J77 EVE
L'arehidiacre : Ul Dcus et Doiiùuus natter cottctdttt vobis pitstorcm. a Nous demandons
• que le Seigneur nuire Dieu nous accorde
• un pasleur. »
Le métropolitain : E si de vestra ecclesia vel de alia? « JM-il de voire Eglise ou d'uao
• autre? »
L'archidiacre: De nostra, « De la nôtre. »
Le inèlrop. : Quid rubis complacuil in illo 9 « Quelles qualités avez-vous appréciées en « lui ? »
L'arrhidiacre : Modestia, humilitat, patientia, tt carteret virtutes. « Sa modestie, son hu-
■ milité, sa patience et ses autres vertus. » Lemélrop.: Uabetis décret um? « Avez-vous
« un décret? »
L'archidiacre : Uabemtts. a Nous l'avons. » Le métrop.: Légat ur. « Qu'on en fasse lec-
• lure. »
Ce décret, en forme de supplique adressée au métropolitain, filait l'acte par lequel le cLrgc veuf de son pasteur déclarait qu'on avait élu pour évéque un Ici, que l'on présentait a l'archevêque pour le prier de te consacrer. Après quelques autres interrogations cl réponses, l'élu était conduit par les chanoines en présence du métropolitain auquel il demandait 1 1 Béuédii lion : Jube. Domne, elc, le métropolitain, assis, répondait:
Lui de lue»' | atris sacro vos luniinc liwiret.
c Que Jésus-Christ, vraie lumière, sortant
■ Je la lumière du Père, vous illumine de ses « rayons sacrés. »
Une seconde fois, l'élu demandait la Bénédiction , le métropolitain répondait :
Prolegal cl ulvcl nu» Cbrisli» coudilor orbis.
« Que le Christ, créateur de l'univers, nous m protège et nous sauve. »
A une dernière demande de la Bénédiction , le métropolitain répondait :
Sedibus a suj emveuiaibonediclio nobi».
« Que du haut des célestes demeures la
■ Bénédiction descende sur nous. »
Le métropolitain demandait à 1 élu de quelle fonction il était revêtu, depuis combien d'années il était prêtre, s'il avait été marié, s'il avait pris les dispositions convenables pour sa maison, quels étaient les livres de l'Ecriture qu'un lisait dans son église. Il lui adressait des avis sur les devoirs et les f un lions de l'épiscnpal, et terminait en disant ces paroles : Qui.i erijo omnium in te vota contentant, huilie nbstinebis, et cra», Deo nnnuente. ronseeraberis : « Pui>quc vous réunissez les m suffrages de tous, aujourd'hui vous vivrez m dans l'abstinence, et demain, avec l'aide de «■ Dieu, vous serez consacré. » L'élu répondait : Pracepisii, Domine, a Seigneur, je sui- « vrai vos ordres.» S'il était besoin que l'élu se confessât, le métropolitain lui envoyait un confesseur, et quand la confession était faite, l'élu se prosternait à terre, cl le métropolitain entonnait l'Antienne : Confirma hoc, 0eu*. etc., suivie du Psaume : Exuryat Deus. que le Chœur chantait; celui-ci était accompagné de plusieurs Versets cl de deux Orai-
sons. Le lendemain on revenait h l'é^'ise , et le métropolitain, après avoir reçu le serment de l'élu , procédait au sacre.
Nous nous complaisons à retracer ce cérémonial dont l'observation a cessé depuis plusieurs siècles, du inoins dans les pays où l'éleclion n'a plus lit u ; l'éminenlc sagesse do l'Eglise se monlro dans ce Hit si grave et si fécond en enseignements d'une h iule portée, dans ce qui concerne le choix des pontife* appelés au gouvernement de l'Eglise de Dieu. Le Pontifical romain contient l'édit, ediclttm, que le métropolitain remettait à Vévéque après sa consécration. Celte admonition esl un des plus magnifiques monuments de l'antiquité, el l'on nu peut se lasser d'y admirer les leçons que l'Eglise y donne a Vévéque par l'orgme du métropolitain eonsécraleur. Quelle haute magistrature temporelle a jamais, en aucun lieu du monde, entendu de si sublimes avis au jour de son inauguration? Nous en donnons la Iraducli m à la fin du paragraphe: variétés.
L'ordination ou consécration des évéque»
date des temps apostoliques. Saint Clément d'Alexandrie nous apprend que les saints apôtres Pierre, Jacques el Jean ordonnèrent évéque de Jérusalem saint Jacques surnommé le juste. Le Concile de Nicôe prescrit que tous les évéques de la province se réuniront pour ordonner un autre évéque; mais qu'au moins il y en aura trois. Cette règle a été constamment suivie, el nous voyons peu d'exemples d'Ordination épiscopale faite par un seul évéque; quand cela arrive, il faut qu'il y ait au moins deux prêtres pour l'assister, et celte dérogation à la discipline a besoin d'une dispense émanée du souverain pontife. Celte Ordination se fait principalement par l'imposition des mains : c'est ainsi qu'elle eut lieu dans les premiers temps. Les Constitutions apostoliques rapportent un autre Kit qui consiste en ce que les diacres tiennent ouvert, sur la tête de celui qui e»t ordonné, le livre des Evangiles : pendant ce temps, on récite une prière. L'onction épi copale est clairement désignée dans saint Oplal de Milève, dans saint Grégoire pape, dans saint Grégoire de Nazianze. Met iphraste dit, dans la Vie de saint Jean Chrysoslomn, que cet illustre pontife fut oint du sainl Chrême. Le quatrième Concile de Tolède fait mention do la tradition de l'clolc, de l'anneau cl de la crosse.
Dans la suite, l'ordination épisropale, qu'on appelle habituellement le sacre,» clé environnée d'un appareil plus imposa ut et accompagnée de plusieurs cérémonies qui ont pour but d'en relever l'importance et le mérite intrinsèque. Le sacre d'un évéque doit avoir lieu un jour de dimanche, ou un jour de fêle des saints Apôtres, ou bien tout autre jour de fêle, si le pape en a concédé la faculté. V évéque eonsécraleur doit jt-ûner la veille ainsi que l'élu ; nous ne pouvons ici transcrire toutes les prescriptions préparatoires spécifiées daus le Pontifical romain pour celle auguste cérémonie : elle s'ouvre par l'examen
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ou profession île fui , ceci remonte aux siècles les plus reculés. C'est en ce moment que l'on interrogeait les évéques sur les formules sacramentelles qui n'étaient point écrites, mais que l'on se transmettait d'une manière orale. Lorsqu'un put enGn sans danger écrire les Liturgies , on se borna à interroger l'ordinand sur la doctrine catholique, afin de s'assurer de son orthodoxie et de sa résolulion de vivre conformément aux règles moraies que l'Eglise impose à ceux dont la vie doit être une prédication vivante.
Après l'examen. I f't^ueconsécrateur commence la Messe et la poursuit jusqu'à l'Evangile; l'élu en fait de même à l'autel particulier qui a été préparé pour lui , seulement celui-ci ne se tourne pas vers le peuple pour dire : Dominas vobiscum. Aussitôt après le Graduel ou la Prose, s'il y en a une, les évéques assistants conduisent l'élu au consécraleur; celui-ci s'assied, et s'adressanl à l'élu , lui trace les devoirs de l'épiscopal en ces termes : Episcopum oportel judicare, interpretari, consecrare, ordinare , offerre, baplisare et confirmare. « L'évéquc doit juger, «interpréter, consacrer, ordonner, offrir, « baptiser et confirmer. ■ Le consécrateur engage, pour une courte munition, les assistants à prier Dieu pour l'élu, el aussitôt tous, eu même temps que les évéques cl I e.u, se prosternent pour réciter Ks Litanies des saints. Le consécrateur se lève seul aux dernières supplications, pour bénirl'éluen disant trois fois : Ut hune priment em electum benedii'ere digneris , à la deuxième, il ajoute au mot benedicere, sanctiheare , el à la troisième aux deux mois précédents il joint celui de consecrare: « Nous vous supplions, ô Seigneur, de « bénir , sanctifier et cousacrer l'élu ici pré- « sent. »
Ensuite les évéques assistants aident le consécrateur à placer le livre des Evangiles sur la tète de l'élu, el tous les trois, louchant de la main droite le sommet de la léle de celuici, disent : Accipe spiritum sanclum. « Reçois « le Sainl-Kspril. »
Pendant que l'on soulienl le livre des Evangiles sur les épaules de l'élu , le consécrateur procède aux cérémonies suivantes : il récite d'abord une Oraison dont la conclusion : Ptr omnia secula seculorum, est le commencement d'une seconde qui a la forme de la Préface de la Messe; puis on entonne le Veni Creator. Après la première strophe el pendant que le Chœur poursuit le chant de l'Hymne, le consécrateur fait une onclion du saint Chrême, d'abord en forme de croix sur la couronne ou loosure de l'élu, el enfin en manière de cercle, en suivant les contours de la lu n> ure; il dit en même temps : Ungatur et contrtretur eaput tnum, calesli benedictione, in ordine ponlificali, in nomme Patùs, etc.
■ Que votre léle soit ointe el consacrée par la n Bénédiction du ciel, pour l'Ordination pon-
■ lifirale, au nom du Père. etc. » Il ajoute : Vax tibi. ■ Que la paix soit avec vous, » et on y répond selon l'usage. Le consécrateur, après avoir purifié ses doigts, poursuit la luagne Oraison qu il avait inienouipue puur
MO
ce Hit -, celte belle prière ne peut s'analyser el uuus renvoyons au Ponlifical celui qui sera désireux de la connaître.
Une seconde onclion succède à la première: le cuns< ' "' — ~— < — •
suivie t etc. Pei ci, le Chrém une f< Oraisc les ma sitôt ; formu tée co l'auto devra pient, ensuit sécrat la foi que ai giles, sur I maint adres vade i enim vivit i Amen a peu « la p « ger assis!
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L't relou
1er son ourandc : clic consiste en oeux cierges allumés, deux pains, et deux petits barils de vin. Le premier de ces pains et de ces barils est doré, les autres sont aigentés. Le nouvel évéque se tient dès ce moment à l'autel du consécrateur cl poursuit la Messe avec lui jusqu'à la fin ; à la communion, le consécrateur communie le nouvel évéque soin les deux espèces : selon l'ancien usage, le consécrateur donnait en même temps au nouveau prélat l'espèce eucharistique, dont celui-ci devait se communier pendant quarante jours après son Ordination.
Aussitôt après la Bénédiction donnée parle consécrateur, le nouvel évéque vient recevoir de celui-ci la mitre, qui lui est imposée comme un casque de protection et de salut , et comme une image du double rayon dont brillait la téte de Moïse. Tel est le sens qu'y attache la prière récitée dans ce cérémonial. Les gants sont également placés aux main» du nouveau prélat, cl pendant ce temps le consécrateur récite uuc prière qui les fait considérer comme l'emblème de la pureté du nouvel homme. ( Voir l'article gants a ceux
litTU.N PASTOIUL, MITRE, etc. )
La cérémonie se termine par le TeDeum\ pendant lequel les évéques assistants conduisent le nouvel évéque dans l'église pour y donner la Bénédiclion au peuple.
L'Eglise Orientale use à peu près du même Rit de consécration pour les évéques ; le»
LITURGIE CATUOUQTEi
prières offrent néanmoins une grande différence sinon dans le sens, du inoins dans les termes. Ce qu'elle a de propre , c'est le paldam dont le cousécraleur rcvôl toujours le nouveau prélal. (Voir pallium.)
VARIÉTÉS
Au dixième siècle . l'Ordination episcopale se faisait la nuit, après le deuxième Nocturne de Matines. Le moment précis de cette Ordination n'a pas été toujours le même : quelques pontificaux ou Rituels marquent le temps qui précède l'Evangile, d'autres celui avant la Secrète; quelques-uns, le moment de la Préface, où se trouve une longue prière qui contient la forme de la consécration épiscopale. Les paroles : Accipe spiritum sanctum, qu'on dit aujourd'hui avec l'imposition des mains, se trouvent è peine dans les Pontificaux du treizième siècle : celle dernière remarque est de dom Murtène. Il se pourrait néanmoins que celle formule fut en usage sans qu'elle fût mentionnée dans les anciens pontificaux i il est toujours vrai de dire que l'imposition a toujours été accompagnée de certaines paroles dont le sens était équivalent à celles que l'on emploie depuis plusieurs siècles.
L'auteur, que nous venons de citer, dit qu'on plaçait aussi quelquefois avec le livre des Evangiles, sur la léle de Yévétnu, le pastoral de saint Grégoire. Les conférences d'Angers observent que celle imposition du livre des Evangiles sur le cou et les épaules de celui que l'on consacre évéque, est de l'intégrité de la matière de l'épiscopat.
Le saint pape Léon se plaint de ce qu'on ordonnait des évéques en toutes sortes de jours, et il rappelle que, selon une ancienne tradition, ce ne doit être qu'au jour que Jésus-Christ a spécialement illustré par sa résurrection. Néanmoins, le huitième Ordre romain, qui date au moins du neuvième siècle, dit que les évéques peuvent être sacrés en tout temps : Episcopi autem omni tempore benedicunlur. Il ajoute que l'usage étuil de procéder â celle cérémonie pendant l'Office de la nuit, nocturno tempore. On lit dans le mémo ordre que le nouvel évéque monte un cheval blanc cl est accompagné d'une foule de peuple
3ui pousse des acclamations, et que les places e la ville sont jonchées de verdure.
Un très-ancien cérémonial de Rouen, antérieur an dixième siècle, dit qu'à la consécration des évéques il y avait deux arolyles avec deux encensoirs, sept autres portant chacun un chaudelier avec un cierge, sept sous-diacres avec des livres d'Evangiles, sept diacres qui portaient des Reliques des saints, et douie prêtres revêtus de chasubles. Un sacre fait avec cet appareil devait présenter an spectacle bien imposant.
11 est à regretter que les consécrations épiscopales ne se fassent pas toujours dans l'cglise cathédrale du nouveau prélal; il nous semble que, surtout en France, on ne se met point assea en peiue de conserver, aulanl que possible, celle coutume si édifiante : du moins «es consécrations devraient se faire
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dans la cathédrale du ronsécratcur, au heu des chapelles épiscopales ou conventuelles que l'on semble choisir de préférence, surtout à Paris.
Au treizième siècle, selon le témoignage de Durand, les évéqws, au jour de leur sacre, montaient des chevaux blancs, ou plutôt caparaçonnés de blanc; il explique cette coutume par les paroles de l' Apocalypse, chap. XIX : Exercitus qui sunt tn cœio se— guunlur illum in equi$ albis. « Les années • célestes accompagnent le Seigneur sur des < chevaux blancs. • L'auteur continu.' en disant : « Ces armées sont formées d'hommes m justes et bons. ■ Selon lui. c'est ainsi que les prélats suivent le divin Sauveur par l'exercice des bonnes oeuvres, et justifient ainsi ces paroles de l'Apôtre : Nosira cvnwrtatio in cœlis est, s Notre principale sollicU « tude est pour les choses du ciel. » Comme on voit , cet auteur a un art singulier pour attacher à des cérémonies oui semblent peu s'y prêter, un sens spirituel et moral.
Nous devons dire un mot sur les évéques in
Îiartibus infidelium. Dans le septième siècle, es barbares s'étant rendus mail r es de plusieurs villes d'Orient el d'Afrique, ces malheureuses contrées furent livrées au schisme ou à la superstition mahomélane. Les sièges épiscopaux ne furent point supprimés pour cela, et l'on continua d'y nommer des titulaires comme par le pas*é; mais ceux-ci, ne pouvant y aller exercer leurs fonctions, ont été forcés de résider dans les pays catholiques. Ils sont utiles, assez souvent, comme coadju leurs d' évéques infirmes ou que diverses causes empêchent de remplir leurs fonctions dans leur diocèse. On peut consulter, pour les chorévéques, ce que nous en disons au mot ordre.
On comprend que nous ne pouvons ici recueillir toutes les particularités plus ou moins curieuses qui abondent en cette matière. Au moyeu Age surtout, il existait des cérémonieux de réception pour les évéques quand ceux-ci entraient pour la première fois dans leur ville épiscopale. Assez ordinairement c'étaient des gentilshommes qui avaient le privilège de porter sur son trône le nouveau prélat. Quelquefois le privilège de tenir par la bride la mule sur laquelle était monté Yétéque. appartenait exclusivement à une famille. Le droit de délivrer des prisonniers était affecté à certains évéques lorsqu'ils faisaient leur entrée dans leur cité. C 'était tantôt une entrée environnée de pompe, tantôt le prélat la faisait nu -pieds. Ceci se pratiquait principalement en Allemagne. A Reims, lorsque le prélat prenait possession de son siège, l'archidiacre lui présentait la corde d'une cloche, et le prélat en sonnait quelques coups.
En France, depuis le concordat de 1802, le
f;ouvernement a réglé le cérémonial civil de a réception d'un archevêque ou d'un évéquê dans sa ville épiscopale. La loi du 2» messidor» ou 13 juillet 1804, entre à ce sujet dans plusieurs détails. A la première eulrée d'un archevêque ou d'un évéque dans la ville de leur
résidence, la garnisou doit se Icnir en bataille sur la place que le prélat doit traverser; cinquante hommes de cavalerie doivent aller au-devant de lui jusqu'à un quart de lieue. L'archevêque doit avoir quarante hommes de garde le jour de son arrivée; Vécéuue trente. Cinq coups de canon doivent être tiré- à l'arrivée cl à In sprlie. Si c'est un cardinal, il dpit être salué de douze volées de canon, et avoir, le jour de son entrée, cinquante hommes de garde avec un drapeau. Une sentinelle doit être en faction devant le palais des prélats, et la troupe doit rendre à ceux-ci les honneurs supérieurs militaires.
Celle déférence de la puissance civile envers la dignité ecclésiastique peut trouver deux sorte* de censeurs : les ennemis de l'Eglise et ses amis peu éclairés. Les premiers ne méritent pas une réfutation sérieuse ; les seconds ne doivent pas ignorer que l'honneur rendu aux ministres de Jésus-Christ par le pouvoir temporel, remonte aux siècles de Constantin et de Théodose, et que le divin ios ituleur du christianisme a dit : Qui vos honorât me Aonorat, « Quiconque vous honore m'honore « moi-même. » Or. c'est à ses apôlres, et daus leur personne à ceux qui en sont les successeurs, que ces paroles s'adressaient.
On trouve le litre de Maint cl de sainteté donné assez fréquemment aux évéques; depuis quelques siècles il est exclusivement réservé au souverain pontife. Ou lit, à ce sujet, dans le Glossaire de Durangc, ces paroles : Omnes numque sancti epîscopi non tamen omnes episcopi sancti. « Tous sont suinté « évéques, mais tous les évéqws ne sont pas
• saints. > Un auteur traduit ainsi : ■ Tous « les évéques sont saints, mais ils ne sont pas « tous de saints évéques. «Le litre honorifique de grandeur a succédé à celui de sainteté. Durand dit que lorsqu'on peint un ëréque vivant, on le représente la lélc ceinte d'uue auréole quarrée, pour désigner les quatre »ertus cardinales qui doivent briller daus un prélat. (Voyez postife.)
Voici la traduction de l'édit que le métropolitain remettait à Vévéque qu'il venait de consacrer :
« A notre bien-aimé frère et collègue dans a l'épiscopat N. Salut qui doit être éternel « dans le Seigneur. Appelé par une vocation » dhine, connue nous le pensons, vous avez c été unanimement élu comme pasteur par le « Chapitre de l'Eglise de N,; les chanoines « vous ont conduit vers nous pour en recc-
• voir la consécration épiscopalc. C'est pour-
• quoi, moyennant le secours de Dieu, et a d'après leur témoignage cl celui de voire « conscience, nous vous avons imposé les « mains pour \ous consacrer évéque. afin « que l'Eglise en perçoive un grand avau-
• tage. Ain>i donc, cher frère, sachez que. n vous vous êtes chargé d'une très-lourde « tâche : car tel est le fardeau que vous im- « pose la conduite des âmes qu'il faut soi- « guer les intérêts d'un grand nombre de «fidèles, vous faire le moindre de tous et
• leur serviteur, et, au grand jour du jugement, rendre ron-.pie du talent qui fous a
ThUUQlE. Ml
« été confié. Si notre Sauveur a dit : Je ne x suis pas venu pour être servi, mais pour « servir, et s'il a donné sa vie pour ser bre~ < bis, à combien plus forte raison nous, qui « sommes d'inutiles serviteurs du souverain « Père de famille, nous devons ne pas épar- « gner nos travaux el nos sueurs pour conc nuire les brebis de notre Maître, qui nous « ont élé par lui confiées, pour les conduire, « disons-nous, par le secours de la grâce di- « viue, au bercail du divin pasteur, exemples « de loule maladie et de toute souillure ! Nous « exhortons en conséquence votre charité à
! pirder inviolablemenl el sans la< he celte 6i dont vous avez f.iit une courte el claire
■ profession au commencement de voire couo sécration, parce que la foi est le fondement a de toutes les vertus. Nous savons que, dès
• voire enfance, vous avez été instruit dans « les lellrcs sacrées el dans les règles c.nio-
• niques; néanmoins nous allons, en très-peu « de mots, vous rappeler ces enseignements. « Lors donc que vous ferez des Ordinations, « que ce soit conformément aux Canons de « l'Eglise apostolique, aux époques réglée», « qui sonl le premier, le quatrième, le sep- « lièniC el le dixième mois, gardez-vous d'îm- > poser les mains à porsonne d'une manière « trop irréfléchie, et de pailiciper à l'iniquité
• des autres; n'ordonnez pas les bigames, les « curiaux (oo comptables, dont tes personnes « et les biens appartenaient au publtc^, ou lo « serf de qui que ce soil, non plus que les a néophvtes, de peur que ces personnes, unit fiées d orgueil, comme dit l'Apôtre, ne tonw « bent dans les filets du démon ; mais appli- « quez-vous à ordonner ministres de la sainte
• Eglise, ceux qui sont d'un âge mûr. et qui « ont vécu, avec le dessein d'y vivre dé-or- « mais, d'une manière irréprochable, devant « Dieu el devant les hommes. Vous devez « surtout vous préserver, comme d'un mortel t poison, de l'avarice qui s'emparerait do « votre cœur: ce qui arriverait si, en recon- « naissance d'un don, vous imposiez les mains « à quelqu'un, tombant ainsi dans l'hérésie- « des simoniaques, que noire Sauveur déle>to « souverainement. Souvenez-vous que vous « avez reçu une faveur gratuite, dispensez-la « aussi gratuitement: car, selon la parole du « prophète, celui qui a en horreur l'avarice « el dégage ses mains de toute sorle de pre— a senls, celui-là habitera dans les cieux, sa a grandeur sera fermement établie sur la « pierre, la nourriture lui a été distribuée, a ses eaux sont fidèles, cl ses yeux ve'roiu « le Koi dans sa splendeur. Conscrvez-vom*
■ constamment daus la douceur el la chasteté; a que jamais ou rarement une femme n'entre « dans voire demeure. Que toutes les per- « sonnes du sexe et les vierges chrétiennes a vous soient ou également étrangères ou « également chéries. Ne comptez pas sur l'cu preuve que vous avez faite de voire cha-teto, « car vous n'êtes pas plus furl que Samson, « plus saint que David, et vous no sauriez a être plus sage que Salomon. Lorsque, pour « le bien des aines, vous visiterez une cora- « munauté, et que vous entrerez dans la clô-
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r turc des servantes du Seigneur, n')- pénétrez «jamais seul, mais faites-vous accompagner « de personnes donl la société ne puisse être « pour vous une rause de diffamation, parce « qu'il faut que révéquesuit irrépréhensible, « et que sa vie soit un objet d'édification, .".fin « que personne ne se scandalise à son sujet. « Nous savonscombien le Seigneur esl indigt é « contre celui qui est une pierre d'athoppe- « ment pour les âmes innocentes. Vaquez à « la prédication; ne cessez d'annoncer an « peuple confié à vos soins la parole de Dieu :
■ annoncez-la largement, avec onction, et < d'une voix distincte, autant que vous aurez
■ été inondé de la rosée céleste. Lisez sou* « vent les divines Erriturcs ; bien plus, si cela « se peut, que ce livre sacré soit pcrpéluellc-
• ment dans vos mains et surtout dans votre « rœur, el que l'oraison vienne interrompre « la lecture; que votre âme s'y considère « assidûment comme dans un miroir, afin de
• corriger en vous ce qui doit l'être, et d'em-
• bellir de plus en plus ce qui est déjà orné. « Apprenez-y ce que vous devez sagement h enseigner, vous attachant à la parole qui << est conforme à la doctrine, afin que vous « puissiez exhorter sc'on le véritable ensei- « gnement, el reprendre ceux qui le ronlrc- « disent. Persévérez dans la science donl la « tradition émane de Dieu, el qui vous a été «i apprise cl confiée ; soyez toujours prél à j « répondre. Que vos ccuvics ne soient point « en contradiction avec vos discours, de peur
• que, lorsque vous parlerez dans l'église, « quelqu'un ne vous réponde tacitement : « Pourquoi donc vous-même ne failes-votis
« pas ce que vous ordonner? Les voleurs
m eux-ir.émcs peuvent délester les vols cl les
• parjures, et les hommes attachés aux biens
• temporels peuvent avoir en horreur l'ava-
• rice. Que voire vie soit donc irrépréhensible, « et que vos enfants se règlent sur vous; que
• votre exemple leur fasse corriger ce qui e.<-t € en eux défectueux ; qu'ils y voient ce qu'ils m doivent aimer; qu'ils y aperçoivent ce qu'ils a doivent imiter, afin que le modèle que vous
• leur offrirez les force à bien vivre. Ayez
• pour ceux qui vous sont subordonnés i:ue a paternelle sollicitude; présentez-leur avec « douceur les règles qu'ils doivent suivre, el « reprenez-les d'une manière discrète. Que la
• bonté tempère l'indignation, que le zèle sli-
• mule la bi-nlé, de telle sorte que Tune de
■ ces qualités soit modérée par l'autre, afin « qu'une sévérité sans mesure n'afflige pas « plus qu'il ne faut, cl que le relâchement de a la discipline ne soit préjudiciable à relui a oui gouvorne. Ainsi les bons doivent trouver « dans vous une correction douce, les mc- « chants une correction rigoureuse; observez
• en même temps que, dans cette correction, a vous devez aimer les personnes en poursui-
• vant les t ices, de peur que, si vous agissez a autrement, cette correction ne dégénère i n a cruauté, et que vous ne perdiez par une
• indomptable colère ceux qui devaient être « léprinritidés avec une sage discrétion. Il
• vous appartient de trancher le mal sans « blesser ce qui élail sain, afin que, si vous
LlTl hgie.
« faites entrer trop avant le fer de l'ampuli- « tion, vous ne vous exposiez pas à devenir « nuisible et funeste à celui que vous deviez « guérir. Nous ne disons pas qu'il vous esl « défendu d'être sévère envers ceux qui vous t manquent, et qu'il vous soil permis de fa- « voriser les vices, mais nous vous exhortons « à unir toujours la clémence au jugement, « afin que vous puissiez dire en toute con- « fiance, avec le prophète : Je chanterai en « votre honneur, ô mon Dieu, la miséricorde « et la justice. Ayez la piété d'un pasteur, son « aimable douceur, sa vigilance cxac'.c à fairo
• observer 1rs règles canoniques, pour traiter « avec bonté ceux qui vivent bien, et pour « retirer de la pervirsité, en les frappant, « ceux donl la conduite esl pcrGdc. Ne faites « acception de personne en jugeant, afin que o la puissance du rie hc ne le rende pas plus « superbe, et que votre exaspération à l'é— « gard du pauvre el de l'humble n'humilie « pas encore davantage celui-ci. Gouvernez « sans dissimulation el avec discrétion les a biens de l'Eglise que vous êtes chargé île « régir, et montrez-vous dispensateur fidèle; « sachez que vous n'en êtes que l'économe, « afin que puisse en vous se vérifier celle a parole du Seigneur: Le maître a établi sur « sa famille un serviteur fidèle cl prudent, « afin qu'il lui distribue, en son temps, la m nourriture. Montrez-vous charitable envers « les pauvres, selon la mesure de vos facultés, « car celui qui ferme les oreilles à leurs cris « pour ne pas les entendre, ne sera pas écoulé « lui-même quand il criera à son tour. Que » les veuves, les orphelins, Ifs pupilles, Irou- « vent dans vous avec joie un pasteur el un « tuteur. Protégez ceux qui sont opprimé*, « cl faites sentir efficacement aux oppresseurs a voire énergie. Disposez toutes choses, aux « le secours de Dieu, de sorte que le loup « ravisseur et ceux qui, dans ce monde, s'en « sont faits les satellites, se déchaînant en a tous lieux pour déchirer les âmes innoa centes, ne puissent point réussir à détourner « celles-ci d'entrer dans le bercail du Sei- « gneur. Qu'auc ne faveur ne vous enoro gueillisse, qu'aucune adversité ne vous « abatte, c'est-à-dire, que votre cœur ne s'enfle « point dans la prospérité, et qu'il ne soit « aucunement abattu dans les fâcheux évé- « nemenls. Nous voulons qu'en toute cir- <> constance tous agissiez avec prudence et a avec discrétion, afin qu'il devienne mani- « festc à lous que vous tenez une conduiln « irréprochable. Que la très-sainte Trinité « carde el maintienne sous sa protection votre « Fraternité, afin qu'après avoir exercé, dans « le Seigneur noire Dieu, et en restant fidèle « à ces maximes, la charge qui vous a été « imposée, vous puissiez, quand viendra la « jour de la récompense éternelle, entendre « sortir de la bouche de ce même Dieu, ces « paroles : Courage, bon el fidèle serviteur; n puisque vous avez été fidèle dans les petites « choses, je vous établirai dans une grande « administration; entrez dans la joie de votre
* maître. Daigne vous accorder cette grâce « le Dieu qui. avec le Père el le Saint-Esprit,
iDi.r-nuf.)
MTUaClS CATHOLIQUE.
m vil cl règne dans les »iè« les des siècles, u Amen. »