LA RÉCONCILIATION DES PÉNITENTS
Les pécheurs que l'autorité ecclésiastique avait e: dus de la société des fidèles, pour des fautes, avouées par eux à TEglise, avec plus ou moins de pw^ ^ blicité, soit établies d'une autre manière, ne pouvaieMi y rentrer que par la voie de la pénitence. Le pr«^ ^ mier pas dans cette voie était la demande de réint^ gration, c'est-à-dire d'admission au nombre des péiE=i
tents. On ne l'accordait pas sans difficulté; quelqu i
fois , en l'accordant , on faisait entendre au péniteiac?/
que l'expiation devait durer jusqu'à la mort. En toTJ/ cas il était de règle de ne l'accorder qu'une fois. Toxjt le temps que durait la pénitence on devait vivre à peu près dans les mêmes conditions que les ascètes profés. On ne pouvait ni se marier , ni user du mariage déjà contracté ; il fallait renoncer à l'état militaire, aux fonctions publiques, à la carrière ecclésiastique, pratiquer l'austérité dans le boire, le manger, le costume, l'usage des bains, être assidu à l'église, en un mot, vivre comme un moine. Toute la différence entre l'état de moine dans le monde et celui de pénitent, consistait en ce que le moine avait embrassé librement son genre de vie, tandis que, pour le pénitent, c'était une condition de réhabilitation (1).
(1) n faut noter aussi que le monachat n'était pas, comme la péni-
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Telle était la discipline au (Quatrième et au cin- ^t^ième siècle: elle ne tarda pas à- s'adoucir et à se ^^^cdifier de telle façon que, sauf des cas extrêmement res , la pénitence perdit toutes ses solennités extéeures et qu'on ne lui assigna plus aucune place ^ans le culte public.
Autrefois elle avait son rituel, doiit les formel sef x^approchent beaucoup de celles de Tinitiatioïi chrétienne. Le pénitent était considéré eii sfomme comme \in chrétien qui a perdu son initiation et qui travaille à la recouvrer. La pénitence est un recommencement dil noviciat, du catéchuménat. Là catéchisation , lèg scï'utins, les exorcismes, sont remplacés par les exercices de Tascétisme. De même qu'il y a un doctor âÀJirdientium^ ou catéchiste en chef, assisté d'un personnel d'exorcistes, de même il y a, en certaines églises au moins, un prêtre pénitencier avec des clercs' sous ses ordres, chargé de surveiller les pénitents et responsable du sérieux de leur ex^piation. A l'église, les pénitents forment un groupe à part , comme les* catéchumènes, et sont congédiés en même temp^ qu'eux, avant la célébration des saints mystères. Enfin, leur temps d'épreuve terminé , ils sont réintégrés solennellement dans le corps des fidèles , comme ils
tence, un empêchement aux ordres. — Les trois ou quatre stages d» la discipline pénitentielle d'Orient n'ont jamais été d'usage dans lés pays latins (Funk, TheoL Quartailschrift , 1886, p. 373 et suiv.)* On peut même se demander s'ils représentaient, en Orient, une institution uhlverselle. Les constitutions et les candns apostoliques n'en parlent jamais , le concile d'Antiocbe (341) non plus , ni saint Jean Chrysostome. En Syrie , on le voit, tant par saint Chrysostomé que jkr le livre II des Constitutions apostoliques , on était particulière-» ment facile avec les pécheurs pénitents. Les Constitutions (II, IQ assignent , suivant les fautes , une durée pluis ou moins longue atpt exercices pénitentiels ; mais on ne va pas au delà de sept semaines. Cette durée est celle du carême orientai ; c'est aussi celle à laquelle on* se tenait, semble-t-il, à Rome, pendant le sepUème siècle. Voyez |Ati8 loin, pk 423;
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y avaient été introduits solennellement, lors de leur initiation baptismale. Il y a même, pour les deux cérémonies, concordance de temps : toutes les deui ont lieu immédiatement avant la fête de Pâques.
Il ne s'est conservé que peu de traces du rituel suivi dans ces temps antiques pour l'admission au nombre des pénitents. On devait, au préalable, avouer les fautes pour lesquelles on demandait la pénitence. La vie de saint Hilaire d*Arles (1) (f 447) suppose que Tévéque prononçait une allocution, imposait les mains et récitait une prière. Le concile d'Agde (506), c. 15, parle aussi de l'imposition des mains (2) , à laquell était jointe celle du cilice. Après cette cérémonie, le pénitents devaient prendre le deuil, dont les forme variaient suivant les pays (3).
A Rome, les livres liturgiques parfaitement purs^ c'est-à-dire le sacramentaire léonien et celui d'Hadrien^ ne contiennent absolument rien sur les rites pénitentiels (4). Le gélasien suppose que les pénitents sont, à l'entrée du carême , renfermés dans un monastère d'où ils ne sortent que le jeudi saint (5).
Le mercredi (6) in capite ieiuniiy que nous appelons