‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 21 sur 519 · ABSTINENCE · texte numérisé non relu

ABSTINENCE

{Voyez CARÊME, JEUNE, XÉROPHAGIB. )

ACOLYTHE.

{Voyex mineurs (Ordres).) ADORATION.

11 est facile de trouver l'origine de ce mot, si l'on se reporlc à l'usage des anciens peuples qui , en signe de respect cl dé culte , portaient la main à la bouche , en levant les yeux vers l'objet de celle vénération , ad os, ad orare. Nous trouvons celle coutume dans le Livre des Rois , dans celui de Job , etc. Minulius Félix raconte que Cécilius ayant aperçu une idole de Sérapis , porta la main à la bouche et la baisa ensuite, en signe d'adoration ou de cullc. A ce signe les païens joignaient d'autres marques de respect, comme celle de se couvrir la tête d'un voile, celle de faire plusieurs fois le tour de l'autel.

Les grammairiens érudils ont été chercher dans le terme û'ador , qui signiûe épi de ble incliné , l'élymologie d'adoration. Nous pensons que l'origine qui vient d'en élre donnée esl infiniment préférable , parce qu elle est la plus simple el la plus naturelle.

Ce signe de culte varie selon les coulâmes el les mœurs des nations. Dans l'Eglise Occidentale, il consiste principalement dans la prostration , c'est-à-dire à fléchir un ou les deux genoux. Les Orientaux baisent Irois fois la terre , ce qui est la marque du plus profond respect. Mais nous observerons avec Meurier de Reims , qui écrivait dans le seizième siècle qnc « l'adoration peut se faire « en différentes sorles , comme par agcnouil- « lemcnl, proslralion , station et aulrcs sen> a blablcs comporlemenls. Aucuns se tiennent « debout quand on lève Dieu pour l'adorer, « comme font les choristes, les diacres « et sous-diacres ministrants au prêtre a « l'autel. »

Le nom d'adoration pris dans toplc sa rigueur s'cnlend du culle de latrie que nous rendons à Dieu seul . et par lequel nous reconnaissons le suprême domaine qu'il a sur les créatures. C'est ainsi que nous rendons à la très-saiule TrinUé, à chacune des trois Personnes . et au corps de Jésus-Christ, dans l'Eucharistie, {adoration. Nous rendons seulement honneur ou culte de dulie , soit aux Sainls , soit à leurs reliques. Il y a cependant une cérémonie célèbre , qui consiste a vénérer d'un manière spéciale le signe de la Rédemption, et ou l'appelle l'adorafio» de là Croix. Pour tout catholique instruit , ce n e> point ici le culle de lalric, mais seulo-cn un hommage que nous rendons â ce signe sur lequel s est opéré l'ouvrage de notre rédemption. On a pu lui donner le nom d adoration , parce qu'en effet on se met à genou *

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devant ce signe ; mais qui ne roil que Vadoration se rapporte mentalement à Jésus-Christ crucifié? (Voir semaine sainte , au paragraphe VENDREDI SAtST.)

Le cérémonial liturgique régie les différentes manières d'adoration pendant l'Office. Les deux circonstances où Vadoration est le plus solennelle sont , 1' quand à la Me? se le célébrant lève la sainte Hostie et le calice où est le précieux sang ; 2* quand on donne la Bénédiction avec le saint Sacrement. La rubrique prescrit au clergé la posture qu'il doit tenir, et le peuple assez généralement se conforme à l'exemple du clergé. ( Voir stali.b. )

VARIÉTÉS

Lebrun Dcsmareltes dit qu'autrefois , à Rouen , le clergé et le peuple venaient adorer la Croix « couchés à plate terre tout de leur « long , qui est , selon saint Augustin , l'état « de la plus grande adoration. »

L'adoration de la Croix , le Vendredi saint , était distinguée chez les anciens par l'expression adoratum, qu'on pouvait rendre en français par Vadoral . tandis qu'ils donnaient au culte de latrie le nom ordinaire d'adoralio.

Les Grecs baiscut ou adorent les images des Saints à la face , celles do la Sainte-Viergo aux mains , et celle de Noire-Seigneur aux pieds. Ils différencient ainsi d'une manière fort intelligente l'hommage qu'ils rendent à ces objets du culte.

On emploie le terme d'adoration pour désigner la cérémonie qui a lieu après l'élection d'un pape. Le nouveau ponlife, paré des ornements de sa dignité , reçoit les hommages des cardinaux qui lui baisent le pied et ensuite la main droite. Le pape les relève et leur donne le baiser de paix à la joue. Cette dernière partie du cérémonial justifie assez bien le nom d'adoration, cd orare. ad os osculari , baiser à la bouche , qu'on a donné à toute la cérémonie. Il serait donc injuste et très-ridicule de crier à l'idolâtrie «tans cette occasion. Du reste, la mule ou pantoutflc du pape est toujours ornée d'une croix brodée , afin que l'hommage puisse s'adresser plutôt ù cet objet vénéré qu'au pied du ponlife.

Les souverains temporels admettent au haisement des mains genou en terre , cl c'est bien ici une sorte d'adoration que les plus rigides chrétiens n'ont pas blâmée.

Il serait aisé de prouver que la plus grande marque de vénération que l'on puisse donner consiste à fléchir les genoux ; ces preuves se tirent de l'Ancien Testament. On y voit que Salomon priait Dieu à deux genoux:

i Hrumquege nu interram /fcrrrai (III/tq/.YllI). Esdras priait de la même manière : Curvaii genua mea (I Esdr.,\X). Mais Dieu lui-même ne l'avail-il pas ainsi marqué , en annonçant par son prophète Isaïcque (ouïes les nations de la terre l'adoreraient : Milii flectclnr omve genu : a Tout genou fléchir,! devant moi.»

Nous lisons également dans l'Evangile que

iTIIOLIQIE. 4S

le lépreux abordant Jésus-Christ , se mit A genoux devant lui pour le prier : Genu flexo dixit {Marc, I). Tertullien nous apprend que de son temps on se mettait à genou c , puisqu'il dispense de celle fatigante attitude les fidèles pour les jours de Dimanche, en signe de joie.

L'adoration à genoux étant particulière»

ment prescrite envers la sainte Eucharistie, il est facile de démontrer que , dès les premiers siècles , c'est dans cette posture qu'on se tenait pour l'adorer. Saint Augustin parle en termes formels d'une prostration.

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