CANON
Ce terme, qui n'a rien perdu de son étymologie hellénique et qui signifie règle, est pris rn divers sens, qui rentrent néanmoins tous dans sa signification originelle. Les Pères de l'Eglise donnent le nom de canon au catalogue des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qu'on regarde comme inspirés par l'Esprit-Saint , et ces livres sont appelés canoniques par tous les théologiens orthodoxes- Celte nomenclature ne peut être de notre ressort. Les Conciles font des canons, c'està-dire établissent des règles soit en matière de foi , soit en matière de discipline. Les canons pénitentiaux fixaient l'intensité et la durée des satisfactions sacramentelles. Le droit canon est la jurisprudence ecclésiastique. Enfin, en Liturgie, le Canon est la partie la plus importante et la plus auguste du saint sacrifice de la Messe.
Lorsque Jésus-Christ ordonna à ses apôtres de (aire ce qu'il venait de Taire lui-même, en changeant le pain et le vin en sou corps et en son sang , il leur traça, quoique en très-peu de paroles, la règle qu'ils devaient suivre. Nous ne pourrions du reste conclure du silence des évangélistes que le divin Instituteur de l'Eucharistie ne leur donna pas des instructions plus détaillées, puisque saint Jean nous assure que Jésus- Christ a fait , et très-certainement enseigné, surtout à ses apôtres, plusieurs autres choses qui ne pourraient être contenues dans des livres, quelque nombreux qu'on les supposerait. Lorsque ces a poires , éclairés par l'EspriUSainl , inaugurèrent la Liturgie sacrée, tout ce qui fut institué par eux peut bien éire, sans nul doute, considéré comme l'œuvre du même Esprit divin, Or, la partie de la Al esse que nous appelons Canon a toujours été considérée comme l'œuvre des apô- Ires ; il ne s'ensuit pas néanmoins que cette œuvre nous soit parvenue avec toute l'exac- * il ude parfaite du texte sacré des Ecritures, mais dans son ensemble essentiel. Le Canon était déjà écrit avant l'année 440. C'est un
LiTunotp,
CAN tftS
fait invinciblement démontré ; celle antiquité lui imprime déjà un caractère fort imposant qui mérite notre profonde vénération : mais lorsqu'il a été écrit , c'est sur une tradition orale qui remontait jusqu'aux temps apostoliques. Nous établissons ailleurs nue dans les siècles de persécution le secret des mys>> tères était observé avec une si sévère précaution . qu'on n'écrivait pas les formules sacramentelles. On conçoit néanmoins qu'il était facile de conserver bien fidèlement, dans ces siècles de vive foi, du moins quant au sens précis, une série assez courte de prières dont se compose ce Canon.
Ce oui prouve combien on était soigneux de maintenir l'intégrité de ces prières, c'est le fait historique d'une addition qui y fut faite par saint Grégoire le Grand, vers Tan 600. C'est à l'Oraison Hanc igitur que ce pape ajouta : Diesque nostros in tua puce disponas. Ces six ou sept mots qui seraient passés inaperçus dans toute autre rormulo de prières, font époque dans le Canon^
11 est vrai que les Liturgies Orientales orthodoxes présentent des nuances bien nulro ment frappantes, mais il y a entre elles et lo Canon romain une identité fondamentale. On y invoque Dieu , on y prie pour les vivant* et les morts , on y a recours à l'intercession des saints, on y emploie, pour la consécration les paroles de Jésus-Christ, etc. C'est donc l'acte principal qui devait être disposa d'une manière précise, et à la composition duquel convient si éminemment le nom de canon, règle, c'est-à-dire, selon l'étymologin radicale du mot, la liane droite de laquelle H n'est point permis de dévier. C'est en cela, que consiste positivement l'uniformité et l'identité d'une Liturgie, et c'est pourquoi nous établissons en son lieu • que malgré les variantes qui se font remarquer, surtout en France, dans les Rites diocésains , on y suit partout rigoureusement la Liturgie romaine.
Le Canon porte quelquefois dans les anciens Iiturgistcs le nom de legitimum, qui n'est que la traduction latine ou mot grec canon , on le trouve nommé aussi acfion. prière, anaphore, c'est-à-dire élévationt mais ce dernier nom est aussi quelquefois donne à la Messe tout entière. Celui de Sécréta. Ser crèle, est assez fréquent,
Dans son Rational, Durand divise le Canon en onze parties. Un autre auteur le partage en douze , tandis qu'un troisième en tait six, et enfin un quatrième cinq ; la raison de celui-ci est assez bien fondée sur ce qu'on y trouve cinq conclusions. Ainsi, les (rois premières Oraisons : Te igitur. Mémento, C'o»pmunicantes , forment la première partie .qui se termine par les mots : Per eumdem CAri-
stum Amen. La seconde se compote de
l'unique Oraison : liane igitur pklationem . . . . Amsn. La troisième est formée d'une Oraison : Quam ohlationem, des deux formules de la consécration du pain et du vin : Qui
pridie et Sim»/t modo , de trois autres
Oraisons : Unde et mtmores.., Supraquat... < t Supplices te ropamus.... Amen. La quatrième
n'a que la prière pour les défunts : Mémento rtiam.... Amen. Enfin l'Oraison : Nobis quoi/ue peccatoribus...., terminée, après l'élévation de l'hostie sur le calice, par la conclusion à haute voix : Per omnia $ecula seculorum. Amen, forme la cinquième partie. On peut donc résumer en cinq actions capitales le Canon : V Oraisons pour l'Eglise militante ; S* Communion avec l'Eglise tnom-
I «haute ; 3* Consécration ; h' Suffrage pour 'Eglise souffrante ; 5* Glorification du Seigneur en Jésus-Christ son Fils immolé, et dans l'unité ou union de 1 Esprit-Saint. Toute l'économie du culte chrétien se trouve dans ces cinq actes. On comprend que pour justifier les autres divisions, leurs auteurs ne manquent pas de raisons mystiques, tant il est facile de trouver dans le Canon d'abondantes sources de reconnaissance et d'amour, et de solides aliments pour la piélé , mais nous n'avons point à envisager leCanon sous son aspect ascétique. Le P. Lebrun, dans son premier volume des Explications historiques des cérémonies de la Messe, a parfaitement rempli cette tâche. Nous devons nous borner ici à la partie exclusivement rituelle, et c'est ce que nous allons faire, d'après les écrivains qui font autorité dans celle matière, et surtout le savant oratorien que nous venons de nommer. Chacun des trois paragraphes suivants embrasse une des trois principales divisions du Canon que nous classons de la sorte : Avant la consécration, pendant la consécration , après la consécration, et celle-ci se prolonge jusqu'à l'Oraison dominicale.
Lorsque le célébrant, aux mots du Sanctus ou Trisagion, Benediclus qui venit.... a fait le signe de la croix sur lui-même, à haute voix, il commence en silence le Canon par les paroles : Te igitur. Une question fort grave s'est élevée sur ce silence. Lebrun a pr uvé, ce nous semble , d'une manière péremptoire que de tout temps le Canon a été récité à voix basse, à quelques exceptions près que nous ferons remarquer. Il est indubitable que dans les premiers siècles, puisqu'on portait la prudence jusqu'à ne pas l'éciire, a plus forte raison on devait le réciter à voix basse. L'autel lui-môme , comme on sait , était voilé de rideaux pour dérober les actions du prêtre aux yeux des profanes. Il est vrai que le cardinal Bona a soutenu que ce n'est guère qu'au dixième siècle que 1 on commença de réciter secrètement le Canon. Mais quelque grande que soit notre estime pour ce savant cl pieux Iiturgisle, il nous parait démontré que sa thèse est insoutenable, en ce qui regarde l'Eglise latine. Le Concile de Trente dit anathéme , à quiconque prétendra que le silence observé dans la récitation du Canon est digne de blâme. Ceci ne tranche pas la question, il est vrai; mais n'y eût-il en faveur du silence que la coutume suivie depuis le dixième sièrle, selon le sentiment du cardinal Bona, le célébrant qui réciterait le Canon sur le même ton de voix
CATHOLIQUE. 2u;
que les autres parties de la Misse, serait répréhensible.
La première lettre du Canon qui est T n'a pas été employée sans dessein, disent plusieurs lilurgistcs. Comme elle représente la croix , suivant l'ancienne figure qu'on lui dunne, et que d'ailleurs c'est le TAU mystérieux, ce signe alphabétique forme très-convenablcmcnl le commencement du Canon.
En prononçant Te igitur, clementissime Pater, etc., le célébrant élève les mains cl les yeux au ciel pour mettre son geste en harmonie avec les paroles. Ce cérémonial est d'une haute antiquilé. H s'incline aux mots : Jeu sum Christum, ce qu'il doit faire toujours en prononçant ce nom adorable, et puis se baisse au mot : supplices, posture qui retrace fort bien la signification littérale du mot, et enfin aussitôt il baise l'autel , en signe de respect et d'amour. Aux mots : Benedicas hœc doua, etc., il fait trois signes de croix sur les dons. Ce sont les plus anciens qui soient indiqués pour le Canon , et le pape Zacharie, en répondant à saint Boniface, archevêque de Mayence , en 7W , lui traça sur un papier ou rouleau, in rotulo, les mots auxquels il doit joindre, sur les dons, les signes de croix. Le pape Léon IV , en 847 , recommande aux prêtres de former en ligne droite ces signes, de façon qu'ils figurent une croix réelle et non pas des cercles , non in circulo , comme le faisaient (et disons : comme le font encore, mille ans après celte époque) certains prêtres. Le reste de la prière Te igitur se récite en tenant les mains élevées cl étendues jusqu'à la hauteur des épaules, et c'est en général la posture du prêtre dans les Oraisons, à moins qu'il ne soit marqué autrement.
La Mémoire pour le pape en y joignant
son nom : rum famulo tuo papa nostro
remonte à la primitive Eglise, et le Concile de Vaison. en 529, ne fait que consacrer el sanctionner l'ancien usage. Celle pour l'évoque diocésain, quoique ancienne, n'était pas universelle. Un Sacramcntaire ou Missel d'AIbi au onzième siècle, ne fait mention que du pape. Aujourd'hui celte Mémoire est dans tous les Missels et on y prononce le nom de baptême de l'évéque ou deux s'il les a , mais jamais au delà. Quand le siège est vacant, celte Mémoire est supprimée. A Borne , dit Durand, on se contente de prier pour le pape, puisqu'il est en particulier l'ordinaire de ce diocèse; comme il est aussi souverain temporel, celle Mémoire y suffil , el le célébrant poursuit la fin de l'Oraison. Dans les autres diocèses de l'Etat romain on fait seulement une seconde Mémoire pour l'évéque , mais dans tout autre pays on y ajoute la Mémoire pour le souverain ; celle-ci est recommandée par l'apôtre sainl Paul écrivant à Timothée ; mais dans les quatre premiers siècles on ne faisait aucune prière nominative pour le souverain. 11 csl à remarquer que la prière
}>ar laquelle on demande à Dieu de maintmir es rois en paix el les magistrats dans la justice , scion la Liturgie dite des apôtres , se trouve aussi à l'action de grâces après la Communion. C'est de cet antique usn.^e que
déroule sans Joule celui de prier aussi pour les chefs du gouvernement temporel en ce même instant. La Liturgie qu'on attribue à saint Pierre, peut-être mal A propos, ne fait mémoire, au Te igitur, que du pape et do patriarche. Durand trouve, au treizième siècle,
Sue c'est une nouveauté de placer dans cette 'raison le nom du roi. 11 est certain qu'au dixième siècle on ne priait pas en ce moment pour le chef de l'Etat, car le Micrologue fait observer que de son temps , aprèt le nom du pape et celui de l'évéque , on ajouta ces paroles : et omnibus orthodoxie atque catholicœ et npottolicœ fidei eultoribus. Le Missel romain reformé par saint Pie V ne mettait pas la prière pour le roi dans le Canon.
Il devait en être ainsi dans le missel publié, avant tout, pour les Etats romains, où le pape ne reconnaît au-dessus de lui, aucune autorité temporelle. Mais dans les pays soumis à des monarques, on devait conserver, comme on Ta toujours fait, les mots : Pro rege ou pro imperatore. Cette prière nominative pour les souverains a été constamment considérée comme émanant d'une tradition apostolique : c'est ainsi que l'envisagent les liturgistes les plus émments d'au delà des monts , tels que le cardinal Bona, Benoit XIV, Gavantus, etc. Innocent III dit expressément : Orandum etiam esse pro principe Apottolus docet, etc. (Lib. III, cap. V, de sacro allant mytterio.) C'est donc sans fondement qu'on a dit que S. Pie V voulut briser la chaîne de la tradition apostolique, en se réservant la faculté d'accorder comme il l'eu tendrait, aux princes, le privilège de cette prière pour leur personne, dans le canon.
La commémoration pour les vivants , Mémento, est une suite du Te igitttr, oui n'a point de conclusion; le célébrant élève et joint les mains pour se mettre dans l'attitude convenable à la prière mentale à laquelle il vaque pendant quelques instants, son attention se fixe en particulier sur les personnes pour lesquelles il veut prier d'une manière spéciale, mais comme avant la Messe il a pu bien diriger son intention, le petit repos de quelques secondes suffit pour en faire revivre le souvenir général. Nous parlons assez longuement de ce qui se pratiquait au sujet de cette Oraison ou Mémoire pour les vivants , à l'article commémoration (voyez ce mot). Dans quelques Missels, à la suite des paroles et omnium circumstantium, on trouve celles-ci atque omnium fidelium christianorum. Quoique celle addition n'ait aucun venin , et que sans doute elle ait été faite dans de bonnes intentions, le Missel de Paris, imprimé en 1776. dans lequel on la trouve, a clé réformé dans les éditions subséquentes. Quelques autres Missels présentent celle addition.
Nous parlons assez amplement dans le susdit article : commémoration, de la mémoire et communion des saints qui ont lieu dans l'Oraison : Communicantes. On la trouve précédée du titré : infra actionem, et quelquefois . I ntra actionem , dans iaciion. Le Sacramentaire de sainl Gélasc cl plusieurs
CAN Mê
Missels assez récents portent : infra Canvnem, dans le Canon. Le P. Lebrun dit nue re titre est seulement destiné A prévenir le célébrant qu'en certaines fêtes, après Communicantes il doit ajouter certaines intercalalions propres à différentes solennités, tels que : Et Diem sacratistimum célébrantes, etc. Ce qui semble le prouver suffisamment, c'est que dans les anciens Sacramcntaires on ne menait le titre : Infra actionem , qu'en téle des Communicantes propres qui sont placés aujourd'hui immédiatement après les préfaces. Il en résulterait qu'actuellement ce titre mis devant le Cofnmum'canfu ordinaire qui est tout au long en cet endroit du Canon, serait complètement inutile et superflu. Celle troisième Oraison se termine par la conclusion ordinaire , ou bien comme l'ont pensé quelques-uns, c'est la terminaison simple do la prière Te igitur , dont le Mémento et le Communicante» ne sont que des divisions.
Le célébrant qui , pendant les paroles de la conclusion avait joint les mains, dès qu'il commence la prière Hanc igitur, les étend sur le calice cl l'hostie. Cette Rubrique n'a
{►as toujours été suivie: en quelques Eglises, e prêtre reprenait son attitude comme pendant toutes les Oraisons ; en d'autres il s'inclinait profondément pour mieux exprimer l'humilité du div in Sauveur, lorsqu'il fit une si généreuse oblation de sa rie. Vers la fin du quinzième siècle, plusieurs prêtres, pour retracer l'usage des sacrificateurs de l'ancienne loi , qui meltaicnt la main sur la victime, ainsi que ceux qui la présentaient, jugèrent qu'une imposition ou extension pareille était très-opportune en ce moment. Le Misse) romain de saint Pie V consacra cette coutume alors devenue presque générale. Quelques Rites diocésains ont néanmoins conservé l'inclination. Cette prière portait anciennement le même titre que lo Communicantes : Infra actionem. La raison en est que dans certaines fêtes on y fait mémoire du mystère. Cela a lieu pour Pâques et la Pentecôte , et c'est moins une commémoration de la solennité que du baptême des catéchumènes, qui avait lieu la veille de ers fêtes. Les paroles intercalées sont après celles... quam tibi offerimus, c'est alors que commence la Mémoire : Ob Diem in qua, etc. Le Jeudi saiut a . dans son Oraison Hanc igitur, une intercalation commémorative du mystère, et ce sont aujourd'hui les trois seuls jours de l'année où l'Oraison Hanc igitur soit propre. Le cardinal Bona cite un Sacramentaire de Suède où l'on voit pour plusieurs autres Messes des additions de celle nature A l'Oraison dont nous parlons. Il cite le troisième dimanche de Carême, l'annivcrsaini du jour où l'on a reçu le baptême , In dédicace d'une Eglise, l'anniversaire de l'Ordination sacerdotale, à l'usage du prêtre qui la célèbre, la consécration aune vierge, l'anniversaire d'une naissance, d'un mariage, une Messe pour un défunt. Celle-ci est digne d'être citée : Hanc igitur... quam tibi offertmm pro anima famuli (illius), on disait ici le nom du morl, quasumus, Domine , placatus
tC7 LITtnClE
intende, pro quo majestati (tue suppliées funtlhntu prrces ut eum in numéro sanctorum iitorum tibi placentium fadas dignantcr ascril>i, diesque , et la suite comme à l'ordinaire.
• Agréer, 6 Seigneur , celte offrande de no—
• tre servitude que nous vous présentons « pour l'âme de N., en faveur duquel nous
• adressons 1rs plus humbles prières à votre « majesté , afin que vous daigniez le placer « au nombre des justes qui ont trouvé grâce « devant vous. »
Nous avons parlé de l'addition : Diesque nostros . etc., faite par saint Grégoire le Grand. Le besoin de la paix se faisait sentir après les terribles commotions qu'on avait r.isuyées cl qui semblaient renaître. En Italie, les Lombards avaient conquis les meilleures provinces, elen Orient, Phocas montait sur le trône après avoir égorgé la famille impériale. Mais en quel temps celle demande faite à Dieu, d'établir nos jours dans sa paix, n'ai-elle pas élé bien fondée?... Cette prière se lermine comme la précédente , par la petite conclusion, suivie de la réponse : Amen, que le célébrant fait lui-même (Voyez le mot ame*).
I«a plus auguste et la plus importante action de la Messe commence avec la prière : Quam oblationem, nous voulons dire la Consécration. 11 nous parait utile de retracer ici la sage observation du P. Lebrun sur ce grave sujet. L'Eglise a toujours cru que le miracle de la transsubstantiation du pain et du vin nu corps de Jésus- Christ s'opère par les paroles n;émcs du divin Instituteur de l'Eucharistie répétées par le prôlrc. Mais comme Noire-Seigneur a ordonné à ses apôlrcs de faire ce qu'il a fait cl comme il I a fait , le célébrant ne se contente pas seulement de proférer ces paroles ; mais il bénit comme Noire-Seigneur bénit , il prie comme Notre- Seigncur pria, en rendant grâces. Les plus anciens Pères de l'Eglise nous parlent de la prière qui est jointe a la consécration et qui forme avec celle-ci un tout.
Le prêtre fait d'abord entre le calice et l'hostie trois signes de croix , en prononçant
les mots benedtetam, adscriptam , ratam
« Veuillez, 6 mon Dieu, faire que cette hostie « soit bénie , admise , ratifiée... » Dans la Liturgie de saint Pierre dont nous avons déjà parlé, et à laquelle nous n'accordons pas plus de confiance qu'il n'en faut , on lit a la place d'adscriplam le mol inciraumscriptam , c csl-à-dirc infinie , et à la place de ratam le mot gralam, c'est a-dire agréable. Si celle Liturgie avait l'anli juilé que lui attribue son apologiste Lindanus , évéque de Gand, deux fautes de copistes se seraient glissées dans la formule universellement admise. Grimaud, dans sa Liturgie sacrée, inclinerait vers l'adoption de cette correction, parce qu'en effet le sen9 de ces deux mots semble bien plus naturel et plus facile. La prière serait donc ainsi : « Daignez, ô Seigneur, faire que celle
• oblalion soit comblée de vos bénédictions , a que ses mérites ne connaissent point de € bornes, qu'elle vous soil enfin agréable, t puisque les anciens holocaustes n'ont pu
miOLIQUE. ïrç
« tous plaire ; que de matérielle cl inanimée a qu'elle est, cette oblalion devienne aniniée « en se changeant au corps et au sang de Jc~ « sus-Chrisl, et ainsi Iranssubslantiée elle « sera digne de fixer vos regards et de deve- « nir l'objet de vos complaisances. » Aux mots corpus, etc. . le prêtre baissant la main signe de la croix le pain ; et puis la relevant au-dessus du calice il signe le vin.
L'instant le plus solennel est arrivé. Le prêtre tenant dans ses mains l'hostie, qu'il prend au moment où il dit accepil panent, élève les yeux au ciel , aux mots elevalis oeulis, etc., incline la tête en disant : g ratios ogens , cl bénil d'un signe de croix au mot benedixit. Chaque parole attire ici le geste du célébrant. Enfin reprenant avec les deux doigts de chaque main l'hostie, aux mots : Accipite et manducate . il se penche sur l'autel et prononce distinctement, mais plus que jamais à voix basse, les paroles sacramentelles. Faut-il dire que, soil préoccupation , soit mauvaise habitude contractée , certains prêtres font cet acte d'une manière plus ou moins incongrue , tantôt en séparant par un long intervalle les paroles : Hoc est. etc., de celles qui précèdent et dont elles sont la suite, tantôt en exagérant la prononciation de ces mêmes paroles, etc.? Immédiatement après la consécration, il fléchit le genou pour adorer , puis se relevant il exhausse la sainte hostie pour la faire adorer parles assistants. [Voyez le mot élévation.) Ensuite il pose l'hostie sur le corporal ; au pied el sur le devant du calice, comme elle y était placéo avant la consécration.
Au sujet de celte manière de placer l'hostie, nous ne devons pas omettre qu'autrefois on mettait, sur le corporal, le calice un peu sur la droite et l'hostie sur la gauche. Durand dit que cela se faisait à Rome, ce qui semblerait prouver que cette coutume n'existait pas ailleurs : Calix autem ponitur Romœ ad dextrum lalus oblatae. Lebrun fait cependant observer que celle Rubrique a élé suivie dans l'Eglise latine jusqu'au quinzième siècle, < l que dans les petites miniatures de plusieurs Missels manuscrits, on voit en cflcU'hoslie placée à la gauche du calice. Durand fait ressortir de celle disposition un symbolisme et il voit dans ce calice , placé à la droite de l'hostie, la coupe qui doil recevoir le sang et l'eau qui découlèrent du côté droil du divin Sauveur. Ces peintures grecques figurent l'espèce du pain placée ainsi à la gaucho du calice, mais dans celte Eglise, au lieu de mettre l'hostie sur le corporal, on la lient toujours dans le disque ou patène , comme d'ailleurs cela se faisait anciennement aussi en Occident depuis l'Offertoire jusqu'à la Communion. 11 y a plusieurs siècles que l'espère du pain n'est placée sur la patène qu'après l'Oraison dominicale.
La consécration du vin se fait avec le mémo cérémonial que colle du pain , cl le prêtre joint les gestes aux paroles du Simili modo qui les attirent. Aux paroles de la Consécration prises de l'Ecriture , l'Eglise a ajouté œlerni et mtjsterium fidei. Celle iulcrcalaliou
EOO CVN
est de l'antiquité la plus reculée ; mais il ne faut pas ignorer que les derniers mois sont tirés de la troisième Epltre de saint Paul à Thnolhée. Quelques Missels et cartons d'autel les placent entre deux parenthèses. La forme sacramentelle est suivie de ces autres paroles que Jésus-Christ adressa à ses apôtres : Bœe quotiescunque feceritis , etc. Le P. Lebrun dit qu'il y a eu quatre différents usages sur le moment où le prêtre doit les
firononcer. En certaines Eglises, le célébrant es disait sur le calice, comme celles qui les précèdent immédiatement ; ailleurs en élevant le calice ; en d'autres , après que le calice avait été replacé sur le corporal ; enfin, depuis le quinzième siècle l'Eglise de Rome les fait réciter par le prêtre, après la Consécration et avant qu'il ne fléchi>se le genou pour élever le calice. Cette Rubrique n'est pas suivie en plusieurs diocèses de France , dont les Missels indiquent cette récilatioti pendant que le prêtre élève le calice. On comprend qu'il n y a ici rien de bien essentiel.
Quant au calice lui-même , on l'a élevé , dans le commencement , couvert par la pallc qu'on appelait volet. Durand le dit expressément, cl il y trouve la signification mystique de la pierre dont on couvrit le tombeau où le corps de Jésus-Christ fut enseveli. Depuis bien longtemps on ne couvre le calice qu'après que l'élévation en a été faite, parce qu'il y avait péril que la palle ne tombât, et cela est très-possible , surtout quand le célébrant est affecté d'un tremblement des mains assez ordinaire aux tieillard* et à des personnes nerveuses, etc. Le même danger existait quand celle élévation était accompagnée d'un signe de croix formé ^ar le calice.
Le ca'icc étant replacé sur l'autel et couvert de sa palle, ou bien d'une partie du corporal comme à Lyon , le prêtre commence la prière Unde et memores , qui n'est que la suite des paroles : //<rc quotiescunque... in met memoriam facietis. C'est dans celle prière cl les deux autres qui la suivent que se fait l'Oblation par excellence , c'est-à-dire non pas seulement l'Oblation du pain cl du vin , comme à YHane igitur cl comme à l'Offertoire, mais 1 Ohlalion du corps et du sang de Jésus- Christ à Dieu son Père. Ces trois Oraisons ont beaucoup exercé les écrivains ascétiques qui les ont expliquées de diverses manières. A chacune d'elles, le célébrant réitère progressivement ses instances pour que cette Oblation du corps et du sang de Jésus-Christ soit accueillie d'une manière favorable, non point par rapport à elle-même , puisque le Fils bien-aimé s'y offre à son Père, mais par rapport au prêtre par les mains duquel celte au- «ustc victime veut bien être présentée au Seigneur, à Dieu le Père tout-puissant. Pendant la prière Unde et memores , le célébrant lient les bras élevés comme â la Collecte . à h Préface, el la majeure partie du saint Sacrifice. Quelques Rubriques veulent que pendant ce temps le prêtre étende les bras peur figurer la croix. Cela se pratiquait an-
cicnnemenl à Paris el dans beaucoup d'autr e diocèses. Durand observe que celle extension en forme de croix a lieu surtout aux mots, tam beatœ passionis. Il ajoute que le prêtre par ses yeux baissés et l'abattement de son visage, exprime aussi en ce moment , l'agonie de Jésus-Christ au jardin des Olives, mais qu'à ceux , Besurrecltonis et Aseensionis , il élève les mains jusqu'aux épaules , surtout en prononçant la dernière parole, pour figurer Jésus-Christ qui , les maius élevées , elevatis manibus, montait au ciel. Lorsqu'il est arrivé aux paroles : Uostiam puram, etc., il fait un signe de croix sur les saintes espèces, qu'il répèle en disant sanctam, et en prononçant immaculatam. Au mol pantm, il signe en particulier l'hostie, el à celui calicem, il fait un signe de croix sur le calice. Durand (rouve dans ces cinq signes un mémorial des cinq plaies de Noire-Seigneur. Celle observation doit ici trouver sa place, d'autant mieux qu'en réalité ces signes do croix ne sont point des bénédictions, comme celles qui ont lieu par le même signe avant la consécration. Ces signes sont donc un mé— moratif du Sacrifice du Calvaire, qui ne fait qu'un avec celui de l'autel. Le père Lebrun, qui interprète ainsi ces signes de croix, n'y a point cité l'explication mystique de Durand, qui est, comme on le voit, éminemment heureuse.
La profonde prière Supra quœ, n'exige aucun acte du prêtre. 11 lient les mains élevées, comme à l'ordinaire. Nous croyons devoir ici nous écarter de noire plan qui nous restreint au cérémonial, et présenter une paraphrase dont l'importance sera appréciée. « Sur ces « dons d une Hostie pure, sainte el sans « tache, d'un pain sacré de la vie éîernello « el d'un breuvage d'éternelle sancliGcation, « daignez, 6 Seigneur, jeter un regard favo- « rable comme vous daignâtes avoir pour « agréables les sacrifices du juste Abel, vo- « tre serviteur, de notre patriarche Abra- « ham, el du grand prêtre Melchisédech. Ces • sacrifices n'étaient en effet, 6 Seigneur, « qu'une figure de ce que vous avez accotn- « pli sur la croix et que vous renouvelez en « ce moment sur l'autel, el puisque vous. « avez agréé ces hosties figuratives, vous « accepterez donc ce sacrifice réel, ce vérU- « table holocauste du corps que votre Fils a « pris pour vous l'immoler. »
La Liturgie de Conslanlinople renfermoune prière à peu près semblable. En voici un fragment : « 0 Dieu , jetez un regard fa- « vorable sur nous-mêmes et sur noire culte : « recevez-le, comme vous avez reçu les dons « d'Abel. le sacrifice de Noé, les oblalions « d'Abraham , les fonctions sacerdotales du ■ Moïse et d'Aaron, et les victimes pacifiques « de Samuel.... »
Au moment où le prêtre commence la prière Supplices te rogamus.... « Nous vous conju- « rons avec une profonde humilité.... » il s'incline en effet profondément vers l'autel. Il est vrai que les anciens lilurgistes nous représentent ces inclinations plus profondes que celles qui ont lieu aujourd'hui, et i cn-
riant ce temps , le prêtre croisait les bras devant lui. Les Missels de Paris, jusqu'à 1615, disent : Manibus cancellatis quasi de iptis crueem faciem. Les bras ainsi placés faisaient bien une croix, selon l'expression de cette Rubrique. Les chartreux et plusieurs ordres religieux l'observent encore aujourd'hui, et cela s'est pratiqué à Rome. Durand s'étend longuement sur la signification de ces mains en croix. Le prêtre arrive aux mots : Ex hao aitaris participation» , baise l'autel , comme pour marquer par ce geste la partioipation dont il parle, et pour mieux le désigner encore, il pose les mains sur le corporal ; ensuite se relevant, il signe de la main, en forme de croix , l'hostie et le calice, pendant qu'il prononce les mots : Corpus et sanguinem, et se signe lui-même en disant : Omni benedictione coelesli. On voit manifestement encore ici que les signes de croix sont un mémorial de la Passion et non des Bénédictions sur les dons consacrés et transubstantiés qui n'en ont pas besoin.
Le sons des paroles est encore ici d'une élévation mystique à laquelle ont désespéré d'atteindre les auteurs les plus graves et les plus éclairés. Quel est cet ange qui doit porter à l'autel sublime du ciel l'auguste et divine oblation qui est sur l'autel de la terre? Ce ne peut être que celui que nous appelons Y Ange du grand conseil. Jésus-Christ luimême, qui est bien en effet le véritable prêtre du saint sacrifice : Ipse o^erens, ipse et oblatio. Telle est la dernière interprétation que donne Durand. C'est celle à laquelle s'arrête le père Lebrun. En effet, comme il le fait remarquer, la Liturgie des Constitutions apostoliques ne laisse rien à désirer sur ce point : a Le Verbe Dieu, l'Ange de « votre conseil, votre Pontife. » En ajoutant donc aux mots : Per manus sancti Angeli tui, ces paroles, Verbi Dei , l'obscurité disparaîtrait. Le pape Innocent III , dans son livre tfes mystères, croit néanmoins que les paroles : Jubehaec perferri, peuvent s'interpréter d'une manière plus simple, simplicius, en entendant par le mot hœc les vœux des fidèles, vota fidelium. Nous trouvons la première explication infiniment plus digne de la grandeur et de la sainteté du sacrifice non sanglant de nos autels. Ce double autel qui n'en fait qu'un, nous semble révéler d'une manière merveilleuse et sublime le dogme de la communion eucharistique, et par suite, celui de la Communion des saints.
La conclusion : Per eumdem Christum...., qui se trouve à la fin du Supplices, montre que depuis le mot unde jusqu'à celui repleamur, ce n'est qu'une seule prière admirable dans laquelle consiste, par excellence, l'oblation du Sacrifice chrétien, identique avec celui du Calvaire. L'hérésie, qui repousse lo sacrifice de la Messe, nous semble donc tout à la fois une abjuration de l'intelligence du christianisme, et des sentiments les plus simples cl les plus rationnels d'un crcu? chrétien. Le spinosisme nous parait mille fois plus conséquent qu'un christianisme qui croit à la Rédemption par le sacrifice de la Croix, et
qui répudie celui de la Messe, qui en est la continuaton mystique et morale.
La commémoration des morts suit immédiatement la prière de l'oblation ; nous renvoyons à l'article spécial , comme nous l'avons fait pour celle des vivants.
Le célébrant, après avoir prié silencieusement pour les défunts, continue le Mémento par les paroles : Jpsis, Domine... per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen. En disant Mémento il avait joint les mains pour se recueillir, et, à la reprise, il les lient encore élevées. Celle prière commémorât ivc forme donc la quatrième du Canon, terminée par la conclusion ordinaire, et la réponse amen, que le prêtre fait lui-même comme dans les précédentes. Le canon est tout entier récité à voix basse , cl les assistants ne sont point censés y marquer lenr adhésion par cette formule. IV. le mot auek.)
Le célébrant se frappe lapoilriue en disant d'une voix médiocre : Nobis quoque peccatoribus. Cette prière est une suite de là précédente, ce qui est marqué par l'adverbe quoque : « A nous aussi pécheurs qui sommes, 6 « mon Dieu, vus serviteurs pleins de confiance « en votre miséricorde, accordez une part do « cette félicité nue nous venons de vous dc- « mander pour les défunts cl daignez nous « associer avec vos saints apôtres cl mar- € lyrs, » etc. Il parait que l'élévation de la voix, eu proféranl ces paroles, est d'un usage fort ancien. Bèdc qui écrivait en 700, Auialairc, cl le Microloguc en font mention. Le
S ère Lebrun observe que cet usage n'a pas û être général, puisque les Ordinaires des chartreux ont toujours marqué, pour ce moment, le silence. Nous trouvons néanmoins dans Durand, que le père Lebrun ne cite pas, une preuve que cela se pratiquait ainsi de son temps et même généralement. En effet il n'ajoute pas à celle Rubrique la restriction qui lui est si ordinaire, en d'autres circonstances : inquibusdam ecclesiis. Voici le texte : JJœc verba proferendo sacerdos, paululum expressa voce, percusso pectore sitentium inicrrumpit. Et il ajoute plus bas : Rursus per txaltationem vocis et percussioncm pectoris. Cette percussion de la poitrine est un geste naturel à celui qui s'avoue pécheur, elles paroles seules doivent l'attirer : l'auteur dont nous rapportons les paroles y attache, selon son usage, plusieurs pensées mystiques. Nous no pouvons omettre la suivante. Cette percussion , selon lui , représente ce que firent , d'après l'évangélistc,lc centurion et les autres assistants en quillaut le Calvaire où Nolrc- Seigneur venait d'expirer : percutientes pectora sua rêver tebantur. 11 dit que le diacre et le sous-diacre, à ces paroles, se tournent vers le prêtre ou révoque et fixant leurs regards sur le célébrant l'imitent en se frappant aussi la poitrine, pour représenter ce qui se passa au Calvaire. Le célébrant élève un peu la voix afin que les fidèles s'unissent, en ce moment, d'intention avec lui.
Nous renvoyons encore ici au mot commémoration pour ce qui regarde les saints dont relie prière contient les noms. La conclusion
n'y est pas suiric da mot : Amen, parce qu elle se lie avec les paroles qui suivent, c'est-à-dire, Per auem hœe omnia, etc.
Ici se présente à résoudre une difficulté. File se trouve dans le sens qu'il faut donner aux paroles que le célébrant récite et les signes de croix qu'il fait sur les espèces. Le terme bona paraîtrait plutôt convenir à des choses terrestres, à des biens temporels que non* tenons de la libéralité divine. On trouve en plusieurs liturgies, beaucoup d'exemples de bénédiction faite, en ce moment, et par ces paroles , sur des fruits nouveaux que Ton présentait à l'autel. Ainsi pour n'en citer qu'un seul qui se rapproche de notre époque, nous dirons qne le Missel de Sens imprimé en 1785 porte qu'en la*fétc de la Transfiguration on présente au célébrant et l'on place sur l'autel une corbeille ou un plat de raisins qui sont bénits par one prière dont la conclusion in nomine Domini nostri Jesu Christi se lie avec les paroles per quem hœc... bona créa*, sanetifieas, etc.Ces biens, hœc bona, sont les raisins présentés. Le Rit de Sens, en cette circonstance, n'est que la continuation de l'antique cérémonial qui était commun à un grand nombre d'Eglises. C'est en ce moment que le pape bénissait, aujour de Pâques, l'agneau pascal. En ce moment aussi, il bénissait les saintes huiles, etc. Durand parle de l'usage où l'on était de bénir, par ces paroles , des raisins , des épis , de l'huile , des fèves. Mais lorsqu'il n'y avait pas de fruits présentés, le célébrant n'omettait point la formule et faisait, comme il fait aujourd'hui, trois signes de croix sur les espèces. Ces paroles: turc omnia bona, signifient donc aussi le pain et le vin transsnhstanliés au corps de Jésus- Christ. Les mystiques entrent, à ce sujet, dans un grand nombre d'explications. Nous nous contentons de dire que ces paroles ont on double sens, l'allégorique et le littéral, quand on présente à bénir des fruits, et uniquement le premier lorsqu'il n'y a sur l'autel que les espèces du pain et du vin. Après ces paroles, le célébrant découvre le calice, fait une génuflexion et prenant la sainte hostie, delà main droite, pendant que de la gauche il soutient le calice.il en fait trois signes de croix sur la coupe et deux autres entre le bord de la même coupe et sa poitrine. Puis replaçant l'hostie au-dessus de la coupe il élève celle-ci on disant les paroles par lesquelles est terminée la formule précédente qui a accompagné chacun des signes : omnis honor et gloria. Jusqu'au douzième siècle, il n'y a point eu d'autre Elévation que celleci. liais elle s'est faite autrefois d'une manière bien mieux en harmonie avec la conclusion : Per omnia seeula scculorum. Le prêtre tenait la sainte hostie sur le calice en prononçant ces dernières paroles. Qui ne voit qu'en effet elles se lient avec les précédentes : omnis honor et gloria? après qu'on .irait répondu Amen, le célébrant reposait l'hostie sur le corporal, couvrait le calicc, et après s'être relevé de la génuflexion disait : Oi*mustPrœcepti$, etc. Nous n'avons pas besoin de rappeler ici la Rubrique actuelle qui