CLOCHES
On est fondé à croire que les Chinois connaissaient les cloches au moins deux mille ans avant l'ère chrétienne. Quelques auteurs 6xenl même l'invention des cloches , en Chine, à l'an 2601 avant Jésus-Christ. Nos livres saints ne parlent que des clochettes dont le bas de la robe du grand prélro était parni. Ceci suffirait pour nous convaincre que, dans ces siècles reculés, on connaissait 1 art de tirer du métal un son régulier parle simple mécanisme d'un battant OU marteau mobile. Les auteurs latins parlent aussi de petits ustensiles de celle nature. Les prélres de Proserpine en usaient dans leurs temples, et. selon Suétone, l'empereur Auguste avait fait placer un grand nombre de clochettes sur le faite du temple de Jupiter Capitolin. On en suspendait même sur les tombeaux; on cite surtout celui du roi Porsenna , et lorsque le vent agitait ces clochettes , il en sortait un bruit plus ou moins harmonieux et mélancolique.
Mais il y a loin de ces petits instruments, qu'un nommait par harmonie imitalive , finsinnabuia, à ceux que nous appelons du nom de cloches. Cette appellation dérive manifestement du mot de basse latinité cloccat
an i ne remonte pas au delà du huitième siècle, in attribue ordinairement l'invention des eiochts à saint Paulin, évoque de Noie , en Campa aie. C'est pourquoi les anciens au-
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Morbiaani Sinus (provincia) , Vend» on Venclia1.
Mosellœ, Meta;.
Nivcrni amnis, Nivernum.
Septentrionis, Cameracum.
OEsiœ, Bellovacutn.
Olin», Sagium.
Freli Gallici. Atrebatom.
Duma? montis, Claromontium.
PyreneorumSuperiorum.TarbellicœAquai.
Pyrencorumlnfcriorum, Bajona. Pyreneorum Orientalium, Perpinianom.
Bheni inferiorb, Argenloraluin.
Rheni Superioris, Argenloralum.
Khodani, Lugdunum.
Araris Superioris, VesuiMio.
Araris et Ligeris, Augustodunura.
Sarta;, Cenomanum.
Sequanœ, Lutetia-Parisiorum.
Scquans Inferioris, Rhotomagus.
Sequans et matrone, Meldœ.
Scquan» et Œsiœ, Versali».
Scparis Utriusque, Pictavium.
Somina, Ambianum.
Tarnis, Albigœ.
Tarnis et Garumnœ, Mons Albanus.
Vari, Foro-Julium.
Vallis Clauste, Avenio.
Vendeani amnis, Lucionia.
Vigennœ, Pictavium.
Yigennœ Superioris, Lemovices.
Vosagi Saltus, San Deodalum.
Icaunas, Senones.
Osliorum Khodani, AquœSextiœ.
teurs donnent à la cloche le nom de Nolanaou celui de Campana* Nous croyons que ce grand évéque , un des plus illustres du cinquième siècle, et auquel la ville de Bordeaux donna le jour, ne fit qu'introduire l'usage des cloches dans l'Eglise , et que celle de Noie, au royaume de Naples, a été la première qui en ait possédé.
Mais comment, dans les siècles antérieurs, convoquait-on les fidèles pour les Offices ? helon quelques auteurs , le messager , cursor, était chargé de prévenir les fidèles du lieu et de l'heure des Offices divins. Amalaire prétend que c'était par le moyen de certaines
riièces de bois que l'on frappait l'une contre 'autre. Ceci n'est pas vraisemblable, caries persécuteurs auraient aussi bien entendu ce signal que les fidèles. Il serait tout au plus croyable que ce mode de convocation a été employé sous le grand Constantin. En certains lieux , on appelait les fidèles à l'église par le moyen des trompettes. On sait que chez les Juifs ces instruments servaient au culte.
Quoi qu'il en soit , il est certain que, puisqu'on connaissait l'art de fabriquer des clochettes . il ne s'agissait que de leur donner plus de grandeur pour en faire des instruments capables de porter le son à des distances considérables. Onuphre, dans son Epitome de la vie des premiers papes, dit que Sabinien, successeur de saint Grégoire le Grand, introduisit l'usage des cloches, et ordonna qu'on les sonnât pour les Heures
canoniales et leSàcrifice de laMesse. Le cardinal Bona n'ajoute pas une grande foi à celle asserltap, cl se fonde sur ce qu'Anaslase, dan» ta Vie de ce pape, n'en fail aucune mention. Il semble en faire remonter l'invcnlionjucn plus haut que Sabinien. Nous partageons'son opinion, el nous pensons que I'qsagc des cloches, dans les Eglises, date de l'époque à laquelle le christianisme put enfin jouir de sa liberté.
Les prêtres curent d'abord seuls le droit de sonner les cloches. 11 Tut ensuite dévolu aux Ordres inférieurs , cl nous en trouvons un vestige dans l'Ordination du portier, le plus bas des Ordres Mineurs. Aujourd'hui, cl surtout depuis qu'on a fondu des cloches d'une grosseur considérable, ce soin est laissé à des laïques gagés.
Suivant la pratique constante de l'Eglise, tout ce qui sert aux usages du culte est bénit. Lors donc que les cloches furent adoptées pour le servirc divin, on les y consacra par des Bénédictions. Mais ce n est que vers le .septième siècle qu'on donna à celte cérémonie un certain appareil. Le Bit de celle Bénédiction n'ayant pas été primitivement fixé par l'Eglisc-mère, presque chaque diocèse a composé un cérémonial particulier. Le Pontifical romain contient l'Ordre de cette Bénédiction. Elle appartient à la catégorie de celles qui sont réservées aux évéques , cl le simple prélre ne peut y procéder que par une permission émanée de leur autorité. Scb»n ce Bit, on chante d'abord les Psaumes 50, 63, 50, G6, 60, 85 et 129. Le pontife bénit ensuite l'eau mêlée de sel dont il doit se serv ir pour laver la cloche. C'est à cause de ce cérémonial qu'on donne vulgairement le nom de Baptémo à la Bénédiction des Cloches, cl , kous le rapport grammatical, ce nom lui est justement appliqué, car baptiser est une expression formée du grec qui signifie laver. Toutefois , 1 Eglise a dû ne pas l'employer pour ne pas confondre le sacrement de la régénération avec la simple Bénédiction d'une cloche. On chante pendant ce Baptême ou lotion, les Psaumes 1W, 1W» , US, 1W, 159. Puis le célébrant fail sur la cloche une onction de l'huile des infirmes , en récitant une longue Oraison. On y prie le Saint-Esprit de sanctifier ce vase, hoc vasculum, afin que le son qu'il rendra rappelle aux fidèles les sentiments d'espérance et de foi, éloigne les tempêtes et les tonnerres, mette en fuite les ennemis de la croix dont la figure est représentée sur celle cloche. On chante le Psaume 28, qui est très-judicieusement choisi pour celte cérémonie, car le prophète y célèbre en termes magnifiques , la puissance de la voix divine. L'officiant, pendant ce Psaume, fait, avec l'huile des infirmes , sept onclions sur l'extérieur de la cloche, et quatre dans l'intérieur, avec Tliuilc du saint Chrême. Une longue prière accompagne ces onctions. On met ensuite de l'encens dans l'encensoir , et oa pose celui-ci sous l'orificodc la cloche en ' «antant le Psaume 7C. Une dernière Orai-
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son est récitée, el la Bénédiction se termine parle chant d'un Evangile qui est le même que celui de la Messe de l'Assomption de la sainte Vierge.
Tel est le Bit de l'Eglise romaine pour la Bénédiction des cloches: il diffère peu de celui qui est marqué dans un ancien Sacramentaire écrit vers le dixième siècle.
Le Bit parisien s'éloigne considérablement de celui de Borne dans cette cérémonie. Le célébrant commence par la Bénédiction de l'eau qui se fait par une Oraison spéciale dans laquelle le Saint-Esprit est prié de descendre sur cet élément dont la cloche sera lavée; afin que par le son de celle cloche les fidèles soient invités à venir au temple pour y chanter les louanges du Seigneur, el s'y associer aux concerts des anges. Le sousdiacre chante ensuite une leçon tirée du livre sacré des Nombres. Elle rappelle l'ordre que Dieu donna à Moïse de faire deux trompettes d'argent pour convoquer les Israélites aux portes du tabernacle de l'alliance, etc., el pour en sonner aux jours de solennité : Candis tubis super holocaustis et pacificis victimis. Les cloches chrétienne» sont donc les trompettes de l'ancienne loi.
Le célébraut questionne les personnes qui doivent nommer la cloche : « Sous quelle invocation désirez-vous que cette cloche soit bénite ? » Elles répondent : « Sous l'invocation de la très-sainle-Vierge Marie (ou de saint N. ou de sainte N). » Cette circonstance du cérémonial a fait donner le nom de parrain et de marraine aux personnes qui imposent un nom à la cloche. L'eau dont on lave celle-ci el les onctions qui l'accompagnent venant se joindre à celte imposition de nom, contribuent, comme on voit, à l'appellation de Baptême dont le peuple gratifie celte Bénédiction. Qu'on ne s'imagine pas que cet innocent abus des termes soit chose nouvelle , car au huitième siècle il en était de même. C'est ce qui explique pourquoi Charlemagne , dans le chapitre 18 de ses Capitulaires , défend de baptiser les cloches, ut cloccas non baptixent. On a pensé mal à propos que ce passage dee Capitulaires improuvait la Bénédiction des cloches. Ce n'est autre chose que la défense de donner le nom de Baptême à cette cérémonie.
Après les questions que nous venons de reproduire textuellement, le célébrant el ceux qui doivent nommer la cloche la frappent, chacun trois fois légèrement, et aussitôt on entonne le Psaume 80. Pendant ce chant, le célébrant fait trois fois le lourde la cloche en l'aspergeant d'eau bénite, puis il fait quatre onclions, dont la première a lieu au-dessous de la croix figurée sur la cloche, et les trois autres à égale distance. 11 dit, en faisant chaque onction : Sanctifiéetur et consecretur campana hoc in nomine Patrie, etc., sub patroemio... « Que cette cloche soit sanctifiée el consacrée au nom du Père. etc. et sous le vocable de tel saint. » — Une longue Oraison suit le Psaume 80 et son Antienne Elle est la paraphrase de 14