GOUPILLON
(Voyez aspbrsiok.) GRADUEL.
On n'est pas d'accord sur l'étymologie do ce nom. Quelques auteurs en trouvent l'origine dans l'usage où l'on était de chanter l'Antienne qai suit l'Epitrc, sur un lieu élevé d'un ou de plusieurs degrés. Amalaire dit que le lecteur et le chantre montent sur une marche pour chanter; et on en a conclu que de ce qu'on chantait sur ce degré, l'Antienne en avait pris le nom , rc qui n'est pas uno raison satisfaisante. Certains disent que cette Antienne intermédiaire, entre l'Epitrc cl l'Evangile, se chanlanl pendant que le diacre montait les marches, gradus, du jubé, le nom de Graduel lui avait été fort naturellement donné, et ceci nous semble évident. L'Ordre romain le dit d'une manière formelle.
Le Graduel est un Répons chanté alternativement, et c'est ce qui le distingue du Trait, qu'un chantre exécutait, tractim, tout de
suite. C'est encore A cette gradation de voix, qui se répondaient, qu'on pourrait rapporter l'origine du nom de Graduel. C'est ce qu'insinue le père Lebrun. Mais la seconde élymologie que nous avons donnée nous parait la plus simple cl la plus naturelle; cil» a d'ailleurs pour elle l'autorité que nous lui avons assignée.
Les papes saint Célcslin ou saint Grégoire sont regardés comme les auteurs de cet usagetmais on a objecté un Canon du Concile de Tolède, en C33, et par conséquent postérieur de plus d'un siècle au dernier de ces deux papes, cl dans lequel on règle que l'Evangile sera chanté aussitôt après l'Epître, sans aucun Képom qui les sépare. Le cardinal Boua écarte celle difficulté en disant que ce Canon a été fait au moment où en Espagne on observait le Rit mozarabe, selon lequel, après la première lecture de l'Ecriture sainte, on chante un Répons qui est suivi de l'Eptlre, et celle-ci immédiatement de l'Evangile. Si l'on avait chanté un Répons cnlro l'Epitrc et l'Evangile, c'eût été le deuxième, et c'est ce que les Pères de ce Concile voulaicnl éviter.
Le Graduel est en usage dans le plus grand nombre de Liturgies, quoiqu'il n'y porte pas ce nom. Ainsi, dans le Rit de Milan, il y e t nommé pelil Psaume, Psalmtllus.
On appelle Graduel le livre de chant qui renferme les Messes notées, pour le distiu-
Êuer de l'anliphonaire, dans lequel sont les leurcs de l'Office et principalement Vêpres etComplics.
Grancolas , dans ses Anciennes Liturgies, adopte l'étymologie de Graduel, a gradibus, et cite le commentaire de l'Ordre romain par Cassandrc: Responsorium quod ad Missam dicitur pro distinclione aliorum Responsariorum Gradualc vocatur, quia hoc psallitur in gradibus , caetera ubicumque volueril chorus. Il cite Belclh et Durand qui distinguent deux sortes de degrés sur lesquels on chantait In Graduel, ceux de devant l'autel et ceux du jubé. Aux fériés, l'Antienne de ce nom était chantée sur les premiers ; aux fêtes, sur les seconds : mais Durand intervertit l'explication de Belclh.
Ce que nous venons de dire ne concorderail pas avec l'opinion que nous avons adoptée, et selon laquelle le Graduel serait ainsi nommé parce que le chœur le chante pendant que le diacre monte au jubé. Mais voici Rhenanus, dans ses notes sur Terlullienv et Bcllarmin dans son livre II de Missa. qui favorisent singulièrement notre opinion : ils soutiennent que le Graduel est ainsi appelé, non qu'il se chantât sur aucun degré, mais seulement dans le temps que le diacre monte les degrés du jubé pour dire l'Evangile. Nous venons de Iranscrire Grancolas.
GRÉMIAL.
Le Pontifical romain appelle ainsi une pièce d'étoffe plus ou moins riche et ornée,
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qui se met sur les genoux de l'évéque assis, afin qu'il y pose ses mains. Il est érident que ilans le principe celte pièce était destinée à préserver la chasuble de la sueur qui provient des mains lorsqu'on les y appuie. Insensiblement cette étoffe est devenue clic-
un ornement quelquefois plus riche même que la chasuble qu'il est destiné à garantir du contact des mains, ou du livre que l'on appuie quelquefois sur les genoux du pontife officiant. Il est arrivé au grémial la même chose qu'au manipule.
Le grémial aujourd'hui exclusivement réservé aux évéques, se donnait anciennement an simple prêtre. La raison en est toulp naturelle: la chasuble du prêtre méritait d'être garantie aulanlque cellcdcl'évéque; l'ancien Rituel de Bayeux le dit formellement: Finita collecta, sedenti in cathedra sacerdoli offert puer unus manutergium pulchrum et munaum et flexis genibus ponit illud super genua : • Lorsque la Collecte est terminée, un enfant
« de chœur présente au prêtre assis sur son « siège un linge ou essuie-mains, d'une toilo a fine cl propre, et fléchissant les genoux € devant lui, le pose surceux du prélre. •
Le grémial devenu , comme nous l'avons dit, un ornement précieux, soit par l'étoffe, soit par la broJcrie, est réservé aux évé-
3ucs. En quelques diocèses néanmoins on onne au prélre qui est assis un grémial, rnais.au lieu d'être brodé, il n'est qu'en étoffe de soie et bordé de simples galons d'or ou d'argent.
Le Pontifical donne un Rit particulier pour placer et tenir le grémial sur les genoux de l'évéque. On le porte même quelquefois en cérémonie devant lui lorsqu'il marche.
Le grémial est d'usage dans l'Eglise arménienne. Il est vrai qu'il n'en est fait mention que dans le Missel arménien imprimé à Rome en 1677, et que c'est une addition à l'ancienno Liturgie de celle Eglise.