‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 150 sur 519 · CLO · texte numérisé non relu

CLO

désigne la langue du prédicateur, qui prêche l'Ancien et le Nouveau Testaient; le pasteur sans science est comme la cloche sans le battant. La charpente sur laquelle lu cloche est suspendue , esl l'image de Jésus- Christ crucifie. Les liens de fer qui attachent la cloche au bois qui lui sert de contre-poids représentent les liens de la charité qui unissent le prédicateur à Jésus-Christ crucifié , etc.

Gilbert Grimaud, dans sa Liturgie sacrée , rapporte des traits miraculeux relativement aux cloches. 11 dit que dans un bourg d'Aragon, en Espagne, il en est une qu'on appelle la cloche des miracles , qui sonne toute seule, lorsqu'il doit arriver quelque chose de préjudiciable au christianisme.

Le cardinal Bona. consigne dans son immortel ouvrage sur la Liturgie, le Irait suivant, qu'il a puisé dans les Actes ou Vie do saint Loup, évéque de Sens. Le roi Clolairc avant trouvé fort harmonieux le son de la ctoc/ie de Saint-Etienne, ordonna qu'on la portât à Paris, afin de se procurer le plaisir de l'entendre souvent. Cela déplut singulièrement au saint évéque. Aussi dès qu'elle eut été enlevée de Sens, elle perdit toute la douceur du son qui avait ravi le monarque. Le roi s'empressa de la faire replacer au lieu qu'elle occupait. Mais dès que la cloche fut arrivée sur le pont de Sens , elle recouvra le son qu'elle avait perdu, et on l'entendit à une distance de sept milles de la ullc épiscopale.

Cet auteur rapporte quelques autres faits à peu près semblables. Nous ne pouvons résister au désir de faire connaître le suivant. Il est tiré du moine de Saint-Gai dans son livre : Du soin ou gouvernement ecclésiastique de Charlemagne, De ccclesinstica cura Caroli Magni. Un habile fondeur avail fait une cloche dont le son parut admirable à ecl empereur. L'ouvrier assura que si on lui donnait cent livres d'argent, il mêlerait ce métal avec celui de la cloche à la place d'autant de livres d'élain. La proposition fut agréée. Le fondeur cupide mit de Petatnà la place de l'argent, qu'il retint pour lui. Lorsque la cloche fut terminée, Charlcmagne ordonna qu'elle fût placée dans le Campanile. On s'empressa de la sonner , mais quelle fut la surprise générale, lorsqu'on se fut assuré qu'il était impossible de la remuer. Le fondeur saisit vivement la corde pour lui imprimer le mouvement . mais le battant de la cloche s'élanl détaché, tomba sur sa tétc et le tua sur le coup. Charlemagne fit distribuer l'argent découvert chez l'ouvrier aux officiers pauvres de sa maison.

Dans nos siècles de tiédeur et même d'indifférence religieuse, on est tout étonné de la magnificence qu'on a déployée dans la construction de ces imposantes cathédrales et des tours ou clochers qui les accompagnent. On se demande dans quel trésor puisaient les architectes pour subvenir à tant de Trais. Nous leur répondrons quo c'est dans celui d'une foi vive et désintéressée. Il faut

surtout savoir que dans le douzième siècle il se forma une confrérie d'ouvriers qu'on appela bâtisseurs dlïglises ou Pontifes, Pon tifices, parce qu'ils se dévouaient aussi à la bonne œuvre de jefer des ponts sur les rivières. Le pont du Saint-Esprit sur le Rhône est l'ouvrage de ces pieux confrères. Cette association prit naissance à Chartres , d'où ils se répandirent en beaucoup de pays. Le chef de ces ouvriers portait le litre de maître de Vart. On travaillait en rhantant des cantiques; les localités n'avaient à leur fournir

coopérer à l'œuvre. Nous ne pouvons entrer ici dans de plus grands détails; mais , nous renfermant dans notre sujet, nous dirons que c'est ainsi que s'élevèrent les admirables clochers de Strasbourg, de Chartres cl de

Klusieurs autres villes. Les tours de Nolrclamc et l'église elle-même, qui sonl une des gloires architecturales de Paris, sortirent de terre au souffle de la foi. Maurice de Sully entreprit ce grand ouvrage avec les ressources pécuniaires que lui offraient les rachats de la pénitence. II y fit contribuer ceux qui par des aumônes rechctaicnl la satisfaction qui leur était imposée pour leurs péchés. Ce grand évéque rappelait souvent à ses diocésains les paroles de l'Ecriture: Eleemosynis peccata tua redime. Le célèbre et savant père Morin le dit en termes formels : Proposita conferentibus nummulos in islas fabricas pœmlentiarum partiali nul intégra remissione. C'esl ainsi que de nos jours le SOU par semaine que plusieurs fidèles consacrent a la société de la propagation de la foi, suffit pour entretenir un grand nombre de missionnaires nui vont prêcher la BONNE NOU- VELLE a tant de peuples assis dans l'ombre de la mort, et contribuent ainsi à l'agrandissement de l'édifice spirituel dont Jcsus- Chrisl est la pierre fondamentale.

On peut consulter l'article métal (dkxédiction dl), et les articles église, tolr, etc.

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