‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 100 sur 519 · CAMAIL · texte numérisé non relu

CAMAIL

C'est une sorte d'habillement de chœur usité surtout en hiver. Dans le principe, c'était un capuchon tissu de mailles, plus ou moins serrées, el auquel on donnait le nom de cap de maille, d'où est venu le nom de capmuil ou camail. Plus lard , ce capuchon fui assez agrandi pour couvrir les épaules , el enfin tout le corps. Ce fut alors la chapo qu'il ne faut pas confondre avec le pluvial ou chape de cérémonie.

Ce manteau étant devenu une marque de distinction, on trouva que dans l'été le camail, qui était d'étoffe violette pour les évoques el noire pour les chanoines , était incommode ; on le raccourcit insensiblement, cl la capuce n'y figura que pour la forme, dans quelques diocèses méridionaux. Au nord on le conserva pour s'en couvrir la tête, et on y adapta une baleine afin de la faire relever in formam cristœ , disent les Consistions de sainte Geneviève, en manière de crête.

Quelques camalh furent échancrés en pointe, et c'est la forme qu'ils ont encore à Paris, Châlons-sur-Marnc , etc.; d'autres furent taillés en rond pour ne descendre qu'un peu au-dessous des épaules , el alors c'est la mosetle. Aujourd'hui celle-ci est le costume ou habit de chœur de tous les chanoines, sans égard pour les saisons. Les prélats la portent violette, les chanoines noire, doublée le plus ordinairement de ronge.

Dom Claude de Vert, dans le deuxième tome de son savant ouv rage sur la Liturgie, entre dans les plus grands détails. Comme ceci ne lient qu'à la discipline très-variable de l'Eglise, à ce sujet , nous croyons devoir nous borner à ce que nous en avons dit.

11 est pourtant essentiel de remarquer que

fo» cas

si dans l'origiue le camail et la mosclle sont absolument la même chose . il n'en est pas ainsi quant à l'usage reçu. Tout ecclésiastique porte le camail dans les diocèses où ta coutume en est établie, surtout en hiver, mais la mosette est exclusivement affectée aux évéques et aux chanoines, soit titulaires, suit honoraires, surtout en France depuis la révolution.

A Paris , le camail sur le surplis est en usage, depuis le 17 octobre, fête de saint* Cerbonei, jusqu'aux Complies du Samedi saint exclusivement. Voici ce qu'en dit Lebrun Desmarelles en parlant des chanoines de Notre-Dame : « Ils reprennent le grand « camail noir à Matines, le lendemain de

■ l'Octave de saint Denys, le 17 octobre,

■ jour de saint Cerbonné, que le vulgairo « appelle par corruption saint Serre-Bonnet, « à cause que les ecclésiastiques serrent ce n jour lâ leurs bonnets quarrez. »

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