‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 169 sur 519 · CONFITEOR · texte numérisé non relu

CONFITEOR

Cette formule de confession, qui est récitée par le célébrant et les ministres au pied de l'autel, ne se trouve point comme partie intégrante de la Messe dans les anciens Sarramentaires. Le Psaume et la confession dont nous parlons y sont considérés comme préparation que 1 on pouvait faire avant d'arriver à l'autel, cl selon la forme qu'on voulait y employer. Avant le neuvième siècle, on ne trouve rien d'écrit à cet égard. A dater de ce temps, les Missels ont indiqué des prières ou des formes de confession ou Confiteor qui nécessairement devaient varier. Ce Hit très-respectable ne pourrait-il pas tirer son orig'.ne de ce que nous lisons dans le livre des Pnralipomèncs? Le prêtre, avant le Sacrifice, faisait une sorte de confession en son nom et en celui du peuple : Peccatimu.", Domine, injuste cr/imtis , tnifuitatem fecimus. Il nou<* serait impossible de rapporter ici toutes les formules de Confiteor que nous Iront on « dans les Missels anciens et modernes. Depuis que le saint pape Pic V a inauguré pour toute l'Eglise Occidentale une Liturgie uniforme, le Confiteor est récité au pied de l'autel selon la formule connue. Les exceptions sont peu considérables. Le Rit ambrosien luimême , qui s'écarte beaucoup de celui de Rome, ne diffère de celui-ci, dans son Confiteor, que par le nom de saint Ambroise , lirai o Ambrosio, ajouté aux saints apotren Pierre et Paul. Le Hit mozarabe, depuis le cardinal Ximénès a adopté le Confiteor ro main. Les Arméniens, après Jean le Précurseur, placent saint Etienne, premier martyr, et saint Grégoire rilluminaleur. Enfin la Liturgie grecque a une confession conçue dam des termes dIus Généraux et il n'y est foil mention d'aucun Vainl.

LITURGIE CATIIOLIUI'K.

Ouanl au Confiteor romain dont nous par- bo et opère, mea culpa, mea maxitna culpa. Ions, il se trouve daBsdcs Missels manuscrits ldeo precor beatissimam et gloriosam virgi-

antérieurs à Lan 1300, selon te témoignage du cardinal Bona. La percussion de la poi- Iriue, outre qu'elle est naturellement amenée par les paroles : Mea culpa, est très-ancienne. Saint Augustin en parle, cl c'est une bien digne imitation de ce que l'Evangile nous rapporte du publicain se tenant à la porte du temple

nem Mariam et omnrs sanctos et sanctas, et vos, Patrem, orare pro me.

Dans le Missel d'Augsbourg, publié par le cardinal Oluon au seizième siècle, celle confession est ainsi formulée : Ego, reus et conscius omnium malorum meorum, confiteor Dto Patri omnipotenti, et bealœ Maria semper tirgini, et omnibus sanctis, et vobis, in Christo,

Les fidèles font à leur tour une confession guod ego miser et indignus peccator peccavi

diiis laquelle ils changent le mol Fratres en celui de Pater. Si le célébrant s'avoue pécheur, les assistants doivent faire aussi le même aveu, selon les paroles de saint Jacques : Confitemini altcrutrum peccata xestra, « Confessez vos péchés l'un à l'aufre. » Enfin le célébrant, dans les prières Misereatur et Judulgentiam qui suivent , prie pour lui cl pour le peuple, afin que la miséricorde du Seigneur vienne purifier les ames qui l'implorent. C'est l'accomplissement du vœu exprimé à là fin du Confiteor.

L'évéquc prend le manipule après ces paroles. Durand de Mendc y attache un symbolisme que nous ne ferons pas connaître. Lorsque les chasubles étaient très-amples cl sans échancrurc, on relevait en ce moment

les pans latéraux afin que les mains du célé- pas avoir été partout observée. Plusieurs Sa-

nimis in vita mea mala, cogitalione, loculione. cvnscnsu. visu, ore. opère et omissione ; mea culpa, mea gravissima culpa. Jdeo precor gloriosissimam Virginem Mariam. sanctos apostotos Pelrum et Paulum atque Andream. Udalricum, Sebastianum. Vitum, sanctas Mariam Magdalenam. Catharinam, Barbaram, Âfram cum sodalibus suis, isios et hodiernos et omnes sanctos Dei et palronos,el vos, orare pro me peccatore. -

Ces exemples suffiront pour donner nno idée de la variété qui régnait dans ces formules avant l'adoption de celle de saint Pie V.

Le Confiteor est récité aussi par le pénitent avant la déclaration de ses péchés. C» lie pratique est très-ancienne, mais ne semble

brant fussent libres, et alors il prenait le manipule qui n'aurait fait que l'embarrasser avant ce moment. Ceci était commun aux évéques et aux prêtres. Depuis que la forme des chasubles a subi une grande modification, les premiers ont continué d'user de l'ancien Kit exclusivement aux seconds. 11 n'y a donc ici ni raison mystique ni privilège.

YARIKTLS.

Nos lcclcurs ecclésiastiques trouveront ici

cramcnlaircs,qui prescrivent avec détail les Prières qui doivent précéder la confession, n'en parlent pas. Celui d'Ecbert, archevêque d'York en 73a, dit que le pénitent qui veut se confesser, après s'être prosterné devant Dieu, priera la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, de daigner intercéder pour lui. 11 priera de même tous les saints apôtres, martyrs, confesseurs cl vierges, afin qu'ils lui obtiennent de Dieu la sagesse, l'intelligence cl le courage qui lui est nécessaire pour bien faire connaître ses péchés. Il se lèvera et dira au confesseur : Mea culpa quia nimis in cogila-

sans doute avec plaisir diverses formules du tionejocutione et opère peccavi, confiteor co-

Confittor. Nous les puisons dans le cardinal liona, Grancolas, etc.

Un très-vieux manuscrit, cité par le premier auteur, présente celte formule : Confiteor Deo omnipotenti et islis ( à Dieu toutpuissant et à ceux-ci, c'csl-à-dirc aux saints dont les reliques enrichissaient l'autel), et omnibus sanctis ejus, et vobis fratribus, quia ego miser peccavi nimis in lege Dei mei cogitatione, sermone et opère, pollutione mentis et corporis et in omnibus maiis quibus humana frayilitas conlaminari potest. Proplerea prevor vos ut oretis pro me misero peccatore.

L'ancien Kit de Cluny défendait de réciter tin Confiteor plus long que le suivant : Coniteor Deo et omnibus Sanctis ejus, et vobis,

ram Deo omnipotente, coram hoc altare sancto et sanctis reliquiis quas in hoc loco sunt, et coram te sacerdote quia peccavi nimis. « C'est « par ma faute que j'ai grandement péché « par pensée, par parole el par action ; je « confesse en présence de Dieu tout-puissanl, « devant ce saint autel el les saintes reliques a qui s'y trouvent, et devant vous, prêtre, « que j'ai beaucoup péché. »

Saint Chrodegang, évéque de Metz mort en 7W, prescrit une formule à peu près semblable. Néanmoins il y avait toujours une différence entre ce Conkteor et celui du célébrant el des ministres a la Messe.

Enfin il se fait une confession, selon la formule de celle de la Messe, aux Heures de

Pater, quia peccavi in cogitai ione, loculione et Prime et de Complies. C'est de l'Office con-

vpere, mea culpa: precor vos orare pro me.

Un Missel romain manuscrit de la bibliothèque du Vatican présente la confession suivante : Confiteor Deo omnipotenti et beatœMa* tiœ Virgini et beaiis apostolis Petro et Paulo, fnnelo Augustino, sancto Hieronymo, et omnibus sanctis, et vobis, Pater, me graviter peccasse persuperbiam in lege Dei mei. Cogitation, flcttclationc, omisnone, consensu, vrr-

venlucl que cette coutume tire son origine. Les Chapitres séculiers l'adoptèrent ou l'avaient conservée en se sécularisant, et l'Office privé la retint. Le Kit do Paris el de plusieurs autres diocèses n'a de confession qu'à Prime. Le Bréviaire de Rome cl quelques-uns même, qui pour le reste ne s'y conforment point, prescriTenl le Confiteor a Compiles Nous parlons de la confession qui se fait

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