‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 28 sur 519 · W AI.L · texte numérisé non relu

W AI.L

• I.e mot est court, mais il se prolonge par le

• Neumc. •

VARIÉTÉS

Soxomène raconte qu'on entendit résonner dans le temple dé Sérapis une voix qui chantait Alléluia. Ce prodige fut considéré comme une prédiction de ce qui bientôt devait arriver et qui s'effectua, c'est-à-dire la consécration de cet édifice au véritable Dieu.

Sidoine Apollinaire dit que les rameurs, pour travailler en cadence, faisaient retentir les rivages du chant de V Alléluia. Voici ses ▼ers :

Oirvornm hinc chorus heleiariorum

ConcintMitibu* alléluia ri[»is

Ad Qirblum levai auucuiu celcusma.

Pour entendre ces vers il faut savoir que les Grecs donnaient le nom de «ii'v^ au cri des matelots ou rameurs qui s'encourageaient à l'ouvrage. Saint Augustin dit admirablement à ce sujet : « Chantons pour noire Celeusma m le doux Alléluia, afin de pouvoir entrer m pleins de joie et d'une ferme espérance « dans l'éternelle et heureuse patrie. »

Saint Paulin, à son tour, parle de V Alléluia dans les vers suivants :

llirv senior socix coo^audut turba caicrvœ Alléluia novb balai ovile clicris.

« La voix des vieillards s'unit à celle de toute « l'assemblée, et les brebis du bercail font « entendre en chœur le cantique nouveau : « Alléluia. »

Les enfants apprenaient à délier leur langue en prononçant ce mot, et les cultivateurs soulageaient leurs labeurs en le répétant. Saint Jérôme dit que les moines étaient convoqués pour se réunir par la joyeuse acclamation : Alléluia.

Fortunal de Poitiers raconte dans la Vie de saint Germain de Paris que ce pontife éteignit un grand incendie en chantant Alléluia. Le

ftrélreCoostantius rapporte, àson tour, dans a Vie de saint Germain d'Auxerre que ce prélat, se trouvant en Bretagne au moment où les Pietés et les Saxons avaient uni leurs forces contre les Anglais, ceux-ci implorèrent le secours de ce saint évêque. Germain les conduisit dans une vallée environnée de hautes montagnes capables de multiplier les sons de la voix. Quand les ennemis vinrent pour les y attaquer, le saint évéque ordonna aux Anglais de crier tous à la fois et le plus haut qu'ils pourraient : Alléluia. Les ennemis furent tellement épouvantés de ces cris qu'il» se retirèrent sans essayer la moindre agression.

En certaines églises, le dimanche de la Septuagésime on pratiquait des Rites assez bizarres au sujet de V Alléluia. Ainsi à Toul les enfants de chœur sortaient processionnellement de la sacristie avec des cierges allumes, de l'eau bénite, de l'encens, et ensevelissaient l' Alléluia. A Auxerrc, le même dimanche, on chantait au Magnificat l'Antienne suivante : Maneapud nos hodie Alléluia, Aile* luiaj et crastina die proficiteeris, Alléluia,

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Alléluia. Alléluia, et dum or tus fuerit dies ambulabis vias tuas , Alleluta , Alléluia , Alléluia. On ajoutait à celte Antienne l'Oraison suWanle: Oremus, Deus qui nos concedi* Alleluiatici cantici deducendo solemnia celebrure, da nobis in aterna bratitudine cum sait-:tis tuis Alléluia cantanlibiis perpetuum feli-iter Alléluia passe cantare. Per Dominum, clc.

Dans une autre cathédrale près de Paris, on fabriquait une sorte de mannequin sur lequel on écrivait en caractères d'or Alléluia, et puis on li frappait à coups redoublés pour le chasser du chœur. 11 y a déjà plusieurs siècb-g que ces Rites abusifs et même scandaleux nu se renouvellent plus.

A Rome, le Samedi saint, après l'EpHre. un sous-diacre, auditeur de Rote, paré d'une tunique blanche, va aux pieds du trône pontifical et dit à toute voix : Pater sancte , annun'-io tebis gaudium magnum quod est Alléluia. Il baise ensuite les pieds du pape U retourne à la sacristie; puis le célébrant entonne V Alléluia qu'il chante trois fois, en élevant grduellemcnt la voix.

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