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ABSOUTE

On appelle de ce nom une cérémonie qui se fait le Jeudi saint, avant la Messe et dans laquelle le célébrant récite sur le peuple une formule , qui dans sa teneur , ressemble beaucoup A l'absolution sacramentelle de la Pénitence. On sait que dans la langue liturgique il n'est pas rare de donner la terminaison a, pour to, à des termes qui ont cette dernière. Ainsi on trouve offensa pour offen- $*,•> missa pour missio, sécréta pour setretio.

LITURGIE CATI10LIQIK.

Ici, par une contraction, û'Abtoluta on a fait Absolta, à la place à'Absolutio. La traduction è' Absolta a été selon le génie de la langue française, Absoute. Depuis que la pénitence publique n'existe plus, il n'y a pas d'absolu* Uon publique telle qu'on l'administrait aux pénitents le Jeudi saint. Mais comme l'Eglise a roulu conserver le souvenir de eet anlique Rit, ou a donné à celte absolution, qui n est plus sacramentelle et n'opère point la réunis lion des péchés, le nom d Abtolta, on Absoute pour la distinguer essentiellement de la première.

Ce nom est pareillement donné aux prières qui se font pour un ou plusieurs défunts, dans la cérémonie des obsèques , immédiatement après la Messe ou les Vêpres et avant l'inhumation proprement dite. Il y a pareillement Absoute après les Services funèbres, il est aisé de voir que le nom donné à cet ensemble de prières lui vient de la dernière Oraison qui les termine : Absolve, quœsumus, Domine, animant, etc. « Absolvez , nous tous prions, 6 Seigneur, l'âme, etc.» Comme ici il n'y a pas plus d'absolution réelle que dans la cérémonie du Jeudi saint, le terme d'Absoute est très-convenablement employé.

La cérémonie de l'Absoute, avons-nous dit, n'est qu'un vestige de l'absolution donnée autrefois solennellement par l'évéque aux pénitents. Nous parlons amplement de celleci à l'article pénitence publique ( Voyez ce mot ). Longtemps après la cessation de l'ancienne discipline établie par les canons pènitentiaux, il était d'usage dans les églises cathédrales, le Jeudi saint, de lire une longue formule de confession générale , au nom du peuple, et lorsqu'elle était terminée, l'évéque, ou dans les autres églises le prêtre le plus élevé eu dignité, dignior chori, accordait à ce même peuple une absolution générale des péchés. Cet usage n'existe pins en plusieurs contrées. Le Kit romain a totalement supprimé celte cérémonie. A Paris et dans un grand nombre de diocèses de France elle s'est maintenue sous le nom d'Absoute, comme nous l'avons dit. Mais la confession générale ne s'y fait plus en détail, comme autrefois du moins dans le diocèse de Paris.

Le pèreMorin fait connaître la formule par laquelle se terminait la confession générale lue à haute voix par le prêtre au nom du peuple: In signum pœnitentiœet doloris quem ego eoncipio ob Deum meum sic graviter offensum, dico meam culpam, meam gravem culpam , meam gravissimam culpam, aevoteque et humiliter ab eo veniam posco per mérita mortis tt passionis JesuChrisli Salvatoris nostri. atque a te, Pater, pamitentiam et absolutionem. « En signe de pénitence et de douleur que je

• ressens d'avoir si grièvement offensé Dieu, « je dis que c'est ma faute, ma grande faule,

• ma très -grande faute, Je lui en demande « dévotement cl humblement pardon par les » mérites de la mort et de la passion deNotre- « Seigneur Jésus-Christ notre Sauveur, et à «i vous, mon Père, pénitence et absolution. •

Le prêtre avertit ensuite les Qdèles de réci-

ter le Conftteor, ou bien, s'ils ne le savent pas, un Pater et un Ave Maria , puis, tenant ta main étendue sur le peuple, il donne l'abso» lotion générale ou plutôt l'Absoute. Tel était ce Rit dans le Pastoral ou Manuel sacerdotal de Paris, en 1615. Les éditions subséquentes y ont apporté de notables changements. La confession générale ne s'y fait plus. On commence par la récitation des Psaumes pénitenliaux suivis d'une Antienne, de l'Oraison dominicale, de plusieurs Versets et Oraisons; celles-ci sont empruntées de l'ancien Formulaire de réconciliation publique. Ensuite le célébrant imposant les mains sur le peuple prononce l'absolution selon la forme déprécative. Nous pensons qu'il est superflu de l'insérer ici, car on la trouve dans les Paroissiens. Offices de Semaine sainte, etc. •

Le père Morin dit que cette absolution donnée tous les ans avec solennité dans le plus grand nombre des Eglises où on n'a pas totalement aboli le souvenir de l'ancienne dis*cipline est purement cérémonielle. On no doit donc plus la considérer comme faisant partie du sacrement de Pénitence , mais elle doit être placée parmi ce que les scolasliqucs nomment Sacramcntaux. Puis le père Morin dit ces paroles remarquables qui expriment un regret auquel nous nous associons du fond de notre cœur : Sic tandem de antiqué institutione sua paulatim eo usque deflectit. « C'est ainsi qu'enfin dégénérant peu a peu « de sa primitive institution, celte réconciliait tion des pénitents est venue se perdre dansco « simple commémoratif. «C'est ainsi, dironsnous, que cette imposante et auguste cérémonie de l'absolution réelle et efficace des pénitents, au Jeudi saint, a Gni par n'être plus que l' ABSOUTE.

Dieu nous préserve de jeter le moindre blâme sur le Rit romain. L'autorité qui l'a ainsi établi est et doit être l'objet de notro profonde vénération. Mais apparemment il ne nous est pas défendu d'exprimer la satisfaction chrétienne que nous fait encore éprouver la cérémonie de l'Absoute, dans les églises où elle se fait. Elle peut fournir du moins à un curé instruit et zélé l'occasion de rappeler à ses paroissiens la mémoire do l'ancienne discipline, en gémissant avec eux du refroidissement de la primitive ferveur. D'ailleurs V Absoute , comme on vient de lo voir, est un des Sacramenlaux, et ceux-ci ne sont jamais sans mérite lorsqu'on y apporte une âme saintement disposée. L'assistance à cette cérémonie, lorsqu'on en connaît l'origine et le but, peut exciter de dignes sentiments de componction pour les péchés qu'on a commis et de confiance en la miséricorde de Dieu.

Outre l'Absoute dont nous venons de parler, et qui a lieu le Jeudi saint, il s'en fait encore une au Prône de la Messe solennelle du jour de Pâques, dans le diocèse de Paris. Le Curé avertit que, « pour conserver un « reste et une image de la réconciliation pu- « blique des pénitents, qui ne se faisait an- • ciennement que le Jeudi saint, » on va ré-

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