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CHAPITRE III

DEUX USAGES LITURGIQUES DE l'OCCIDENT LATIN.

§ 1. — L usage romain et V usage gallican.

In Orient les usages liturgiques, d'abord diversifiés /ant les patriarcats , ou plutôt suivant les grands upes ecclésiastiques du quatrième siècle, finirent

céder , les uns après les autres , au rit spécial de [lise de Constantinople. Les particularités provinles ne se maintinrent que dans les églises dissiden- , en dehors du domaine de Torthodoxie, de la lan- ) grecque et même de Tempire byzantin. En îident aussi la diversité précéda Tunité. Il est aisé constater que , depuis le déclin du quatrième siè- , les églises latines ne suivaient pas toutes le ne rituel. A prendre les choses en gros, et en né- ;eant certaines particularités locales, on peut raaer à deux les usages liturgiques entre lesquels s se partageaient, Tusage romain et Fusage galn.

îette dualité a quelque chose d'extraordinaire, istoire de Tévangélisation de TOccident donne rai-

au pape Innocent quand il la fait procéder tout ière (1) de Rome et qu'il fonde sur ce fait le droit

La présence d'un certain nombre d'Asiates et de Phrygiens

primordial de la liturgie romaine à être la seule liturgie latine : « Quis enim nesciat aut non advertat id quod a principe apostolorum Petro Romanae ecclesiae traditum est ac nune usque custoditur ab omnibus debere servari , nec superduci aut introduci aliquid quod auctoritatem non habeat , aut aliunde accipere videatur exemplum? Praesertim cum sit inanifestum in omnem Italiam , Galliam , Hispanias , Africam , atque Siciliam insulasque interiacentes nuUum instituisse ecclesias , nisi eos quos venerabilis apostolus Petrus aut eius successores constituerunt sacerdotes ? Aut legant si in his provinciis alius apostolorum invenitur aut legitur docuisse. Quod si non legunt, quia nusquam inveniunt , oportet eos hoc sequi quod ecclesia Romana custodit, a qua eos principium accepisse non dubium est. »

Cependant, quelque étrange que pût paraître le fait, il est sûr que, du temps du pape Innocent, l'usage liturgique romain n'était pas le seul que l'on observât en Occident et même en Italie. L'évêque à qui est adressée la lettre que je viens de citer est l'évêque d'Eugubium, localité d'Ombrie, appartenant au diocèse métropolitain du pape. Il avait, comme suffragant direct, des raisons spéciales de se conformer aux usages de Rome ; néanmoins il était tenté d'en introduire d'autres. La coutume romaine était attaquée sur son propre terrain.

La lettre est de l'année 416; les particularités liturgiques et disciplinaires qui s'y trouvent opposées

dans l'église de Lyon, au temps de Marc-Aurèle, n'est pas une objection contre cette manière de voir. Tous les documents qui nous restent sur cette antique chrétienté s'accordent à nous la montrer en rapports étroits et fréquents avec l'église de Rome. Rien ne prouve que son premier fondateur ait été un Asiate plutôt qu'un Romain. Même en le supposant Asiate, il est fort possible qu'il ait d'abord vécu à Rome et qu'il y ait reçu sa mission.

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aux usages romains sont toutes caractéristiques de Tusage que Ton est convenu d'appeler gallican. Celui-ci existait donc déjà au commencement du cinquième siècle ; il avait même assez de vigueur pour entreprendre contre la liturgie romaine et cela jusque dans le diocèse suburbicaire. Cet usage, on peut le constater par de très nombreux documents, était suivi dans les églises de l'Italie du nord (diocèse métropolitain de Milan) (1), de la Gaule, de l'Espagne, de la Bretagne et de l'Irlande. En Afrique, au contraire, ce que l'on peut déduire des allusions des orateurs sacrés et des décrets synodaux donne l'idée d'une conformité presque absolue avec les coutumes de Rome et de l'Italie méridionale. Ainsi Rome et Carthage d'un côté ; de l'autre Milan et les pays transalpins.

En groupant les pays transalpins avec Milan, je suppose implicitement l'identité de la liturgie ambrosienne et de la liturgie gallicane. C'est une idée qui n'est pas acceptée partout. On admet, au contraire, sans difficulté, que la liturgie des églises d'Espagne jusqu'au onzième siècle, ou liturgie mozarabique, est identique à celle que Ton suivait dans les églises de Gaule avant Charlemagne et à celle qui régnait dans les Iles-Britanniques avant les missions romaines du septième siècle. En ce qui regarde la liturgie ambrosienne, elle est sans doute, dans son état actuel, très différente des autres types de la liturgie gallicane ; mais on ne doit pas perdre de vue que, depuis des siècles, elle a été sans cesse modifiée et progressivement conformée à la liturgie romaine. Ce mouvement ne s'est pas arrêté après la découverte de l'imprimerie. D'édition en

(1) Les documents font défaut pour Aquilée, pour les provinces danubiennes et la Dalmatie. U est probable que, dans la province d'Aquilée et dans les provinces danubiennes, l'usage liturgique ressemblait plutôt à celui de Milan qu'à celui de Rome.

édition les missels ambrosiens ont été de plus en plus romanisés. Mais on avait commencé bien avant Charlemagne. Et cela est fort naturel : Milan était trop voisine de Rome pour ne pas se ressentir de son influence, en ceci comme dans le reste. Il y eut, entre l'invasion lombarde et la prise de Gênes par Rotharis (641), une période de soixante et dix ans pendant laquelle Farchevêque de Milan, avec une partie de son clergé, vécut retiré à Gênes , sur le territoire impérial. Pendant cette période, Tinfluence romaine ne put manquer de faire des progrès : les lettres de saint Grégoire en témoigneraient au besoin. Un des plus importants, c'est Tadoption du canon grégorien, qui dut se faire vers ce temps-là. Malgré tant de retouches, la liturgie ambrosienne a conservé assez de traits gallicans pour qu'il n'y ait aucun doute — à mon avis, du moins — sur son identité primitive avec les liturgies transalpines. Les faits que je signalerai bientôt mettront ceci en pleine lumière. Je ne puis les alléguer ici, car ils perdraient de leur signification si je les isolais de l'exposition comparative des rites gallicans ; mais je pense qu'on ne regrettera pas de m'avoir fait crédit quelques instants.

§ 2. — Origine de l'usage gallican.

Etant admis que le domaine de la liturgie gallicane s'étend jusqu'au diocèse métropolitain du pape , en "comprenant la haute Italie ou, tout au moins, le diocèse métropolitain de Milan, une voie s'ouvre pour arriver à la solution d'une question obscure et controversée , celle de l'origine de la liturgie gallicane.

Les liturgistes anglais, qui s'en sont beaucoup occupés , la résolvent généralement ainsi qu'il suit : la liturgie gallicane est la liturgie d'Ephèse, de l'antique église d'Asie, importée en Gaule par les fondateurs de

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l'église de Lyon. De cette église, elle a rayonné sur tout rOccident transalpin.

Je crois ce système insoutenable (1), et voici pourquoi. La liturgie gallicane, en tant que distincte de la liturgie romaine, est quelque chose de très compliqué et de très précis dans sa complication. Elle suppose des rites nombreux et variés , disposés dans un ordre certain; elle comporte des formules identiques de thème et de style, quelquefois de teneur. Elle est très loin de ces formes simples et encore flottantes que Ton constate ou que Ton doit supposer dans la liturgie du deuxième siècle. Son développement correspond, à tout le moins, au quatrième siècle. Il est plus avancé que celui de la liturgie des Constitutions apostoliques. Son importation et sa propagation en Occident ne peuvent être placées au deuxième siècle ; nous sommes ici en présence d'un fait qui s'est accompli au plus tôt vers le milieu du quatrième siècle.

Or, au quatrième siècle, le rayonnement ecclésiastique de Lyon était à peu près liul. Cette ville avait perdu, depuis la nouvelle organisation provinciale sous Dioclétien, sa situation de métropole des trois Gaules. Le lustre, l'influence, avaient passé à Trêves, à Vienne, à Arles. L'évêque de Lyon, quelle qu'ait été son importance au deuxième siècle , n'a plus, depuis Constantin, aucun relief spécial. 11 ne sera guère, jusqu'à Grégoire Vil, fondateur de la primatie lyonnaise , que le métropolitain de la Lugdunensis /" . Ce n'est pas dans ces conditions que son église a pu

(1) Je n^examinerai pas ici queî .nfluence peut avoir eue, sur les jugements anglais, le désir de rattacher les origines liturgiques de ce pays à des traditions anciennes et respectables, différentes toutefois de celle de Rome. -L'apôtre saint Jean, par l'intermédiaire de saint Polycarpe et de saint Pothin, se trouve être, dans ce système, comme l'ancêtre de la Haute-Eglise du royaume-uni. Etre apostolique sans être romain : c'est bien séduisant.

devenir le type de toutes les églises occidentales , le foyer d'un rayonnement ecclésiastique assez intense pour se faire sentir au delà des Pyrénées et de la Manche , franchir les Alpes et soustraire à Tinfluence romaine la moitié des églises italiennes (1).

Il faut évidemment chercher une autre solution. Celle que je propose, c'est de tout ramener à Milan (2).

J'ai montré ci-dessus que l'église de Milan avait été, vers la fin du quatrième siècle et dans les premières années du cinquième , une sorte de métropole supérieure vers laquelle tout l'Occident gravitait volontiers. Nous avons vu que les évoques de Gaule et d'Espagne y allaient assez souvent chercher des solutions et des règles de conduite (3). La ville impériale était

(1) Je sais bien que, vers la fin du sixième siècle, Tévéque de Lyon semble prétendre à une sorte de suprématie sur les évéques du royaume de Gontran. Grégoire de Tours {Hist, Fr, , V, 20) donne le titre de patriarche à saint Nizier. Son successeur Priscus porte la même qualification dans le concile national de 585 ; il y fait même décider (c. 20) que les conciles nationaux se tiendront tous les trois ans, sur sa convocation ot celle du roi. L'évéque de Lyon signe le premier dans les conciles de Paris (614), de Glichy (627), de Chalonsur-Saône (v. 650). En 693, il consacre l'archevêque de Gantorbéry, Berthwald, comme Tévêque d'Arles avait, au temps de saint Grégoire le Grand, sacré son prédécesseur Augustin. Mais cette situation ne se relie en aucune façon aux origines , au temps de Pothin et d'Irénée. L'histoire de saint A vit de Vienne et du vicariat d'Arles suffit à le prouver.

(2) On pourrait songer à Arles, qui a joui d'une très grande situation ecclésiastique au cinquième et au sixième siècle. Mais cette situation s'est produite trop tard. C'est au quatrième siècle , non au cinquième ou au sixième, qu'a été exercée l'influence liturgique dont j'étudie l'origine. Arles est venue assez tôt pour être en Gaule le foyer du droit ecclésiastique. Je pourrai montrer quelque jour que tous les libri canonum en usage dans la Gaule mérovingienne dérivent de ceux de Féglise d'Arles. Quant à la liturgie, c'est autre chose. Arles n'avait pas encore d'importance quand les églises de Gaule sentirent le besoin de régler l'ordre du culte.

(3) Le souvenir de ce rayonnement se retrouve encore, au milieu du sixième siècle, dans une parole prononcée à Constantinople par l'évéque de Milan, Dacius : « Ecce ego et pars omnium sacerdotum inter quos ecclesia mea constituta est, id est Galliae, Burgundiae,

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admirablement posée pour ofiFrir des modèles en fait de culte et de liturgie. Ce qui n'est pas admissible pour Lyon se comprend très bien de Milan. Du moment où Ton ne s'en tenait pas à Rome , du moment où Ton s'inspirait ailleurs, Milan ne pouvait manquer d'avoir la préférence sur toutes les autres églises (1). Et il est à remarquer que le temps où nous constar tons ces relations entre Milan et les églises de l'Occident transalpin correspond à une période d'organisation intérieure , de grand développement , de fondation même, pour un bon nombre d'entre elles (2). C'est le temps où les masses urbaines se convertissent, où les églises se reconstruisent sur des plans plus larges, où il faut multiplier les clercs, préciser les règles de la discipline et du culte. L'influence milanaise s'exerce juste au moment où la liturgie gallicane est arrivée au développement qu'elle avait quand elle s'est répandue dans tout l'Occident , juste au moment où l'Occident se trouvait avoir besoin d'une liturgie bien arrêtée.

Ce n'est pas tout. Il est reconnu de tout le monde que la liturgie gallicane , en ce qui la distingue de l'usage romain , offre tous les caractères des liturgies orientales. On verra bientôt que certaines de ses for-

Spaniae, Liguriae, Aemiliae atque Venetiae, contestor quia quicumque in edicta ista consenserit, suprascriptarum provinciarum pontifices communicatores habere non poterit, quia constat apud me edicta ista sanctam synodum Chalcedonensem et ûdem catholicam perturbare » {Ep, clericorum Italiae, Migne, P. L., t. LXIX, p. 117).

(1) Il n*est pas inutile de rappeler ici quel retentissement eurent en Gaule les découvertes de martyrs faites à Milan, au temps de saint Ambroise. C'est à cette époque et à ces relations qu'il faut rattacher la dédicace de tant d'églises de Gaule sous les vocables de saint Gervais et de saint Nazaire. (Quelques-unes de ces dernières sont devenues , depuis , des églises de saint Lazare , et ce changement a porté bien des conséquences.)

(2) Beaucoup d'églises de Gaule ont été fondées au quatrième siècle, sous Constantin et ses fils.

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mules se retrouvent mot à mot dans les textes grecs usités , soit au quatrième siècle , soit depuis , dans les églises de rit syro-byzantin. Cette ressemblance étroite, cette identité essentielle, suppose une importation. La liturgie gallicane est une liturgie orientale, introduite en Occident vers le milieu du quatrième siècle. Or, en faisant abstraction de la présence de la cour et des nombreuses réunions d' évoques orientaux qui se tinrent à Milan , il faut tenir compte d'un fait très grave, c'est que Milan a eu, pendant près de vingt ans (355-374) , pour évêque un cappadocien , Auxence, qui fut désigné par l'empereur Constance pour occuper le siège de saint Denys, exilé pour la foi catholique. Auxence appartenait au clergé de cour , si antipathique à saint Athanase et aux défenseurs de l'orthodoxie consubstantialiste. Il joua un grand rôle au concile de Rimini (359) ; après la déroute des arianisants , qui , pour l'Occident, suivit de très près la dissolution de cette assemblée, il tint bon et resta quinze ans sur son siège, en dépit de tous les efforts que l'on fit pour l'en déloger. Ceci suppose une trempe d'esprit assez peu commune. On peut croire que, pendant son long épiscopat, Auxence exerça quelque action sur son clergé et sur les choses d'organisation intérieure. Saint Ambroise, son successeur , trouva établis beaucoup d'usages qui ne méritaient pas tous d'être corrigés. On conçoit que, la doctrine se trouvant sauve par le fait même de son élévation au siège de Milan , Ambroise ait jugé opportun de ne pas introduire d'inutiles changements dans le domaine du rite. Il est sûr que plusieurs particularités milanaises des plus importantes, au point de vue de la discipline et du culte, remontent jusqu'à son épiscopat , et que , comme ces particularités ont une physionomie tout orientale , ce n'est pas lui qui a pu les introduire. Le mieux est de croire qu'el-

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les existaient avant lui et qu'il n'a fait que consacrer par son acceptation et sa pratique des habitudes antérieurement importées (1).

Cependant la grande situation politique de la ville de Milan ne se soutint pas au delà des premières années du cinquième siècle ; Téclat de son siège épiscopal baissa en môme temps et Rome se trouva débarrassée d'une concurrence qui aurait pu devenir une rivalité. Il n'était guère possible , à la vérité , de revenir sur ce qui était fait. Les papes jugèrent apparemment qu'il n'y avait aucun inconvénient à laisser subsister des usages liturgiques un peu difiFérents des leurs, ou, en tout cas, qu'il y avait des questions plus pressantes à résoudre. Ils se bornèrent à défendre leur diocèse métropolitain contre l'invasion du rit gallican et laissèrent les églises des autres provinces s'organiser, sur ce point, comme elles l'entendaient. Du reste les circonstances n'étaient pas favorables au développement de la centralisation ecclésiastique : des barrières nationales s'élevèrent bientôt entre Rome et les églises des royaumes barbares fondés en Gaule et en Espagne.

§ 3. — Fusion des deux usages.

Mais si les pays de rit gallican se voyaient de plus

(1) Aux personnes qui répugneraient par sentiment à accepter un système d'après lequel la liturgie gallicane semblerait avoir une origine arienne , je répondrais que Tarianisme n*a rien à voir dans la question ; qu'il s'agit seulement de la forme orientale de la liturgie, forme antérieure à l'arianisme dans les pays d'où elle provient. J'ajouterais que les formules de prières étant encore, au quatrième siècle, très variables, très faciles à modifier, on doit considérer comme sûr que saint Ambroise n'y a rien laissé subsister qui ait pu favoriser l'hérésie. La liturgie des Constitutions apostoliques est de même date, de même provenance. Elle présente des traces évidentes des spéculations théologiques qui avaient cours dans le monde où l'arianisme recruta ses principaux défenseurs.

en plus isolés de Rome, comme ils n'avaient aucun centre religieux commun, leur usage liturgique se trouva placé en dehors de toute modération , de tout pouvoir ecclésiastique supérieur, capable d'en diriger le développement. Des variétés nombreuses se produisirent; beaucoup de détails qui n'avaient pas été réglés à l'origine furent plus tard arrêtés sans entente commune. Les synodes provinciaux essayèrent, çàet là, d'établir une certaine uniformité. On peut citer en ce genre les décrets du concile de Vannes (vers 465), pour la province de Tours , ceux du concile d'Agde (506) pour les régions de la Gaule alors soumise aux princes ostrogoths ou wisigoths, ceux du concile de Gerunda (517) pour la province de Tarraconnaise.

Les résultats les plus remarquables furent atteints en Espagne , au septième siècle , lorsque ce pays eut constitué son unité religieuse et politique. Là au moins il y eut, dans les conciles de Tolède et dans la primatie de ce siège, un solide appui pour la législation et la réforme du culte. C'est en ce pays que l'usage gallican s'est le plus longtemps maintenu.

En dehors de l'église wisigothique, cet us^e était partout exposé à une irrémédiable décadence. Rome au contraire apparaissait toujours comme une église modèle, aussi bien réglée dans son culte que dans sa discipline et sa foi. Pour être devenues moins étroites, moins faciles, les relations entre elle et les églises d'Occident n'étaient cependant pas impossibles. Après comme avant les invasions du cinquième siècle, on voit les évoques des pays gallicans recourir de temps en temps au siège apostolique et lui demander une direction dans leurs difficultés. Quand il s'agissait de liturgie, les papes ne pouvaient répondre qu'en envoyant leurs propres livres et en inculquant leur propre usage. Par ce moyen l'influence du rit romain se fit peu à peu sentir. Il se produisit d'abord

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