‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 206 sur 519 · EGLISE · texte numérisé non relu

EGLISE

La religion qui s'occupe plutôt de Yesprit qui vivifie que de la lettre qui tue, donne le nom à' Église non-seulement aux fidèles assemblés sous la houlette du même pasteur, mais au lieu même* à l'édifice dans lequel ces fidèles s'assemblent; les Grecs nommaient toute assemblée el même le lieu de sa réunion. Ce terme est passé à la langue latine dans toute sa pureté, et a la même >ignification. Les païens appelaient ieuiplum, temple , l'édifice élevé en l'honneur des idoles , mais les premiers chrétiens se gardaient bien soigneusement d'appeler ainsi le lieude leurs réunions, afin de n'avoir rien de commun avec les idolâtres ; c'est pourquoi ceux-ci ne manquaient point de reprocher aux chrétiens qu'ils ne formaient qu'une secte athée et dangereuse à la société, puisqu'on ne leur voyait aucun temple; les premiers fidèles répondaient : « Nous consacrons à Dieu un m sanctuaire non dans des temples, mais dans « nos cœurs. » Il faut convenir que plusieurs auteurs, séduits par les protestations unanimes des anciens Pères contre toute pensée d'imitation de temples païens, ont prétendu qu'araot Constantin il ne s'éleva aucune église en l'honneur du Dieu des chrétiens ; c est uneerreurqui s'explftiue parla réponse r*es chrétiens an reproche des idolâtres; mais U aal très-certain qu'après l'Ascension de

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Jésus*Chrisl el surtout après la Pentecôte, U y eut des lieux d'assemblée auxquels on imposa le nom d'ecclesia, église. Ainsi une tradition constante nous apprend que le canaculum ou salle à manger dans laquelle Notre- Seigneur fil la dernière cène et institua la sainte Eucharistie fut convertie en une église. Il est probable que c'e«t de cet oratoire que saint Cy rille veut parler quand il fait mention Ce Yéglise des apôtres. Les lieux où se réunissaient les premiers chrétiens n etaien point des édifices particuliers, mais seulement des salles disposées pour ce service dans l'intérieur des maisons; il suffit de se rappeler que ce ne pouvait être autrement à cause des crsécuiions incessantes que l'enfer suscitait la doctrine évangélique ; on en trouve plusieurs preuves dans les Actes des Apôtres. Nous nous contenterons de rapporter les paroles du saint Paul dans sou Epllre aux Colossiens : Sulutale Nympham et qure in ejus domo eu ecclesiam ; « Saluez Nymphe et / église qui e»t dans sa mai>on. » Toutefois, au milieu même de ces atroces persécutions , les chrétiens étaient parvenus à ériger des édifices exclusivement consacrés au culte ; ainsi il y avait une église dans la ville de Nicomédie, elle était même bâtie sur un lieu élevé ; car les empereurs Diodéticn e* Maximien, so trouvant en celte ville, surent bien la distinguer et ordonnèrent qu'elle fût abattue. Un autre fait vient à l'appui de c • que nous disons et se rattache à l'année 24G ; en ce temps il y avait une église à Home, puisque l'empereur Philippe, qui avait beaucoup d'iuclinatiou pour le christianisme, ayant voulu y entrer dans la nuit de Pâques, en fut repoussé. Au commencement du quatrième siècle, les chrétiens ne craignant plus autant de scandaliser les idolâtres dont le nombre était fort diminué, donnaient le nom de temple à leurs églises sans difficulté, néanmoins celte dénomination n'a jamais été que facultative, et le sanctuaire eucharistique a toujours porté par excellente le nom d'église. Nous ferons observer en passant , à nos frères séparés , qu'ils ne sont pas heureux dans la préférence qu'ils donnent au nom de temple pour désigner le lieu de leurs assemblées; cette affectation est beaucoup plus païenne que chrétienne , el ils ne peuvent point , comme on vient de voir, invoquer en leur faveur l'antiquité religieuse; on n'ignore poiut que c'est pourtant là leur prétention.

Nous n'avons point a traiter ici des lieux divers où l'on célébra le saint Sacr fice pendant les siècles de persécution ; lorsque ce. le* ci était extrême, les chréliens se cachaient dans de sombres cryptes pour se dérober aux poursuites de leurs ennemis. Nous en parlons assez amplement dans l'article cstptes. [V. ce mot). Nous devons nous occuper dans celui-ci de Yéglise proprement dite , en renvoyant pour les diverses parties d'un temple chrétien , ainsi que pour son ameublement , aux articles spéciaux que nous leur avons consacrés.

U serait bien important de savoir quelle était

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Li forme, quelles étaient les dispositions intérieures des église» bâties avant la paix rendue au christianisme par l'empereur Constantin. Nous n'avons aucun documeiit positif sur le génie architectural de ces temples, l'analogie pcul néanmoins nous apprendre quelque chose de certain à cet égard : les historiens nous disent que les églises qui s'élevèrent de toutes parts étaient une reproduction de celles qui avaient été ruinées. Sozotuène s'exprime ainsi : « On répara les églises qui étaient as-

• sez grandes , on en bâtit de nouvelles en

• quelques endroits, et l'empereur en fit lui- « même les frais. » Or , en général , les anciennes églises avaient la forme d'un vaisseau , la grande porte en figurait la poupe , j'abside la proue et le corps du bâtiment portail le nom de navis, nef, vaisseau. Telle est en effel la forme symbolique prescrite par les Constitutions apostoliques; on ne peut cependant voir en ceci une règle invariable : car l'empereur Constantin Gt élever à Antioche une église de forme octogone , sa pieuse mère fit pareillement ériger à Jérusalem la célèbre Anastasis en l'honneur de la résurrection de Noire-Seigneur. Cette église était complètement ronde et sa voûte étail soutenue par douze colonnes.

Les basiliques dont les empereurs chrétiens firent prèscnlau culte çallio}hjucélaient des palais de justice ou prétoires, les affaires contenlieuscs s'y plaidaient. Quelques-uns de ces édifices étaient devenus des lieux de négoce, il n'y avait donc pas eu de symbolisme pieux qui en eût dirigé la construction. Leur style archilcctonique influa beaucoup sur celui des nouvelles églises. Assez ordinairement ces édifices royaux , ^ palais de roi, avaient trois nefs parallèles ; l'extrémité de la nef principale se prolongeait et s'arrondissait, les collatérales étaient moins longues,inaisleurs extrémités s'arrondbs lient pareillement; ce genre d'architecture offrait de grands avantages pour la réunion des fidèles. Au fond de la nef principale où avait «lé le tribunal du prétoire on plaçait l'évéque; les deux nefs accessoires présentaient des places très-commodes pour recevoir séparément les hommes et les femmes. C'est ainsi qu'est bâtie l'ancienne église de Saint- Clément à Rome: si elle ne fut pas une vraie basilique dans le principe, il csl certain qu'elle en retrace exactement toutes les formes. Il n'est pas rare de trouver des églises et surtout des cathédrales construites sur le même plan ; celles qui n'ont qu'une seule nef sans transsepl affectent encore l'ordonnance basilicaire, car tous ces anciens prétoires ou palais n'étaient point bâtis avec une égale magnifleence, el les deux nefs collatérales ne les accompagnaient pas constamment.

Un symbolisme spécialement chrétien vint se joindre ou succéda à celui qui avait inspire la forme du vaisseau : on voulut y retracer la croix. C'est alors que l'on coupa en deux paris inégales la longueur de l'édifice, el que le Iranssepl fut inauguré; on voulut surtout figurer le Fils de 1 Homme étendu sur l'instrument de son supplice : l'abside repre-

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scnla la tète , les deux cAtés de la croisée ou transsepl les bras, le reste de la nef le corps. On ne pcul s'empêcher d'applaudir à l'explication symbolique de cette disposition arrhilei Ionique, elle nous csl fourme par les pl;ts savants lilurgislcs ; et, s'il faut adopt< r Avec sobriété le mysticisme , il ne faut pas aller jusqu'à le nier totalement. Le symbolisme est l'âme du temple matériel el le nom d'eglise que nous lui donnons n'est Ini-méinc qu'un symbole. Dans les églises où le transsepl n'a pas une moindre longueur que l'axe de la nef principale, c'est la forme de la croix

Ërecque; on en trouve quelques exemples en urope, mais en générai nos église* figurent U croix latine , ainsi la forme oblongue et basilicaire a été proque universellement suivie pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne. Vers les douzième et treizième siècles les grandes épines furent presque toutes bâtie.-» sur le plan de la croix latine; néanmoins il n'y a aucune règle formelle en vertu de laquelle un temple chrétien doive élre édifié Selon un plan déterminé, celles qu'établissent les Constitutions apostoliques, dont l'auteur est incertain, n'ont jamais eu forcede loi.

On parle beaucoup en ce siècle du génie chrétien qui doit présider à la construction des temples. Sans doute l'esthétique religieuse doit avoir son caractère particulier ; ce n'nt pas, dit 1 Esprit-Saint, à l'homme, mais à Dieu^ qu'est préparée une demeure, el c'est pourquoi le premier temple bâti sur la terre en ( honneur du vrai Dieu ne ressemblait point aux habitations profanes; mais il n'est pas facile de définir d'une manière positive ce qu'il faut entendre par le génie essentiellement chrétien qui doit imp iuier une fome déterminée à l'architecture catholique. On trouve dans l'anliquilé religieuse des temples ou des églises de tous les styles. L< s Grecs et les Romains convertis à la foi conservèrent quelques-uns de leurs édifices religieux oq profanes pour les consacrer au christianisme ; ceux qu'ils bâlirenl ne différaient que dans leurs distributions intérieures, du systèr me architectural des temples païens ; oq pourrait dire qu'il fallait conserver ces formes pour ne pas heurter trop brusquement les habitudes rituelles de ces peuples ; mais à mesure que les traditions de l'art paYen s'effar cèrenl, à mesure que le spiritualisme chrétien fit des progrès dans ces âmes sensualisécs, celle architecture éprouva des modifications. Cependant comme la ville de Rome offrait constamment aux architectes nationaux des types du génie païen, l'architeclonique religieuse s'y conforma toujours; aussi l'italien ne trouve rien de beau dans nos sombres et gothiques cathédrales. L'art chrétien de ces contrées se passionne pour les ordonnances corinthienne, dorique, ionique ; la profusion des marbres, le jour qui coule à grands flots dans ces églises resplendissantes de blancheur, le plein-cintre , la colonne massive chargée! de son chapiteau , les pérystiles et les frontons constituent, pour le goût méridional, le sublime de l'art chrétien.

La vieille Gaule évangélisée, au contraire,

u 'avait point une architecture religieuse à continuer, les pensées austères du christianisme s'étaient facilement inGUrées dans ces âmes sérieuses inOnirnenl moins expansives que celles des peuples méridionaux ; le spiritualisme chrétien s'y était développé avec une grande énergie, il chercha à se symboliser par des formes autant que possible immatérielles , aériennes. L'architecture lourde et massive que Home et la Grèce avaient inaugurée ne pouvait satisfaire le goût de l'Europe centrale et des pays septentrionaux ; une architecture hardie, svelle, un jour assombri

Sar les vitraux peints, les meneaux multipliés ps hautes el larges fenêtres el des ros ices traduisirent admirablement le génie chrétien de ces nations.

On est donc forcé de convenir que l'art religieux n'est point quelque cbose d'exclusif, mais uniquement local ; il faut donc dire que c'est celui qui s'adapte le mieux au génie d'une époque eld'un pays. L'arl chrétien est dans l'architecture grœco— romaine comme dans l'architecture byzantine qui n'en est qu'une variété, dans l'architecture mozarabique de Cordoue et de Grenade comme dans celle de Keims et de Bourges ; el il doit en être ainsi, car le christianisme est la bonne nouvelle pour tous les peuples de la terre.

Maintenant en nous restreignant à notre patrie, nous dirons qn'il nous semble incontestable que Notre-Damc-dc-Paris, la Saintes- Chapelle, Sainl-Severin et toutes les églises de ce style, en France, sont édifiées par excellence selon le génie chrétien. Nous» dirons

Sue Saint-Sulpicc, Sainl-Koch et surtout olre-Dame-dc-Lorclle , Sainl-Vincenl-dc- Paul et la Madeleine ne s'harmonisent point avec l'esprit religieux et le caractère français. Chose étonnante 1 à une époque où la société est travaillée par tant d'utopies dont la majorité est hostile au dogme révélé , en un temps où , quoiqu'on ail voulu se persua» der le contraire , l'indifférence religieuse est si profonde et si universelle, on n'a point

Perdu le senlimenl des vraies beautés de arcbileclure chrétienne comme les avaient conçues dos pères, aussi ardents catholiques que l'histoire nous les dépeint.

Quoique nous n'ayons pas le dessein de traiter ici amplement ce qui concerne l'église considérée da >s sa partie matérielle, il nous semble utile d'entrer dans quelques développements qui conviennent à l'époque actuelle. Kl d'abord nous devons expliquer le sens d'un terme fréquemment employé quand on parle de l'architecture chrétienne du moyen âge: c'est celui de gothique. On demande si les Golhs, peuples barbares qui désolèrent pi u sieurs contrées dans les quatrième , cin-

auième et sixième siècles, y ont importés ces >rmes architecturales que nous admirons aujourd'hui plus que jamais dans plusieurs grandes églises qui ont cinq ou six cents ans «l'antiquité. Pour y répondre il suffira de constater deux faits : le premier c'est que les Golhs. les Visigolbs, les Oslrogolbs , peuples originaires des plages du nord, disparurent

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complètement des pays qu'ils avaient occupés vers le milieu du sixième siècle , l'histoire n'en fail plus mention depuis ce temps-là. Le second fait, c'est que dans leur pays natal ni dans les régions par eux envahies, les Goths n'ont laissé aucun monument qui ail témoin*» dre trait de ressemblance avec le style qui porte leur nom. Tout ce que nous savons, c'est qu'on a toujours appelé, comme par tradition, du nom de gothique tout objet grossier dont la forme semblait accuser une main barbare, un goût rude et sauvage. Nous sommes tenté de croire que sous le pontificat de Léon %. el le règne de François 1" , lorsqu'on se prit d'une admiration outrée pour l'architecture grecque et romaine , on usa largement de l'épithète injurieuse de gothique ou barbare pour l'appliquer au slyle ogival qui dominait en France et ailleurs depuis un si long temps. On lit dans la Vie de saint audoenus. dont on a fait Ouen, que l'église de Saint-Pierre à Rouen fut bâtie par Lolbairel, gothica manu- Le moine Fridigode qui vivait au onzième siècle, le biographe de saint Ouen, emploie celte expression. Depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours on a pris cette qualification dans un sens dédaigneux el tous les géographes semblent regretter, en parlant de nos belles cathédrales du moyen âge, qu'elles soient construites dans le genre gothique; mais depuis quelques années l'injure s 'es' gloriûée, et l'on peut aujourd'hui se servir de ce terme, faute d'autres plus propres , pour distinguer l'ogive du pleju-cintre.

On nomme style roman celui qui tient le milieu entre l'architecture classique de Uome ou d'Athènes, et le style gothique. Les styles Bysantin, Lombard, Sarrasin, sont des nuances du premier. Mais encore où serailril possible de trouver le berceau de l'architecture gothique? Il parait hors de doute à plusieurs savants archéologues que c'est en Orient. On sait que les croisades , aux douzième et treizième siècles , jetèrent dans ces contrées une immense population d'Européens. En outre un grand nombre de pieux pèlerins avaient déjà , quelques siècles auparavant, visité les lieux saints. Or il est démontré que le style Ogival caractérise plusieurs monuments religieux ou profanes de |a Palestine , de la Syrie et même de l'Egypte ou des pays adjacents, A la suite des croisades, il se forma des confréries qui avaient pour but diverses constructions. Ainsi celle des pontifes, pontifiecs, se dévouait à bâtir des ponts en des lieux de fréquent passage , afin de prévenir les malheurs qui arrivaient si souvent en traversant les neuves et les rivières, sur des bateaux. La confrérie des bâtisseurs d'églises se consacrait à l'œuvre pieuse d'élever des temples au vrai Dieu. Le chef, de ces derniers portail le litre de maître de l'art. Une subordination inspirée par la piété, un silence seulement interrompu par de sainls cantiques, un désintéressement qui n'envisageait que les indulgences attachées à l'association, en un mot, la foi, l'espérance, la charité : voilà le secret des merveilles qui furent opérées par ces religieuses associations. La ira-

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dilion de l'art ogival leur était parvenue soit par le récit des croisés , soit par leur propre

expérience, car parmi les confrères plusieurs avaient pris part aux guerres sacrées. Plusieurs de nos belles églises ont été construites par les confrères bâtisseurs. Nous citerons celles de Chartres, où s'est fondée la première confrérie, d'Amiens, de Beauvais , de Strasbourg, d'Autun, de Vienne en Dauphiné, et plusieurs autres en pays étrangers, sans parler d'autres très-belles églises qui n'ont pas le titre de cathédrales (loyez pontifes).

Nous avons dit qu'au commencement du seizième siècle l'architecture grecque et romaine reparut. Cette époque, nommée la renaissance, fut, selon nous, fatale à l'art chrétien considéré dans ses rapports avec le génie national. Alors un architecte aurait craint de passer pour un homme ignorant et rétrograde s'il n'eût pas adopté le système des pleins-cintres et des ordres corinthien, dori-

3ue , ionique. Nous avons cependant des églises e celte époque où se retrouvent encore les notions gothiques de grâce et de légèreté mariées au style classique reintégré. Elles ne sont pas dénuées de hardiesse et même de beauté. Les fenêtres à meneaux, leurs verrières coloriées, les rosaces mêmes, quoique dé générées, impriment à ces édifices religieux i|n caractère de moyen Age qui leur mérite l'estime. Mais au dix-septième siècle, surtout tous Louis XIV. l'architecture païenne envahit complètement le domaine de l'art chrétien. Paris et Versailles voient s'élever des églises où préside l'architectonique des siècles d Auguste et de Périclès. Le dix-huitième renchérit sur le siècle qui l'a précédé, et la première moitié du dix-neuvième produit les temples païens de Notre-DamenJe-Lorcllc, de la Madeleine etc, y compris celui qui d'église de Sainte-Geneviève est devenu pour la deuxième fois le Panthéon. Une réprobation presque générale a stigmatisé ces édifices religieux . Cela s'explique par ce qui a été dit plus haut. Ces églises, édifiées en Italie, seraient des chefs-d'œuvre d'art chrétien. Le Panthéon et la Madelaine exciteraient , à Home même, au milieu de tant de beaux temples chrétiens, une admiration relative. La célèbre basilique de Saint-Pierre n'est autre chose qu'une imitation parfaite de l'architecture du siècle d'Auguste, et son dôme si vanté n'est, comme l'on sait, que la coupole de l'antique P. ntheon devenu Sainte-Marie de la Rotonde. Toutefois, ici même, le christianisme,

Far le génie de Michel-Ange restaurateur de école païenne, a manifesté la puissance de ses hautes inspirations en lançant dans les airs au-dessus de l'église de Saint-Pierre ce même dôme que l'idolâtrie n'a pu que poser lourdement sur le sol.

La question si souvent agitée sur l'orien tation des églises doit maintenant être examinée. Le cardinal Bona, dans son excellent livre De divina psalmodia, entre, à ce sujet , dans les plus grands détails. 11 est certain que les temples du paganisme ont été constamment dirigéide l'Occident à l'Orient. Vitra ve.

dans ses traités d'architecture, en fait une loi. Cette règle ne fut pas néanmoins sa m exception. Lorsque le christianisme vint s'asseoir sur les ruines de l'idolâtrie, on tourna au profil de la religion chrétienne le symbolisme païen, en attribuant au vrai soleil du monde, Jésus-Christ, l'honneur que le paganisme rendait à Phœbus. Le poêle afrkain Corippus s'exprime, à ce sujet, d'une manière fort élégante, dans les vers suivants i

Hune velenun primi Rilum non ritecolebint, Ea>:>e Deuin solitn recta non mente ptiUnie* Sed foclor solis iKtelquam sob sole viderî Se voluil, rorinamque Deusde virguiesumpsit, tsl Cui islo delalus hooor.

« Les païens n'observaient point, par un a louable motif, l'antique coutume de se lour» « ner vers l'Orient, lorsqu'ils priaient, car ils a croyaient follement que le soleil était Dieu.

• Mais lorsque le Créateur du soleil voulut

• bien se rendre visible sous le soleil, et que « Dieu lui-même eut pris chair dans le sein « de la Vierge, c'est à Jésus-Christ que se rap- « porta celle adoration. »

Les constitutions apostoliques, qui ne sont pas sans autorité, quoiqu'elles n'émanent point des apôtres, ordonnent que Végtise soit tournée vers l'orient. Néanmoins, selon la remarque de plusieurs liturgisles, dès les premiers siècles, plusieurs <ty/u« avaient leur portail en face de l'orient, et par conséquent leur abside vers l'occident. C'est ainsi que soul disposées les églises de Rome dites constant iniennes, et surtout les deux principales, Sainl-Jean-de-Lalran et Saint-Pierre. Les partisans de l'opinion selon laquelle i| aurait élé de règle absolue qu'on se tournât vers l'orient pour prier, nous font observer que le célébrant, dans ces églises, regardait I orient en disant la Mes>e et se plaçait en face du peuple. Cela se pratique encore aujourd'hui à Sainl-Jean-de-Lalran , â Saint- Pierre, etc. Mais il n'en est pa< moins vrai que le peuple qui est dans la nef de ces églises prie en se tournant vers l'occident. 11 n'est pas moins vrai non plus que les autres autels de ces églises n'étant pas disposés comme l'autel principal où le saint Sacrifice est célébré fort rarement, le prêtre qui y dit la Messe ne se tourne pas vers l'orieni, mais vers l'occident, le nord, ou le midi. Du reste ce qui se pratique â Rome n'est pour l'autel principal des églises dont nous parlons que la tradition des temps primitifs. Dans les églises dont l'axe était dirigé de l'est à l'ouest, le pontife, de son béma ou trône épiscopal, regardant l'autel et les fidèles, était tourné en priant, ainsi que le prexbyterium qui l'entourait, vers le lever du soleil. La chaire pontificale è Home est dans une position analogue. Mais en France, sous le règne «Je Charlemagne la grande porte des églises était presque toujours en face del'o-cidcn', et le prêtre disait la Messe en se tournant comme tous les fidèles vers l'orient. Cette direction des églises était devenue en France une règle assez générale, el presque toutes nos cathédrales et paroissiales étaient coqstruites sclou ce principe. Les églises conven-

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