CHALUMEAU
On trouve dans les auteurs liturgistes et anciens Saeramenlaires ou Missels divers noms, pour signifier l'instrument d'or ou d'argent qu'on insérait dans le calice pour boire le précieux sang. Le plus ordinaire est celui de calamus ; ou le trouve aussi désigné sous les noms de fistula, cannula. sipho, pipa. Il est question de ce dernier dans un testament de saint Evrard, dans lequel on place, au nombre des vases sacrés, un chalumeau dit pipa aurea ; enfin, le nom de pugillaris lui est quelquefois donné. Ce dernier signifie, il est vrai, une tablette; mais par exteusion on a donné le nom de la tablette elle-même au
fioinçon, par le moyen duquel on écrivait sur a cii
ans le premier paragraphe de cet article, on lisait l'inscription suivante en vers léonins :
Htc eM pa; alis si'drs cl rnntiflcalis Fn-sidfl et Chrtati de Jure Vicarius isti, Et c|tiia jure datiir sedes ronotia vocal ur Ncc (JcIk'I vern nisi solus papa wdore Et quia sulilîmis alii sulxJunlur in iniis.
Une traduction ne peut que déprécier ces vers, dont le principal mérite se trouve dans les hémistiches rimés; le dernier surtout ne peut avoir quelque valeur que pour les personnes versées dans la langue latine. Nous nous contenterons d'en traduire le sens : « C'est i< i le siège papal sur lequel préside
rc, puis au tuyau de plume avec lequel on imprime di« caractères sur une surface.
Docquillol décrit ainsi le chalumeau eucharistique, dont on se servait pour la communion, sous l'espèce du vin. « Le bout que l'on a trempait dans le calice était large el cou- « vexe ou fait en boulon , et l'autre bout qui a se mettait dans la bouche était plus petil et « tout uni. On lo tenait enfermé dans un « petit sac de toile ou d 'étoffe fait exprès. ... « Après que le prêtre avait pris le corps d:i « Seigneur, il mettait le gros bout ou chalu- « meau dans le calice, prenait le précieux « sang par le petit bout, et donnait ensuite au « diacre le calice et le chalumeau. Le diacre « prenait le calice de la main gauche et lenail « le chalumeau directement au milieu avec les « deux premiers doigts de la main droite ; il « les tenait ainsi sur le côté droit de l'autel, «jusqu'à ce que tout le monde et enfin lui- « même et le sous-diacre eussent communié. 11 <t tirait ensuite le chalumeau du calice, le « suçait parles deux bouts l'un après l'autre, « et les donnait en garde au sous-diacre. On « le lavait après avec du vin par-dedans cl « par-dehors, et on l'enfermait dans son sac, « et le sac dans l'armoire avec le calice. »
Le cardinal Rona dit que le souverain pontife, quand il officie, se sert d'un chalumeau pour boire le précieux sang, et en laisse pour les ministres du Sacrifice, qui en prennent avec le même chalumeau. Cet usage est encore aujourd'hui en vigueur.
Nous lisons dans les Voyages liturgiques de Lebrun : « A Cluny, après que le célébrant a « pris la sainte Hostie el une partie du pré— « ricux sang, cl qu'il a communié de l'Hostie, « les minisires de l'autel, ils vont au petit » autel à côté, cl le diacre y ayant porté L « calice, accompagné de deux chandeliers, « tient le chalumeau d'argent par le milieu, a l'extrémité étant au fond du calice, et le* « ministres de l'autel, ayant un genou sut' un « petit banc tapisse-, tirent et boivent le prête cieux sans par ce chalumeau. »
On conçoit que la suppression de la rom-