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CHASUBLE

Cet habit sacré est le principal ornement du prêtre qui offre le saint Sacrifice. Sa forme ancienne est le principe de son étymologie. Les anciens désignaient sous le nom de casula

cachait comme sous one maison ou case por- Litivc. Casula, petite case, n'est , comme on voit, que le diminutif de casa, maison. Il est très-probable que les prêtres n'avaient primitivement aucun habil ou ornement spécial pour la célébration de la Messe, si ce n'est une chasuble plus propre que celle dont ils se couvraient habituellement comme tout le inonde. Après les persécutions , il est tout naturel qu'on orna d'or et d'argent et môme de pierres précieuses ces chasubles dont on se revêtait uniquement pour les saints Mystères. Quelques auteurs appellent cet habillement casubula . autre diminutif de casa. On lui donna aussi le nom de plnneta , planète , parce que la chasuble tournait autour du corps en tous sens , sur les épaules. On voit que la chasuble était une longue robe sans manches n'ayant au haut qu'une ouverture pour y passer la tête. Telle est encore aujourd'hui la forme des chasubles, chez les Orientaux qui comme l'on sait, ont assez scrupuleusement conservédans les ornements sacrés la coupe primitive.

Nous ne pouvons nous expliquer pourquoi Grancolas affecte de dire le chasuble et non pas la chasuble, à moins qu'il ne fasse dériver ce terme de colobium, espèce de robe monacale. Mais ce dernier se traduit par celui de colle ou coule . et l'ou ne dit pas non plus le coule mais bien la coule.

La chasuble conserva la forme qui en justifiait exactement l'étymologio jusqu'à la fin •tu quinzième siècle et même jusqu'au seizième. Alors on en échancra les deux extrémités latérales afin qu'elles fussent plus commodes. Peu à peu l'échancrure sous les bras est devenue tellement considérable que la chasuble n'est plus qu'un composé de deux pièces l'une devant et l'autre derrière. Comme pendant l'élévation les ministres qui servaient à l'autel étaient obligés , pour soulager le prêtre , de retrousser la chasuble , on en a maintenu l'usage, qui est aujourd'hui sans utilité. Mais il est bon de le conserver parce que c'est un souvenir de l'ancienne ampleur de cet habil sacré.

La chasuble n'a pas toujours été exclusivement affectée aux évéques et aux prêtres. Anciennement les diacres , les sous-diacres et même les acolytes portaient la chasuble, mais ils la redoublaient et repliaient par devant ou quelquefois même ils la roulaient et s'en servaient comme d'une csoèce de bandoulière et de baudrier. Il le fallait ainsi pour

venable, se revêtir de la chape, de la dalmatique ou tunique, mais jamais de la chasubh. Nous croyons devoir signaler ici une inconvenance dont nous avons été nous-même témoin dans certains pays où , pour donner plus d'éclat à la Procession de la Fêle-Dieu , ou revêt des plus belles chasubles non-seulement des ecclésiastiques dans les ordres inférieurs, mais des laïques.

Cet habit sacerdotal est le symbole de la charité de Jésus-Christ , la croix dont il est orné en est l'emblème bien expressif. Selon tous les lilurgistes la chasuble représente le joug du christiani>mc que le prêtre mieux que le simple fidèle doil trouver si doux a porter. Tel est d'ailleurs le sens de la prièiv que l'Eglise met à la bouche du ministre qui s'en revêt. Il en est de même dans toutes U s Liturgies :« Seigneur, dit le prêtre arménien, « par votre miséricorde revêtez-moi d'une « robe éclatante , afin que je. sois digne do « glorifier votre nom, par la grâce et l'amour « de Jésus-Christ Notrc-Seigneur. » Celte chasuble arménienne a une grande ressemblance avec nos chapes , seulement il n'y a point de chaperon. Une croix est brodée sur le derrière de celle chutuble avec l'image de Jésus- Christ crucifié. Les chasubles des évéques grecs sonl ornées d'un grand nombre de croix ; celles des prêtres n'en ont qu'une. C'est pourquoi les premières portent le nom de polystaurion.

Nous ajoutons que dans l'Eglise Occidentale il est d'usage que les chasubles des évéques soient à double face et brodées. Celles des prêtres n'onl qu'une face et la croix y est formée par des galons. Cependant la première espèce de chasubles n'est pas exclusivement affectée aux prélals, et plusieurs prêtres les portent comme eux. En Italie, les chasuble* ont une croix sur la partie antérieure.

VARIÉTÉS

Anciennement on prenait la chasuble pour d'autres cérémonies que la Messe. On s'en servait pour le baptême. Constanlin le Grand donna â l'église de Jérusalem une chasuble de fil d'or afin que l'évéque s'en revêtit pour les cérémonies du baptême : «f en inautus baplismi ptragerel ceremoniaaA^% Orientaux s'en servent encore dans l'administration de ce sacrement.

Dans plusieurs diocèses, on se revêt de la chasuble pour les Processions du saint Sacrement qui oui lieu le soir, après Vêpres. Les

que leurs mouvements fussent plus libres è prêtres, qui assistent l'évéque pour la consé

l'autel, puisqu'ils devaient y servir lo céle- cralion des sainlcs huiles, le Jeudi saint, por-

brant. En certaines Eglises de France cette lent également la chasuble.

coutume subsistait encore avant la révolu- On voyait autrefois à Sainl-Jean-de-Latran

lion, mais ce n'était guère qu'aux jours de une mosaïque qui représentait le pape Jeau

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XII revêtu par ses ministres d'une chasuble Tendue par les côtés et dont les extrémités se terminaient en pointe. Or ce pape mourut en 96%.

On possédait dans l'abbaye de Pontigny une chasuble de saint Thomas de Cantorbéry qui y passa plusieurs années. Elle est parfaitement ronde et couvre tout le corps. Nous avons eu l'avantage de nous en revêtir par vénération pour la mémoire de ce saint Martyr, et il nous a semblé qu'on ne la conservait point avec toute la décence respectueuse dont die est digne.

On trouve dans l'ouvrage de D. Claude de Vert les plus grands détails sur la forme des chasubles. Qu'il nous soit permis de regretter qu'on abandonne presque entièrement nu caprice des chasubliers la coupe de cri habit sacré. En certains diocèses , on semble vouloir enfin donner à la chasuble une ampleur qui sied mieux à la majestéde nos saints Mystères que certaine élégance qu'on a affecté de leur imprimer, surtout à Paris; mais tant que la chasuble sera maintenue dans celle raideur que lui imprime le boûgran donl ses deux pièces sont flanquées , il faut désespérer de faire recouvrer à cet habit sacerdolal la majestueuse dignité de sa forme primitive. Il lui faut une plus grande ampleur , mais en même temps une souplesse qui lui permette de ressembler à une draperie, sans imiler toutefois certains coslumes profanes qui conviendraient mieux au théâtre qu'à l'église. Au surplus on ne saurait démontrer que la forme actuelle de nos chasubles ait quelqnc chose de repoussant.

CHEVECIER OU CHEFCIER.

( Voyez CIERGE PASCAL.)

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