III
(2) a Paenitentes, tempore quo paenitentiam petunt, impositionem manuum et cilicium super caput a sacerdote, sicut ubique constitu* tum est, consequantur. »
(3) En Oatile, on se rasait la tête (concile d'Agde, loc. cit.); en Espagne, on laissait pousser cheveux et barbe (Isidore» De eccl, o/f., II, 17).
(4) Pour le sacramentaire léonien , cela tient probablement à la mutilation du manuscrit.
(5) On peut se demander, en raison du silence des deux autres sacramentaires , si nous ne sommes pas ici en présence d'un rituel gallican plutôt que romain. Mais cette hypothèse est écartée par le style des prières et par la mention du mercredi in cap. ieiunii qui, au temps où le sacramentaire gélasien fut transcrit, était encore caractéristique de Tusage romain.
(6) Sacram, gél,t I, 16. Ordo agentibuê public&m paenitentiam. 8u8cipi8 eum IIII feria mane, in capite Quadragesimoêf et cooperi^
LA RÎÈGONGILIATION DBS PÉNITENTS. 423
'^^in tenant le mercredi des cendres (1), dés le matin, ^ ^st-à-dire bien avant la procession et la messe statîo- ^^e, le pénitent se présente à un prêtre, qui le revêt ^*\in cilice et fait une prière : le texte de cette prière ^*est pas indiqué. C'est en somme la même cérémonie que dans le concile d*Agde. Rien n*empêche de ^Toire qu'elle ne soit, à Rome, beaucoup plus ancienne cjue le septième siècle. Ce qui est moins ancien, c'est l« choix du mercredi avant le Carême et là réclusion du pénitent dans un monastère. Au milieu du cincjuième siècle , les pénitents étaient encore, à Rome, laissés à eux-mêmes, sans réclusion et même sans surveillance officielle (2).
L'usage de la réclusion supprima naturellement celui du congé solennel des pénitents {missa paenitentiu7n) à la messe publique. De cet usage les sacramentaires latins n'ont conservé aucun vestige; il n'en est pas de même des livres grecs , et surtout des Constitutions apostoliques , où nous voyons le groupe des pénitents assister au commencement de la réunion , se présenter à l'appel du diacre et sortir après une prière spéciale et la bénédiction de l'évêque. Cet usage était encore observé à Rome au milieu du cin-
eum ciliciOy oras pro eo et inclaudis usque ad Caenam Domini, Qui eodem die in gremio praesentatur ecclesiae: et prostrato eo omni corpore in /erra, dat or:\tionem pontifex super eum ad reconciliandurrit in quinta feria Caenae Domini^ sicut ibi continetur,
(1) Ni le sacramentairo gélasien, ni VOrdo I de Mabillon, qui décrit la station du mercredi in capite ieiunii^ ne parlent de la bénédiction et de rimposition des cendres; mais la cérémonie actuelle figure tout au long dans les Ordines du douzième siècle. Elle correspond à une conception plus étendue de la pénitence. Tous les fidèles, clercs et laïques, se constituent pénitents pour la durée du Carême et se font imposer les cendres, qui sont, comme le cilice, le symbole de la condition pénitentielle. Une telle idée , surtout en ce qui regarde le clergé, est inconciliable avec l'ancienne législation pénitentiaire encore observée à Rome au neuvième siècle.
(2) Sozoraène, H. E., VII, 16*
424 ORIGINES DU GULTÂ GHRÊTtÈK.
quième siècle. Sozoméne (1) Fatteste expressément.
Quant à la cérémonie finale , celle de la réconciliation, nous la trouvons dans le sacramentaire gélasien (2), avec des formules très amples.
Nous sommes au jeudi saint, jour qui était consacré, à Rome, à la réconciliation des pénitents (3). La messe commence sans psalmodie , c'est-à-dire sans que Ton exécute le chant de Tlntroït (4) , et sans que le pape salué l'assistance par le Dominus vobiscum. Il récite une prière d'ouverture (5), puis un diacre lui amène les pénitents (6), qui se prosternent tout du long au milieu de l'église. Le diacre prend alors la parole :
Adest, o venerabilis pontifex, tetnpus acceptum, dies propitiationis divinae et salutis humanae, qua mors interitum et vita aocepit aeterna priDcipium , quando in vinea Oomiui Sabaoth sic novorutn plantatio facienda est ut purgetur et curatio (?) vetustatis. QuamvJs enim a divjtiis bonitatis et pietatis Dei nihil temporis vacet, DUnc tamen et l'argior est per indulgentiam remissio peccatortim et copiosiûrr per gratiam adstimptio renascentium. Augemnr fègeDerandis, crescimits reversis; lavant aquae, lavant lacrjmae;
(1) Loc. cit. Cf., ci-dessus, p. 163.
(2) I, 38. nOrat. in quinta feria. Eodem die non psallitur, necsalutat, id est non dicit Dominus vobiscum ; etreconciliatio paenitentis. » — Suivent trois oraisons, puis : « Ordo agenlibus publicam paenitentiam. Egreditur paenitens de loco ubi paenitentiam gessit et in gremio praesentatur ecclesiae, prostrato omni corpore in terra, et postulat in bis verbis diaconus. »
(3) Lettre d'Innocent à Decentius, c. 7; cf. L. P., t. I, p. cxi.
(4) La litanie du Kyrie eleison est sans doute supprimée comme devant être exécutée peu après ; il en est de même du Gloria in excelsis. Tous ces détails , plus ou moins nettement indiqués , sont contredits par les Ordines du neuvième siècle, qui supposent que la messe commence comme à l'ordinaire ; ils n'ont d'ailleurs aucun vestige de la réconciliation des pénitents dans la journée du jeudi saint. Peut-être cette cérémonie avait-elle été abandonnée dans le courant du huitième siècle.
(6) Le sacramentaire gélasien en donne trois formules, qui sont évidemment des rechanges.
(6) La rubrique et les formules ont toujours le singulier.
LA RÊCdNdTtiAtitm tik PÉtol*!^r*8. ^^
xndè gàudiuiri cfe addtiittpIttûDë vôdàforum , hïnc laètitia dé db^o-
Iviione paedltëntiuiti. Indé ë^ ^Uod suppfex inti^ , poètea q'aam
xn varias formas crirtiinutii he'glecttf mândat(yrutn caelestittm et
vnorum probabilium transgrèssione cecidit, humiliatiïsatque pros-
tràtus prophctica ad Dëiim voce clamât, dicens : Peccavi, impies
eçi, iniquiiatem feci, mUèrere mei tontine, evangelicam vocem ritfff
ffustratoria aure capiens : Èeati qui lurent, quoniam ipsi consola^
buntur. Manducavit, sicut scriptum est, panem dbloris; lacrymis^
siratum rigavit; cor suum luctu, corpus adfliitit ieiuniîs, ut
animae suae recipèret quam perdideràt sauitatem. Unicum itaqae
est paenitentiae su^àgium' , quod et singufis prodest et omnibUi^
in commune succùrrit. Hic ergo dum ad paenHudinis actiotieitf
taiitis excitatur exemplis, sub conspectu înTgeftoiscentis ecctësiaë,'
venerabilis Pontifëx, prôtestàtur et dicit : Iniquitates meas eg&
agnosco et deliclum. meum contra me eét semper, Averte faciem tuant
a peccatis meis^ Domine, et omnes iniquitates meas dele. Redde mihi
laetitiam salutaris tui et spiritu principali confirnta me, Quo' itâ
supplicante et miscricordiam Dei adflicto corde poscente , redin-
tégra in eo , apostolice Pontifex, quicquid diabolo scindente cor-
ruptum est ; et orationum tuarum patrocinantibus meritis , per
divinae reconciliationis gi*atiam fac hominem proximum Oeo; ut
qui antea in suis perversitatibus displicebat, nunc iam placere se
Domino in regione vivorum (1) devicto mortià âuae auctôi^ô
gfàtuletur.
Le pape (2) alors prend la parole ou la donne à un prêtre , qui admoneste le pénitent. Il récite (3) ensuite une oraison, puis une prière eucharistique :
Adesto, Domine, supplicafionibus nôstris et me, qui etiàm ttit-^ sfe'ricordia tua' primus ind^geb'^ clemfenter exaudi; ut quem nôYI élë^tioite mferiti sed doftto gratiae tuae constitnisti operis huiusi mim^trum, da fiduciam tui munerid exequendi, et ipse in nostro* ministerio quod tuae pietatis est operare (4).
(1) Ici le sacramentàire ajoute cum, qui forme un cotitresons.
(2) Post hoc admonetur ab episcopo sive alio sacerdote ut quod paenitendo diîuit iterando non rèvocet. Inde vero has^dicit orationes Bacerdos super eum.,
(3) Cette partie du formulaire est entrée dfans les suppléments dél sacramentàire grégorien (n" 99) , dont les variantes sont notée» ci-dessous.
(4) Il y a ici une deuxième oraison; mafs le styïé général des cérémonies romaines autorise à y voir un récfiange.
426 ORiaiNBS DU culte chrétien.
[Vere dignum ... aeteroe] Deus , humani geoeris benigpaissiine coDditor et misericordissime reformator; qui bominem invidk diaboli ab aeternitate deiectum unici Filii (1) tui sanguine redemisti, vivifica bunc famulum tuum |2) quem tibi nullatenas mon desideras, et qui non derelinquis devium, adsume correptum. Moveant pietatem tuam , quaesucnus , Domine , buius famuli tui lacrymosa suspiria. Tu eius medere vulneribus, tu iacenti manum porrige salutarem , ne Ëcclesia tua aliqua sui corporis portione vastetur, ne grex tuus detrimentum sustineat, ne de familiae tuae danino inimicus exultet, ne renatum lavacm salutari mors secundi possideat. Tibi ergo, Domine, supplices preces, tibi fletum cordit effundimus. Tu parce confitenti, ut (3) in imminentes paenas sen — tentiamque futuri iudicii te miserante non incidat. Nesciat quod^ terret in tenebris , quod stridet in flammis ; atque ab erroris viik ad iter reversus iustitiae, nequaquam ultra novis vulneribus sau— cietur; sed integrum sit ei atque perpetuum , et quod gratia tua contulit et quod misericordia reformavit (4).
Les livres gallicans ne nous fournissent, pour la réconciliation des pénitents, qu'une seule formule de prière, avec invitatoire. Elle s*est conservée, en fort mauvais état, à la fin du sacramentaire de Bobbio (5). Au temps où ces livres ont été écrits, la discipline pénitentielle avait déjà subi, particulièrement en Gaule, des modifications extérieures très considérables.
Aussi est-ce plutôt à titre de souvenir d'un usage ancien que je mentionnerai ici la cérémonie de Tlndulgence, qui avait lieu, en Espagne, le vendredi saint, le même jour où, depuis un temps fort ancien,- semble-t-il, on célébrait à Milan la réconciliation solen-
(1) Filii suppléé d'après le sacramentaire grégorien.
(2) hune famulum tuum Grég. : itaque Gél.
(3) Ut'incidat] Grég. : « Ut sic in hac mortalitate peccata sua te adiuvante defleat qualiter in tremendi iudicii die sententiam damnationis aoternae évadât, et nesciat, etc. »
(4) Ici le sacramentaire gélasien donne un nouveau groupe de formules , trois oraisons et une priéro eucharistique ; ces rechanges ne sont pas entrés dans le supplément grégorien.
(5) Muratori, t. II, p. 966.