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JEUNE

C'est un retranchement de nourriture que l'on fait, soit pour expier les péchés par la mortification de la chair, soit pour donner à l'esprit une plus grande élévation vers Dieu, en l'affranchissant autant qu'il est possible de la domination des sens. Le jeûne est pratiqué presque dans toutes les religions, chose qui est digne de remarque. Cet usage si universellement établi a donc sa véritable source dans la nature qui inspire à l'homme re/tjn'rux,quelle que soit sa croyance, le besoin de s'abstenir pour attacher plus étroitement la plus noble partie de lui-même à Dieu, et lui rappelle le sentiment inné de l'expiation.

Le jeûne était usité dans l'ancienne loi, non comme obligation mais comme pratique salutaire. Les livres saints nous en offrent de fréquents exemples. Les premiers chrétiens observaient le jeûne, qui consistait pour eux à ne faire qu'un seul repas par jour après le soleil couché. Ils s'abstenaient strictement de boire hors de ce repas,et passaient la journée entière dans la retraite et l'Oraison.

Outre ce jeûne sévère il y en avait qui consistaient en abstinence de nourriture seulement jusqu'à trois heures après-midi. On leur donnait le nom de stations ou demijeûnes. Tels étaient les jeûnes du mercredi et vendredide chaque semaine, hors le temps pascal

Les chrétiens les plus zélésjeûnaienl quelquefois uon-seulement un jour entier, mais

encore deux, trois, jusqu'à six jours. C'était principalement la Semaine sainte.

La sévérité primitive du jeûne se maintint pendant plusieurs siècles. Mais la foi s'élanl refroidie, on avança insensiblement l'heure de l'unique repas jusqu'à celle de None, c'està-dire trois heures après-midi, et c'est ainsi qu'on jeûnait il y a environ cinq cents ans. Depuis celle époque l'heure du repas a été fixée à midi et le soir on s'est permis un second repas qu'on appelle collation.

Voici quelle est l'origine de ce petit r pas. Ch°z les moines il était d'usage de faire une lecture, tous les soirs, en communauté. On lui donnait le nom de Collatio , conférence. Il leur était leulcmcnl permis de boire, mais craignant dans la suite qu'il ne fût nuisible de prendre ce peu de boisson sans nourriture, il y ajoutèrent des fruits secs ou un peu de pain. Or, comme celte lecture ou conférence se faisait au réfectoire, il leur était facile d'y ajouter l'adoucissement dont nous parlons , et ce repas très-frugal finit par prendre le nom de la conférence ellemême, et s'appela tollaiion.

A leur exemple, les laïques, vers le XIII* siècle, quoiqu'ils n'eussent point de véritable collation ou conférence à faire, se permirent ce léper adoucissement, et enfin v#»rs le XV l'Eglise sanctionna ce relâchement en imposant des régies afin de ne point laisser s'évanouir en entier la discipline du jeune.

Les jours de jeûne le plus universellement observés sont ceux du Carême, des Quatre - Tcmps de l'année , et des Vigiles de certaines

est Jtu

(('les. Oulre ces jeûnes obligatoires , l'Eglise en impose en quelques circonstances, comme le Jubilé, une mission, une déaicace. une calamité publique. Les jeûnes obligatoires étaient plus nombreux dans les premiers siècles que de nos jours, et celle rigueur de discipline s'est maintenue presque jusqu au \emps présent, en plusieurs contrées de la chrétienté. Depuis la suppression d un grand nombre de fêles, en France, leurs Viriles ne sont plus jeânées.

L'Eglise grecque a maintenu presque entièrement la sévérité primitive du jeûne et il y est observé d'abord en quatre principales époques de l'année qui sont : 1* Lb jeûne de l'A vent, qui commence le 15 novembre et finit la veille de Noël ; 2' le Carêmc„qui commence huit jours avant celui de l'Eglise Occidentale, mais on n'y jeûne jamais le samedi • 3* le jeûne des Saints Apôtres. Il commence la semaine après la Pentecôte cl dure jusqu'à saint Pierre. Ainsi ce tems de jeûne est long ou court, selon l'époque à laquelle la fête mobile de la Pcntecôlc est célébrée ; k' depuis le premier d'août jusqu'au jour de l'Assomptiou. Les jeûnes de celte période sont les plus rigoureux de tous. En outre, on jeûne dans cette Eglise les Vigiles dun Brand nombre de fêtes, et tous les mercredi cl vendredi de la semaine, à quelques exceptions près.

De tous les jVdne*, le plus rigoureux est celui que l'Eglise ordonne d'observer avant la réception de l'Eucharistie. Il est vrai que les apôtres ne la reçurent qu'après le repas ou cène pascale , mais on convient que «lès le» temps apostoliques le prélrc et les Gdèlcs. par respect pour celle divine nourriture; ne communièrent qu'à jeun. 11 y eut, il est vrai, quelques exceptions, et dans quelques Edites d'Afrique, on ne communiait, le Jeudi- Saint, qu'après le repas, afin d'imiter plus exactement ce qui s'était passé à la cène dominicale. Celle coutume, pour aussi Jouable qu'elle parûl, fut abrogée par un Concile getiéral.

Dans les Gaules, on dérogea aussi pendant longtemps à la loi du jeûne eucharistique, le Jeudi-Saint. Un concile de Màcon, vers la fin do sixième siècle, en défendant aux prêtres de célébrer après avoir mange , excepté pourtant la cinquième féne de la Semaine sainte, à l'exemple des Eglises d'Afrique. Cet usage s'y est aboli vers le septième siècle.

il n'y a dispense de jeûne avant lEuclialistic que dans deux cas ; le premier en laveur des malades, et celle exception a toujours été pratiquée sans la moindre opposition ; la seconde en faveur des prêtres, et dans les cas seulement où un ministre des Saints Autels se trouvant obligé, après la Consécration, d'interrompre le Sacrifice, un prêtre, quoiqu'il ne fûl pas à jeu», pourrait continuer la Messe et y faire la communion, afin de ne pas laisser le sacrifice imparfait

Non- seulement c'était une loi d éire *jmn pour ceux qui participaient à la communion, Litlrgib.

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