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MAGNIFICAT

C'est le premier mot du sublime cantique i'e Marie, lorsqu'elle visita s» cousine sainte Elisabeth. Il parait certain que lorsque saint Césaire d'Arles ordonna aux moines , en 506, de chanter ce cantique , ce n'était point une institution nouvelle, mais une sanction pins positive de ce qui était déjà établi. Le Magnificat est un des trois cantiques évangéliques que l'Eglise récite chaque jour, dans son Office, tandis que les cantiques de l'ancien Testament n'ont que la prérogative d'un jour par semaine.

Ce cantique, chanté solennellement à Vé-

f>res , est accompagné de certains Rites. Seon la Rubrique romaine, le célébrant, après l'intonation du Magnificat, se rend au bas de l'autel auquel il fait une profonde révérence; et si le saint Sacrement est exposé , il fléchit les deux genoux. Puis il monte à l'autel qu'il baise, et, se retirant vers le cote de l'EpItre, met dans l'encensoir qui lui est présenté l'encens qui a été bénit. Puis il encense l'autel , comme cela se pratique à la Messe. 11 redescend, et, après avoir salué l'autel, sé remet à sa place. Le thuriféraire l'encense et puis en fait autant à chacun des membres du clergé, se bornant pour chacun de ceuxci à deux coups d'encensoir. Le cérémonial enjoint aux chantres et à l'organiste de mesurer leur chant et leur jeu de telle sorte que l'encensement soit terminé avant la répétition de l'Antienne.

Selon le RU de Paris et d'un grand nombre de diocèses , l'encensement du Magnificat se fait d'une manière différente. Le célébrant ou officiant , après l'intonation du cantique , se revêt d'une chape, et, accompagné d'un prêtre assistant, surtout dans les grandes fêtes, se rend au bas de l'autel où il su met à genoux. Il bénit l'encens et le met dans l'en censoir, puis chacun des deux, nous les supposons dans celte description cérémonicile, encense l'autel par trois coups. Ensuite l'uu et l'autre se lèvent, montent à l'autel pour le baiser, et après l'avoir salué, redescendent et vont au lutrin pour encenser les deux choristes en chape. Les thuriféraires les encensent à leur tour. L'assistant se retire et l'officiant, se plaçant eolre les deux choristes, y termine les Vêpres. Aux jours solennels, l'officiant et l'assistant , après l'encensement du mal Ire-autel , vont encenser l'autel de la sainte Vierge, et en certains cas, un autre autel qui est sous l'invocation d'un saint ou d'un mystère dont la solennité est en ce jour célébrée , et enfin la croix qui est sur la crédcticc du banc d'oeuvre. Puis ils reviennent au clirtîur pour encenser les choristes, comuio il a été dit. Dans tous les cas, deux acolytes,

Sortant des cierges allumés , accompagnent s célébrant et son assistant. Nous n'avons pas besoin de dire que si le saint Sacrement

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est exposé, les simples inclinations devant l'autel sont remplacées par des génuflexions. Néanmoins , en plusieurs diocèses qui ont adopté en France le Rit de Paris , l'encensement du Magnificat se fait toujours selon le cérémonial romain. On conçoit que ceci no peut être qu'un Rit secondaire, et qu'il peut varier et même être entièrement omis, comme cela a lieu en effet dans beaucoup d'E'Miscs principalement à la campagne.

A Saint-Jean de Lyon et dans d'autres cathédrales, le cantique Magnificat était triomphé comme le Nunc dimiiti» l'est eocore à la Bénédiction des cierges de la fêle de la Purification. Lebrun -Desmareltes, qui nous apprend celte particularité, ajoute qu'on chantait d'abord le Magnificat, a Lyon, sur un ion moins élevé que les Psaumes, et qu'enfin la voix était considérablement haussée au verset : Sicut loculus est ad patres noslros. Nous trouvons dans cet usage un symbolisme trèsexpressif et qui honore le goût de nos pères.

Il a été toujours d'usage de se tenir debout pendant le chant du Magnificat, comme pendant l'Evangile dont il n'est qu'un extrait. Celle posture ne ressort guère en ce qui regarde le clergé qui , pendant Vêpres comme pendant le cantique, se tient debout appuyé sur la miséricorde de la stalle. En plusieurs diocèses, le clergé, pendant ce cantique, s'isole un peu de la stalle comme pendant l'Evangile , et celle Rubrique nous semble plus convenable. r

VARIÉTÉS

Durand, en expliquant les Versets du Ma* gnifteat, attribue, avec le vénérable Bède, l'introduction de ce cantique dans l'Heure de Vêpres, aux paroles: Deposuit potentts desede cl txaltarit liumilcs. C'est en cflVl nue nous sommes réformés nous-mêmes, scion ce que nous lisons de l'humililédc Marie. Notre foi se ranime, notre confiance se raffermit parce que ta miséricorde de Dieu s'étend surtoutes les générations. C'est au soir du monde m vespera mundi, nue Dieu secourut le momie. Marie est l'étoile de In mer, qui brilla sur le déclin ou couchant du monde , et porta le Sauveur au moment où le monde était plongé dans les ténèbres. On le chante surtout a Vêpres, parce que le Seigneur vint dans le sixième âge. Or celte Heure canoniale est la sixième de l'Olficc. Pour figurer celle lumière divine, ou allume des cierges à Vêpres, surtout à cause du Magnificat , et eu le considérant comme un extrait de l'Evangile Ces raisons mystiques , dont nous ne faison« connaître que les principales , sont assurément fort respectables. Les cierges dos acolytes, pour l'cncensemcnl qui a ih u pendant ce canlique, retracent parfaitement la coutume observée depuis les temps les plus reculés, pendant le rhanl de l'Evangile.

Nous sera-l-il permis de signaler comme ( Vinjt-ffi.vu.l

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acte de mauvais goût la coutume de chanter dans les solennités le Magnificat en plain • chant musical, avec solo , de la composition de la Feilléc, ou de tout autre mélodiste de ce genre. Un ton grave et uniforme, en plainchant, n'esl-il point préférable à ces compositions pour la plupart et notamment celles de la Feillée, fades et prétentieuses du dixhuitième siècle? Cela ne veut pas dire que nous improuvious le chant du Magnificat en faux-bourdon , avec accompagnement alternatif ou simultané de l'orgue, comme cela a lieu dans les grandes églises. 11 ; a très-loin de cette dernière pratique au Magnificat mis en motets par la Feilléc, pour lequel le trop long engouement a disparu de la très-majeure partie de nos Bgïises de France.

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