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CENDRES

Dans l'antiquité la plus reculée se trouve la coutume de se couvrir la tête de cendres pour exprimer une grande affliction ou le repentir des pérhés commis. C'est ainsi que nous voyons le prophète royal expier dans la cendre ses iniquités. C'est ainsi que les Ninivites, à la prédication de Jonas, se couvrirent la tête de cendres. C'était donc pour marquer leur profond repentir que les pénitents se présentaient, au commencement du Carême, couverts de cendre et revêtus d'un ciliée. Les pieux ûdèles, voulant imiter les pécheurs publics, se mirent aussi des cendres sur la tête , au commencement du Carême. Un Canon du Concile deRénérenten 1091 en impose même l'obligation indistinctement pour tous les chrétiens. C'est ce qui a fait donner le nom de Mercredi des Cendres au premier jour du jeûne quadragésimal. Or ce jeûne commence en ce jour au moins depuis le huitième siècle. Amalairc en fournit la preuve incontestable. Les Evangiles de ces quatre jours, qui précèdent immédiatement le premier dimanche du Carême, se trouvent dans un capitulaire très-ancien tiré des archives de la cathédrale de Toulon et qui remonte au moins à l'an 714. Les liturgi>les parlent de l'usage de se faire imposer les cendres en ce même jour comme déjà anciennement pratiqué dès les douxième et treizième siècles.

Comme l'Eglise bénit ordinairement tout ce qui sert dans les cérémonies du culte, elle a établi un Rit particulier pour celte Bénédiction avant la Messe du Mercredi des Cendres. Le Missel romain dit que ces cendres doivent être celles des rameaux d'olivier ou d'autres arbres bénits l'année précédente et qui sont brûlés à part dans cette intention. Après None, le célébrant en chape violette bénit les cendres placées auparavant sur l'autel. Le Chœur chante d'abord l'Antienne Exaudi nos. Domine, qui est suivie d'un Verset de Psaume et du Gloria Patri, et enfin répétée comme un Introït de Messe. Le célébrant chante Dominus vobiscum sans se tourner vers lo peuple, et puis il entonne quatre Oraisons successives. Pendant la première, il fait un signe de croix aux mots qui benedicat et un second au mot sanctificet , sur le* cendres. La seconde Oraison est pareillement accompagnée d'un signe de croix sur les cendres au mot benedicere, les deux autres sont chantées sans Bénédiction. Quand les Oraisons sont Gnics, le célébrant encense trois lois et asperge trois fois les cendres. Pendant que celles-ci sonl imposées, la

«57 CES Chœur chante quatre antiennes qui sont disposées entre elles comme un Répons arec le Gloria Patri. A chaque imposition, le prêtre récite les paroles : Mémento homo quia pulvis net in pulverem reverterii. Enûn la cérémonie se termine par le Dominui vobucum suivi de la cinquième Oraison. Le Rit parisien diffère beaucoup de celui de Rome, sous ce rapport. La Bénédiction des cendres commence par deux Oraisons dont la première est la seconde du romain. La deuxième est particulière à ce Rit. Le célébrant se contente d'asperger les cendrée, et les distribue selon la formule romaine. Pendant ce temps le chœur chante Exaudi nos,qui est répété après chaque verset du psaume Salvumme fac, selon la longueur de la cérémonie, et tout se termine par une Oraison qui est la troisième du Rit romain avec quelques variantes.

Les Rites particuliers de plusieurs diocèses de France se rapprochent plus ou moins du cérémonial romain. La formule de l'imposition des cendrée était anciennement un peu différente de celle qui est en usage. On trouve dans quelques anciens Missels cmts au lieu de* pulvis, et chaque imposition s'y termine par les paroles : In nomine Patrie, etc., accompagnées d'un signe de croix. L'imposition des cendres sur la tête est aujourd'hui restreinte aux seuls membres du clergé. Elle se fait sur le front à tous les laïques. A Paris, le prêtre se sert d'an petit pinceau pour imposer les cendres, mais presque partout ailleurs c'est avec le pouce et l'index dont il a pris des cendres dans le vase, qu'il tient de la main gauche. Chaque imposition se fait

Ear un signe de croix imprimé sur le front, es cendres qui restent doivent être jetées dans la piscine de la sacristie. On peut con- » aller les articles absout*, pbsitbkck, etc.

VARIÉTÉS

Le jeûne quadragésimal n'étant daus la principe , comme nous l'avons dit , que de trente-six jours, ci l'Eglise y ayant ajouté les quatre joors qui précèdent immédiatement le premier dimanche de Carême, Durand de Mende en donne une raison fort ingénieuse. Chacun do ces trente-six jours, selon lui , est la dlme de chacune des dizaines qui forment la totalité des trois cent soixante jours de l'année. Mais comme la révolution solaire en a cinq de plus, les quatre jours de jeûne depuis le Mercredi des Cendres inclusivement jusqu'au premier dimanche de Carême remplissent la majeure partie de cette lacune. Il reste encore néanmoins un jour et, qui plus est, le quart d'un autre, c'est-à-dire sis heures. Alors, dit -il, nous y suppléons endloaal beaucoup plus lard qu'a l'ordinaire le Samedi saint. Durand ajoute : Nos vero provinciales, nous gens de province, nous commençons notre Carême dès le lundi avant les cendres, et nous suppléons ainsi plus que suffisamment aux trente heures. Ces provinciaux étaient sans doute les dioté»a as du docte évêque, les habitants du

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