MES P
Charlcmagne qui y fit adopter le Rit ro.uain. [Voy. NOËL.)
En certains diocèses de France, à cause de la rareté des prêtres, un même célébrant dit deux Messes les jours de dimanche et de féte. avec l'autorisation expresse de l'évéquc, dans deux églises différentes et quelquefois dans la même. C'est ce qu'on nomme le biscant ou biseanlat, c'est-à-dire Messe chautec deux fois.
Dans l'Eglise orientale le prêtre n'a jamais rélébré plus d'une fois par jour, pus même à la fête de Noël ; on n'y dit qu une seule Messe la nuit, et il n'y en a point dans le jour.
k* Pluralité des Messes, par jour , en une même église. Dans les premiers siècles do l'Eglise il n'y avait jamais qu'un seul autel dans chaque temple, et l'on n'y céléLrait qu'une seule fois le même jour. C'est encore aujourd'hui la discipline des Eglises orientales à laquelle en aucun temps il n'a jamais été dérogé. Mais à Rome et dans tous les pays qui suivaient sa Liturgie un érigea plusieurs autels, et sur chacun il fut permis d'offrir lo saint Sacrifice. On ne voit pas cependant que ces Messes fussent dites simultanément, comme cela se pratique depuis plusieurs siècles dans nos grandes églises où le clergé est nombreux. Chaque prêtre célébrait seul dans le même édifice à l'heure qui était indiquée. Il n'y a pas même très-longtemps que s'est introduit l'usage de dire en même temps plusieurs 3fesses en une seule église et a de si petites distances. Convenons que ce concours simultané de plusieurs Messes, dans la mémo église, n'inspire point aux fidèles ce profond respect dont ils doivent toujours être pénétrés pour le saint et ineffable sacrifice. Il serait à désirer que dans les cathédrales où, s cause du plus grand nombre des prélrcs, celte célébration simultanée a lieu, il fût établi un ordre ou disposition d'heures, en sorte que Jamais deux Messes ne fussent dites au même instant.
On a cependant pris soin que d'autres Messe* ne fussent point célébrées pendant la Messe de paroisse, ce qui serait un énorme abus. Ce qui en est un, quoique moins grave, c'est la pluralité des autels, dans des églises où il n'y a habituellement qu'un seul pi ètre, comme dans le pins grand nombre des paroisses de campagne. Ces autels, dira-l- on, furent érigés dans des temps meilleurs, et alors chacun de ces autels avait sa dotation spéciale. C'est bien là en effet leur origine. Mais aujourd'hui qu'en France toutes ces dotations ont disparu, ces autels, sans chapelain titulaire, sont une superfétation contraire anx règles liturgiques et coûteuse A des églises pauvres, qni ont à peine de quoi entretenir décemment l'autel principal. (Voy. CHA- PELLE.)
5* Messe célébrée par plusieurs prêtres av même autel. Il suffit d'ouvrir les Constitutions apostoliques et la Liturgie des premiers siècles pour y voir le saint Sacrifice offert par plusieurs concélébrants. L'évêque, à l'autel, était environné de son clergé, qui disait la
Messe conjointement avec lui cl communiait en môme temps que lui. C'est surtout aux grandes solennités que cela avait lieu, et il était enjoint aux prêtres de s'abstenir de la célébration en quelque lieu que ce fut, et de tenir à la ville célébrer avec l'évêque. Celle coulumesi édifiante, et qui retraçait si admirablement ce que le divin Sauveur fit avec ses apôtres, la veille de sa passion, n'cxisle plus depuis longtemps dans l'Eglise occidentale. On n'en trouve de vestiges qu'à la Messe de l Ordinalion, où les nouveaux prélres sont les concélébrants du pontife et au sacre des évéques.
Le cardinal Bona pense qu'il faut attribuer l'abolition de cet usage à la fondation des ordres mendiants qui, chargés d'acquitter un grand nombre de Messes, se virenl dans la nécessité de les faire dire par leurs prélres
cl semblables au nombre pluriel : « Dominas trobiscum; Orale, fratres, » etc. Néanmoins, selon l'usage actuel, il suffit qu'il y ait une seule personne présente à la Messe, celle du servant ; il n'est même pas absolument nécessaire que ce soit un homme, pourvu quo l'unique femme qui y assiste s'abstienne d'approcher de l'autel pour servir le prêtre cl se contente de répondre.
Le cardinal Bona ne trouve pourtant rien de bien absurde dans la célébration de la Messe solitaire : « Car lorsque le prêtre rc- « cite seul l'Office, il dit bien au nombre plu- « ricl : Oremus, Benedicamus Domino, et qui « plus est: Vcni(e,exultemusDomno.*Prion$t « bénissons le Seigneur ; Venez, réjouissons- « nous dans le Seigneur. » 11 convient qu'aujourd'hui aucun prêtre ne peut dire seul la Messe, mais qu'avec une autorisation ou disêunsênsiblement le clergé "séculier les imita, pense expresse du souverain pontife il peut
être encore permis de célébrer une Messe solitaire. Des dispenses de celle nature ne s'obtiennent que difficilement, cl il faut présent
ia. j.*» ™ „ i : r„ J' • ji -.. \
Néanmoins, au treizième siècle, les cardinaux assistaient encore le pape à l'autel, offraient avec lui et communiaient avec lui d'une manière en toul point conforme à l'ancienne discipline. Aujourd'hui il reste à Rome un vestige de celle concélébration , en ce que les cardinaux prêtres qui assistent le pape à l'autel reçoivent la Communion de ses mains.
De tout cet Ordre si louchant de Liturgie dans les Messes solennelles, nous n'avons conservé que le prêtre qui, sous le nom d'assistant, se tient auprès du célébrant. Quand celui-ci est évéque, deux prêtres assistants snnt à ses côlés pendant le saint Sacrifice ; mais ce n'est qu'un bien pâle reflet de l'antique cérémonial.
Les Orientaux sont demeurés seuls fidèles à ce premier Ordre de Liturgie. Dans les solennité* principales l'évèque est entouré de son clergé, qui récile avec lui les Prières du Sacrifice, etc. Si un seul ministre manquait de faire la Communion avec le célébrant, ce serait un grand scandale; mais cela n'arrive jamais.
6" Messe solitaire. Cesl le nom que les anriens auteurs donnent à la Messe que célé
1er des motifs d'une extrême gravité pour les solliciter.
T Messe sèche. C'est le nom qu'on donnait, il y a quelques siècles, à un simulacre de sacrifice, parce qu'on n'y consacrait, ni on n'y communiait, el qu'ainsi cette cérémonie éf ah privée de l'onction eucharistique. Voici, scion Durand de Mcnde, comment se disait cette Messe au treizième siècle. Le prêtre se revêtait de tous les ornements sacerdotaux et il commençait la Messe, qu'il poursuivait avec les cérémonies ordinaires jusqu'à la fin do l Offertoire, en omettant tout ce qui avait rapport au Sacrifice. Ainsi il n'y avait snr l'autel ni cal ce, ni hostie. Le prêtre ne disait point la Secrète, mais il chantait ou récitait la Préface ; puis, omettant (eut le Canon, il passait au Pater, disait : Pax Domim, Agnus Dei et aussitôt arrivait aux Oraisons dé la. Poslcommunion, terminant, à partir de là , comme dans les Messes ordinaires.
Celte espèce de Messe se disait le soir aux enterrements qui n'avaient pu se faire le ma-
brait un prêtre seul, sans assistants. Ce pri- lin. On lui donnait le nom de Messe nautique vilége fut d'abord accordé aux moines , mais ou navale, parce qu'on la célébrait sur mer,
où l'on craignait d'offrir le saint S
bientôt l'abus en fut reconnu, el le Concile de Maycnce, sous le pape Léon ill, s'exprime ainsi : « 11 nous paratl qu'un prêtre ne peut « pas raisonnablement ou convenablement « dire seul une Messe; car comment dira-l-il :
gnait d'offrir le saint Sacrifice 4 cause des balancements du vaisseau qui auraient pu faire répandre sur l'autel le précieux sang. Saint Louis, à son retour oc la terre sainte, avait érigé dans son vaisseau
Dominas vobiscum « Le Seigneur soit avec une chapelle où il gardait la sainte Euchari-
vous ; » ou bien : Sttrsum corda « Elevez vos cœurs vers le Soigneur ; » et plusieurs autres paroles de ce genre, s'il n'y a point avec lui d'autres personnes ? » Lorsque dans le principe on avait accordé aux mo.nes le privilège de la Messe solitaire, on se fondait surcequele prêtre était censé saluer ou inviter lesfidèles, qui, quoique absents corporellement, étaient néanmoins présents pria foi et la charité; mais il faut bien convenir qu'il y a dans ces paroles d'Etienne d'Autun plus de subtilité que de logique.
La présence de deux personnes fut jugée nécessaire par quelques Conciles, afin que le
slie cl ou, tous les jours , il assistait à une Messe sèche que ses aumôniers Ini célébraient.
Génébrard raconte qu'à Turin, en 1587, il assista à une Messe sèche, qui fut chantée solennellement, avec diacre et sous-diacre, aux obsèques d'un personnage illustre qui fut enterre le soir. Il n'y a donc pas encore longtemps que cet usage était en vigueur. Cependant le Concile de Paris , déjà en l'an* née 1212, taxait d'abus la Messe sèche; mais il est bien difficile de déraciner tout d'un coup un usage qui a pour lui la sanction de plusieurs siècles. Bocquillot dit que de son temps, le dix-septième siècle, on disait en-
prêtre pûl raisonnablement dire ces paroles core des Messes sèches en Auvergne.
?05 MKS
Laissons parler Itocquillot sur un abus encore plus grave , dans le treizième siècle, ou plutôt Pierre le Chantre, qu'il cite : « Pour gagner plusieurs rétributions de Mes- « ses à la fois que faisaient certains prêtres? « ils récitaient la Mette du jour jusqu'à l'Of- « fertqire ; ils en récitaient une seconde ou « votive ou autrement jusqu'au uiéme en- « droit, puis une troisième et une quatrième, « selon qu'ils étaient payés, après avoir dit a autant d'Oraisons secrètes qu'ils avaient « commencé àe Muses. Ils disaient une seule m fois la Préface et le Canon à l'Ordinaire et « finissaient en récitant autant de Postcom- « munions qu'ils avaient dit de Collectes et « de Secrètes. • C'est en rougissant que nous rapportons d'aussi monstrueux abus.
On appelait ces sortes de Mettes bifaciatœ, trifaciala, à deux faces, à trois faces, etc. L'Église a prononcé analhème contre ces profanations, que nous sommes d'ailleurs tentés d'attribuer plutôt à l'ignorance qu'à la mauvaise foi et à la cupidité.
8' Lieu de la Célébration. Il n'est pas nécessaire de rappeler que le Sacrifice de la Messe fut institué dans la salle où Jésus- Christ mangea l'agneau pascal avec ses disciples. Or ce lieu n'avait point reçu de consécration spéciale. Les apôtres célébrèrent dans des maisons particulières. Leurs successeurs se montrèrent plus difficiles sur le lieu cl, selon la liberté dont ils pouvaient jouir, dirent la Messe dans des Oratoires ainsi nommés, parce qu'ils ne servaient qu'à ces augustes cérémonies. Du temps des persécutions on disait la Messe partout où l'on pouvait, il est certain que la validité du Sacrifice est indépendante du lieu où il est offert. II est des règles néanmoins qui doivent être observées, et elles établissent quo la Mette ne peut se célébrer que dans un lieu consacré à cet effet, d'une manière permanente comme les églises, les chapelles, ou seulement d'une manière transitoire, comme une chambre, un vaisseau, une grotte. A ce sujet nous consignerons ici un trait qui ne peut qu'édifier. M. le marquis de Noinlel , ambassadeur de France en Turquie , fit célébrer la Messe de Minoit, avec grande pompe, dans la fameuse grotte d'Anliparos . Cette grotte qui a trois cents brasses de profondeur est magnilique par ses stalactites et ses cristallisations, plus encore que par son ampleur et sa hauteur considérables. On j voit l'autel sur lequel celle Messe fut célébrée II porte celle inscription : // ie ipte Chris tus ad fuit, ejut notait cite, média nocte celebrato, 1673. « Jésus-Christ lui*
• même a été présent en ce lieu, sa Nativité
• y ayant été célébrée la nuit même de Noël, « Ue Tannée 1673. »
Les capitulaires de Bàle, au neuvième siècle, défendent de dire la Mette dans des cabanes ou dans des maisons, à moins que ce «c soit pour des malades. Il parait que du temps de Chariemagne, quelques prêtres ne faisaient point difficulté de célébrer dans des
MES KOti
lieux non consacrés, en pleine campagne , dans des maisons particulières, clc. Ce sage empereur le défendit expressément.
Les évêques ayant droit de chapelle peuvent célébrer la Messe partout où ils jugent convenable, mais les simples prêtres n'en ont par eux-mêmes d'autre droit que celui qu'ils en reçoivent du pape ou des évêques. Il est pourlaul nécessaire d'observer que les prélats, tels que cardinaux ou autres dignitaires de l'Eglise , quoique non évêques ,
jouissent par le seul fait de leur promotion i la nrélature, du droit de chapelle, quoique simples prêtres d'ailleurs par le caractère do l'Ordination.
9* Service de la Messe. Si l'on remonte aux temps anciens, on verra que le célébrant était toujours assisté d'un diacre pendant le saint Sacrifice. Ce n'élait pas du reste, seulement dans les Messes chantées, mais encore en celles qui, au temps des persécutions, se disaient sans appareil. Lorsque la célébralion de ta messe est devenue plus commune, il n'a plus été possible qu'un diacre accompagnât chaque prêtre et les Conciles se sont contentés d'ordonner qu'un clerc revêtu d'un surplis servit de ministre au célébrant. Dan* le seizième siècle on était encore si rigide sur ce point, que le Concile d'Aix tenu en 1585, veut que lorsqu'en certaines églises il n'est point possible d'avoir un clerc, on obtienne de l'évéque la permission écrite de faire servir la Messe par des laïques ; celle prescription est tombée dans une complète désuétude à peu près partout; mais il serait à désirer que dans les églises où cela se pourrait fort commodément, on n'abandonnât pas exclusivement le service des Messest non-seulement à des laïques, mais à de petits enfants, qui n'apportent point à celte auguste fonction la décence dont elle devrait être toujours environnée. Si l'on veut relever aux yeux des indifférents le respect dû à nos saints Mystères, il faut s'écarter le moins possible des sages prescriptions que l'Eglise a cru devoir établir, au lieu de leur donner, comme on le fait le plus souvent, une plus grande latitude. Dans tous les cas, une femme ne peut jamais servir le prêtre à l'autel, quelque pieuse et vénérable qu'elle puisse être. Si le prêtre ne peut absolument avoir un servant, une femme peut répondre, mais seulement d'une place qu'elle occupa hors du sanctuaire où il ne lui est jamais permis de pénétrer , pour y remplir une fonction quelconque, pendant la célébralion des Offices.
Maintenant et pour couronner dignement ce long article, nous croyons devoir insérer l'Ordre du saint Sacrifice tel qu'il est marqué dans la Liturgie attribuée à saint Denys. Nous le prenons dans l'ouvrage de Génébrard, intitulé : De la Liturgie Apostolique , imprimé en 1592. Nous plaçons à côté du texte traduit en latin, la traduction du même auteur.
MYSTE1UUM SYNAXIS.
Uissœ pan.
Hierarcha ubi precem sanrlam ad divinum altare perefcil, ab i|«o inccusuui adolere iucboans, omueni sacri luci awbiluui circuit.
Itedieus ail sanctum altare Herum Psalniornrn inciplt iucU'S, concmciiiinuk sccuui sacra canuiiia omnibus ecclesiastui oi'duiiS gradibus.
Inde per iiiiuisiros sanclarum Scripturarum lectio suo ordme reciuiur.
l'osl ha-c extra snacuim amhiimn calecbumcni nunt,prav icr Los etiam enrrgunieni et qui m prruiieutia vcruulur. M i»n« irt aclero inius sali qui divina speciare alque parUciriaro mcreuLur.
La Uesse de* caléciwmènes ou prtaùh e parte dt la Mette.
Lo hiérarque ayant parache vé sa divine prière auprès «lu s dut autel commence à l'encenser el en combinant cote action passe tout à l'en tour «lu lieu sacré.
Kstanl dp retour au .^aiiil autel, il commence de recbcf a |*al.iiodier, et tout l'Ordre ecclésiastique chaule avec Jui Ira sacrés versets.
Pub après les ministres récitent par ordre quelques leço.iS des wiucles Escrilures. Et cela fait. Tes catéchumènes, ensemble les possédez cl tourmente* de mauvais esprits avec ceux <n*i foui pénitence pnbtirque, août né» hors du saiul lieu. V demeurent seulement ceut< tcul d'assister el |>arlicipvr au divbn sacrifice.