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ABSOLUTION

Nous parlons de IM&Jo/u/j'on sacramentelle, à l'article Pénitence (voyez ce mot). Il ne s'agit ici que des autres sortes de formules rituelles qui ont reçu ce nom. Il y en a deux principales : 1* l'Absolution par laquelle un excommunié est relevé dans le for extérieur, ou même dans le for intérieur. Mais en celle dernière il n'y a bien souvent d'autre Rit que les mots, ab omni vinculo excommunicationit qui se trouvent dans la forme de {'absolution sacramentelle , ou bien les paroles : Ego le absolvo avinculo excommunicationis, leque in Ecclesiœ communionem sacramentorumque parlicipationemrestituo in nomine Patris, etc. « Je t'absous du lien de l'excommunication et je te réintègre dans la communion de l'Eglise et dans la participation des Sacrcmenls, au nom du Père, elc.» V Absolution dans le for extérieur se donuc avec plus de solennité. Voici comme cela se pratique selon le Pontifical.

L'excommunié se tient à la porte de l'Eglise dépouillé de ses habits usque ad camisiarn. Le pontife qui doit l'absoudre y est assis véln d'un rochet, d'une élolc cl d'une chape violette, et tenant de la main droite une verge il récite le psaume : Miserere mei, Deus, et puis celui Drus misereatur nostriet benedicat nobit. A chaque Verset le pontife frappe do sa baguetie légèrement eulre les épaules du pénitent. Il se lève ensuite, dit Kyrie eleison, Pater noster et plusieurs Versets accompagnés de deux Oraisons : Deus cui proprium est miser eri, et Prœtta quœsumus. Domine, huic famuto tuo. Puis s'asseyaut et la mitre en téle le pontife prononce V Absolution eu ces termes : Auctoritate Dei omnipotenlit et beatorum apostolorum Pétri et Pauli alque Ecclrtiœ sua sanclœ et ea qua funqor absolvo le a vinculo excommunicationit (il spécifie ici la cause de l'excommunication ) qua ex M. causa ligatus eras. In nomine Patris i elc.

• De l'autorité de Dieu Tout-Puissant- et de « celle des bienheureux Apôtres Pierre et Paul

• ainsi que de celle de sa sa iule Eglise dont

• j'exerce la fonction, je vous absous du lien « d'excommunication dont vous étiez lié (pour m ulle ou telle raison). Au nom du Père, du ■ Fils, etc. » Le Pontife se lève, et, prenant par la main celui qui vient d'être absous,

l'introduit dans l'Eglise, en disant : Reduco te tn gremium sanctee matrisEcdcsiat.et ad consortium et communionem totius christianitqlit a quibus fueras per excommunicationit sententiam eliminatut et restitua participationi ecclesiaslicorum sncramtftlorum in nomine Patrie f et Filii f et Spiritût Sancti. H Amen. « Je - « te restitue au giron de l'Eglise notre sainte « mère, et te remets dans la société et conv « munion de toute la chrétienté dont tu avais «été exclu parla sentence d'excommuuica- « lion et je te fais rentrer dans la participation « des Sacrements de l'Eglise . au nom du « Père, elc. »

Le Bilucl romain contient une formule d'.46so/u/ion plus courte à l'usage d'un prêtre commis pour relever de l'excommunication. On n'y récite que le Miserere à chaque Verset duquel le Prêtre frappe de sa baguette légèrement sur les épaules du Pénitent. Le reste du cérémonial est le même , excepté qu'il n'y a qu'une seule Oraison : Deus. cui proprium est. La forme de l'Absolution diffère un peu de la première , surtout en ce que le prélre y fait mention du pouvoir spécial qu'il a reçu, soit du pape, soit de son évêque.

Selon le Bit parisien, le cérémonial de la baguclte n'esl point observé, mais les prières sont les mêmes, excepté les Versets qui précèdent l'Oraison Deus, cui, etc. ; l'Absolution est conçue dans les mêmes ternies qu'au Romain, si l'on en excepte quelques mots ajoutés au commencementaprès 1rs paroles : Do minus noster Jésus Chris tus. Au Romain, ces paroles sont suivies de celles : Teabsolvat. Au Parisien, aux premières sont ajoutés les mots : Qui est supremus Pontifex, ipte te per tuam piissimam misericordiam absolvat...

2* L'autre Absolution par laquelle l'excommunié peut être relevé de la sentence dont il a été frappé se donne après la mort de celui qui en a été l'objet. Celte cérémonie qui est aujourd'hui bien rare a lieu selon le Bit indiqué dans le paragraphe qui suit

Le Bituel romain marque que si un excommunié est mort en donnant des signes de contrition, on peut l'absoudre, afin qu'il no soit pas privé de la sépulture ecclésiastique. Si son corps n'est point eucore inhumé, on accomplit le Rit comme on va le voir et on l'enterre en un lieu bénit. S'il a été inhumé, on le déterre du lieu profane et après l'Absolution donnée ou l'inhume en un lieu bénit. Si entin il a été enterré en un lieu bénit, on l'y laisse et on fait la cérémonie de l'Absolution.

Le prélre impose l'antienne t Exultabunt Domino ossq kumiliata. « Les os humiliés 1res- « sailleront de joie en présence du Seigneur,» puis il récite le Psaume : Miserere mei, et à chaque Verset il frappe d'une baguette le corps , ou bien la lombe.comme il vient d'être dit pour le troisième cas. Quand le Psaume est Gni le prêtre donne l'Absolution : Auctorilate mihi eoneetsa ego te absolvo... et restitua te communioni fidelium : « En vertu de l'autorité qui « m'est confiée je t'absous.... et te réintègre « dans la communion des fidèles. » On récite ensuite le De Profundis et les prières qui le

suivent dans la eérémomoio des obsèques, enfin l'Oraison : Da quœsumus, Domine, anima famuli tui quem excommunicationis sententia eonstrintrerat refrigerii stdem . quietis beatitudinem et superni luminis claritatem.Per Christum. n Donnez , ô Seigneur , nous vous € en conjurons, à l'âme de votre serviteur que « tenait liée une sentence d'excommunication, • un lieu de rafraîchissement, un heureux « repos et la clarté de la céleste lumière. Par « Jésus-Christ. »

Selon le Kit parisien Y Absolution du défunt excommunié se donne de la même manière. Seulement le Prélre ne fait point la cérémonie de la baguette , et quand tout est fini il asperge d'eau bénile le corps ou le tombeau, en disant : Requiescal in pace. H Amen.

L'Absolution de la suspense, de l'interdit, se confère pendant la confession sacramentelle, ou en dehors de celle-ci, par une formule qui exprime simplement l'acte qui est fait et la cause pour laquelle il se lait.

L'hérétique qui veut rentrer dans le sein de l'Eglise doit commencer par abjurer publiquement ses erreurs, à moins que pour des raisons graves il ne soit dispensé de celte rétractation solennelle. Le Pastoral de Paris contient l'ordre de celle absolution publique de l'hérésie. Le prélre qui a reçu mission A cet effet se rend a la porte du chœur en surplis et en elole violette. LÀ se tient à genoux celui qui doit recevoir l'absolution , et il est accompagné de plusieurs témoins. Le Veni Creator est entonné et pendant ce chant tout le monde se prosterne. L'hymne se termine par le Verset ordinaire et par l'Oraison accoutumée : Deus qui corda. Puis le prêtre s 'étant assis adresse une exhorlalio'u au prosélyte. Lorsqu'elle est finie, celui-ci se mettant à genoux devant le prélre l.t une formule de profession de foi catholique telle qu'elle a été dressée sur les décisions du Concile de Trente, parle pape Pie IV. Il pose ensuite la main droite sur les saints Evangiles et prêle serment de garder et professer constamment jusqu'au dernier soupir la foi catholique.

Après celle profession de foi le prosélyte récite à genoux le Psaume Miserere, truand il est fiai le Prêtre se lève, dit trois fois Kyrie eleison, Pater noster, les Versets Salvum fac. Nihil proficiat. t'slo ei, Domine, txaudi orotionem, et l'Oraison Deus cui proprium est.

Le prélre s'assied, impose une pénitence, récite Misereatur et Jndulgentiam , et tenant la main étendue sur le pénitent lui donne Y Absolution selon la formule accoutumée : Dominus mêler; ele, en y ajoutant les paroles spéciales pour la circonstance. Après l'Absolution le prélre lit sur le nouveau catholique l'Evangile selon saint Jean : Inprincipio. La cérémonie se termine par le Te Deum.

Le Pontifical romain présente l'ordre de réconciliation d'un apostat, d'un schismatique ou d'un hérétique. L'évéque interroge d'abord, à la porte de l'église, celui qui doit être réconcilié, sur les articles de foi. Pendant que celui-ci est à genoux l'évéque fait sur lui un exorcisme et puis lui imprime sur

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le front le signe de la croix : Accipe signum crucis, clc. Après ce premier cérémonial !c pontife prenant de sa main gauche la droite du postulant l'introduit dansî'église jusqu'au pied de l'autel en proférant la formule de réception : Ingrederein EcclcsiamDei a qua in» catite abenasti ac evasisse te laqueo mortis

agnosce Cole Deum Patrem onmipvtentetn,

et Jesum Christum Filium ejus et Spiritum, Sanetum, unum titum et verum Deum sanclam et individuam trinitatem. « Entre dans l'E- « glisc de Dieu dont tu avais eu l'imprudence «de t'écarler, et reconnais que tu t'es sauvé « des filets de la mort ... Adore Dieu le Père « tout puissant, et son Fils Jésus-Christ, et le « Saint-Esprit, un seul vivant et vrai Dieu. « sainte et indivisible Trinité. » Le pontife* récite sur le nouveau réconcilié deux Oraisons d'une admirable onction, après lesquelles il se met de nouveau à l'interroger sur la foi, et s'assure pur ses réponses s'il est parfaitement résolu de vivre dans un éloignemeul absolu de la secle hérélique, du paganisme, ou du judaïsme qu'il abandonne. Le nouveau catholique se met à genoux devant l'évéque qui imposant la mpin droite sur sa léte, récite une Oraison dans laquelle il invoque en faveur du réconcilié les sept dons du Saint-Esprit. Celui-ci lit ensuite une abjuration qu'il confirme en prêtant serment sur le livre des Evangiles.

On donne aussi le nom d'Absolution au petit Capitule qui se lit à la fin des Psaumes de chaque Nocturne. Comme c'est là que se termine le Nocturne et qu'immédiatement après commencent les L< çons de l'Office, précédées de la Bénédiction, ce Capitule a reçu le nom d'Absolution qui dans ce ras a le même sens que fin, terminaison.

VARIÉTÉS

On trouve dans de trè?-aneiens Sarramenlaires cités par le père Moriu, une Oraison intitulée : Benedictio super eos qui de ariana turresi ad catholicam redeunt unitalem.* Bénédiction sur « eux qui. abandonnant la secte « arienne reviennent à l'unité de l'Eglise

• catholique.» Celte Oraison était récitée par le .prélre, qui en même temps imposait les mains sur le réconcilié. Domine Deus. Pater omnipolens , Pater DomininostriJesu Christi, qui dignatus es famulum ou fumulos et famutas tuas ab errore et mendacio hareseos arianœeruere, et ad Ecclesiam tuam catholicam eos perducere; tu, Domine, mitte in eos Spiritum paracletum sanctum, sapientice et intetlectus , spiritum consilii et fortitudinis , spiritum scientiœ et pielatis,et aaimpleeos. Domine, spiritu timoris Dei in nomine Jesu Christi salvatoris nostri per quem et cum quo est iibi honor et gtoria, in secula seculorum. « Seigneur « Dieu, Père Tout-Puissant, Père de Notrc- « Seigneur Jésus-Christ , qui avez daigne « arracher du sein de l'erreur et du men- « songe de l'hérésie arienne et rappeler dans « l'Eglise catholique (votre scrvilegr, ou bien

• s'il y en a plusieurs ) vos serviteurs el v<>* « servantes, faites descendre sur eux, ô St i-

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« cnenr, votre Saint-Esprit consolateur ,

■ rEsprit de sagesse et d intelligence, l'Es- « prit de conseil cl de force, l'Esprit de « science et de piété : remplissez-les» Sej-

■ gneur. de l'Esprit de crainte au nom do • Jésus-Christ notre Sauveur, par qui et « avec lequel vous sont rendus honneur et « gloire dans les siècles des siècles. »

Les paroles dont se compose cette Oraison sont, comme on voit, irès-parfaitemenl adaptées à la circonstance où on l'employait , et l'hérésie arienne s'y trouve Tort directement réprouvée par la conclusion.

L'hisloire ecclésiastique nous fournit plusieurs exemples d' Absolutions célèbres accordées par les papes à de puissants personnages qui avaient été frappés de censures ecclésiastiques. Qui ne connaît le fait qui eut un si grand retentissement en Europe, en 1077 , lorsque Grégoire Vil donna l'Absoluiion à l'empereur Henri IV? ce prince partit d'Allemagne pendant la plus rude saison de l'année, avec sa femme et son Gis encore enfant, traversa les Alpes avec les incommodités les plus pénibles, et se rendit a la forteresse de Canossa où le pape se trouvait. Pendant trois jours il se tint à la porte du château, sans aucun insigne de sa dignité , nu-pieds , vélu d'une chemise de laine, et observant un jeûne rigoureux. C'était à la fin du mois de janvier. Le pape enfin l'admit à ses pieds et lui accorda l'Absolution. Il est vrai que Henri semblait u'avoir eu en vue, dans celle conduite si humble, que de se concilier l'esprit de ses sujets, puisquo bientôt il retomba dans les mêmes excès. On a beaucoup parlé de cette conduite du pape à l'égard de l'Empereur, mais on n'a pas tenu compte de l'époque. On ne peut juger de ces faits historiques en se plaçant au point de vue de nos temps modernes, et les écrivains qui se disent philosophes ne donnent point en ceci de grandes preuves de leur sagesse et de leur sagacité. Grégoire VII est placé au catalogue des saints, el sa fêle est célébrée le 25 mai.

En l'année 11W, le pape Célestio II reçut les ambassadeurs du roi de France Louis VII qui avait élé frappé des censures d'Innocent II, pour n'avoir pas reconnu l'archevêque de Bourges nommé par ce pape. Célestio traita avec bienveillance ces ambassadeurs, et en présence d'un grand nombre de personnes de haute distinction donna, du haut 1c son trône, l'Absolution demandée, par un signe de croix.

L'Empereur Frédéric Barberoussc, après la bataille de 1177, où il fut battu par les Milanais, attribuant celle défaite à l'excommunication que le pape Alexandre 111 avait fulminée contre lui, en 1 108, vint se mettre à genoux aux pieds de ce pontife , dans l'église de Saint-Marc, à Venise, cl en obtint l'Absolution. On a forgé à ce sujet un conte odieux qui a été réfuté par h* cardinal Baronius. Nous en disons un mot dans l'article Chaire.

Dans des temps plus rapprochés de nous , l'histoire nous retrace l'Absolution solennelle

Ans si

a* e pape Clément VIII accorda, en J50ii , Henri IV, roi de France. On sait que l'archevôque de Bourges avait reçu son abjuration du calyiuisme, à Sninl-Denys, el 1 avait relevé des censures encourues surtout pour avoir embrassé l'hérésie après l'avoir quittée; mais le pape ayant déclaré la nullité de celle Absolution, le roi en sollicita une do ce pontife. Elle fut donnée le 17 septembre. En ce jour, les deux ambassadeurs du roi, du Perron et d'Ossat, le premier évéque d'Evreux, puis cardinal, le second charge des affaires de France, cl plus lard aussi cardinal , « vêtus en simples prêtres, se présentèrent « au pape qui était assis sur un trône élevé « dans la place de Saint-Pierre, entouré des • cardinaux. On lut la requélo du roi, « et les conditions de l'Absolution , que du « Perron el d'Ossal, au nom du prince promi- « rent d'observer. Ils abjurèrent ensuite , « selon la formule prescrile, les erreurs con- « traires à la foi catholique. Ils se mirent a « genoux devant le Souverain Pontife, et reçu- « rent de lui , comme pénitents publics , « quelques légers coups de baguette, pendaut « que le chœur récitait le psaume Miserere. « Le pape se leva, lut quelques prières ; et « s 'étant assis la tiare en léle, il prononça à « haute voix la formule d'Absolution el entra « dans l'église où l'on chanta le Te Deum. » (Histoire de France par Anquetil, tome VI.) A celte occasion le pape ut frapper une médaille qui d'un côté le représentait luimême el de l'autre le Uoi.

On a des exemples d'Absolution accordée à des villes et à des Etats. En 1275 , Grégoire X releva ainsi de l'interdit la ville do Florence qui avait rompu la paix conclue entre les Guelfes et les Gibelins. L'auteur duquel nous tenous ce fait el qui écrit à Home, sous les yeux de Notre S.iiulPèreGré» goire XVI, nous dit que Grégoire X donna celte Absolution en passant sur le pont de l'Arno, qui était débordé, mais qu'après l'avoir traverse il renouvela l'interdit.

La même ville fut absoute par Sixte IV , en 1480. Au premier Dimanche de l'Avenl , les ambassadeurs de cette cité se présentèrent au portique de la Basilique de Sainl- Pierrc, et lorsqu'ils curent reçu quelques légers coups de baguette, le pape prononça l'Absolution.

En 1510 une cérémonie pareille se renouvela à l'égard des ambassadeurs de. la république de Venise contre laquelle une sentence pontificale avait été fulminée.

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