‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 22 sur 519 · AGAPES · texte numérisé non relu

AGAPES

On donnait ce nom , qui signifie en grec amour, £•/«*>», à ces repas fraternels que faisaient les premiers chrétiens dans les églises ou lieux d'assemblée , pour entretenir i'es-

{>ril de concorde et de charité. Saint Paul en ait mention dans son Epllre I" aux Corinthiens , chap. 11 ; il leur reproche les abus qui se commettaient dans ces festins , mais il n 'improuve pas en elles-mêmes les agapes. En effet, ceux qui étaient riches y apportaient des mets pour eux et pour les pauvres, qui s'asseyaient à la même table. Du reste, ces rep js avaient lieu pendant la célébration des offices et en faisaient partie. On ne peut décider si le repas commençait immédiatement après la réception de l'Eucharistie , ou bien s'il la précédait. Il suffit pourtant de considérer dans quelle vue on se lit rail a celte pratique : or c'était pour imiter la Cène de Jésus-Christ avec ses apôtres ; mais comme l'institution et la distribution de l'Eucharistie n'eurent lieu, le Jeudi saint, qu'après le repas , il est probable que les premiers chrétiens imitaient aussi fidèlement qu'il leur était possible celle dernière cène de Noire- Seigneur. Nous croyons donc que les agapes avaient lit u avant la communion , du moins pendant tout le premier siè.lc. Mais dès le siècle suivant, il fut jugé convenable d'être à jeun pour communier, et les agapes n'eurent plus lieu qa'après la réception de l'Eucharistie. Le deuxième Concile de Carthage, qui établit celle loi , en excepta le jour du Jeudi saint, où il était d'usage de ne communier qu'après le festin des agapes.

Plus lard , de graves inconvénients se glissèrent dans ces repas liturgiques : on en était venu à dresser des lits dans les églises comme dans les maisons , afin que les convives prissent plus commodément part à ces festins d'où la frugalité était bannie. Ou sait que saint Ambroisc les fit supprimer à Milan, et que saint Augustin eu fil de même à Hip- . ponc, mais non sans beaucoup de peine. Parmi les païens , on avait calomnieusement accrédite plusieurs accusations contre les chrétiens au sujet des agapes. Les infidèles prétendaient que ceux-ci immolaient un en-» faut dont ils faisaient leur nourriture dau* ces repas. Pline en fit un rapport à l'empereur Trajan , cl lui affirma qu'après les plus sévères investigations, il s'était assuré que l'horrible accusation était très-mal fondée. Quelques vagues notions que les païen»

AGN

sa

avaient sur la manducation du corps de Noire-Seigneur , qui précédait ou suivait les agapes, y avaient donné lieu , et cette calomnie elle-même présente un argument de plus en faveur de la présence réelle de Jésus- Christ dans la sainte Eucharistie : comment les païens auraient-ils pu accuser les chrétiens de la manducation d'une chair humaine, si la crovance de ce temps se fût bornée a une participation mystique et figurée du corps de Jésus-Christ.

On distinguait trois sortes û'agapes, celles de la naissance, du mariage et des funérailles ; onen faisait aussi de solennelles à la dédicace des églises. Le Concile de Gangres prononce analhènie contre ceux qui méprisent les agapes. En voici les termes, qui pourront donner une idée de ces sortes de festins : Si quisdes~ picit eos qui fideliler agapas , id est convivia pauperibus exhibent et propter honortm Dei convocont fratres, et nohteril eommunicare hujuscemodi vocationibus parvipendens quod geritur , anathema sit. « Si quclqu'un-méprisc « ceux qui fidèlement présentent des agapes,

■ c'est-à-dire des festins aux pauvres , et qui, m pour honorer Dieu , convient leurs frères , € et s'il ne veut prendre part à aucune de ces « invitations , ne faisant pas grand cas de ce

■ qui s'y pratique, qu'il soit ana thème.» Or le Concile de Gangres Tut tenu au commencement du quatrième siècle.

Le pape saint Grégoire le Grand permit aux

Anglais récemment converti

ar saint Au-

gustin , leur apôtre , de se livrer à de rcli-

Sieux festins lorsqu'on faisait la dédicace une église , ou que l'on célébrait les féles des martyrs ; mais il leur était défendu de faire ces repas dans l'enceinte des temples : ils avaient lieu sous des tentes de feuillage , auprès de l'église.

On peut consulter l'article agxeau pascal, où nous parlons de quelques usages qui retracent le souvenir des anciennes

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