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HABITS SACRES

Nous parlons de chacun en particulier dans on article spécial. Nous ne pouvons donc traiter ici ce qui concerne celle matière, que pour y rattacher ce qui ne pouvait trouver Hillcurs une place. Il serait bien difficile de déterminer, d'une manière précise, pour les premiers siècles, quels étaient les habits, dont se revêtait le prélre qui devait célébrer. Il parait bien certain que les apôtres et leurs successeurs immédiats n'usaient point, pour la célébration, d'habits très-différents du vêtement ordinaire. On comprend aisément que dans ces temps de persécution où l'on était obligé d'offrir le saint Sacrifice dans des lieux cachés, et surtout dans ces temps où l'Eglise n'était riche que de la ferveur de ses enfants, les habits exclusivement destinés aux choses saintes, ne devaient pas être nombreux et brillants. Néanmoins Génébrani, dans son Traité de la Liturgie apostolique, a voulu démontrer que, même dans les premiers temps, et à plus forte raison dans les siècles postérieurs, on a usé, pour les augustes cérémonies, û'habils distincts de ceux que l'on portail journellement et dans la vie civile. Nous avons cru devoir insérer, en son entier, ce passage qui présente des détails et des considérations d un piquant intérêt. Il faut surtout remarquer que l'auteur a en vue de réfuter les prolestants de son temps, qui témoignaient du mépris pour les habits sacrés. .Apres avoir parlé des habits dont étaient revêtus les prêtres de l'ancienne loi, il poursuit : « Et parce nostre Rédempteur n a usé

• de Réistre n'y autres tels habits profanes « quand il a institué le saint Sacrement. Car « il avait à la mosaïque son Taleth, espèce de

• surpclis, duquel usent encore, pour le jour- « d'huy les Juifs avec artifice singulier de « (ranges et filets aux quatre coings d'iceluy.

« Outre que après souper il se leva, osta sa « robbo et se ceignit d'un linge et qu'il avait « expressément pourveu que la chambre « hautlc, où il le voulait célébrer fusl tapis-

■ séc, ittir/un pf>a iitf dit saint Luc , afin « que vous ne translatiez avec les calvinistes, « une grande chambre accoustrée pour y ap- « prester l'Agneau de Pasque. Car il veut diro « tapissée, d'où Stroma qui en est dérivé, sioc gnifie une tapisserie. Les aposlrcs ont imité « leur Seigneur. En leur Messe qui est dans « >aint Clément, ils sacrifient eu m veste

« avec une robbe resplendissante. Saint Jar- « nues cum colobio, colobum est une espèce « de chassublc, ou nostre chassuble mesme

■ qu'il meltoit sur ses veslemenls de toille

• blanche , sinon qu'elle couvrait toul le « corps, ou aujourd'hui elle est ouverte aux « costez pour la facilité de eslcvcr les mains. « Car vestibus laneis non utebatur, sed lineis. m ex Egesippo Uieronymus.\\ n'usoit de rob- « bcs de laine, mais de lin, je pense que c'es- « toit à la coutume des nazaréens cl des cs- « séens. Et par ainsi il n'avoit besoin qu'en

■ se présentant a l'autel, jettersur ses espau- « les ce colobium. Saint Jean au Service divin « de Pasques porloit sur sa leste une sorte « de mitre , que Polycralcs ancien évesquo « d'Ephèse, appelle parccqu'clle res- « sembioil la lame de la sainte couronne de « pur or du pontife prophétique, sur laquelle « csloit, comme en graveuredessecaux, sainm cleté au Seigneur, à laquelle semble se rap-

• porter Yinfula de Tertullicn. Cela a été con- « linuc jusques en l'an 260, auquel temps c sainclEslicnnc.pape et marlyr, quiinlermts- « sarum sol cm nia in Vuleriana persécutions « interfectus est, qui fut tué en disant la Messe « en la persécution de l'empereur Valérien, « détendit qu'on ne s'en servist hors le pour- « pris de l'Eglise. La cause de celle prouibi- « (ion fut que nos saints majeurs estans si

« religieux et fervents, qu'en portant les sa- « cremenls dehors, comme l'Eucharistie pour « les malades, l'Extrémc-Onclion , le sainct « Huillc pour Ips baplesmes, ils en voulaient « user sans crainte des persécutions et espics « des persécuteurs. Ce sainct martyr défen- « dit qu'on ne portasl txtra ecclesiam vestes « sacerdotales et tégument a altarium, cl qu'on < dispenserait pluslost les sacrements hors « l'église, sans habit ecclésiastique, que de « se mettre en danger el mercy des payens m et infidèles pour telle occasion, puisqu'ils ■ estoient contraints de faire du mieux qu'ils « pourraient, c'est-à-dire, moins solennelle- « ment, quant à l'extérieur, à cause des per- « sécutions. Il y en avoil donc desia et de « fait en ce mesme temps sainct Cyprion, en « Afrique, hirro, Datmatica et tunica linea m ulebatur. Les ce n lu dateurs néanmoins nous « veulent persuader soubs le prétexte de « celte prohibition pontificale, que le dit sainct « Esticnne institua les habits sacerdotaux, se « fondants peut estre sur ce que Walefredus « Strabo escrit : Primis temporibus communi « indumento vestiti Missas agebant , sicul tt hodie quidam Orientalium facere perhibentur. Mais j'ay desia évincé quo tous les scripteurs aerebusvel ofÂciis tel minisleriis ecclesiaslicis, depuis Alcuinus cl Charlcmagnesou disciple en ça jusqu'à Polydorus « Virgilius qui s'en est voulu mesler et croire « toutes inventions, spécialement les pires et « faulsea, sont du tout semblables à nos an-

• tiqnaircs du jourd'hui qui recherchent l'an- « liquilé dans des pierres antiques et autres « tels monuments muets et pour la plupart « rompus, ou bien dans des viols livres escrits « à la main, lucifugueset obscurs, qui n'ont « jamais secu venir en lumière, à cause de « leur bcslise et insuffisance. Outre que dc- « puis que Alcuin et les autres premiers ont « commis une faute ou erreur, tous les autres « l'embrassent sans jugement, ni espril de « lire ou estudier plus hault. Or il faut pren- « dre l'antiquité des antiquissimes docteurs « et desquels les escrits ont esté tousiours

• publiquement receuz, louez et approuvez. « Tels sont saincls Clément, sainct Denys.lré- « née, Origène, Tertullicn, sainct Cypricn et « autres colomnes de l'Eglise primitive, et les « anciennes Liturgies de tous les peuples « chrétiens , lesquels tous estans devant ce « sainct pape Esliennc déclarent assez que « les cenlurialeurs mentent avec leur louche « strabo. »

Comme on voit , l'opinion du dorlenr Gcnébrard est que, dans In primitive Eglise, on usait, pour le saini Ministère et principalement pour la Messe, à'habits distingues des vêtements journaliers (Voir pour chacun des habits sacrés les articles spéciaux).

HEBDOMADIER.

Dans un Chapitre ou dans une communauté religieuse celui qui est chargé de présider à l'Office pendant la semaine, Hebdomas,

f>orle celte qualification. On lui donne aussi enom de semaim*r, septimanarius. Le Cérémonial des bénéùhliiis régie ainsi les obli-

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gâtions de Yllebdomndier. « H commencera « la semaine de sa charge aux Matines du » dimanche , et poursuivra pendant toute la « semaine à toutes les heures. Il célébrera « chaque jour la Messe de la communauté. « Son office cessera à la fin des Compiles du « samedi suivant... Le prêtre qui vient après « lui dans la même partie du chœur rempla- « cera Yhebdomadier absent... Il doit toujours « avoir le livre devant les yeux cl ne pas se « fier à sa mémoire, à moins qu'il ne s'agisse « de quelque chose de très-court dont sa mé- « moire soit bien sûre. 11 doit prévoir avec « soin tout ce qu'il doit chanter el s'y prépa- « rer, surtout quand ce sont des parties qui • ne sont pas d un usage habituel et journa- « lier. » Le même cérémonial entre dans tous les détails de ce que Yhebdomadier doit faire pendant l'Office. Nous n'avons point à nous occuper de ces détails.

En certains Chapitres, le suppléant de Vkebdomadier est un prêtre qui porle le litre de vicaire de chœur.

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