‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 209 sur 519 · ECL · texte numérisé non relu

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nument plus précieux sous le rapport do l'art que les deux précédentes églises

Saintc-Maric-Majeure est après Saint - Pierre la plus imposante et la mieux ornée des basiliques de Rome. Elle s'appelait autrefois Sainle-Marie-des-Ncigcs, à cause d une chute miraculeuse de neige, le 5 août, nui avait été prédite eu songe au saint pape Libère et à Jean Patricius. La neige couvrait exactement l'espace sur lequel devait s'élever la nouvelle église. C'est donc au milieu du quatrième siècle qu'elle fut bâtie sur la cime du mont Esquiliu; mais en 432 Sixte IU l'agrandit et lui donna la forme qu'elle a aujourd'hui. Sa façade est belle, et sous son grand vestibule s'ouvrent cinq portes, dont une est à l'ordinaire la porte sainte. Elle a trois nefs, dont celle du milieu est formée de chaque côté par dix-huit colonnes ioniques de marbre blanc. On croit qu'elles ont été tirées du temple de Junon. Les entre-colon nenienls sont en plates-bandes, ce qui est le pur style grec. Le maître autel, qui est isole, est d'une forme étrange. Une grande urne de porphyre supporte la table de marbre qui aux quatre angles est soutenue par des anges de bronze doré. Benoit XIV le fit couvrir d'un magnifique baldaquin porté par quatre colonnes de porphyre, d'ordre corinthien, autour desquelles s'enroulent des p.ilmes dorées. Il est couronné par six angCs du marbre, sculptés par Bracci.

Saint-Laurent est situé comme Saint-Paul, extra muros. C'est encore ici une fondation du grand Constantin. Elle est bâtie sur une propriété de Cyriaque, dame romaine. C'est YAger Ver anus. Le pape Honorius III en fil bâtir le portique, en 1216. C'est dans celle basilique que le même pape couronna Pierre de Courtcnay, comte d'Auxerre, qui passait par Rome pour aller occuper le trône de Conslanlinople. En 16V7 elle fui réduite â son état présent. Cette église a trois nefs divisées par vingt-deux colonnes ioniques de granit. Son autel isolé est surmonté d'un baldaquin de marbre, porté par quatre colonnes de porphyre rouge. Sous l'autel est la confession ou tombeau de saint Laurent, diacre; là repose aussi le corps de saint Etienne, premier martyr. L'abside montre encore un aucien béraa ou trône pontifical , tel qu'on en voyait dans les premiers siècles.

La bisilique de Sainte-Croix fut érigée par sainte Hélène, mère du grand Constantin, dans les jardins du monstre Héliogabale. La pieuse impératrice y déposa une partie de la vraie croix trouvée à Jérusalem. C'est ce qui a fait donner à cette église le surnom sous lequel elle est habituellement désignée. On la trouve aussi nommée basitica Heleniana, et quelque fois Sessoriana, à cause du palais, dit Sessorium, habité par Alexandre-Sévère. Elle fui consacrée par le pape saint SyJves* Ire, et restaurée par plusieurs pontifes. Benoît XIV la rétablit cl y fit faire ra façade et le portique. Celle basiliquo a trois nefs, que divisent des pilastres, et huit grosses colonnes de granit égyptien. Le maître autol isole m orne de quatre belles colonnes de brèche

roralline soutenant te baldaquin. Sous l'autel sont les corps des martyrs saint Césarée et lainl Anastasc.

Enfin la basilique de Saint-Sébastien, bâtie »ur le cimetière dit de Saint-Callixte, où furent inhumés tant de martyrs, est d'une haute antiquité; mais il ne reste presque plus rien do l'ancien édifice depuis que le cardinal Scipion Borghèsc la rebâtit en 1(31 1 . Le portique est soutenu par six colonnes de granit. Le maître autel est décoré de quatre belles colonnes de vert antique. C'est par la porte qui est à gauche que l'on descend dans les célèbres Catacombes, où furent enterrés quatorze papes et environ cent soixante-dix mille chrétiens. Sainte Lucine y fit transporter le rorps du martyr saint Sébastien, qui a donné le nom à la basilique. Pendant quelque temps te* corps des apôtres saint Pierre et saint Paul y restèrent caches. D. Mabillon, dans son MiiKêttm italicum, parle de cette basilique qui est de forme presque circulaire. Sous l'autel est une sorte de puits carré, quadratus scrobt, •tans lequel reposèrent les corps des deux princes de l'apostolat. Au sujet de Mabillon nous devons faire remarquer que s'il distingue les sept basiliques dont nous avons parlé des autres églises de Rome, il lui arrive aussi fort souvent de donner le litre de basiliques à plusieurs autres églises de la mérne ville; mui.«, pour s'exprimer exactement, il n'y a que ces sept églises qui soient proprement nommées basiliques, quelle que soit l'importance de tout autre édifice religieux. Néanmoins, outre les sept basiliques dont nous venons rie parler, on donne a Rome, par extension, ce titre a six autres églises, qui sont: S linle-Marie in Trastevere, Saint-Laurent m lhvnaso, Sainte-Marie in cosmedin. les Douze- Ap Aires, Sainl-Pierre-ès-liens ou tn vinculis, et Sainte-Marie tn monte santo.

Les quatre basiliques majeures sont aussi nommées patriarcales. Celle de Saint Jeande-Lilran est le patriarehium du monde catholique, et en particulier le p ttriarchal d'Occident. Saint-Pierre est lu palriarcliat de Constantinople, Saint-Paul celui d'Alexandrie, et Sninte-Marie-Majeure celui d'Anliochc. On considère aussi quelqm fois Saint-Laurent, extra tnuros, comme le p.ilrian hal de Jérusali-m. Mais les quatre premières ont seules l i porte sainte du Jubilé. Voici un distique •tans lequel figurent les noms de ces basiliques majeures, y compris Saiol-Laurent.

l'aiilus, Yirgo. Peirut, Laurcolius alqiio Jo.niacs , Ui |<ilrurcli3lin noiniîii in urbe U'iient.

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