‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 207 sur 519 · U\ EGL · texte numérisé non relu

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tuclles, surtout celles des abbayes, étaient bâties d.ins la même direction. Il est pourtant impossible de considérer comme règle sévère» invariable, striclementliturgique, soit la position du prêtre à l'autel tourné à l'orient, soit la direction de Véglise elle-même vers ce point cardinal. Wnlafride Strabon, au huitième siècle, après avoir parlé de l'ancien usage, ne fait pas difficulté de dire : fi une oramux ad omnem partent, quia Veut tubiqueest. « Nous prions et célébrons main- |« tenant en regardant tous les points de " • l'horizon, parce que Dieu est partout. » Au surplus, la règle en vertu de laquelle les églises devraient être tournées vers l'orient a été si peu constante et invariable qu'il existe des décrets pontificaux qui le défendent expressément. L'auteur du Diction-' nuire d'érudition historico-ecclésiastique compilé sous les yeux du pape Grégoire X V I, par Gaëlano Moroni, nous fournit un document irréfragable. Il dit que jusque vers le milieu du cinquième siècle on se montra fidèle à se tourner vers l'orient pour prier , mais qu'à cette époque le pape saint Léon défendit aux catholiques de prier dans cette posture afin de ne pas ressembler aux manichéens qui adoraient le soleil et jeûnaient même, le dimanche, en son honneur, parce qu'ils croyaient que Jésus-Christ, après l'As* cension, avait fixé sa demeure dans cet astre , en interprétant mal ces paroles do Psaume 18 : In sole posuit tabernaculum suum.

Plusieurs Ordres monastiques ont affecté de tourner leurs églises vers d'autres points quejl'orienl. Pour les uns,c'étail une règle uniforme de se tourner vers le -nord. D'autres , tels que les jésuites, dirigeaient leurs absides vers le miJi. Mais c'étaient toujours des raisons symboliques qui les inspiraient.

Quelquefois un obstacle matériel a été l'unique motif de ces déviations de l'axe. On voit même des cathédrales qni se dirigent du midi au nord, d'autres dans le sens opposé. Les églises paroissiales de l'aris, depuis le concordat de 1802, présentent une variété complète de directions de leur chevet. Cela s'explique d'abord par la conversion de plusieurs églises conventuelles en paroisses, et ensuite par la liberté que la discipline liturgique laisse sous ce rapport, lien est de même dans la capitale du monde chrétien où la prescription devrait être plus exactement suivie, si elle existait.

Nous ne devons pas omettre de parler d'un symbolisme qu'on a cru remarquer dans quelques églises. Il consiste en ce quo l'axe dévie de la ligne droite eu parlant de la porte principale jusqu'au rond-point de l'abside. On prétend que dans les églises où celte déviation est observée on a voulu figurer lo penchement de tête du Sauveur au moment où il expirait sur la croix, et par conséquent traduire par celte disposition architecturale les paroles de 1 Evangile : Et inctinato capile traitidit spiritnm, « ayant incliné la tête il ■ rendit l'esprit. » Il n'est pas invraisemblable, en effet, que puisque l'on a voulu re-

Lm-RGtK.

présenter la rroix et le Sauveur qui y est attaché, en affectant la forme que le transsepl donne à une église, on ait pareillement voulu, en faisant un peu dévier vers la droite le chœur et l'abside, y imprimer ce symbo- • lisme.On ne peut guère expliquer autrement cette déviation qni se remarque dans plusieurs églises, telles que Saint-Etienne du Mont et Notre-Dame, à Paris, la basilique de Saint-Denys, les cathédrales de Lyon , Amiens, Nevers, et même plusieurs églises paroissiales bâties dans le moyen âge. Il est possible que des accidents de terrain, des soudures maladroites et d'autres causes aient contribue â quelques-unes de ces déviations; mais on ne peut révoquer en doute que par un raffinement de mysticisme le» architectes du moyen âge, pleins de foi et dirigés surtout par "un clergé qui mettait partout du symbolisme, aient ainsi disposé plusieurs églises. Pour notre part, nous v croyons.

VABIÎ.TKS.

Nous commençons ce paragraphe par un tableau abrégé des pensées mystiques et morales que les anciens lilurgistes puisaient dans la forme architecturale des églises. Nous te retraçons d'après Guillaume Durand. Ainsi que nous l'avons déjà dit, V église à transsepl ou k croisée, outre la figure de la croix qu'elle représente, est encore l image du corps de l'homme. L'abside est la tête, les branches du transsept sont les bras* la nef est le corps, et c'est le Fils de l'Homme qu'on a prétendu ainsi esthétiquement dessiner. Durand donne parfaitement à entendre par ce symbolisme que la déviation de l'axe de droite à gauche exprime le penchement de léle : et inctinato capite. Les quatre murs sont l'emblème des quatre vertus cardinales, justice , force, prudence, tempérance. Le toit est celui de la charité qui couvre la multitude des péchés. Les fenêtres marquent l'hospitalité, vertu spéciale d'une religion d'amour. La porte figure l'obéissance , d'après les paroles du Sauveur : « Si lu veux « entrer dans la vie, obéis aux commande- « ments. » Le pavé est le signe de l'humilité, selon ces autres paroles : « Mon âme s'csl « abaissée jusqu'à la poussière, • adhauit pavimento anima men. L'église dont la forme est ronde est l'emblème de la prédication de la foi chrétienne surtout le globe de la terre. Il n'est pas jusqu'au ciment composé de sable, d'eau et de chaux qui ne fournisse à Durand une explication mystique : la chaux représente la charité divine qui attire à elle comme la chaux s'incorpore le sable, qui est le terrenum opus, l'affection terrestre, et cas deux substances sont agglutinées par l'eau qui est l'esprit : aqua sptritus est. Selon uu usage qui cessa vers le treizième siècle, la voûte du chœur de Véglise était plus bass * que la nef. Durand explique cela par l'humilité, oui doit être la vertu des membres do clergé placés dans cette partie de l'église. Il n'est pas jusqu'aux poutres qui soutiennent le toit, jusqu'aux tuiles qui le rerouvrent, etc.

(Du~s.'pt.)

•m le Mvant c( pieux symbolisatcur ne trouve ua enseignement.

Les églises d'Orient ont une forme qui leur est propre. Assez ordinairement un dôme s'y util remarquer. Les plus considérables en ont même plusieurs, telles que la cathédrale de Misilra où Ton en voit sept. M. de Châteaubriand, dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, ne trouve rien dans cette église nommée perilcptos qui puisse justifier les éloges pompeux qui lui sont prodigués par les géographes. 11 dit en parlant des dômes : « Depuis que cet ornement a été employé à

* Constanlinople dans la dégénéralion de « l'art, il a marqué tous les monuments de

• la Grèce. Il n a ni la hardiesse du gothi-

* que, ni la sage beauté de l'antique. Il est

• assez majestueux quand il est immense , « mais alors il écrase l'édiOce qui le porte : « s'il est petit, ce n'est plus qu'une ralotlc « ignoble qui ne se lie à aucun membre de c farchiteclure, et qui s'élève au-dessus des « entablements , tout exprès pour rompre la « ligne harmonieuse de la cymaise. » L'ancienne église, aujourd'hui mosquée, de Constanlinople, possède un grand dôme et quatre petits qui sont placés à chacune des extrémités de la croix grecque. On croit que l'architecte Anthémius, qui donna le plan de Sainte-Sophie à l'empereur Juslinicn, est inventeur des dômes. Il est probable que ce nom vient de domus, maison , et qu'on l'a imposé, par antonomase, a ce genre d'architecture. De l'Orient le dôme est passé à l'Eglise Occidentale. Ainsi la basilique de Saint-Pierre possède plusieurs dômes ou coupoles comme Sainte-Sophie. Venise, Florence, Paris, etc., présentent aussi des constructions de ce genre. Rome païenne en avait fait nn essai an Panthéon.

Les églises arméniennes ont assez fréquemment un dôme au-dessus de l'autel. Le chœur n'a point de sièges , excepté la chaire de l'évéque. Les prêtres se tiennent debout ou s'asseyent par terre, les jambes croisées. Dans la nef, les hommes sont séparés des f<wmcs , et chaque sexe a sa porte pour entrer et sortir. Le pavé est couvert de nattes ou de tapis, et ceux nui veulent cracher ont soin de tenir auprès d'eux des crachoirs en porcelaine ou autres matières. Tout le monde se défait de ses chaussures avant d'entrer dans l'église. Quelques arméniens ont de petites armoires pour les y enfermer, et les autres les tiennent sous les bras. Il en est de même chez les Cophles , et le P. Sicard raconte ]ue logeant chez an curé de cette nation, celui-ci lui dit que les Grecs et les Latins se rendaient coupables d'un grand crime en entrant dans les églises avec les souliers aux pieds. Nous pensons qu'on ne t:«>us saura pas mauvais gré d'entrer dans ces détails que nous puisons dans le P. Lebrun.

11 ne faudrait pas néanmoins se figurer que l'architecture religieuse a un type uniforme dans les contrées orientales. Aujour— dlint principalement les Grecs se montrent assez partisans de la variété qui se fuit re-

marquer dans les monuments chrétiens d>i régions occidentales, et il n'y a pas plus là que chez nous un art chrétien formule d'une manière positive.

Les églises portent différents titres selon leur destination. Ainsi celles dont le titulaire jouit de la qualité de patriarche, d'arebevéque, d'évéque, portent les noms de patriarcales , de métropoles , et cathédrales. Go dernier néanmoins s'applique à toute église qui cal le siège du prélat diocésain, et jamais a toute autre qui n'est point celle où le pontife a son trône habituel, quelque granJe et magnifique qu'elle puisse être. L'église abbatiale est celle dont le titulaire est abbé, la paroissiale celle dont le premier dignitaire est curé, parochus. L'église collégiale est celle d'un Chapitre autre que celui de la cathédrale. La France, qui en possédait uu grand nombre de ce dernier titre, n'en a plus une seule depuis le concordat de I802. La basilique de Saint-Denys, où le Chapitre royal fait le service du culte divin auprès de la sépulture des rois, est en réalité une collégiale, mais le uom d'église royale lui est plus habituellement donné, ce qui pourtant peut se rendre par le seul nom de basiliqve dont nous avons plus haut fait connaître l'élymologic. Le litre de basilique royale quelquefois employé n'est donc qu'un pléonasme (ta iioinme église conventuelle celle d'une communauté religieuse. Anciennement le nom <!e rnoutier, monasterium, était donné à toute église ouverte au public , cl l'on sait qu'au moyen âge toute église de monastère était accessible aux fidèles. D'ailleurs plusieurs de ces églises élaient paroissiales, et avaient sous leur juridiction d'autres églises où se faisait le service divin, qui n'étaient que des vicairies ou \icaircries perpétuelles dont les moines étaient curés primitifs. Les églises qui ne sont ouvertes qu'aux seul* membres des communautés sont qualifiées du nom de chapelles.

Le nom d'église par excellence, selon tous les liturgistes, appartient aux cathédrales , et par extension à toutes celles dont nous venons de parler. Le droit canonique spéci/lo leurs prérogatives. On leur donne aussi lo nom d'églises matrices ou baptismales. Ou sait que dans les premiers siècles, l'évéque seul administrait le baptême dans sa cathédrale, les vigiles de Pâques ei de la Pente* côte. Celte église était donc avec raison la mère , puisqu'elle enfantait des chrétiens. Barbosa l'explique en ces termes : Dicitur matrix quia générât per baptismum ;« Laca- « thédraie s'appelle matrice parce qu'elle « engendre par le baptême. » Celle-ci est souvent désignée par le seul nom d'église en y joignant celui de la ville épiscopale, quoiqu'il y ait dans la même ville beaucoup d'autres églises. De là le nom d'église de Paris, qui est la métropole placée sous le vocable de Notre-Dame ; l'église de Lyon, l'église du Mans, l'église de Poitiers, etc., qui en particulier sont celles de saiul Jean-Baptiste, de saint Julien, de saint Pierre.

Dans un sens plus élendu et collectif, la

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réunion de toutes les Eglises d'une nation en porte le nom. Ainsi on dit V Eglise gallicane ou de France, Y Eglise d'Espagne, YEglite d'Allemagne, etc. En agrandissant encore ce sens, on dislingue V Eglise Occidentale et P£'o7i*eOricnlalc. EnOn le nom d'ÉGLisu dans son acception la plus raslc est la société des fidèles qui sont, sur la terre, soumis à un seul pasteur suprême, le pipe , vicaire de Jésus-Christ ; cl parce que c'est à Rome jque réside ce chef visible, le nom é'Eglixe 'romaine s'identifie avec celui d'Eglise catholique , quoique en particulier, YEglise romaine ne soilque celle de la ville de Home. Nous ne pourrions, sans sortir du domaine de la Liturgie, présenter des documents ultérieurs sur ce! le matière.

On trouve dans les anciens auteurs les divers noms qui nul été donnés aux temples chrétiens, quelle que fut leur importance respective. Les tirets les appelaient Kyriaca, h^>.*«i. maison du Seigneur, ce que les lalins nommaient Dominica dans le même sens. Tcrlullien, pour ne pas employer le nom de templum, appelle Y église, domus columbœ , la maison de la colombe. Les sanctuaires bâtis sur la sépulture des saints confesseurs étaient nommés , apostolea , marlyria , mémorial , les prophetea étaient en l'honneur des prophètes. A raison des fidèles qui s'y réunissaient . on nommait ces édifices sacrés, synodi, conven- (icula, concilia, conrentus. Comme le temple est éminemment la maison de la prière, les Grecs lui donnaient le nom d'ej,r>e/-.t. et tes latins celui à'oratorium , oratoire, qui est encore employé. Nous avons vu que le nom de monaslerium, monastère, moulicr, était usi'é, principalement au moyen âge. On rencontre aussi quelquefois le nom de t'tbernaculum , tabernacle , donné à une église. La partie se trouve aussi prise, en quelques auteurs, pour le tout. Ainsi les noms de mncluarium, sanctuaire, nacis, nef, propitiulorium, propitiatoire, etc., sont employés. Les églises paroissiales sont nommées aussi, notamment par Anastasc, dans sa Vie de saint Marcel, tiluli, titres. Nous n'avons pas le dessein de noter ici les expressions poétiques el les périphrases qu'on admire à ce sujet dans les écrivains qui parlent des églises. Mais on nous permettra d'improuver les noms de fana , delubra, etc., qu'on a transportés du paganisme dans le langage catholique cl qui sont employés par quelques hymnographes modernes. Il n'y a pas de danger, sans doute, qu'on abuse contre la religion de ces expressions idolalriqucs , cependant nous croyons qu'il faut laisser à la Liturgie chrétienne lo langage qui lui est propre. 11 est vrai que dans ces mêmes Hymnes on remarque les mois païens numen ou tonnns pour désigner le vrai Dieu, et celui d'olympus, olympe, pour signifier le ciel. Mais il esl bien aussi certain que ce n'est point la langue catholique. Jusqu'au siècle de Léon X le style du christianisme ne fut jamais ou que très-rarement ectui d'Horace el de Virgile.

Nous avons pensé qu'on serait bien aise de trouver Ici la nomenclature des plus célé-

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