ABSIDE
Ce terme d'origine grecque signifie arcade ou voûte. Dans la plupart des anciennes églises, la partie qui faisait face à la porte principale était un hémicycle voûté en forme de coquille ou conque. L'autel était placé sous 1 arcade de celle voûte, et le pourtour derrière l'autel était occupé par l'évêque, dont le trdnc était vis à vis l'autel, et le collège des prêtres , Presbyterium, était rangé des deux parts. On donnait aussi à l'abside le nom de capitium , chevet. Comme ordinairement la construction de l'église était disposée en sorte qu'elle représentât une croix et même le corps de Notre - Seigneur attaché sur cette croix , il n'est pas étonnant qu'on donnât le nom symbolique de capitium à cette abside. Ce qui explique pourquoi cette partie de l'église esl assez fréquemment plus h asse que la nef, principalement dans les très? a Dciennes églises. Ce genre de symbolisme n 'était plus adopté dans le douzième siècle, car les cathédrales do cette époque, ont uno •abside aussi élevée que le reste de l'église. Cependant il se maintint encore fort long* temps, et presque toutes les églises de campagne, même celles bâties au seizième siècle, oui leur abside plus basse, sans qu'on puisse
THOl.Hjl'E. M
en donner d'autre raison que le symbolisme dont nous avons parlé.
Un autre genre de symbolisme fut adopté pour les absides. Comme celte partie était censée figurer la téle de Jésus-Christ sur la croix, on les faisait dévier de l'axe de la nef, vers la droite. Celle de Sainl-Elienne-du-Monl, a Paris, présente celle déviation très-sensible. Ou pourrait, à la rigueur, l'attribuer à une maladresse d'architecte, mais nous persistons à croire qu'elle a pour cause cette pensée symbolique dont nous parlons. 11 n'est pas rare autant qu'on le pense, de trouver dans les églises un peu anciennes celte déviation. Si un accident de terrain, une soudure mal calculée, un obstacle quelconque pouvaient en élre la cause , elle n'existerait pas constamment du même côté, comme cela arrive toujours. On a toujours cru que le bon larron étant crucifié a la droite du divin Sauveur, c'est vers lui que se pencha la tête du Sauveur expirant. Or telle est habituellement la disposition de ces absides symboliques.
Il n'est pas de rigneur que V abside soit en hémicycle. Le chevet de certaines églises est quelquefois carré. Mais celte forme est beaucoup moins gracieuse. Elle se trouve plutôt dans des chapelles de couvent, construites dans un intérieur de cloître, où souvent le chevet n'est autre chose qu'un mur en ligne droite, dont le revers n'est que le parallèle d'un mur semblable, formant un dortoir ou toute autre salle. 11 serait difficile de trouver une grande église cathédrale ou paroissiale, bâtie dans les beaux jours de l'art chrétien , avec une abside carrée. Celle partie de l'église esl destinée à servir de sanctuaire. (Voyez
AUTEI.)
VAWKTKS.
Les absides sont assez souvent peintes à fresque, cl l'on y représente plusieurs sujets religieux. Cet usage est presque universel chez les Grecs , et il remonte à l'antiquité la plus reculée. Voici les paroles de Dositliée, dans le Synode de Jérusalem: « Il esl éton- « nant , dit-il , que les hérétiques n'aient pas « vu Jésus-Christ représenté sous l'hémicycle « du sanctuaire en la figure d'un enfant dans a le disque sacré : car ils pouvaient recon- « naitre que, comme les Orientaux représen- « tent au dedans du disque, non pas la figure, « ni la grâce , ni aucune autre chose, mais « Jésus-Christ lui-même; ainsi ils croient « que le pain de l'Eucharistie n'est pas autre « chose, mais qu'il est substantiellement le « corps même de Jésus-Christ, ■>
Dans notre siècle, la peinture à fresque de nos absides modernes paraît reprendre faveur; mais il nous semble qu'avant loul cette peinture devrait être inspirée çar le goût de l'antiquité et le sentiment religieux. Nous ne pensons pas que des scènes historiques puissent convenablement figurer sur une conque absidale. Ainsi, dans la nouvelle église de la Madeleine, à Paris, un artiste a eu la fantaisie de peindre sur Vabsidecé qu'il appelle une histoire du christianisme. Lœil chrétien v
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découvre avec on étonnement inexprimable, un juif errant, un calife, un grand visir, les empereurs Frédéric Barberousseel Napoléon, tous deux, comme on sait, amis aélés des papes, Henri IV, etc. Le peintre n'avait pas, a coup sûr, médité le passage de Dosithée. Comment s'expliquer une peinture hétéroclite , comme celle dont nous venons de tracer une esquisse, sur la voûte d'une abside, c'esl-à-dire de la partie la plus auguste, la plus catholique d'une église? Le sens commun ne dit-il pas que là doit être représenté avant tout le dogme eucharistique du saint sacriGce de nos Autels ou tout autre sujet qui se rallachc intimement à la destination do ceUe partie principale d'un temple chrétien ?