‹ Origines du culte chrétienChapitre 32 sur 52 · LB COSTUME LITURGIQUE · texte numérisé non relu

LB COSTUME LITURGIQUE

tantîn, lorsqu'il fait décerner par Constantin à saint Silvestre le superhumerale , videlicet lorum qui impériale circumdare assolet coUum, Au sixième siècle, les papes, quand ils accordaient le pallium à des évéques qui n'étaient point sujets de l'empire grec, avaient coutume de demander d'abord l'autorisation de l'empereur (1). Celui-ci, du reste, se reconnaissait le droit de l'accorder directement. Au septième siècle, Maur, archevêque de Ravenne, le demanda à l'empereur Constant II , et l'obtint. Mais dès lors une telle démarche était synonyme de révolte contre la suprématie du pape. Peu à peu le pallium romain prit une signification symbolique. On le considéra comme une relique, comme une sorte de répétition du manteau de saint Pierre. Avant de l'expédier à son destinataire, on le déposait, une nuit durant, dans le sanctuaire de la Confession , immédiatement au-dessus du tombeau de Tapôtre. Saint Pierre était censé avoir dormi une nuit sous ce manteau , qui était devenu le sien. De là à l'idée d'une sorte de transmission de pouvoirs , comme celle que symbolisait le manteau d'Elie, légué à son successeur Elisée , il n'y avait pas loin (2). Le pallium devenait ainsi le signe naturel d'une juridiction supérieure, d'une sorte de participation au Pasce oves meas] dès le sixième siècle, les évéques d'Arles, au siècle suivant ceux de Cantorbéry, le portèrent

(1) C^est ce que fit Vigile pour les évéques d'Arles , Auxanius et Anrélien; pour les autres évéques, Sapaudus, Virgile, Florian, la permission n'est pas mentionnée; il est possible que l'autorisation ait fini par être accordée , à titre perpétuel , pour les évéques d'Arles. Saint Grégoire la demanda pour l'évéque d'Autun. Il ne paraît pas ravoir demandée pour les évéques de Séville et de Cantorbéry. Mais ce dernier était un moine romain , sujet de l'empereur Maurice , et Léandro de Séville avait séjourné à la cour do Constantinoplc , où il était fort connu.

(2) Un sens analogue fut attaché, dès le sixième siècle, au pallium d'Alexandrie (Liberatus, Brev,, 20).

372 OniGINEH DU GULTR CHRÉTIEN.

(U)rnni(^ un insi^nin dos pDiivoirs spéciaux qui leur voi)iii<*iil (i(i RoiiKî.

Quand fui c.oncJuo ralliancu) (într6 le i)a))0 el la maison r.arolin^Monnn , dI quo Tégliso franque se trouva ratlac.hro plus (HroiUuiuinl au saint-si(^.go , les métropolitains funiiit obligés d'ac.c.cptor le pallium romain av(i(î son synil)olisni(3.

( '(^Ito c.ouc^eplion du pallium comme un manteau a été suggérée par lo mot plutét que par la chose. L'insigne (|ue Ton désignait par ce terme n*a jamais eu la forme d'un vétiMuent, mais d'une écharpe. Ici il faut revenir aux discolora pallia du Code théodosien, qui sont bien évidemment des échappes, et desécharpes-insignes, que l'on porte sur la paenula, comme le pallium pontific.al se porte sur la planète. Le Gode théodosiiîu ne parle de cet insigne qu'à propos de fonctionnaires d'un ordre relativement humble; mais les monuments nous le présentent sur les épaules des consuls, ce qui permet de croire que le gouvernement impérial donna en réalité une très grande marque d'honneur aux dignitaires ecclésiastiques en le leur conférant.

Il sulllt de jeter les yeux sur un diptyque consulaire pour comprendre ce que je veux dire. Le consul y est représenté dans l'acte le plus solennel de son inauguration, au moment ob il va donner le signal de laisser* courir les chevaux dans Tarène. Par-dessus s<ïs babils , on dislingue une longue écharpe ainsi disposée : un bout pend de Tépaule gauche , par devant, pn^sque jusqu'aux pieds; cette extrémité est pliée et [)résente l'aspect d'un long orfroi vertical ; de l'épaule gauche, l'écharpe passe, par derrière le dos, sous le bras droit, remonte en diagonale, sur la poitrine, v(;rs l'épauhi gauche, s'étale, si Ton veut, sur le baul (bi dos et repas.se sous le bras droit pour al)outir à la main ^'au('.ll(^ en drapant au-dessous delà

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