] f c. 3, et d'Auxerre [v. 585] attestent que l'usage romain faisait loi en Gaule, vers la fin du sixième siècle. Pour l'Orient, voy. surtout saint Grégoire de Nazianze, hom. 40 ; diverses homélies de saint Jean Chrysostome, t. II, p. 268, 433; t. XI, p. 25 ; Théodoret, Hist. eccl., n, 27.

(2) Migne, P. L., t. CV, p. 781. Cf. ci-dessus, p. 139.

3** Le sacramentaire gélasien , en général d'accord avec VOrdo; mais, ici encore, il faut prendre garde aux retouches gallicanes.

L*accord presque continuel entre le sacramentaire gélasien et VOrdo Baptismi prouve que celui-ci correspond à Tusage du septième siècle au moins. De certains détails, comme les formules bilingues , l'emploi du symbole dit de Nicée, la substitution des acolytes aux exorcistes, on doit conclure que ce rituel n'a été définitivement rédigé que dans le courant du septième siècle, en pleine période byzantine.

En ce temps-là, le baptême des adultes était devenu exceptionnel; c'était ordinairement sur des enfants que s'accomplissaient les rites d'initiation. Aussi l'Ot-rfo et les rubriques des sacramentaires parlent-ils d'enfants que l'on tient sur les bras, qui sont accompagnésde parrains ou de marraines chargés de répondre en leur nom. Mais il est clair que les formules ont été composées pour des adultes, et que les cérémonies elles-mêmes n'ont tout leur sens que quand il s'agit de personnes arrivées à l'âge de raison. Aussi faut-il considérer comme des retouches les détails qui ne supposent que des enfants et faire subir à tout le texte une sorte de transposition chronologique , pour le placer dans son véritable jour. C'est ce que je vais faire dans la description suivante (1).

1*> Rites du catéchuménat.

L'entrée dans le catéchuménat est accompagnée des cérémonies suivantes :

. l'exsufflation, avec une formule d'exorcisme ;

(1) Les rites ici décrits sont encore en usage, pour la plupart, lorsque le baptême est conféré solennellement à des adultes; mais tout se passe dans la même séance. Pour les enfants, on observe un rituel identique au fond, mais considérablement abrégé.

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rimposition de la croix sur le front ;

rimposition du sel.

Le converti se présente au prêtre , qui commence par lui souffler au visage (1), puis le marque au front du signe de la croix , en disant : In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Cette cérémonie est suivie d'une prière pendant laquelle le prêtre étend la main sur le candidat (2) :

Omnipotens, sempiterne Dcus, Pater domini nostri Jesu Christi,

respicere dignare super hune famulum tuum quem ad rudimenta

fidei vocare dignatus es. Omnem caecitatem cordis ab eo expelle;

disrumpe omnes laqueos Satanae quibus fuerat conligatus. Aperi

^^> Domine, ianuam pietatis tuae, et signe sapientiae tuae imbutus

^ttïnium cupiditatum foetoribus careat, et suavi odore praecepto-

''^oa tuorum laetus tibi in Ecclesia deserviat, et proficiat de die in

^i^îii, ut idoneus eflSciatur accedere ad gratiam, baptismi tui

P^rcepta medicina.

Vient ensuite l'imposition du sel (3), qui est d'abord ^Oumis à Texorcisme :

Dxorcizo te, creatura salis, in nomine Dji Patris omnipotentis

Çl) Cette cérémonio n'est pas marquée dans VOrdo ni dans les sa- ^^amentaires ; mais elle est attestée par le diacre romain Jean, dans ^^ lettre à Senarius , fonctionnaire du temps de Théodoric (Migne , "^« L., t. LIX, p. 402). Il dit même qu'elle était suivie d'un exorcisme '^t exeat et reced&t (disibolus). Ces mots se retrouvent dans les ^OrDttules d'exorcisme que l'usage du septième siècle assigne aux scrutins du Carême.

(2) Je donne le texte du sacramentaire gélasien, I, 30, en le mett:«uit au singulier. On y trouve , à la suite de cette prière , deux autres formules qui paraissent être des variantes. Celle-ci se trouve ^ussi dans le sacramentaire grégorien, p. 60 (Muratori), mais incomplète à la fin. Outre le rituel 1 , 30-32 , le sacramentaire gélasien en contient un autre, I, 71, qui a fourni beaucoup au rituel actuellement en usage ; mais je soupçonne ce second rituel d'être gallican , sauf l'imposition du sol, qui est certainement romaine, mais qui n'est ici accompagnée d'aucune formule. Les formules I, 71, ou des formules similaires se retrouvent dans le Missale gothicum et dans le sacramentaire gallican.

(3) L'imposition du sel bénit est mentionnée par le diacre Jean :

et in charitate domini nostri lesu Christi et in virtute Spirituf sancti. Exorcizo te per Deum vivum et per Deum verum, qui U ad tutelam humani generis procreavit et populo venienti.ad cre< dulitatem per servos suos consecrare praecepit. Proiode rogamui te, domine Deus noster , ut haec creatura salis in nomine Trini tatis efficiatur salutare sacramentura ad effugandum inimicum Quam tu , Domine , sanctificando sanctifiées , benedicendo bcnet dicas ; ut fiât omnibus accipientibus perfecta medicina, permaneai in yisceribus eorum, in nomine domini nostri lesu Christi qa venturus est iudicare vives et mortuos et saeculum per ignem.

Le prêtre met alors un grain de sel dans la bouch( du candidat, en lui disant : Àccipe iV., sal sapientiae propitiaPus in vitam aeterna/m. Puis il termine par un prière :

Deus patrum nostrorum, Deus universae conditor veritatis, t supplices exoramus, ut hune famulum tuqm respicere digneri propitius ; ut hoc primum pabulum salis gustantem non diutiu esurire permittas quominus cibo expleatur caelesti , quatenus si semper, Domine, spiritu fervens, spe gaudens, tuo semper no mini serviens. Perdue euro ad novae regenerationis lavacrum, u cum fidelibus tuis promissionum tuarum aeterna praemia conseqa mereatur.

Après cette cérémonie, on était réputé catéchumène ; on était admis à prendre part aux assemblées religieuses, mais non point à la liturgie eucharistique proprement dite. Les catéchumènes avaient une place spéciale dans Téglise; on les congédiait avant le commencement des saints mystères (1).

2* Préparation au baptême.

. La préparation au baptême comportait, à Rome

Accipiet iam catechumenus benedictum s&l. U semble qu'à l'origine cette cérémonie ait été réitérée fréquemment. Un canon di concile d'Hippone (393) suppose que les catéchumènes recevaient 1< sel tout le long de Tannée, même à Pâques {Conc, Carth. , III, c. 5) L'imposition du sel est un trait caractéristique du rit romain. (1) Voy. ci-dessus, p. 57, 163, 192.

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coi&me partout, une suite d'instructions et d'exercices qui Avaient lieu pendant le Carême. Les séances que Ton y consacrait portaient le nom de scrutins; au septième siècle elles étaient au nombre de sept. II» ne subsiste aucun recueil de catéchèses romaines, gui puisse être comparé aux catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem ; mais celles-ci peuvent donner une idée de la nature et de la forme des instructions préparairés au baptême (1).

Comme le nom rîndique, les scrutins étaient des-

& à vérifier la préparation des candidats, en particu-

et aies présenter aux fidèles, qui pouvaient, au besoin,

rotester contre l'admission des indignes. Sur ceci ,

documents sont nécessairement muets. Ils ne con-

îennent. autre chose que les prières et les rites.

^euix-ci ont pour but de chasser peu à peu le mauvais

esprit , de. le décider à quitter les personnes qui vont

3)asser sous l'empire du Christ.

Au septième siècle, les scrutins commençaient dans la troisième semaine de Carême. A la messe stationale du lundi, on annonçait (2), du haut de l'ambon, la première de ces réunions :

Scrutinii diem, dilectissimi Fratres, quo electi nostri divioUiis iDstruàntur, imminei*e cogDOScite. Ideo sollicita devotione, succedente seqaente t72a feria, circa horam diei sextam, convenire dignemini, ut caeleste mysterium quo diabolus cum sua pompa deatruitur et ianua regni caelestis aperitur inculpabili, Deo iuvante, ministerio peragere valeamus.

(1) Les sermons ad Compétentes de saint Augustin (n** 56-59, 112- 116) peuvent représenter ici l'usage latin et même l'usage romain, car TÂfrique suivait, pour le baptême comme pour les autres rites, l'ordre en vigueur à Rome.

(2) Gél. , I, 29. Le sacramentaire gélasien donne ensuite les rites du catéchuménat, tels qu'ils viennent d'être décrits. L'Ordo les assigne également au premier scrutin, mais ce ne peut être leur place primitive.

Au premier scrutin, les élus donnaient leurs ne que l'on inscrivait sur un registre , puis on les ( sait en deux groupes, les hommes à droite les i mes à gauche.

La messe commençait. Après la collecte et a' les lectures, un diacre appelait les catéchumènes, invitait à se prosterner et à prier. La prière se te nait par VAmen que tous disaient à haute voix. 1 jours au signal du diacre, ils se signaient, en di In nomine Patris^ etc. A ce moment avaient lieu exorcismes. Un des clercs (1) chargés de ce minis s'approchait des candidats, des hommes d'abord, faisait le signe de la croix sur le front et leur in sait les mains en prononçant une formule d'exorcis puis il passait aux femmes et leur faisait la m cérémonie. Après lui elle était répétée parundeuxi exorciste , puis par un troisième. Voici l'une des mules :

Deus Abraham , Deus Isaac , Deus lacob , Deus qui Moys mulo tuo in monte Sinai apparuisti et filios Israël de terra Ae^ eduxisti, deputans eis angeium pietatis tuae qui custodiret eoi ac nocte ; te quaesumus , Domine , ut mittere digneris san( angeium tuum ut similiter custodiat et hos famulos tuos et ducat eos ad gratiam baptismi tui.

Ergo (2), maledicte diabole, recognosce sententiam tuam c honorem Deo vivo et vero, et da honorem lesu Chris to Filio et Spiritui sancto ; et recède ab his famulis Dei , quia istos Deus et dominus noster lesus Christus ad suam sanctam gra et benedictionem fontemque baptismatis dono (3) vocare dign est. Et hoc signum sanctae crucis frontibus eorum quod damus, tu, maledicte diabole, numquam audeas violare.

(1) L'Ordo et le sacramentaire parlent ici d'acolytes ; mais il i pas douteux que, tant qu'il y eut des exorcistes en fonctions , c* fût leur rôle spécial.

(2) Cette partie de la formule est constante ; elle se répète à chs des six exorcismes.

(3) Donum cod. Cf. plus loin, p. 292. Plus bas, le même manui porte per au lieu de et.

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Après le passage de chacun des exorcistes, les catéchumènes étaient invités à se prosterner, à prier et à se signer. Les trois exorcistes • ayant terminé leur tâche , un prêtre s'approchait, répétait l'imposition du signe de la croix et l'imposition des mains, en disant :

Aeternum ac iustissimam pietatem tuam deprecor, domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus lumJDis et veritatis, super bos famulos et famulas tuas, ut djgneris eos inluminare lumiue intelligentiae tuae. Munda eos et sanctifica; da ois scioiUiam verara, ut digni eflSciantur accedere ad gratiam baptismi tui Teneant firmam spem, consiiium rectum, doctrinam sanctam, ut apti sint ad percipiendam gratiam tuam.

Il est à remarquer que le prêtre, à la dififérence des exorcistes, ne s'adresse qu'à Dieu; ce n'est pas son rôle, en ce moment au moins, de conjurer le démon. Après une dernière prostration , les catéchumènes reprenaient leur place et la messe continuait en leur présence, jusqu'à l'évangile exclusivement. Avant l'évangile ils étaient congédiés. Leurs parents ou parrains ne manquaient pas de prendre part à l'offrande; les noms des parrains et marraines étaient récités au Mémento , ceux des élus, dans la prière Hanc igitur, avec une recommandation spéciale (1).

Ces exorcismes se répétaient, dans la même forme et avec le même appareil, aux autres jours de scrutin, sauf au septième. Le troisième avait une importance particulière. C'est ce jour-là que le candidat était oflBiciellement initié à l'Evangile, au Symbole, et à l'Oraison dominicale. Dans les autres pays , cette cérémonie se bornait au symbole et s'appelait la Tradition du symbole. A Rome on livrait à l'initié , non seulement le symbole, mais l'ensemble des titres de

(1) Cf. ci-dessus, p. 172.

la loi chrétienne, instrumenta sacrosanctae legis (1), Aussi la cérémonie avait-elle un nom plus compréhensif ; on l'appelait TOuverture des oreilles.

Ce jour-là les catéchumènes n'étaient pas congédiés aussitôt après le graduel. Ce chant terminé, quatre diacres sortaient de la sacristie, en grande pompe^. tenant chacun l'un des quatre évangiles. Ils s'avançaient ainsi vers l'autel; les volumes sacrés étaiendéposés sur les quatre coins de la table sainte. Un prêtre prenait la parole et expliquait ce que c'est qam l'Evangile. Puis, les élus ayant été invités (2) à se tes nir debout, attentifs et respectueux, l'un des diacres lisait les premières pages de saint Matthieu. Le prêtre en donnait aussitôt un court commentaire. Or recommençait de même pour les trois autres évangélistes.

Après la tradition de l'Evangile venait celle du symbole. Elle était encore précédée et suivie d'une allocution du prêtre. Aux temps byzantins, on se servait de la formule de Nicée-Constantinople et Ton avait même l'attention de la réciter d'abord en grec , puis en latin. La population de Rome était alors bilingue : les catéchumènes se groupaient, pour cette lecture, suivant leur langue. Chaque groupe était présenté séparément au prêtre par l'acolyte (3) chargé de cette fonction. Le prêtre demandait : Qua lingua confitentur dominum nostrum lesum Christum? L'acolyte répondait Graece, ou Latine, et le prêtre l'invitait à leur enseigner, dans leur langue, la formule de foi.

Il n'est pas douteux que la formule primitivement

(1) En Afrique, pays de rit romain, on trouve aussi la tradition du Pater j non cependant celle de l'Evangile. Aug. , Serm. 57, 58; Ferrandus, Ep. ad Fulgentium (Migne, P. L., t. LXV, p. 379.

(2) Cf. p. 162.

(3) L'acolyte est encore ici , très probablement, substitué à l'exorciste, peut-être au lecteur.

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employée à Rome n'ait été celle du symbole des Apôtres, qui est à proprement parler le symbole romain. C'est le symbole des Apôtres qui est expliqué dans les sermons de saint Augustin relatifs à cette cérémonie (1).

Venait ensuite la tradition du Pater, Le prêtre luimême y procédait. Il commençait par une exhortation d'ensemble, puis il récitait phrase par phrase le texte de Toraison dominicale, en le commentant à mesure. Après la dernière demande, une petite allocution terminait la cérémonie (2).

Ce rite fort simple, mais très imposant, devait produire une vive impression sur les candidats au baptême. Je serais porté à croire que nous en avons une expression artistique dans la célèbre scène du Don de la loi, qui figure sur tant de monuments chrétiens, peintures , sarcophages , vases décorés , et surtout dans les mosaïques absidales des basiliques. Le Christ est assis sur un trône glorieux, au sommet d'une montagne d'où s'échappent les quatre fleuves du Paradis. Autour de lui sont groupés les Apôtres. Saint Pierre, leur chef, reçoit des mains du Sauveur un livre, emblème dé la loi chrétienne, sur lequel on lit la devise DOMINUS LEGEM DAT ou quelque autre de même sens. Au-dessus de ce groupe, apparaissent , dans l'azur du ciel , les quatre animaux symboliques, avec les quatre livres de l'Evangile. Je n'oserais assurer que cette scène ait été composée expressément d'après le rituel de la Traditio legis christianae ; mais il y a entre ces deux choses un rapport

1^1) Sur le symbole romain et son histoire, ainsi que sur l'usage du grec dans la liturgie romaine, voy. Caspari, Quellen zur Geschichle des Taufsymbols, etc., t. III, Christiania, 1875. Cf. A. Harnack, PP. apostolici, fasc. I, part. 2 (2* éd.), p. 115.

(2) Plusieurs sermons de saint Augustin (56-59) ont été composés pour la tradition et l'explication du Pater.

trop évident pour qu'il n'ait point été remarqué. Beaucoup de fidèles , en jetant les yeux sur les peintures qui ornaient le fond de leur église , devaient se rappeler une des plus belles cérémonies de leur initiation.

Le septième et dernier scrutin précédait de très près le baptême. Il avait lieu la veille de Pâques ; les livres du huitième siècle lui assignent l'heure de tierce; mais il est probable qu'à une époque plus ancienne il se célébrait dans l'après-midi. Comme il n'yavait pas de messe le samedi saint, la cérémonie était indépendante de toute réunion stationale. Cette fois, ce ne sont pas des clercs inférieurs qui accomplissent l'exorcisme ; c'est un prêtre qui est chargé d'adjurer Satan pour la dernière fois. Il passe dans les rangs des candidats, leur fait au front le signe de la croix, et leur impose la main , puis il prononce le dernier exorcisme :

Nec te latet, Satanas, imminere tibi paenas, imminere tibi tormenta, imminere tibi diem iudicii, diem supplicii, diem qui venturus est velut clibanus ardens, in quo tibi atque universis angeiis tuisaeternus veniet interitus. Proinde, damnate, da honorera Deo vivo et vero ; da honorem lesu Christo Filio eius et Spiritui sancto , in cuius nomine atque virtute praecipio tibi ut exeas et recédas ah hoc famulo Dei, quem hodie dominus Deus noster Jésus Ghristus ad suam sanctam gratiam et benedictionem fontemque baptismatis dono vocare dignatus est, ut fiât eius tempium per aquam regenerationis in remissionera omnium peccatorum, in nomine domini nostri lesu Christi qui venturus est, etc.

Vient ensuite le rite de VEffeta, Le prêtre touche , avec le doigt trempé dans sa salive, le dessus des lèvres [nares) (1) et les oreilles de chacun des candidats.

(1) Malgré les mots m odorem suavitatis de la formule, il n*est pas douteux que les narines n'aient été substituées ici à la bouche.

l'initiation GHIiÉTIBNNE. 293

Cette espèce d'onction , reproduite de la guérison du sourd-muet dansai' Evangile, est accompagnée delà formule suivante :

EflTeta, quod est aciaperire, in odorem suavilatis. Tu autem effugare, diabole, adpropinquavit enim iudicium Dei.

Les candidats se dépouillent alors de leurs vêtements et reçoivent sur la poitrine et sur le dos une onction d'huile exorcisée. Toute cette cérémonie est symbolique. On est arrivé au moment critique de la lutte avec Satan. Les candidats vont le renier solennellement pour s'attacher à Jésus-Christ. On leur délie les organes des sens, afin qu'ils puissent entendre et parler; on les oint d'huile, comme des athlètes qui vont combattre. L'onction terminée, chacun d'eux se présente devant le prêtre :

Abrenuntias Satanae? — Abrenunlio.

Et omnibus operibus eius? — Abrenuntio.

Et omnibus pompis eius? — Abrenuntio.

Le renoncement à Satan est accompli ; le nouveau disciple du Christ prononce alors la formule de foi , en récitant le texte du symbole (1). C'est ce que l'on appelle rendre lé symbolo [Redditio symholi) (2).

La cérémonie terminée, les candidats se prosternent, prient et sont congédiés par l'archidiacre.

L'auteur du De Sacramcn/is en donne la raison : « Quia mulieres baptizantur » (I, 3).

(1) Dans les livres du huitième siècle, c'est le prêtre lui-même qui le récite, en «'tendant la main sur les enfants , comme pour marquer qu'il agit en lour nom.

(2) Cette Redditio symholi est une cérémonie ; en Afrique (Aug. ^ Serm.f 58, 59), et à Jérusalem {Peregrinalio), elle était précédée d'une récitation en forme privée: on tenait à s'assurer, quelque temps avant la cérémonie solennelle du samedi saint , que les candidats savaient par cœur le symbole de la foi.

3** Bénédiction des saintes huiles.

Il faut ici revenir un peu en arrière. Pendant qu« s'achève la préparation des candidats, l'Eglise fait se^ dispositions pour les recevoir. Le jeudi saint a lieu 1^ messe chrismale^ où sont consacrées les huiles qui secr viront à la cérémonie de l'initiation. Elles sont préparées dans deux ampoules distinctes , dont l'une ae contient que de l'huile pure, l'autre de l'huile parfumée par un mélange de baume. C'est le pape qui verse lui-môme le baume dans l'huile avant la messe, à la sacristie. Pendant la messe , les deux ampoules sont tenues en avant de l'autel , par des clercs inférieurs.

La messe est célébrée en grande pompe , à cause de la solennité du jour. Vers la fin du canon, les fidèles présentent, pour qu'on les bénisse, de petites ampoules d'huile destinées à leur usage personnel. C'est l'huile des malades; les fidèles s'en servent eux-mêmes ; mais elle sert aussi pour l'extrôme-onction. Les vases qui la contiennent sont déposés sur la balustrade ou podium qui limite l'enceinte sacrée. Les diacres vont en prendre quelques-uns et les apportent à l'autel où le pontife les bénit en prononçant la formule suivante (1) :

Emilie, quaesumus Oomine, Spiritum saDCtum Paraclitum de caelis in banc pinguedincin oici, quam de viridi iigno producere dignatus es ad refectionem mentis et corporis ; et tua sancta benedictionc sit omni ungenti, gustanti, tangcnti. tutamentum mentis et corporis, animae et spiritus, ad evacuandos omoes dolores, omnem infirmitatem, omnem aegritudinem mentis et corporis, unde unxisti sacerdotcs, reges et prophetas et martyres, chrisma tuum perfectum a te, Domine, benedictum, permanens in visceribus nostris in nomine Domini nostri lesu Ghristi.

(1) Elle est commune au sacramentaire gclasien et à celui d'Hadrien.

l'initiation chrétienne. 295

La bénédiction terminée, l'évoque continue la messe à partir de la finale du canon Per quem haec omnia, etc. (1). Les diacres reportent les ampoules où ils les ont prises. Quant à celles qui n'ont pas été apportées à Tautel , elles sont bénies de la balustrade par des évoques ou des prêtres, qui répètent sur elles la formule prononcée par le pape.

La consécration des grandes ampoules a lieu aussitôt après la communion du pape, avant celle du <îlergé et des fidèles. Les diacres reportent sur l'autel la patène et le calice ; ils étendent un linge blanc pardessus ; les acolytes qui tiennent les scyphi avec le vin de la communion pour les fidèles, les recouvrent aussi. Des sous-diacres vont chercher les ampoules eX les apportent à Tarchidiacre et à Tun de ses collègues. L'archidiacre prend celle qui contient l'huile parfumée et la présente au pape. Le pontife souffle trois fois dessus, y fait le signe de la croix et dit : In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Puis il salue l'assistance comme à la préface de la messe, prononce le Sursum Corda , le Grattas agamus et récite une prière eucharistique :

Vere dignura ... aeterne Deus, qui in principio , inter caetera bonitatis et pletatis tuac mimera, terram producere fructifera ligna iussisti, inter quae hiiius pinguissimi liquoris ministrae oleae nascerentur, quarum fructus sacro chrismati deserviret. Nam David prophetico spiritu gratiae tuae sacramenta praenoscens vultus nostros in oleo exhilarandos esse cantavit. Et cum mundi crimina diluvio quondam expiarentur eflfuso, in similitudinem futuri oauneris columba demonstrans pei* olivae ramum pacem terris redditam nuntiavit. Quod in novissimis temporibus manifestis est effectibus declaratutn, cum baptismatis aquis omnium criminum oommissa delentibus, baec olei unctio vultus nostros iucundos efficiat et serenos. Inde etiam Moysi famulo tuo mandata dedisti ui Aaron fratrcm suum prius aqua lotum per infusionem huius

(1) Cf. ci-dessus, p. 175.

unguenti conslitueret sacerdotem. Accessit ad hoc amplior honorr cutn Filius.tuus dominus nostcr lesus Christus lavari a lohanntfb. undis lordanicis exegisset, et Spiritu sancto in columbae similitudine desuper misso Unigenitum tuum in quo tibi optime com— piacuisse testimoniosubsequentis vocis ostenderes, hoc illud ess» manifestissime connprobares, quod eum oleo iaetitiae prae consortibus suis ungendum David propheta cecinisset. Te igitur depre^ camur, Domine sancte , Pntcr omnipotens, aeterne Deus , pes lesum Christnnn Filiiim tuuni dominuiti nostrum , ut huius crea i turae pinguedinem sanctificare tua benedictione digoeris et it sancti Spiritus immiscere virtutem por potenliam Christi lui; t cuius sanclo nomine chrisma nonicii accepit, unde unxisti sacerdotes, rcges, prophetas et martyres tuos ; ut sit his qui renati fue^ rint ex aqua et Spiritu sancto chrisma sakitis, eosque aeternaviiae participes et caelestis gloriiie facias esse consortes.

On présente ensuite au pape l'ampoule d'huile pure il la consacre avec moins de cérémonie. L'exsufflation, le signe de la croix ont lieu comme pour le saintchrême : mais la bénédiction est prononcée sur le ton ordinaire. En voici le texte :

Deus incrementorum et profectuum spiritalium munerator , qui virtute sancti Spiritus tui imbccillarum mentium rudimenta confirmas; te oramus, Domine, ut venturis ad beatae regenerationis lavacrum tribuas per unctionem istius creaturae purgationem mentis et corporis; ut si quae illis adversantium spirituum inhaesere reliquiae, ad tactum sanctificati olei huius abscedant. Nullus spiritalibus nequitiis locus, nuila refugis virtutibus sit facultas; nulla insidiantibus malis latendi licentia relinquatur; sed venienlibus ad fidem servis tuis et sancti Spiritus operatione mundandis sit unctionis huius praeparatio utilis ad saiutem; quam etiam per caelestis regenerationis nativitatem in sacramento sunt baptismatia adepturi (1).

(1) J'ai donné ici les prières communes au sacramentaire gélasien et à celui du pape Hadrien, mais en suivant le texte gélasien, mieux conservé que l'autre. Quant au rituel, je m'en suis tenu aux Ordines, avec lesquels le sacramentaire d'Hadrien est pleinement d'accord. Dans le sacramentaire gélasien, on trouve d'abord la prière Deus incrementorum et le canon consécratoire Deus qui in principio, qui semblent ainsi se rapporter à la même ampoule, celle du saint-

l'initiation chrétienne. ' 297

4* Le baptême.

Les « élus » assistaient à la vigile solennelle de Pâques. Les lectures que Ton y faisait avaient été choisies de manière à présenter un résumé de l'histoire des rapports de Thomme avec Dieu et à former conmie une instruction suprême, au moment où allait s'accomplir le mystère de l'initiation. Elles sont à peu près les mêmes dans tous les rites latins : on y voit se succéder les plus belles pages de l'Ancien Testament, la Création, le Déluge, la Tentation d'Abraham, le Passage de la mer Rouge, la Vision d'Ezéchiel, l'Histoire de Jonas, celle de la statue de Nabuchodonosor ; quelques passages des prophètes, comme celui où Isaïe prédit le baptême et chante la vigne du Seigneur , le Testament de Moïse, l'Institution de la Pâque. Des cantiques analogues aux lectures en interrompent de temps en temps la série ; c'est celui de Marie, sœur de Moïse, Cantemus Domino ] celui d'Isaïe, Vinea fada est; celui du Deutéronome, Attende^ caelum^ et loquar\ enfin le psaume Sicutcervus desiderat ad fontes.

L'heure venue, le pontife et ses clercs se dirigent en compagnie des « élus » vers le baptistère.

Le baptistère du Latran existe encore, dans son gros œuvre. Il s'ouvre sur la cour qui s'étend (1) der-

chréme. La première est évidemment hors de place, car elle a été composée en vue de l'huile destinée à l'onction qui précède le baptême, tandis que l'autre vise clairement l'onction qui le suit. Après le canon consécratoire , vient un exorcisme de l'huile avec une prière eucharistique ; ces deux pièces ne semblent pas cadrer avec le rituel des Ordines; il est possible qu'elles soient de provenance gallicane et non romaine.

(1) Qui s' elenda.it y car, depuis les agrandissements que la vieille basilique a subis œs dernières années , cette cour a été singulièrement rétrécie. — Sur ces édifices, voy. le Liber pontif, , t. I, p. 191,

298 ORIGINES DU GULTB CHRÉTIBN.

rière la basilique; un portique le précède, terminé à droite et à gauche par deux absides; Tune d'elles conserve encore sa mosaïque, de la fin du quatrième siècle ou à peu près. Elle représente la vigne du SeL gneur, parsemée çà et là de croix d'or. Quand on franchi ce portique, on entre dans le baptistère luE même, édifice de forme octogonale, dont le centrz est occupé par une piscine de mémo dessin. Hu grosses colonnes de porphyre soutiennent la partie sipérieure de rédifice,qui se terminait autrefois ^ dôme au-dessus de la piscine et en une voûte circt laire au-dessus des côtés. Sur Tarchitrave on lit eiz core rinscription qu'y fit graver le pape Xystus I (432-440) :

Gens sacranda polis hic semine nascitur almo

quam fecundatis Spiritus edit aquis.

Virgineo fétu genitrix Ecclesia natos

quos spirante Deo concipit, amne parit, Coelorum regnum sperate, hoc fonte renati ;

non recipit felix vita semel genitos.

Fons hic est vitae qui totum diluit orbem

sumens de Christi vulnere principium.

Mergere, peccator, sacro purgande fluento :

quem veterem accipiet proferet unda novum. Insons esse volens isto mundare lavacro

seu patrio premeris crimine seu proprio. Nulla renascentum est distanliay quos facit unum

unua fons, unus spiritus, una fides, Nec numerus quemquam scelerum nec forma suorum

terreat : hoc natus flumine sanctus erit.

En face de l'entrée, une porte ouvrait autrefois (1) sur une cour oblongue, au fond de laquelle s'élevait le sanctuaire de la Croix, bâti sous le pape Hilaire(461-

192,236, 245. Cf. Rohaut de Fleury, Le Latran au moyen âge, pi. XXXIII-XXXV.

(1) Actuellement, elle ouvre sur la place S. Giovanni in Laterano; c'est par là que l'on pénètre ordinairement dans le baptistère. L'oratoire do la Croix, ou de Saint-André, avec son atrium particulier, a disparu depuis le seizième siècle.

l'initiation chrétienne. 299

468). Ce même pape avait fait pratiquer, à droite et à gauche du baptistère, deux autres oratoires, en l'honneur des deux saints Jean, le précurseur et Tévangéliste; ils existent encore.

Du milieu de l'eau surgissait un grand candélabre de porphyre, terminé par une vasque d'or, pleine de baume , où brûlait une mèche d'amiante , répandant à la fois la lumière et le parfum. Sur un des côtés de la piscine s'élevaient deux statues d'argent, le Christ et saint Jean , ayant entre eux un agneau d'or avec la devise Ecoe Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi. Au-dessous de cet agneau jaillissait un jet d'eau qui se déversait dans la piscine. Sept têtes de cerf, disposées sur les côtés, laissaient aussi échapper des courants d'eau.

C'est dans cet édifice que le pape célébrait le « baptême de Pâques », la plus auguste des cérémonies pontificales. Il entrait avec son cortège , en tête duquel étaient portés deux grands cierges, au chant de la litanie. Quand celle-ci s'arrêtait, le pontife, debout prés de la piscine , saluait l'assistance et l'invitait à la prière collective, suivie bientôt d'une prière de forme eucharistique. Voici les formules des anciens sacramentaires; elles sont encore en usage :

Omnipotens, sempiterne Deus, adesto magnae pietatis tuae xnysteriis, adesto sacramentis ; et ad creandos novos populos quos tibi foDS baptismatis parturit spiritum adoptionis emitte; et quod humilitatis nostrae gerendum est ministerio tuae virtutis compleatur eflfectu.

Vere dignum ... aeterne Deus, qui invisibili potentia tua sacramentorum tuorum mirabiliter operaris eflfectum. Et licet nos tantis mysteriis exequendis simus indigni, tu tamen gratiae tuae dona non deserens etiam ad nostras preces aures tuae pietatis inclina. Deus , cuius spiritus super aquas inter ipsa mundi primordia ferebatur , ut iam tune virtutem sanctificationis aquarum natura conciperet ; Deus, qui nocentis mundi crimina per aquas abluens regenerationis speciem in ipsa diluvii effusione sigiiasti ,

ut unius eiusdemque elcmcnti mysterium et finis esset vitiis ^ «, origo virtutis; respice, Domine, in facicrn Ecclesiae tuae et mim^tiplica in ea generationos tuas, qui gratiae tuae cffluentis impetLO iaetificas civitatem tuam fontemque baptismatis aperis toto ort?^ terraiMun goiitibus innovandis, ut tuae maiestatis imperio sumat Unigcniti tui gratiam de Spiritu sancto , qui banc aquaai rcgenerandis bominibus praeparatam arcana sui luminis admixtioDe fecundet; ut sanctificatione concepta ab immaculato divini fonlis utero in novfim renata creaturani progenies caelestis emergat ; et quos aut soxus in corpore aut aetas discernit in tempore omoes in unam pariât gratia mater infantiam. Procul ergo bine, iubente te, Domine, omni» spiritus immundus abscedat; procul tota nequitia diabolican fraudis absistat. Nibil bic loci babeat contrariae virtutis ammixtio ; non insidiando circnmvolet, non latendo subripiat, non inficiendo corrumpat. 8it baec sancta et innocens creatura libéra ab omni impu^natoris incursu, et totius ncquitiae purgata disccssu. Sit fons vivus aquae regenerans, unda purificans, ut omnes boc lavacro salutifcro diluendi, opérante in eis Spiritii sancto perfccti, purgationis indulgentiam consequantur. Unde bonodiro te, creatura aquae, per Dcum vivutn , f)er Deum sanctum , per Doinn (|ui te in principio verbo 8e|)aravit ab arida et in quatuor fliiniinibtis totam terram rigare praece{)it, qui te in deserto aniaram suavitate indita fecit esse potabilem et sitienti populo d(» potra jiroduxit. Hcnedico te et per lesum Christum, Filiiirn cius uiiicum, dorninuin nostrum, qui te in Gana Galilcae siprno admirabili sua potcntia convertit in vinum, qui pedibus super te ambulavit et a lobanne in lordane in te baptizatus est, qui te una cum sanguine de iaterc suo produxit et discipulis suis iussit ut crodenies baptizarentur in te, dicens : Ite, docete omnes gentcs, baptizanteseosin nomine Patris et Filii et S|>iritus sancti. Haec nobis praoce()ta s^Tvautibu'i tu, Deus oinnipotcns, clemens adeHto, tu benignus aspira, tu bas simplices aquas tuo oi*e benedicito; ut praeter naturalem emundationem quam lavandis possuntadbiberecorporibuSy sintetiampurificandismentibus efficaces. Descendat in banc plenitudinem fontis virtus Spiritus tui et totam buius aquae substanliani regoiierandi fecundet effectu. Hic om* nium peccatoruni maculae deleantur; bic natura ad imaginera tuam condita et ad boiiorem sui reformata principii cunctis vêtustatis squaloribus emundetur; ut omnis bomo boc sacramentum régénération is ingressus in vera innocentia nova infantia reuascatur.

Les rituels du huitième siècle prescrivent d'inter-

l'initiation chrétiennb. 301

îompre trois fois cette longue prière pour faire le signe de la croix sur l'eau ou dans Teau, une autre fois pour souffler dessus. Au moment où le pontife proaonçait les mots : Descendat in hanc plenitudinem fontis virlus Spiritus tui^ les deux dignitaires qui portaient les cierges les plongeaient dans la piscine. Le canon fini , le pontife prenait une ampoule pleine de chrême, la versait en forme de croix dans Teau, quMl agitait ensuite avec sa main (1).

Tout était prêt; le baptême commençait. Entière- Dïeut dépouillés de tout vêtement (2) , les <( élus »

s'avançaient vers la piscine. L'archidiacre les présen-

*^it un à un au pape, qui leur posait les trois ques-

*^ons où se résume tout le svmbole :

^redis in Deum Palrem omnipotentem?

Oredjs et in Icsutn Christum, Filium eius unicum, dominum '^^^trum, natum et passa m ?

Oredis et in Spiriturn sanctuin, saiictim Ecclesiain, romisï-ionem '^^Ctcatorum, carnis resurreclionem?

Sur sa triple réponse affirmative, le candidat était

Cl) Les mêmes Orclines portent qu<,' le pape aspergeait alors Tas- ^^Xnblée avec Teau sainte et que les fidèles pouvaient on prendre , à ^^ moment, comme phylactère. Ceci ne peut guère être primitif.

(2) Dans Tappendice de l'Ordo / de Mabillon, l'un des oratoires la- *"^raux du baptistère est appelé ad s. lohannem ad Vestem, C'est ^i*obablement là qu'on se déshabillait. Comme il y a deux oratoires ^^métriques, on peut supposer qu'ils servaient tous les deux, l'un ^^ur les hommes, l'autre pour les femmes. Il est à peine besoin ^'avertir que, malgré cette prescription d'entière nudité, des précautions étaient prises pour que la décence, comme on l'entendait alors, ^e fût pas blessée. Les diaconesses avaient ici un rôle important, en Cie qui regarde le baptême des femmes {Const. Ap.^ III, 15, 10). Il ne ^aut pas croire, du reste, que la pudeur antique fût aussi aisée à eftaroucher que la pudeur moderne. L'auteur du De shKjuluritnte cley^icorum (Cyprien, App., p. 189, Hartel) ne comprend pas que in ipso i)apti8mate cuiusquam niidilas erubescaty ubi Adae et Evae reno- -vatur infantia^ nec exponit sed po/iws accipit lunicam. Cf. la singulière histoire racontée par Jean Moschus, dans son Pré spirituel, c. 3.

302 ORIGINBS DU GULTB CHRÉTIEN.

immergé trois fois , pendant que le pontife prononçai la formule : Baptizo te in nomine Patris et Filii et Spi ritris sancti.

L'immersion baptismale ne doit pas s*entendre e" ce sens que Ton plongeât entièrement dans Teau I personne baptisée. Elle entrait dans la piscine, oii I hauteur de Teau n'était pas suffisante pour dépassa la taille d'un adulte; puis on la plaçait sous l'une d« bouches d'oii s'échappaient des jets d'eau ; ou encore, c prenait de l'eau dans la piscine elle-même pour la r pandre sur sa tête. C'est ainsi que le baptême est i^ présenté sur les anciens monuments.

Le pape ne procédait pas seul à la cérémonie c baptême; des prêtres, des diacres, même des cler^ d'ordre inférieur, entraient dans Peau, vêtus d'un longue, tunique de lin, et administraient le bain s; cré à la foule des néophytes.

5* La confirmation.

Pendant que le baptême continuait , le pontife se rendait au consignatorium , où les néophytes lui étaient amenés pour la cérémonie de la Consignation. Le lieu consacré était, depuis le pape Hilaire (461-468), la chapelle de la Croix, en arrière du baptistère. Avani d'y entrer, les nouveaux baptisés se présentaieni d'abord à un prêtre qui leur faisait sur la tête une onction avec l'huile parfumée du saint chrême, en disant :

Deus omnipotens, Pater domini nostri lesu Christi, qui te regeneravit ex aqua et Spiritu sancto, quique dédit tibi remissionen omnium peccatorum , ipse te linit chrismate salutis in vitam aeternam.

Les baptisés reprenaient alors leurs habits, ou plutôt ils en revêtaient de nouveaux, de couleur blan-

l'initiation chrétienne. 303

che, assistés par leurs parrains ou marraines. Arrivés devant Tévéque , ils se formaient en groupes sur lesquels le pontife prononçait d^abord Tinvocation (1) au Saint-Esprit :

Omnipotens, sempiterne, Deus, qui regenerare dignatus es hos famulos et famulas tuas ex aqua et Spiritu sancto, quique dedisti eis remissionem omnium peccatorum, emitte in eos septiformem 8piritum sanctum tuum Paraclitum de caelis : Spiritum sapientiae et intellectus, Spiritum consilii et fortitudinis, Spiritum scientiae et pietatis; adimple eos Spiritu timons tui et consigna eos signo crucis Christi in vitam propitiatus aeternam (2).

Le pontife faisait ensuite le signe de la croix, sur le front de chaque néophyte , avec son pouce trempé dans le saint chrême. En même temps il disait à chacun d'eux : In nomine Patris et Filii et Spiritus sanctù Pax tibi.

6* La première communion.

La consignation terminée , le cortège se reformait pour rentrer dans la basilique. La schola cantorum y était depuis longtemps. Pendant les longues cérémonies du baptistère, elle n'avait cessé de chanter les litanies, en répétant les invocations, d'abord sept fois , puis cinq fois, puis trois fois. A la fin de la litanie ternaire , le pontife faisait son entrée et allait se prosterner devant l'autel ; puis se relevant , il entonnait le Gloria in eœcelsis et commençait ainsi la première messe de Pâques. Avant la fin du canon, il bénissait le breuvage d'eau , de lait et de miel que l'on devait donner aux néophytes après la communion. Les nou-

(1) Texte grégorien.

(2) D'après VOrdo de Saint- Amand, cette prière est accompagnée de l'imposition des mains, sur les hommes d'abord, puis sur lesfemmes.

veaux initiés participaient pour la première fois auxa saints mystères. L'aurore se levait sur la fin de cette auguste cérémonie.

L'octave de Pâques était , comme il a été dit plu haut, une fête continuelle. Tous les jours il y ava3 messe stationale; les néophytes y assistaient, avec leurs vêtements blancs , et prenaient part à la communion. Le soir ils se réunissaient à la basilique du Latran, pour l'office de vêpres. On chantait, dans la basilique elle-même , trois antiphones , accompagnées de mélodies sur TAlleluia et de répons; cette partie de l'office se terminait par le chant de Y Evangile^ c'est-à-dire du Magnificat , et la prière ; puis on conduisait les néophytes au baptistère et à l'oratoire de la Croix; ils accomplissaient ainsi une sorte de pèlerinage au sanctuaire du baptême et à celui de la confirmation. Cette double procession était accompagnée de chants, tantôt en latin, tantôt en grec (1).

§ 2. — Le baptême gallican.

Il est assez difficile de reconstituer le rituel baptismal gallican. Les documents sont tous plus ou moins incomplets ; de plus, s'ils s'accordent sur la plupart des points, ils trahissent çà et là certaines particularités propres à tel ou tel pays. Je vais les classer dans l'ordre géographique.

Haute Italie, — Le traité De mysteriis, de saint

(1) Les deux derniers jours, au lieu d'aller directement au baptistère , on se rendait, le vendredi, à Sainte-Croix en Jérusalem, le samedi , à Sainte-Marie-Majeure ; ces jours-là on supprimait la station à l'oratoire de la Croix. Toutes ces stations sont marquées dans le sacramentairo du pape Hadrien. U y a bien longtemps qu'elles sont tombées en désuétude à Rome. Mais on les observe encore en certains pays, par exemple, dans le diocèse de Paris, le dimanche de Pâques. Peu de personnes , sans doute , en connaissent l'origine et la haute signification.

L*INITIATION GHRÉTIBNNB. 305

A^mbroise , le traité anonyme De sacramentis , un peu postérieur, les discours de saint Maxime de Turin, le sacramentaire de Bobbio.

Gaule, — Quelques détails dans la deuxième lettre de saint Germain de Paris ; le Missale gothicum , le Missale gallicanum vetiLS.

Espagne. — Le De officiis de saint Isidore, le De cogriitione baptismi de saint Hildefonse.

l"* Le catéchuménat.

Le rituel du catéchuménat comportait trois cérénaonies : l'exorcisme , Fonction et l'exsufflation.

L'exorcisme est mentionné par Isidore et Hildefonse. Une formule assez remarquable, conservée par 1b Missale gallicanum, se rapporte probablement à G^tte cérémonie (1) :

^dgredior te, immundissime, damnate spiritus, etc.

L'onction, mentionnée aussi par les auteurs espagnols , est surtout l'onction des oreilles et de la bonite; à cet égard elle correspond à VEffeta romain; ïtiais elle se fait aussi sur d'autres parties du corps , ^t, de cette façon, elle correspond à l'onction de la ï>oitrine et des épaules qui , dans le rit romain , suit immédiatement VEffeta, Nous avons donc ici, au début xnême du catéchuménat, la cérémonie qui, suivant l'usage rotnain, termine cette période de stage et pré-

(1) Saint Isidore, De off. , II, 21, ajoute à Texorcismo l'imposition <lu sel : « Exorcizantur , deinde sales accipiunt et unguntur. » Mais cette cérémonie n'était pas universelle en Espagne; Hildefonse (De eognii, baptismiy 26) dit qu'elle était observée en quelques endroits, mais il n'approuve pas cet usage. C'était peut-être, dans la province

de Bétique , un reste de l'usage romain , antérieur dans ce pays à

Vusage gallican.

cède immédiatement le renoncement au démon (1). Enfin cette onction était accompagnée de l'impression du signe de la croix , et , à ce point de vue , elle co^ respond à la cérémonie romaine de l'imposition de la croix , dans le rituel du catéchuménat.

A Milan, Fonction et TEffeta étaient renvoyées, comme à Rome, au samedi saint (2). Cette différence dans l'ordre des cérémonies parait remonter assez haut. On s'en préoccupait vers l'an 400 , car nous voyons , dans un document de ce temps (3) , que les évoques de Gaule avaient consulté le pape à ce propos. A Rome, pourvu que l'onction eût lieu après le troisième scrutin , on ne tenait pas au jour. On voit que l'église de Milan conforma sur ce point son usage à celui de Rome ; il en fut tout autrement en Espagne. Pour la Gaule les documents ne permettent pas de voir quel système on suivait (4).

(1) s. Hildefonse indique l'onction comme suivant immédiatement l'exorcisme (loc. ciL, c. 21, 27, 28). l\ fonde cet usage sur la guérison du sourd-muet par VEffeta et l'onction de salive , -citant à ce propos MarCf VII, 32, 33; il dit aussi qu'à la messe où se faisait l'exorcisme, on lisait ce passage de TEvangilc. Tout cela montre que c'est bien l'Effeta gallican que nous avons ici. Du reste , le même auteur spécifie (c. 29) que « post exorcismos tanguntur auriculae oleo..., tangitur et os , D tout cela avant la tradition du symbole, au moment ot de gentilis on devient catechumenus,

(2) Il y a cependant une différence , car, à Rome , VEffeta et le renoncement au démon avaient lieu le matin, dans une réunion bien distincte de celle où le baptême lui-même était célébré, tandis qu'à Milan ces cérémonies avaient lieu au moment où le néophyte allait descendre dans la piscine. De plus , VEffeta de Milan se faisait avec l'huile sainte, non avec la salive.

(3) Canones ad Gallos, 11 ; Constant, Epistolae Rom. Pont., p. 693.

(4) Dans le Missale gothicurrif le rituel du catéchuménat, sous la rubrique Ad christianum faciendum^ est placé au samedi saint. Dans le Missale gallicanum , ce rituel précède , il est vrai , la Traditio symbolif mais il y a, à cet endroit, une lacune qui ne permet pas de voir si la cérémonie de l'onction y figurait. Elle n'est pas marquée au samedi saint. Voici , pour cette cérémonie , deux formules dont la première figure dans le Missale gothicumy l'autre, encore en

l'initution chbétibnnb. 307

L'exsufBation figure aussi au nombre des rites énuimérés par saint Isidore. On la retrouve dans le sacramentaire de Bobbio ; d'après ce livre elle se faisait à trois reprises, sur le visage du candidat , et Tofflciant disait : Àccipe Spiritum sanctv/m et in corde teneas.

2* La préparation au baptême.

Nous n'avons aucun renseignement sur le nombre ■et Tordre des scrutins gallicans. Tout ce qui subsiste de cette partie du rituel , ce sont deux formules de prière dans le Missale gallicanum, où elles figurent sous le titre Praemissiones ad scrutamen.

En revanche, la « Tradition du Symbole » est souvent inentionnée. Elle avait lieu le dimanche avant Pâ- ^es. Pour ceci nous avons le témoignage de saint Ambroise et des attestations certaines en Gaule et ^n Espagne (1). C'est Tévêque lui-même qui procé-

Usage, est commune au sacramentaire gélasien (cf. ci-dessus, p. 284) ^ à celui de Bobbio.

Bigno te in nomine Patris et Filii et Spiritus s&ncti, ut sis chris-

^^nu8 : oculos f ut videas claritalem Dei; aures, ut audias vocem

^knKini ; nares, ut odores suavitatem Christi; conversus, ut confi-

tatHa Patrem et Filium et Spiritum sanctum; corf ut credas Trini-

Utem tn9eparai)tlem. Pajc lecum.

Accipe signum crucis, tam in fronte quam in corde ; sume fidem Càelestium praeceptorum ; talis esto moribus ut templum Dei esse Um possis ; ingressusque Ecclesiam Dei evasisse te laqueos inortix l&etu8 agnosce. Horresce idola , respue simulacra , cote Deum Patrem omnipotentem et lesum Christum Filium eius qui vivit cum. Pâtre et Spiritu sancto per omnia saecula saeculorum.

Suit, dans le sacramentaire gélasien, l'oraison Te deprecor^ actuellement en usage (pour les adultes), et une autre prière, Deus qui es et qui eras, etc.

(1) Ambr. , Ep, 20 : « Sequenti die , erat autem dominica (le dimanche avant Pâques), post lectiones atque tractatum, dimissis catecbumenis, sjmbolum sdiquibus competentibus in baptisteriis tradebam basilicae. » — Concile d'Agde (506) , c. 3 : « Symbolum etiam placnit ab omnibus ecclesiis una die, id est ante octo dies dominicae Resurrectionis , publice in ecclesia competentibus tradi. » S. Germain de Paris et tous les livres liturgiques, Isidore et Uildefonse

3U8 OniGINBS DU GULTB CHRÉTIEN.

•dait à cette cérémonie , entre la messe des catéieta mènes et celle des fldéles. Il commençait par une . locution, puis il récitait trois fois le symbole dLt Apôtres, enfln il le commentait article par article (î)

Saint Germain de Paris décrit cette cérémonie comme jointe à celle de la bénédiction des sainte^ huiles. Il était assez naturel de choisir, pour la béné-* diction des huiles , le dimanche qui s'appelait dies unctionis (2).

Enseigné le dimanche avant Pâques, le symbole était rendu, c'est-à-dire récité publiquement, le jeudi saint (3). Cette récitation était ainsi séparée de l'abjuration de Satan à laquelle elle fait suite dans les autres rites.

3* Le baptême et la confirmation.

La veillée de Pâques était organisée à peu près

(foc. cit.) indiquent le même dimanche. Cf. Mabillon, Mus. ItaL, 1. 1, p. 95, et le Missel mozarabique, au dimanche des Rameaux.

(1) Le MissHU gaiUictLnum contient deux formules de tradition du symbole, Tuno ontiôre , l'autre interrompue par une lacune ; il y en a une troisit^mo dans le sacraraentaire de Bobbio. Ces deux livresi contionnont, en outre, avec quelques abréviations, la cérémonie romaine de VApertio aunum. Leur complexité sur ce point est d'acconi avec le caractère général de leur rédaction , formée partout d\^lémonts romains et d'éléments gallicans.

C}) Kp, Ili et Hildcf., loc, cit,, c. 34. Cette H>peUation vient de ce qu'on lisiait ce jour-U , A la messe , Tévangile où il est question de Tonotion du Christ à Béthanic.

(S) Martin do Braga, can, 49; Hildefonse, Joe, cit., c. 34. L'attestation directe ne se rencontre qu'on Espagne; mais, dans tous les autres l^a^vs gallicans , on voit que le renoncement à Satan n'est paa suivi de la récitation du symbole, contrairement à l'usage de Roum et de l'i^rient. Cette omission concourt avec les témoignages espagnols pour établir que nous avons ici une particularité non pas sinm plement es)>agno1e, mais gallicane, au plus large sens du mot. n faul voir une conÀrmation de cette conclusion dans le fait que le concile de l*aodicée fixe au jeudi et probablement au jeudi saint la reddition du symN\le : "Oti ètt t«^ ^rtCoficv»»; d^v «iorw ixfutvMvtcv vmû

<c, 4t^i. Ce can<m ftot renouvelé au concile in TruUo (c 78).

l'initiation chrétienne. 309

comme à Rome. Les passages bibliques dont on don-<

nait lecture étaient presque les mômes. Ils étaient aussi

entrecoupés de cantiques et d'oraisons. L'heure ve-

nxie, on se rendait au baptistère (1) et la cérémonie de

l*înitiation commençait par la bénédiction de Teau.

L'officiant récitait d'abord une prière collective , I>X'écédée d'un assez long invitatoire, suivant le style allican (2). Voici l'une des formules qui nous ont 1é conservées :

Deum immortaliura munerum et salutarium gratiarum, Fratres

ilectissimi , concordi mente et humili oratione poscamus, ut per

^^erbum, Sapientiam et Virtutem suam, dominum nostrum lesum

^hristum Filium suum, concurrenti ad baptismum salutarem plebi

9uae gratiam novae regenerationisindulgeat; atque accessus hioc

3)eoitus malignae contagionis avertens infundat vitaii lavacro

Bpiritum suum sanctum; ut dum sitiens fidem populus aquas

salutares ingpeditur, vere, ut scriptuna est, peraquam et Spiritum

sanctum renascatur, et consepultus in lavacro Redemptori suo, in

(1) Divors auteurs parlent de piscines baptismales qui se remplissaient d'elles-mêmes dans la nuit de Pâques. Il y on avait une en Sicile: Paschasinus, évéque de Lilybée, en parle dans une lettre adressée au pape saint Léon (Ballerini , t. I , p. 607) ; une autre à Marcelliana, prés de Consilinum, en Lucanie (Cassiodore, Var., Vlll, 33); d'autres en Asie-Mineure (Moschus, Pra(. spir,, 214, 215). La plus célèbre est celle d'Osset, près de Séville, en Espagne, dont Grégoire de Tours parle souvent (HisU Fr , V, 17 ; VI, 43 ; Glor. mart,, 23, 24 ; cf. Hildefonse, De baptismo, 105, 106). Il ne manquait pas de s'informer, dans les années de Pâque douteuse, si la piscine miraculeuse s'était remplie le jour où il avait célébré la fétc.

(2) C'est l'une des deux qui figurent dans le Missale gallicanum. L'autre a un invitatoire gallican suivi de l'oraison romaine citée p. 299. Dans le MLssale gothicum, l'invitatoire a été si mal copié, qu'il est inintelligible. Âpres les mots Stantes^ fratres karissimi, 9uper ripam vitrei fontiSy viennent quelques mots qui n'offrent aucun sens, puis le texte continue : navigantes puisent mare novum non virga sed cruce, non tactu sed sensu ^ non baculo sed sacramento. Locus quidem parvus sed gratia plenus^ etc. La formule du sacramentaire de Bobbio a été bizarrement découpée dans celle du rit romain. Le missel mozarabique ne contient aucune formule de ce genre. '

310 ORiaiNBS DD CULTE GHRÉTIBN.

similitudinem sacri divinique mysterii , cai commoritur per bap* tismum eidem conresurgat in regno.

Benedic, Domine, banc aquam salutaris et sanctifica eam, omnipotensTrinitas. qui humanum genus formare creareqae iassisti, quique etiam dedisti nobis per tui baptismatis mysterium (1) gn* tiam renascendi. Respice propitius; super istius aqaae creataram religionis mysterio (2) procuratam, spiritalem tuam benedictionem perfunde, ut sit eia qui in ea baptizandi sunt fons aquae salutaris in remissione veterum criminum, te. Domine, largiente, in vitam aeternam.

Après cette prière préparatoire, Tévêque procédait à Texorcisme de Teau (3).

Exorcizo te, creatura aquae, exorcizo te omnis ezercitus diabôli, omnis potestas adversaria , omnis umbra dacmonum. Exorcizo te in nomine domini nostri lesu Cbristi Nazarei , qui incarnatus est in Maria virgine, oui omnia subiecit Pater in caelo et in terri. Urne et treme, tu et omnis malitia tua; da locum Spiritui sancto, ut onines qui desœnderiot in bunc fontem, fiât eis lavacrum baptismi, regenerationis in remissionem omnium peccatorum^ Per dominum nostrum lesum Cbristum , qui venturus est in sede maiestatis Patris sui cum sanctis angelis suis iudicare te, inimice, et saeculum per ignem, in saecula saeculorum.

Cette partie de la cérémonie a , en dehors des livres liturgiques , des attestations assez anciennes. Elle est mentionnée par Fauteur du De Sacramentis (4) et par Grégoire de Tours (5).

(1) Mysteriis, éd.

(2) Mysterium, éd,

(3) Je donne ici la formule dn Missale gothicum, U y en a d^autres dans le Missale gallicanum, dans le sacramentaire de Bobbio et dans le missel mozarabique. Celle du Missale gallicanum est en partie empruntée au canon consécratoire romain.

(4) I, 5 : « Ubi primum ingreditur sacerdos, exorcismnm facit secundum creaturam aquae , invocationem postea et precem defert itt sanctificetur fons et adsit praesentia Trinitatis aeternae. »

(5) Glor, mar(., 23.

l'initiation chrétienne. 311

Vient ensuite la Contestatio ou prière eucharistique (1).

Djgnum et iustum est, vere aequum et iustum est, nus tibi grattas agcre, Domine Deus aeternc, qui solus habes immortalitatem, ^cunque ne solus possideas nobis quoque renovata aetate tribuisti; <lw humano generi amissam per transgressionem pristinae origi- Ois dignitatem reformare in melius tam pretioso quam fclici bapsmatis muncrc voluisti Adsiste, quaesumus, ad invocationem ominis tui ; sanctifica fontem hune, sanctificator generishumani; at locus iste dignus in qucm Spiritus sanctus influât. Sepeliatur Â.1Iic Adam vêtus, resurgat novus ; moriatur omne quod Garnis est, ^r^esurgat omne quod spiritus ; cxuantur sordentes vitiis, et disclssis ^z^iminis amictibus, splendoris et immortalitatis indumenta suman- "^ur. Quicumque in Cbristo baptizabuntur induant Christum; qui- ^^umque hic renunciaverint diabolo da eis triumphare de mundo; ^ui te in hoc loco invocaverit tu eum cognoscas in regno. 8ic in lioc fonte extinguantur crimina ne resurgant, sic invalescat aquae istias beneficium ut aeterni ignis restinguat incendium. Mitte fonte (2) altaribus tuis quos altaria regnis tuis mittant. Totus hic horror mortis intereat ; quicumque hic tuus esse ceperit tuus esse non desinat; quicumque hic se sibi negaverit te lucrifaciat, et per ministcrium nostrum et mysterium tuum consecratus tibi populus aeternis ad te praemiis consecretur.

A ce moment a lieu Tinfusion du chrême dans la piscine. L'évéque le verse dans Teau en forme de croix (3), et dit :

Infusio chrismae salutaris domini nostri lesu Christi, ut fiât fons aquae salientis cunctis descendentibus in ea, in vitam aeternam (4).

(1) Je donne la formule du Miss&le gallicanum , identique à celle du missel mozarabique ; les deux autres sacramentaires en ont d*aa> très, de teneur différente.

(2) Fontis, éd.

(3) Le Missale gallicanum dit que cette infusion se fait en trois fois. Ici , le Missale gothicum mentionne une triple insufiElation ; mais, comme il transporte à ce moment l'exorcisme de Teau, que tous les autres documents placent avant la Contestatio, il est possible que ce rite se rapporte à l'exorcisme lui-même et non à la consécration proprement dite. ^

{4) .CiQtte formule se rencontre dans le MUsale gothicum et dans le

3t2 ORIGINES DU CULTE CHRÉTIEN.

Il récite ensuite une dernière prière, appelant -Ae bienfait de Dieu sur ceux qui vont descendre dar:z5^ Teau. sainte :

Deus ad quem sitientcs animae vivendi (i) immortaiitatis amore festinant, da eis famulis tuis supplicantibus iovcnire munus quod cupiunt, adipisci gratiaai quod mcrcntur; ingrediantur fontem regeneratlonis auctorem, in quo lethiferam illam primi parentis pffensam , mutata in novum hominem caducae Garnis fragilitate, deponant (2).

La bénédiction de Teau se faisait sans doute hors de la présence des candidats. Le moment venu, on leur ouvre les portes du baptistère. Chacun d'eux se présente, entièrement nu (3). On le fait regarder vers rOccident, et par trois fois il est sommé de renoncer au démon, à ses pompes et à ses voluptés (4). Sur sa triple réponse, il est introduit dans la piscine et là on le requiert de confesser, par trois fois , la foi chrétienne (5). Par trois fois il répond Credo. Il est alors

sacramentaire de Bobbio. Elle manque dans le Missale gaWicAnum. Le missel mozarabique en contient une autre : Signo te, sacr&tis- 8ime fons^ etc.

(1) Bibendique, éd,

(2) C'est la formule du Miss&le gallicanum ; il y en a d'autres dans les autres sacramentaires , sauf dans le Mis^&le gothicum , qui omet cette prière.

(3) C'est ici qu'à Milan avait lieu la cérémonie de VEffeta et de l'onction.

(4) a Abrenuncias Satanae, pompis saeculi et voluptatibus eius ? {Miss, g&llic), — Abrenuncias Satanae, pompis eius, luxuriis suis, saeculo huic ? » (Sacram. de Bobbio). — La formule n'est pas marquée dans le Miss, gothicum,

(5) La formule fait encore défaut dans le Missale gothicum. Celle du sacramentaire de Bobbio n'est autre chose que le symbole des apôtres, sous forme interrogative , distribué en trois articles. Voici celle du Miss, g&llic&num, :

Credis Patrem. et Filium, et Spiritum sanctum, unius esse virtutis t Credis P. et F. et Sp. s. eiusdem. esse potestatis ? Credis P. et F. et Sp. s. trinae veritatis una m,anente substantia^ Deum esse perfectum. ?

Cette formule , évidenunent inspirée par l'horreur de l'arianisme ,

l'initiation chrétienne. 313

plongé dans l'eau sainte , trois fois aussi, sauf en Espagne, où rimmersion unique était considéré comme une protestation contre Tarianisme (1).

Les formules. baptismales qui figurent dans les livres gallicans ajoutent toutes quelque chose au texte usité à Rome. Dans leur variété elles s'accordent à introduire les mots tt* habeas vitam aeternam (2).

Sorti de l'eau, le néophyte était conduit à Tévéque, qxii lui faisait sur la tête une onction d*huile parfumée (3), en récitant la formule :

XDeus omnipotens , qui te regeneravit ex aqua et 8piritii sancto ^oncessitque tibi peccâta tua, ipse te ungat in vitam aeternam (4).

^G peut remonter au delà du cinquième siècle, au temps où les bar- ^^^*es ariens vivaient en Gaule parmi les catholiques. Saint Maxime 7^^ Turin {De baptism.^ tract. 2) donne la formule suivante : « Credis ^5^ Deum Patrem omnipotentem ? Credis et in lesum Christum, Fi- ^Vun eius, qui conceptus est de Spiritu sancto et natus est ex Maria ^^irgine ? Credis et in Spiritum sanctum ? » Plus loin, il ajoute : « Cre- ^t.s in sanctam Ecclesiam et remissionem peccatorum ? »

(1) Conc, Toi., IV, can. 5. — Les Eunomiens, ariens extrêmes et

endurcis, pratiquaient aussi l'immersion unique (Sozom., Hist. Eccl.,

'V'i, 26), contrairement à l'usage de toutes les églises catholiques

^'Orient. On voit qu'ici le symbolisme est tout à fait arbitraire ; le

i^ite n'a pas d'autre sens que celui qu'on lui donne.

(2) Miss, goth. : « Baptizo te, in nomine P. et F. et Sp. s. in remissionem peccatorum ut habeas vitam aeternam. — Miss, gall. : Baptizo te credentem in nomine P. et F. et Sp. s. ut habeas vitam aeternam in saecula saeculorum. — Sacr&m, Bobb. : Baptizo te in nomine P. et F. et Sp. s., unam habentem substantiam, ut habeas vitam aeternam, partem cum sanctis. u

(3) Le sacramentaire de Bobbio spécifie : Suffundis chrisma in fronte eius,

(4) Cette formule est donnée par le De Sacramentis ; elle se rencontre, avec quelques variantes, dans le Miss, gallicanum et dans le sacramentaire de Bobbio. C'est à peu près la même que la formule romaine de la chrismatio. Le Miss, gothicum contient ici une formule qui semble altérée et amalgamée avec celle de la tradition du vêtement blanc : « Perungo te chrisma sanctitatis, tunicam immortalitatis, quam d. n. lesus Christus traditam a Pâtre primus accepit, ut eam integp^am et inlibatam perferas ante tribunal Christi et vivas in saecula saeculorum. o Cependant, comme il y a plus bas une formule spéciale pour la tradition du vêtement, il est possible que

314 ORIGINES DU CULTE CHRâTIEN.

Il recevait ensuite un vêtement blanc ; Tévéque àz. sait, en le lui remettant :

Âccipe veatem candidam quam immacuiatam perforas aote tribunal domiai nostri lesu Christi (1).

Avant ou après (2) cette cérémonie avait lieu le lavement des pieds : Tévéque, les reiiils ceints, lavait les pieds aux néophytes , en leur disant :

Ego tibi lavo pedcs, sicut dominus noster lesus Christus fecit discipulis suis, ut tu facias hospitibus et peregrinis, ut habeas vitam aeternarn (3).

Le rite du lavement des pieds s'observait en Gaule et à Milan, mais non en Espagne, où il avait été formellement proscrit par le concile d'Elvire (4). On n'en trouve pas trace en Orient , et il est très sûr qu'on ne l'admettait pas à Rome. C'était une particularité locale, introduite d'abord dans les églises du midi de la Gaule ou de la Haute Italie.

L'initiation se terminait par l'imposition des mains sur les néophytes, avec une prière spéciale. Dans les documents de l'ancien usage milanais, cette prière comportait une invocation à l'Esprit septiforme. Les auteurs espagnols semblent aussi faire allusion à une invocation de ce genre. Les formules conservées dans les livres liturgiques ne contiennent autre chose

celle-ci soit correcte. Alors elle nous offrirait un symbolisme spécial, suivant lequel le chrême serait considéré comme un vêtement.

(1) C'est la formule du Misa, gothicum et du sacramentaire de Bobbio. Le Miss, galL omet cette cérémonie.

(2) Avant, d'après le Miss. goUi.; après, suivant le sacramentaire de Bobbio.

(3) Texte du Miss, goth, Los autres sacramentaires offrent à peu près la môme teneur. Saint Césairo (serm. 160, De temp,) suppose une formule toute semblable à celle-ci. On peut en dire autant de saint Maxime de Turin {De bapi,, tract. 3).

(4) Can. 48.

l'initiation chrétienne. 315

qxl'une prière pour la persévérance des nouveaux baptisés (1).

Après cette prière, Tévéque rentrait à Téglise et commençait la messe, à laquelle communiaient les làéopliytes. Les fêtes pascales ne semblent pas avoir présenté (l'autre particularité que la double messe ^u dimanche de Pâques et la célébration quotidienne ^© la liturgie pendant la semaine suivante (2).

S 3. — L^ rites de l'initiation dans les églises orientales.

Kous sommes assez bien renseignés sur Tancien ^it\iel baptismal de TOrient proprement dit. Le qua- *^îéme siècle nous fournit les catéchèses de saint ^'yrille de Jérusalem, les descriptions des Constitutions apostoliques (3) et celles de la Peregrinatio de ^îlvie* Au commencement du sixième siècle, nous ^Vons le faux Denys TAréopagite. Autour de ces textes fondamentaux, on peut grouper les renseignements épars dans les auteurs et ceux qui se déciuisent des livres liturgiques actuellement en usage. Le plan de ce travail m'interdisant de descendre trop bas et de m'étendre trop au long, je m'en tiendrai aux quatre documents que j*ai mentionnés en premier lieu.

Avec saint Cyrille nous pouvons suivre toute la série des rites préparatoires et de ceux de Tinitiation elle-même. Ses catéchèses se divisent en deux groupes, suivant qu'elles précèdent l'initiation ou qu'elles

(1) Le Miss, goth. contient deux invitatoires , mais aucun texte d*oraison ; le Miss. g&ll. a une oraison sans invitatoire. Les deux se trouvent dans le sacramentaire de Bobbio.

(2) Les livres de la liturgie ambrosienne ont, pour chaque jour de la semaine de Pâques , deux messes , dont Tune suppose toujours la présence des néophytes.

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