A US
citer une formule de confession générale, et etrsuite prononcer YAbsoute. Les assistants sont avertis de se tenir debout, et, pendant ce temps, le curé récite : o Je me confesse à « Dieu, tout-puissant, etc. »Jl lit ensuite les Commandements de Dieu et ceux de l'Eglise, et enfin ajoute une formule de confession générale. Les anciens Rituels contiennent une très-longue confession détaillée de tous les péchés que l'on peut avoir commis contre les Commandements : le nouveau Rituel imprimé en 1839 l'a supprimée. Dans l'ancien Kiluel, le Çunfiteor en français se termine après la confession générale, par les paroles : « Je reconnais que c'est par ma faute quo j'ai « péché ; j'en demande très-humblement par- « don à Dieu par les mérites de la mort et de « la passion de Jésus-Christ, notre Sauveur, « et ic supplie la sainte Vierge et tous les
■ saints de prier pour moi le Seigneur « notre Dieu. » On voit que cette formule ressemble beaucoup a celle que nous avons fait connaître, d'après le Rituel de 1615. Dans celui de 1839, on a ajouté quelques paroles à l'ancienne formule, et la nouvelle se termine ainsi : « Afin que, par le secours de
« sa grâce, je puisse mourir au péché, rcs-
■ susciter avec Jésus-Chrisl, cl conserver inm violablemenlle bienfait iueslimable de cette « résurrection. »
Les anciens Rituels et le nouveau concordent relativement à la forme de l'absolution générale que le curé donne en chaire à ses paroissiens. Cette formule ne diffère point de celle du Jeudi saint, en ce qui regarde les
E a rôles que le célébrant prononce en tenant i main étendue sur le peuple : Bomintu noster, etc. Mais danslMfaoufe du jour de Pâques, avant de prononcer cette dernière, le célébrant dit : Per meritum passionis et virlutem resurrectionis Domini noslri Jesu Chrifti, per intercessionem bealce Mariai semper Yirginis et omnium sanctorum et sanetarum, miser talur testri omnipotent Deus, et dimittat vobis omnia peccala teslra.et perducat vos ad vitam œternam. « Que. par le mérite de la pas-
• sion et la vertu de la résurrection de Notre
• Seigneur Jésus-Christ, par l'intercession de « la bienheureuse Marie toujours vierge, et « cl de tous les saints et saintes, le Dieu tout- « puissant ail pitié de vous, et qu'il vous re—
• mette tous vos péchés el vous conduise à la « vie éternelle. »
Aces premières paroles le célébrant ajoute : fndulgenliam, f ubsolulionem et remissionem omnium peccatorum vestrorum, cor contritum et vert pcenitens gratiam et consotationem Sancti Spirilus tribuatvobis omnipotens Deus. Amen. « <Ju'il vous accorde l'indulgence, l'ab-
■ solution el la rémission de tous vos péchés,
■ un cœur contrit et sincèrement pénitent, « la grâce el la consolation du Saint-Esprit, « le Dieu qui est tout-puissant. » Eiifiu, après V Absoute, Dominus noster, etc., le curé donne la Bénédiction ordinaire : Uenedictio Dei omnipotentis. etc.
L'Absoute du jour de Pâques ne se trouve pas plus dan? le Rit romain que celle du Jeudi saint. Elle se borne à un très-petit
UTOJRGIB,
nombre de diocèses ; cl ceux qui ont adopté h? Rit proprement dit parisien, tels que Rlois, Evrcux, Mende, etc., etc., n'ont point adopté pour cela Y Absoute de Pâques, quoiqu'ils en aient pris celle du Jeudi saint.
Le jour de l'Absolution publique, ou réconciliation des pénitents, n'a pas été toujours la même dans l'Eglise. Ainsi, pendant qu'à Rome cl dans un grand nombre d'Eglises d'Occident elle était donnée, le Jeudi saint, à Milan et en Espagne, on avait choisi le Vendredi saint comme un jour où l'application des mérites de la passion du divin Rédempteur était mieux comprise par les pénitents auxquels onxcu expliquait en même temps les louchantes circonstances. En Orient il en était de même, et en plusieurs Eglises de ces contrées, cela avait lieu le Samedi saint.
L'histoire ecclésiastique nous fournit des exemples d'absolution donnée aux défunts. 11 est vrai que le pape Gélase I", dans un Concile romain tenu pour absoudre un évoque, déclare que celle absolution ne peut s'étendre à Vital son collègue qui était mort sans avoir élé réconcilié, cl il en donne une raison péremptoire, tirée des paroles mêmes de Jésus-Christ : « Tout ce que vous lierez sur « la terre, etc. » L'Eglise ne peut donc avoir de juridiction sur ceux qui ne sont plus sur la terre. Le sentiment du pape Gélase ne fut pas adopté dans un grand nombre d'Eglises, et quelques-unes des plus célèbres embrassèrent même une opinion contraire. 11 est incontestable, d'autre part, que l'on a souvent excommunié et analhématisé des défunts. « Si l'un a pu condamner et lier après « la mort, dit le père Morin, il a donc été « licite de délier. De là est né, dil le mémo « auteur, la coutume d'absoudre après la a mort : » Ilinc absoivendi post mort an nota est consueludo. Nous n'entrons dans celle grave question que pour faire connaître l'origine du cérémonial qui a lieu sur le corps d'un défunt avant son inhumation, et qu'on nomme Y Absoute. Le fond de la question ne doit point ici nous occuper. Il est bien certain d'autre part, que cette Absoute funéraire, telle qn'on la pratique aujourd'hui avant de porter le corps en terre, n'est, à son tour, comme les Absoutes du Jeudi saint el de Pâques, qu'un reste de l'absolution donnée après la mort. L'Oraison que le célébrant dit en cette circonstance est d'uno très-grande antiquité, el l'on y voit une véritable forme dcprccalive de l'absolution : Absolve, quœsumus, Domine, animam famuli tui ab omni vinculo delicloruml a Absolvez, • nous vous en conjurons, ô Seigneur, l'âme « de votre serviteur, de tout lien de ses péchés I »
Le Pontifical romain donne le nom d'absolution ou d'Absoute à la cérémonie qui a lieu après la Messe célébrée aux obsèque* d'un pape, d'un cardinal, etc., d'un prince couronné ou d'un seigneur de paroisse. Les termes du cérémonial sont formels : Finita Alissa, ordinanlur in loco, ubi absolution u
fieri debebunt unum faldistorium, etc.
[Deux.}
fi i.îTi ru;u: c
■ Après la Messe, on place, au lieu où doivent « se faire les Absoutes, un fauteuil, quatre « escabeaux, etc. » Chaque Absoute se compose d'un lapons, du Pater récité à voix basse de plusieurs Versets analogues, et d'une Oraison qui varie, comme tout le reste, pour chacune des Absoutes. Elles sont au nombre de cinq aux enterrements d> s grands personnages dont on fait mention en tète de la Rubrique. Los Oraisons des deux dernières Absoutes commencent par le mot : Absolve. La première est en tout semblable à celle n'ont nous venons d'insérer les ternies, et qui esi commune à tous les enterrements. La deuxième est ainsi conçue : Absolrc, 711esumus. Domine, animant ftunuH lui ut drfunctus scprulo tibi viral, et qwv per fragilUntem carnis humnna convrrsutiune comtnisit, tu renia misericordissimœ pietntis ab*terye. Pcr Christian Dominum nostrum ! a Absolvez, nous « vous en supplions, ô Seigneur, l'âme de « votre serviteur (on prononce ici , comme m dans toutes les autres Oraisons, le nom « baptismal du défunt ou de la défunte), afin « que, mort à ce siècle, il vive dans vous; et « par le généreux pardon de votre infinie « miséricorde, lavez les souillures qu'il a pu « contracter par un effet de l'humaine fragi- « lité, pendant qu'il vivait sur la terre! Par « Jésus-Christ, Notre Seigneur. »
Selon le Uil parisien, qui est celui d'un très-grand nombre de diocèses, il y a pour le prêtre deux Absoutes seulement, à moins que ce prêtre ne soit revêtu de la dignité de cardinal; et, en ce cas, il y a les cinq Absoults dont nous avons parlé. Mais à la place du Répons Impinguasti eaput meum, qui fait allusion au sacre épiscopal, on chante un autre Uépons, Ad Dominum, qui est le troisième du premier Nocturne de l'Office des morts. Quant aux autres personnes considérables dont le Pontifical romain fait mention, les cinq Absoutes ont lieu lorsque l'officiant est un prélat. S'il n'est que prêtre, de quelque haute dignité qu'il soit d'ailleurs revêtu, autre que celle de cardinal, il ne doit jamais y avoir qu'une seule Absoute, a tant pour les « cardinaux qui n'ont point le caractère épis- « copal, que pour les souverains et autres « princes. » Pour l'inhumation d'un évêque autre que celui du diocèse, il n'y a que trois Absoutes ; mais elles ont lieu quoique le célébrant ne soit qu'un prêtre : il en est "de même pour l'inhumation d'un* cardinal revêtu de l'épiscopat. Le Pontifical romain porte, qu'aux services anniversaires il n'est jamais fait qu'une seule Absoute, pour laquelle le célébrant choisira l'Oraison qu'il voudra parmi celles qui terminent les cinq Absoutes dans la cérémonie de l'enterrement.
11 y a sans nul doute beaucoup de variations rituelles dans le cérémonial dont nous parlons ; les diocèses mêmes qui suivent le Kit romain ont quelquefois, pour les obsèques, un ordre spécial auquel on se conforme dans ces circonstances, et auquel une longue coutume a imprime un sceau d'antiqnité respectable.
VAMÊTKS.
En ce qui concerne Y Absoute du Jeudi saine, on conçoit que nous ne pouvons guère ajouter à ce que nous en avons dit, parce que ce n'est qu'un reflet bien pâle de ce qui se pratiquait au temps où la pénitence publique était en usage. Ce mémorial même se borne à un petit nombre d'Eglises. Aucune particularité un peu remarquable ne peut donc élre notée. Mais nous plaçons ici quelques explications symboliques qui se rattachent à l'absolution ou Absoute de la cinquième série de la Semaine sainte. Elles se trouvent dans Durand de Mende. Selon cet auteur, les pénitents sont introduits dan» l'église . le Jeudi saint, parce que c'est un jeudi que Dieu créa lc> poissons et les oiseaux. Une pat lie de celte création rentra dans le gouffre des eaux, les poi sons , tamlis que les oiieaux furent placés dans les airs. On entend par le premier genre d'animaux, les hommes cupides, avares , qui se plaisent dans les eaux immondes des voluptés d'ici-bas; par le second, on entend les hommes spirituels qui , par leurs affections pures, se détachant de II terre, semblent prendre leur vol vers les régions célestes. Les pénitents sont ces derniers qui, séquestrés des grossiers plaisirs de ce monde, sont comme introduits dans lu ciel en esprit, de même qu'ils sont reçus corporellemenl dans le sein de l'Eglise.
Si notre auteur n'est pas très-heureux daos son explication mystique du'choix que l'Eglise a fait de la cinquième férié pour la réconciliation des pénitents , il en donne une autre qui paraîtra à tout le monde très-plausible: c'est parce qu'en ce jour Noire-Seigneur institua l'Eucharistie, qui est un sacrement de « miséricorde. Ainsi donc, conlinue-t-il , a parce que Jésus Christ seul, par sa miséa ncorde, efface les péchés, on réconcilie le* « pénitents en ce même jour où il consacra « le sacrement de sa miséricorde. »
L'Eglise grecque ne pratique pas le cérémonial de Y Absoute aux enterrements. Elle reconnaît pourtant que l'excommunication dont on a été frappé pendant la vie et sous le poids de laquelle on est mort . peut être levée. 11 n'est pas rare que cela arrive ,à la sollicitation des parents , qui prétendent que tant que dure cette excommunication , le corps ne peut se dissoudre ; mais qu'un es- ,prit malin , s'emparant de ce cadavre, privé de l'umc, il le fait agir; en sorte que ce corps mange pendant la nuit, se promène et digère. Le chevalier Hicaut, raconte dans son ou- ' v rage fort estimé (i/ istoire de l'Eglise grecque), un trait fort curieux. Il ne sera pas déplacé dans ce paragraphe : un caloyer ou moine grec, nommé Sofronio, homme trèsestimé à Smyrne, le raconta à Kicaut, en lui protestant avec serment qu'il ne parlait que comme témoin oculaire. « J'ai connu , dit co « caloyer, un homme qui, pourquclquefaule « qu'il avait commise dans la Morée, s'enfuit « en l'ilo de Alilo. Il évita véritablement de « tomber entre les mains de la justice; mais