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« une intempestive narration , musica in a luclu importuna narratio {Eccti., XXII, « cap. C). Cet Office commence par les pre- « mières Vêpres, qui *e composent du chant « de cinq Psaumes, afin que notre Seigneur « Jésus-Christ, par le sang très-méritoire « des cinq plaies, lave ce que les cinq sens « du corps ont pu commettre de répréhensi-
■ ble. Ha sont suivis «lu cantique de la bi«*n—
• heureuse Vierge Marie, afin que par i'iii- « tercession de cette Mère de Dieu, touli s •< leurs souillures soient effarées. Enfin nous « récitons à la fin le Psaume 145. dans lequel « nous rappelons le départ de l'â ne et le rc-
■ tour du corps inanimé, à la poussière dont
■ il avait été formé. Les prières nocturnes « se composent chacune de trois Psaumes et « de tout autant de Leçons et de Képons, « afin qu'après avoir obtenu le pardon de* « péchés du cœur, de la bouche et d'action,
• les défunts méritent d'être associés à I I « milice céleste, qui est formée d'une triple « hiérarchie et de nœuf choeurs évangéliques. « A Laudes, nous chantons cinq Psaumes « selon les mêmes intentions mystiques qu'à « Vêpres. Puis, par le Cantique de Zach irie, « nous rendons grâces a Dieu de ce que par i ■ les entrailles de sa miséricorde il a visité
< ceux qui sont assis dans les ténèbres cl » dans l'ombre de la mort, et qu'il a daigné h racheter son peuple. Les Laudes sonl ler-
< minées par le Psaume 129, qui est un de « ceux que nous appelons graduels. Nous le . chantons comme enflammés du désir île x nous élever vers Dieu, afin que les défunts « délivrés des profonds abîmes, de profm-
• dis, et affranchis de tous maux, obtiennent a un lieu de rafraîchissement, le bonheur du « repos, la splendeur de la divine lumière. ■
Que pourrions-nous ajouter à ces paroles si pleines d'onction qui, en décrivant l'ordre de cet Office, en expliquent la signification mystique d'une manière si touchante? Nous n'avons pas besoin de dire que cet Office n'est obligatoire qu'au jour de la Commémoration des Trépassés, le lendemain de la Toussaint ( Voy. commémoration ). On le chante aussi aux Obsèques cl dans quelques i.ulrcs circonstances, comme les Services, Anniversaires, etc.
Les Orientaux récitent, de toute antiquité, divers Offices pour les morts. Abraham, dit Echellensis, savant orientaliste du dix-septième siècle, parle de ces Offices chez les Maronites, les Mclchiles, les Cophtcs et les autres nations orientales, où ils sont considérés comme d'institution apostolique.
Le cardinal Bona termine son ouvrage sur la ditine Psalmodie par divers traits historiques. Nous nous contenterons d'en citer quelques-uns. Saint Hugues, évéque de Lincola, récitait toujours ses Heures canoniales a l'époque du temps déterminée qui leur donne le nom qu'elles portent, il arrivaqu'un jour il se trouvait en voy g.> avec quelques prêtres et clercs dans un lieu infecte par les voleurs. Ils se lèvent tous avant le jour et pressent le départ afin d'cvili r le danger, à la f;n eur des ténèbres. Mais le saint évoque in-
sislait pour terminer les Heures avant le départ. Les autres, craignant que ce relard ne les fit tomber entre les mains des brigands, se mirent en route et remirent à un autre moment plus favorable la récitation de leur Office. Chose merveilleuse I Ces voyageurs, prudents selon la chair, furent tous dévalisés. Mais Hugues, s'étanl mis en roule aver les siens, après avoir récité Matines, arriva sain et sauf et plein de joie au terme de sou voyage.
Parmi les moines de Prémonlré se distingua, par une sainteté éminente, le bienheureux Hermnnn. Chaque jour , quand on chantait le Cantique de Zacharie, il sentait une odeur si suave qu'il croyait aspirer le parfum des (leurs les plus embaumées. En même temps il voyait deux anges qui encensaient de chaque côté du chœur ceux qui psalmodiaient; mais il y avait un parfait discernement dans cet acte. Ces anges montraient un visage riant à quelques-uns, et Tes saluaient par de profondes inclinations. A d'autres ils ne faisaient aucun salut. En passanldevanl d'autres moines ils semblaient s'en éloigner avec horreur. Le raint homme comprit que les premiers louaient Dieu autant de coeur que de bouche, que les seconds étaient moins attentifs, et que le» autres étaient morts à la vie spirituelle.
Dans une certaine église de chanoines séculiers , pend :n( qu'on chantait à Compiles les paroles : ln pace in idipsum dormiam et requiescam, on entendit une voix du ciel qui disait : Celui nui a une extinction de voix a été seul exaucé. Le chanoine qui était affecté de ce mal était méprisé par ses confrères ; mais comme il compensait la cacophonie de sa voix par une véritable piété, il avait mérité seul d'être exaucé, par exception des autres, nui Taisaient valoir le charme et la justesse de leur organe.
L'auteur de la divine Psalmodie raconte quarante traits de ce çenre, parmi lesquels en figurent plusieurs ou les démons sont représentés comme s'efforça ni de distraire de l'attention a l'Office ceux qui sont tenus aux Heures canoniales.