III
316 ORiaiNBS DU CULTB CHRÈTIBN.
la suivent. La première , sorte de discours préliminaire, appelé Procatéchèse, nous montre les catéchumènes se présentant au commencement du carême, pour se faire inscrire comme candidats au baptême. C'est aussi ce que nous apprend la Pérégrination de Silvie. Les noms inscrits, on prenait jour, et Tévéque , assisté de ses prêtres et de tout son clergé, procédait à une sorte de scrutin général. Les candidats comparaissaient un à un devant lui , accompagnés de leurs parents. L'évoque interrogeait les voisins de chacun d'eux, s'enquérant de sa conduite; si le candidat était étranger, il exigeait de bons certificats. Au cas où le candidat n'était pas jugé digne de se présenter au baptême, on le remettait à une autre fois. Si les renseignements étaient favorables , on l'acceptait, et dès lors il était rangé au nombre des compétents {compétentes , ^toxiWfxivoi).
P(îndant tout le carême, les compétents étaient convoqués chaque matin, à l'église, pour subir les exorcisnies et entendre la prédication de l'évêque (1) ou de son délégué. Les exorcismes étaient faits par des clercs inférieurs; ils étaient accompagnés d'exsufflations. Cyrille semble dire que, pendant que Ton prononçait les formules de conjuration , les candidats avaient le visage couvert.
Au bout d'un certain temps (2), avait lieu la Tradi-
(1) La Peregrinaiio suppose que c'est l'évêque qui prêche ; mais il est clair qu'il pouvait se faire remplacer. Cyrille était encore prêtre quand il prononça ses catéchèses.
(2) Dans la série dos catéchèses do saint Cyrille, celle de la Tradition du symhole occupe le cinquième rang. Bilvie rapporte que les cinq premières semaines du Carême sont consacrées, d'une manière générale, à l'explication dos Ecritures et des dogmes, et que la Tradition a lieu au commencement de la sixième semaine. 11 en est de mémo dans le rit gallican ; mais , commo le carême de Jérusalem était do huit semaines au temps de Silvie, la Tradition se trouvait placée trois semaines avant Pâques.
l'initiation chrétienne. 317
tion du symbole. Comme partout ailleurs, le symbole était enseigné de vive voix et non par écrit. Cyrille , pour cette raison, s*est abstenu d'en insérer le texte dans ses catéchèses. Après la tradition, renseignement suivait les articles du symbole et se continuait jusqu'au commencement de la semaine sainte. Alors avait lieu la Reddition du symbole ; chacun des candidats se présentait devant Tévôque et lui récitait le symbole appris par cœur. Dans les catéchèses du carême, on réservait la doctrine sur les mystères de Teucharistie et du baptême ; elles formaient le thème des instructions que les néophytes recevaient pendant la semaine de Pâques.
A Jérusalem, les solennités de la Passion avaient trop d'importance et prenaient trop de temps pour que l'on pût s'occuper des candidats au baptême pendant la semaine sainte. Ils reparaissaient dans la nuit de Pâques, pour les cérémonies de l'initiation. On les recevait dans le vestibule du baptistère et la cérémonie commençait par l'abjuration de Satan (1). Le candidat se tournait vers l'Occident , la région des ténèbres , étendait la main et prononçait la formule de reniement, en s'adressant à Satan, comme s'il eût été présent :
« Je renonce à toi , Satan , à toutes tes œuvres , à toutes tes pompes, à tout ton culte (2). » Il se retournait ensuite vers l'Orient, le côté de la lumière, et récitait, pour la seconde fois, la formule du symbole. Cette cérémonie , avec ses deux parties symétriques ,
(1) Suivant Denys, le candidat se dépouillait préalablement de presque tous ses vêtements.
(2) Cette formule est celle de saint Cyrille, qui mentionne expressément remploi de la seconde personne ; dans les Constitutions apostoliques, le candidat s'exprime ainsi : « Je renonce à Satan, à ses œuvres, à ses pompes, à son culte, à ses usages, à ses inventions et à tout ce qui est de son domaine. »
318 0RI0INB8 DU CULTB GHRÉTIBN.
formait ce que Ton appelle en grec Tâit^aStç et h
advTQtÇic (1).
Le candidat quittait alors ses vêtements et péné^ trait dans Tintérieur du baptistère. Il recevait aussitôt une onction (2) d'huile exorcisée, depuis la tête jusqu'aux pieds. Pour les femmes, cette onction était pratiquée par des diaconesses.
Après cette onction, le néophyte entrait dans la piscine, préalablement bénie par Tévôque (3). Il confessait encore sa foi, en répondant à une triple interrogation de l'officiant, et par trois fois il était plongé dans Teau sainte.
Sorti de la piscine , le candidat (4) recevait Tonction d'huile parfumée (fAupov, chrême). D'après saint Cyrille, elle se faisait au front, aux oreilles, au nez, à la poitrine. Il se tournait enfin vers l'Orient et récitait l'oraison dominicale (5).
§ 4 . — Comparaison des rites , leur antiquité.
Sous cette diversité des rituels il est facile de retrouver partout les mêmes cérémonies principales. Elles se divisent en deux séries. Avant le baptême, il y a d'abord une cérémonie d'admission au catéchuménat, puis une préparation, comportant des exorcismes multipliés, des instructions, la tradition et la reddition du symbole, une onction, la renonciation à Satan. L'initiation elle-même comprend la profession
(1) Ici Denys place une prière accompagnée de l'imposition des mains.
(2) D'après Denys , Tévéque commence lui-môme cette onction par une triple consignation; les prêtres l'achèvent.
(3) Denys marque que la bénédiction était accompagnée d'une triple infusion de chrême, en forme de croix.
(4) C'est ici que, d'après Denys, il reprend ses habits.
(5) Cette prière n'est mentionnée ni par Cyrille, ni par Denys.
l'initiation ghrétiemnb. 319
de foi, rimmersion, Tonction d'huile parfumée, la consignation, l'imposition des mains.
Le rite d'admission au catéchuménat comporte l'exsufflation, cérémonie en rapport avec l'exorcisme, et l'impression du signe de la croix. A Rome, on y joint l'imposition du sel ; en Espagne, et probablement en Gaule , on fait à ce moment l'onction , qui , dans les autres pays, est renvoyée au jour du baptême.
La préparation immédiate des compétents ou fftniiiéiuvoi a lieu partout pendant le carême (1). A un certain moment, on enseigne solennellement aux candidats le symbole de la foi chrétienne. A Rome , la tradition du symbole est accompagnée de la tradition de l'Evangile et de l'oraison dominicale.
Au dernier moment, sauf en Espagne (et peut-être en Gaule), les candidats reçoivent l'onction préparatoire, avec impression du signe de la croix sur les organes des sens, notamment sur les oreilles et sur la bouche. A Rome , la consignation des organes des sens se fait avec la salive; en Orient et dans les pays gallicans, avec la même huile qui sert à l'onction du corps (2). Dans tous les pays latins, cette cérémonie précède le renoncement à Satan; dans les autres , elle le suit immédiatement.
Le triple renoncement à Satan , ou abjuration du paganisme, est commun. lui aussi à tous les rites. Partout , sauf dans les pays gallicans , il est suivi de la récitation du symbole (3), par laquelle le candidat
(1) C'est même de cette préparation que dérive le carême, selon toute vraisemblance. Voy. ci-dessus, p. 232.
(2) A Alexandrie, on sépare l'onction de VEffeta, h'Effeta se fait, comme à Home, avant la veillée pascale, après lo dernier exorcisme. Peut-être employait-on la salive ; en tout cas, l'usage de l'huile n'est pas indiqué. Ceci résulte d'un rituel copte traduit en grec par Lagarde et publié par lui dans ses Reliquiae iuris ecclesiastici antiquissimae ; cf. Bunsen, Christianity and Manhindy t. VI, p. 465.
(3) En Orient, il y avait deux « redditions » du symbole (voy.
exprime son adhésion à son nouveau maître, Jésus-^ Christ.
La dernière profession de foi, sous forme de réponse à une triple interrogation , se rencontre partout. Il en est de même de la triple immersion , sauf en Espagne, où l'immersion ne se fait qu'une seule fois. Une particularité spéciale à la Gaule et à la Haute Italie , c'est le lavement des pieds après le baptême.
L'onction parfumée, la consignation et l'imposition des mains (1) sont aussi des cérémonies universellement observées. La consignation a lieu avec la même huile odoriférante que l'onction elle-même. A Rome et à Alexandrie (2), l'onction ou chrismation est séparée de la consignation. Elle est opérée par un prêtre, tandis que la consignation est réservée à l'évêque. En Orient et dans les pays gallicans, la consignation se fait en même temps que la chrismation, par l'évêque s'il est présent, par un prêtre ordinaire, s'il est absent ou empêché.
Toutes ces cérémonies étaient en usage au commencement du quatrième siècle : cela ne fait aucun doute. Elles ont donc été introduites avant la paix de l'Eglise et même avant la persécution de Dioclétien. Mais jusqu'où peut-on les suivre, enremontant le cours des trois siècles antérieurs ?
Le Nouveau Testament (3) nous présente, dès les premiers jours , une initiation distribuée en deux actes, dont run,jle baptême d'eau, a la vertu de purifier
p. 317) : l'une avant le jour de l'abjuration , l'autre aussitôt après cette cérémonie. Le rit gallican n'a conservé que la première.
(1) Les rituels grecs ne mentionnent pas express.ément l'imposition des mains ; mais il est sûr qu'elle a été autrefois jointe à la prière qui accompagne la consignation , prière dans laquelle le Saint-Esprit est invoqué. Cf. ci-dessous, p. 327 note 3.
(2) Rituel cité plus haut, p. 319, note 2.
(3) Surtout Actes, VIII, 12-17; XIX, 5, 6.
K.'lNITIATION OHR^IBIfNB^ 321
le converti de ses péchés , Tautre fait descendre TEsprit-8aint dans Tâme du néophyte (1). Le baptême esl absolument indispensable, la collation de TEsprit-Saint n'est que le complément de l'initiation ; cependant , tandis que le baptême peut être conféré par des membres secondaires de la communauté chrétienne , la collation de TEsprit-Saint est réservée aux grands chefs, aux apôtres et aux personnages revêtus de pouvoirs apostoliques. Ils procèdent par Timposition des mains ; dans ces temps anciens le rite de Fonction n'est mentionné nulle part.
Les Pères apostoliques, les apologistes du deuxième siècle, ne nous en apprennent pas davantage. Saint Justin, dans sa description de l'initiation des néophytes (2) , ne parle que du premier acte du baptême d'eau ; il en est de même de la Doctrine des Apôtres.
Il faut descendre jusqu'au temps des Sévère , aux environs de l'an 200, pour trouver l'onction mentionnée avec une entière précision (3). TertuUien et saint Hippolyte (4), le premier surtout, s'expriment avec une clarté qui ne laisse rien à désirer. TertuUien décrit en plusieurs endroits les rites de l'initiation. Il a écrit un traité spécial sur le baptême. Il enseigne que le baptême doit être donné par Tévêque , et , sous son autorité, par les prêtres et les diacres, mais que pourtant il peut être, en certains cas, conféré par des laïques. Le candidat doit s'y préparer ar la prière , le jeûne, es veilles saintes. On le célèbre ordinairement à Pâques ou dans les cinquante jours qui suivent.
(1) Les textes ci-dessus supposent que TEsprit-Saint manifestait alors sa présence dans les initiés par des signes analogues à ceux dont il a été question ci-dessus , p. 47.
(2) Apol., I, 61-65.
(3) V07. cependant, dans Théophile, Ad Autolycum, I, 12, une allusion qui, si elle n'est pas sûre, est pourtant assez probable.
(4) In Dan. y V, 17 ; De Christo et AntichristOy 59.
Avant d'entrer dans la piscine, préalablement bénite, le néophyte renonce solennellement au diable , à ses pompes et à ses anges (1). Après le bain sacré , conféré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il reçoit une onction d'huile bénite et l'imposition des mains, pendant laquelle Tévêque appelle le Saint-Esprit sur lui. Dans son traité de la Résurrection de la chair ^ le même auteur condense en quelque mots tout le rituel baptismal; il mentionne ici, non seulement la chrismation, mais la consignation (2) et aussi la première communion : Caro abluitur , lU anima emaculetur ; caro ungitur, ut anima consecrePur ; caro signatur, ut et anima muniatur ; caro manus im^osi' tione adumbratur, ut et anima spiritu illuminetu/r, caro corpore et sanguine Christi vescitu/r^ ut et anima Dec saginetur (3). Enfin, dans son traité contre Marcion (4) , il parle du breuvage de lait et de miel qu Ton donnait aux néophytes.
Nous avons donc ici presque tous les rites du bap — téme et de la confirmation, au moins ceux qui étaientjcr au quatrième siècle, d'usage universel. Il n'y en qu'un qui ne soit pas marqué, c'est celui de l'onctio préalable au baptême. Pour celui-là je ne saurais in — diquer de références antérieures au quatrième siècle (5).
TertuUien parle de tous ces rites comme de choses reçues , reçues partout et depuis longtemps. Il argu-
(1) Ce détail ne se trouve pas dans le traité De baptismo, mais dan: le De corona militiSt c. 3.
(2) Cf. Prescript.y 40.
(3) De resurr, , 8.
(5) Il est possible qu'il soit beaucoup moins ancien que les autres à la fin du quatrième siècle , sa place était encore un peu flottant, dans les rituels occidentaux. Cf. ci-dessus, p. 306. Je serais porté croire que ce n'est qu'un dédoublement do l'onction d'après le téme.
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mente contre Marcion (1) en constatant que la secte de celui-ci a le même rituel baptismal que T Eglise catholique, en particulier, le baptême d'eau, Tonction, la consignation du front , le breuvage de lait et de miel. On sait du reste que les Valentiniens et autres sectes gnostiques donnaient beaucoup d'importance à 1 onction , beaucoup plus que ne le faisait l'Eglise catholique (2). Il est difficile de croire (3) que (Tes sectes, fort anciennes, n'aient pas emprunté ces usages ^^ rituel déjà établi lors de leur séparation, quelles î"Ue soient d'ailleurs les modifications qu'elles ont pu 7 introduire par la suite.
Quoiqu'il en soit de ce raisonnement chronologique ^Vir les cérémonies de l'onction , de la consignation , ^\i breuvage de lait et de miel , il est sûr que la distx^ibution de l'initiation en deux actes distincts, telle que nous la trouvons déjà dans le Nouveau Testaxàent, se maintint dans l'usage. La distinction se ma- Xiifesta avec beaucoup d'évidence au moment où éclata la controverse à propos du baptême des hérétiques. Il va de soi que des cérémonies aussi importantes étaient présidées par l'évêque. Cependant, comme elles fussent devenues interminables si l'évêque avait lui-même accompli tous les rites sur tous les initiés, il se produisit de bonne heure un partage d'attributions. L'évêque bénissait les huiles saintes, puis la piscine, et baptisait de sa main quelques néophytes. Les prêtres, assistés de ministres d'ordre inférieur, continuaient l'administration du bain sacré. Quant aux dernières cérémonies, lachrismation, la consignation,
(1) Loc. cit. ; cf. III, 22.
(2) Irén. , I, 18-22; voy. aussi les Actes apocryphes de saint Thomas (édition Max. Bonnet), et la curieuse épitaphe gnostique trouvée à Rome {Corp. inscr. gr aec^ n* 9595 a).
(3) Le contraire est facile à dire (Renan, L'Eglise chrétienne y p. 154), mais non à démontrer.
324 ORIGINES DU GULTB GHRÉTIBN.
Timposition des mains, elles furent réservées à l'évoque. A Rome, cependant, et à Alexandrie, sans doute à cause de la longueur du service, les prêtres répandaient d'abord Tonction (Ihuile parfumée (saint chrême) sur la tête du néophyte ; le pape n'avait plus que la consignation à faire, avec l'imposition des mains.
Quand les églises locales furent subdivisées, et qu'il se fut créé, en dehors de la ville épiscopale, des paroisses sujffragantos , il fallut bien confier aux prêtres de ces paroisses le droit de célébrer le baptême. Mais on ne le leur accorda nulle part dans toute son étendue. La bénédiction du chrême, et, en général, des huiles servant aux onctions baptismales, fut partout interdite aux prêtres. Ils étaient obligés de recourir à révêijue pour obtenir ces éléments, tout consacrés (1). Par cette réserve fut symbolisée l'idée que nul n'entre dans la communauté chrétienne sans une certaine intervention personnelle de celui qui en est le chef suprême.
Pour le reste, le baptême d'eau, que, de tout temps, ^ ^, on considéra comme valide alors même qu'il était •* it conféré par un siini)le chrétien, fut rangé dans les at- —•attributions des prêtres chefs de paroisse. Il en fut de ^^ ic même de la l)énédiction des piscines, et même, dans ^ mî les pays de rit romain, de la chrismation. Dans ces ^3 «s pays hi consignation seule, avec l'imposition des^s^s mains, fut réservée à l'évêque, qui les accomplissait J* ît soit dans sa ville épiscopale, soit dans ses visites J^ 5 diocésaiiKîs. En Orient, comme il n'y avait pas de distinction entre la chrismation et la consignation , « les prêtres eurent le droit d'accomplir toute la céré- —
(1) Innocont, leltre à Docontius, c. 3 ; III* concilo de Garthage [397], c. 3») ; I" concile do Tolcdo [4{X)], c. 20 ; I" concile do Vaison [442], c. 2, etc.
l'initiation chrétibnnk. 325
ûiorue (1). Il y a lieu de croire qu'il en était aussi de Diéme dans les pays de rit gallican, pour la même raison; mais Tinfluence de la discipline romaine partit avoir introduit quelques restrictions (2).
S 5. — La réconciliation des hérétiques,
Ija question de savoir jusqu'à quel point l'initiation ctiïétienne est valable quand elle est célébrée dans ^ïXe secte hérétique , avait déjà préoccupé les esprits ^ès avant la fin du deuxième siècle. Tertullien la traite *^ns son traité du baptême , ou plutôt il rappelle la Solution qu'il lui avait déjà donnée dans un livre ^t^écial, rédigé en grec (3). Suivant lui, l'initiation ^^lébrée par des hérétiques séparés de l'Eglise n'a ^Xacune valeur. Un homme qui s'est converti du paganisme (4) à une secte hérétique, qui a été initié par A^s chefs de cette secte et qui l'abandonne ensuite l^our entrer dans TEglise catholique, doit être traité Oomme un païen, comme un non-initié : il faut le fcaptiser, car le baptême qu'il a reçu n'est pas valable.
Le système de Tertullien était celui de l'église
(1) Même en Egypte, oii pourtant cette distinction existait. Hilaire i^Ambrosiàster) , în Eph., IV, 21 ; Quàesi. Vet, et Norù. Testatnentiy 101 (Migne, P. L., t. XVII, p. 388 ; t. XXXV, p. 2302).
(2) La lettre d'Innocent à Decentius, c. 3, constate, en le combattant, Tnsage qui accordait aux prêtres le droit de confirmer; cet usage est indiqué, pour la Gaule, par les coocileis d'Orange (441, c. 1,2) et d'Epaoae (517, c. 16); pour rÊspaf^e^ par le premier concile de Tolède (400, c. 20), et par les Capitula Martini ^ c. 52. Sur un débat qui se produisit dans l'île de Sardaigne, probablement par le conflit de» deux usages, voy. Greg., M., Èp. IV, 9, 26; cf. l'épitaphe de Maréas (Lib, pontif,, t. I, p. 302, note 34).
(3) De baptismoy 15.
(4) C'est le seul cas qui soit considéré ici. Celui de l'enfant né de parents hérétiques et baptisé en bas âgo dans leur secte doit lui être attiéremenil assimilé. Quant aux chrétiens qui abandonnaient l'Eglise pouv entrer dan» mne secte, et qui, revenant à leur première foi, demandaient à être réintégrés dans la communauté , ils étaient soumis à la pénitence.
d'Afrique, en particulier de Téglise métropolitaine de Carthage. On suivait la môme pratique daiis les églises de Syrie et d'Asie-Mineure. Il n'en était pas de même à Rome et à Alexandrie. Dans ces deux grandes églises et dans celles qui suivaient leur direction, il s'était introduit une distinction. On admettait comme valable le baptême d*eau, quel qu'en fût le ministre, et dans quelque secte qu'il eût été conféré , pourvu que les formes essentielles eussent été respectées. Quant au reste de l'initiation, on le rejetait ; il devait donc être réitéré pour l'hérétique qui demandait à entrer dans l'Eglise.
Cette divergence donna lieu , vers l'année 256 , à un débat très vif entre le pape Etienne et saint Cy- prien, évêque de Carthage ; mais les usages en con- - Ait ne furent pas modifiés pour autant. Ce n'est d qu'en 314, au concile d'Arles, que l'Eglise catholique ^
d'Afrique renonça à son ancienne pratique (1). Cel
le-ci fut maintenue avec persistance par les Donatis- — tes ; ils l'appliquèrent même à l'Eglise catholique, trai- — tée par eux comme une secte dissidente. En Orient ^ aussi, on continua à considérer le baptême des héré- tiques comme invalide (2). Cependant il s'introduisit bientôt des distinctions. Déjà. le concile de Nicée prescrit un traitement différent pour les Novatiens et les partisans de Paul de Samosate (3). Le septième canon de Constantinople, qui, bien qu'il n'émane pas du concile œcuménique de 381 , témoigne cependant de l'usage de l'église de Constantinople au cinquième siècle, distribue les sectes hérétiques en deux catégories, celles dont on accepte le baptême sans la con-
(1) Conc, ArelSLLt I, c. 8; cf. Conc. Carthag. I (347), c. 1.
(2) Const. App., VI, 15; Can. App.^ 46, 47; saint Cyrille de Jénisalem, Procsitech.y 7. La rebaptisation pratiquée si longtemps par les barbares ariens procède de cet usage.
(3) Cf. s. Basile, ép. 188.
l'initiation ghrétibnnb. 327
flnnation, et celles dont le baptôme et la confirmation sont répudiées (1). Les Monophysites, séparés au cinquième et au sixième siècle, furent traités avec moins de rigueur. On les admettait sur une simple profession de la foi orthodoxe (2).
L'Occident demeura fidèle à la vieille pratique ro-
lûaîne. Elle est souvent recommandée par les papes;
les conciles, les histoires relatives aux conversions
d'hérétiques, les livres liturgiques eux-mêmes témoi-
^ent de sa persistance (3j.
(1) Ce canon fut inséré dans le concile in Trullo (c. 95), et prit *i^à8i place dans le droit canonique byzantin.
(2) Greg. M., Ep., XI, 67.
(3) Jaflfé, 255 (Sirico ; cf. le concile romain de 386, c. 8), 286, 303 (ÏXinocent), 536, 544 (Léon); Greg. M.. Ep,, XI, 67; concile d'Orange (Ml), c. 1; de Tolède (589); Grégoire de Tours, Hist, Fr., II, 31, 34; *V, 27, 28; V, 38; IX, 15; Viri. s. Martini, 1,11; sacram. gélasien, ^ » 85, 86, etc. — Il n'est pas inutile de signaler ici une différence ^'«xpression qui se retrouve perpétuellement dans les textes quand ^ s'agit du rite collateur du Saint-Esprit, soit qu'on le considère ^^mme célébré à la suite d'un baptôme régulier, soit qu'on le pré- ^^nte comme servant à la réconciliation des hérétiques. Tantôt on ^«rle d'onction , de chrismation, tantôt d'imposition des mains. ;Mai8 ^X saf9t de rapprocher les textes pour voir que l'un ne va pas guère ^ans Tautre. En général, les documents romains emploient le terme de ^^onsign&tio quand il s'agit de la confirmation ordinaire , et celui de "^Tianus impositio pour la réconciliation des hérétiques. Il est même 1[>08sible que, dans les pays de rit romain, on n'ait pas renouvelé toute la cérémonie sur les hérétiques convertis. Certains passages de saint Optât et de saint Augustin donnent lieu de le croire , et on peut en dire autant du texte de saint Grégoire le Grand {Ep, , XI , -67) : a Arianos per impositionem manus Occidens , per unctionem vero sancti chrismatis... Oriens reformat. » Mais les lettres de saint Léon et des autres papes citées plus haut ne permettent pas de douter que, s'il en était réellement ainsi, on plaçait l'essentiel du rite, la collation du Saint-Esprit, dans l'imposition des mains. En pays gallican, c'est toujours la chrismation, et non l'imposition des. mains, •qui est mentionnée dans les textes. Quant à l'Orient, la phrase de saint Grégoire est entièrement d'accord avec la règle posée par le septième canon de Gonstantinople ; mais cela n'empêche pas que les livres rituels ne mentionnent expressément l'imposition des mains quand il s'agit des hérétiques. En revanche, ils ne la mentionnent pas dans la confirmation ordinaire , bien que les auteurs , Chrysos-
ORiMMiB nv eovtm cHBÉTmf.
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tome, Théodoret, Gennadiiit, Photivs, Vi$/ié Us oow ttt^ta Hebr,, VI, 1, aa manquent Jamait d'en j;>arler expreM réete, Tmiteiir des Con$HiuîUmê tLpoêtoliques, VIII, 2S, toi eer lldée que le prêtre a le pouvoir de confirmer maie no HfTi f'fsprieie ainal : f Q^fêtfdTfpoç*.. x«*P«****^ ^ x<^P«*^< p^lle aqfii (III, 15) imposition des mains (xtcpoOsoia) la dans laqndle l'éféqne fait l'onction parfumée après le b fsnt donc ic| se défier on pen des termes isolés et consi< Jours la chose plutôt que Texpression.
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