CHAPEAU
Il est visible que le nom de chapeau n'est qu'on diminutif de chape, capula, a cappa, ou minor cappa , petite chape ou cape ou bien capuce, destinée à couvrir latéte. Nous n'avons point ici à traiter des variations successives de ce couvre-chef considéré dans son usage universel. Nous nous restreignons À co qu'il présente d'analogue à notre sujet. Il est certain que les ecclésiastiques ne se couvraient pas la tôle autrement que les laïques, dans l'usage ordinaire. Ceux-ci portaient, il est vrai, des bonnets d'étoffes de diverses couleurs, tandis que les gens d'église préféraient le brun ou le noir. C'était la seule •lifférence. Insensiblement ces bonnets furent garnis de rebords qui remplacèrent les chapes ou ca puces pendantes : on les fit de laine roulée eu feutre et la couleur noire leur fut exclusivement affectée. Mais le bonnet primitif était déjà devenu d'une forme triangul.ire ou carrée à cause des plis qu'y formait la main en les prenant. Ce bonnet étant devenu chapeau, les rebords naturellement de forme ronde furent relevés sur quatre faces et présentèrent conséquemmenl quatre angles, carnes ou cornes. Ce couvre-chef ainsi dispose parut bizarre el on réduisit les carut* â trois, ce qui est l'origine du chapeau à lr»is cornes. Mais celle forme de chapeau
Mail <wnrau ne à tout le monde sous Louis XIII
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Louis XIV cl Louis XV. Les militaires n'avaient pas d'autre chapeau, seulement ils le bordaient de galons proportionnés aux grades et l'embellissaient de panaches ou plumes. Vers la fin do dix-huitième siècle, la forme de ces chapeaux futconsidérablcmentcxhaossée.
L'ampleur des rebords au contraire diminua, et il en résulta un chapeau tel qu'on le porte communément aujourd'hui. A l'époque dont nous avons parlé, les ecclésiastiques étaient coiffés comme tout le monde, en chapeaux à trois cornes. Peu soucieux de prendre la mode nouvelle, plusieurs persévérèrent dan* l'habitude de leur coiffure, tandis que d'autres suivirent la modiûcation survenue auv couvre-chefs. Telle est l'origine de la disparate assez choquante que présente aujourd'hui, sous ce rapport, le costume ecclésiastique. Toutefois, comme on voit, il ne serait p.is rationnel de considérer le chapeau à trois cornes comme plus convenable et plus propre aux membres du clergé que celui dont la forme est plus élevée et les rebords disposés en rond, car, historiquement parlant, il n'y a pas de chapeau canoniquement clérical. Plusieurs archevêques ou évéques ont adopté le chapeau à forme basse et ronde et à larges rebords un peu relevés. C'est à peu près celui qui figure sur les armoiries des prélats, et il nous semble que s'il y a un chapeau véritablement ecclésiastique, et. si Ton peut parler ainsi, traditionnel, c'est celui-là plus ou moins modifié et très-préférable à la capricieuse forme triangulaire. (Foir barrette.)
Le chapeau de cardinal est rouge. C'est au Concile général de Lyon, en 1245, que le pape Innocent IV accorda cette distinction aux cardinaux. C'est ce qu'on appelle par excellence le chapeau. Recevoir le chapeau c'est être promu au rang de cardinal. Ce chapeau rouge ne fut cependant porté par les cardinaux pour la première fois que dans la célèbre abbaye de Cluny. On sait qu'Innocent IV et saint Louis y curent une entrevue, au mois de novembre de 1246, un an après le Concile où celte distinction avait été accordée aux membres du sacré collège. A la fin du même siècle, Boniface Vlll leur donna la soutane depourpre, réservée anlécédemment au pape, et enfin Paul II au milieu du quinzième siècle les décora de la barrette rouge. Du reste, il y a quatre sortes de chapeaux de cardinal. Le premier est relui dont nous venons de parler el qui est très ample. Le second est le cappellonc ou parasol. Le troisième est un chapeau nsucl beaucoup plus petit. Le quatrième est un chapeau noir. Le premier est de soie rouge, et de ses deux ailes un peu relevées tombent deux cordons terminés par cinq glands de même couleur. Le chapeau qui surmonte le* armoiries archi épiscopales en est uno assez fidèle image. Le second ressemble assez au premier, si ce n'est qu'il a des ailes plus amples, mais un officier lo lient élevé au-dessus do la téte du cardinal, en guise d'ombrulle, dans les grandes solennités. Celui-ci est pareillement de soie rouge. Le troisième, rouge commo lus
'précédents, csl à Irois ailes relevées par dis cordonnets d'or. Enfin le quatrième, pareil au précédent, ne s'en distingue que par sa couleur noire, mais sa coupe est ceinte d'un < ordounel rouge à petits glands d'or.
Le chapeau de cardinal csl donné par le pape, en grande cérémonie. Nous ne décrirons pas celle-ci dans toute son étendue, mais nous ne devons pas omettre la formule de la tradition de ce chapeau. Au moment où le souverain pontife remet le chapeau , il prononce ces paroles : Ad laudem omnipotentis Dei et sanctee sedit apostolicœ ùrnamentum nrcipe galerum rubrum, insigne sinyulare dignitatis cardinalutus per quod desiynatur quod usque ad mortem et sanguinis efTusioncm inclusive pro exaltai ione sanctœ pdei, pace et quiete populi christiani augmenta, et statu sanctœ Romance Ecclesiœ te intrepidumexhibere debeas. In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen. « Pour la gloire de a Dieu tout-puissant et l'honneur du sainl- « siège apostolique, recevez ce chapeau rou- « ge, insigne particulier de la dignité du car- « dinalal. Ce chapeau signifie que jusqu'à la a mort et l'effusion du sang inclusivement « vous devez vous montrer intrépide pour « procurer la paix et l'accroissement du « peuple chrétien et l'exaltation de la sainte « Eglise romaine, au nom du Père, du Fils et « du Saint-Esprit. Amen. » Celle tradition du chapeau faite au milieu d'un grand appareil et en présence de tout le sacre collège se terjninc par le chant du Te Deum.