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Ordres mineurs , et eu cela ils maintiennent l'ancien usage.
A Rome , on distinguait anciennement plusieurs sortes d'acolytes. 1* Les acolytes du palais qui servaient le pape ; 2* les acolytes slationnaires qui remplissaient leurs fonctions dans l'église où la station avait lieu: 3* les acolytes région na ires qui servaient avec les diacres dans les diverses régions ou quartiers de la ville; 4" les acolytes oblationnaires qui étaient chargés de recueillir les offrandes des fidèles. Les acolytes du palais sont les seuls à peu près qui aient conservé leurs fonctions jusqu'au milieu du dix-septième siècle. Alexandre VII, en 1655, supprima le collège des sous*diarres et des acolytes servant le souverain pontife. Il leur substitua dooie votants de la signature de justice, qui sont tous prélats référendaires. De même que les anciens acolytes apostoliques , ces prélats se tiennent sur le second degré du Irène pontifical, quand il y a chapelle papale , el sont revélus d'un rochet. Ils onl a leur léle un doyen qui porte l'encensoir, el à Vêpres , encense les cardinaux et los autres ecclésiastiques du choeur.
L'état présent des acolytes se borne aux fonctions que leur attribue le sixièmcCanon du quatrième Concile de Carthagc : « L'évè-
• que instruira l'acolyte de la manière dont ■ il doit remplir sa fonction. Celui-ci reccc vra de l'archidiacre le chandelier garni « d'un cierge , afin qu'il apprenne de la que « c'est à lui d'allumer les cierges de l'église. « En outre , il recevra une burette vide pour « signifier qu'il doit préparer le vin qui doit « servir au sacrifice du sang de Notrc-Sri-
• gneur. • Ces paroles démontrent que l'ordination de l'acolyte telle qo'on le pratique aujourd'hui remonte À une trè-haulc antiquité. Eu effet , l'évéque adresse aux ordtnands une admonition sur les devoirs de l'acolytat. Puis il fait toucher à chacun un cierge éteint cl le chandelier qui le porlc, en leur disant : Accipite ceroferarium cum crreo, et sciatit vo» ad accendenda Ecclesiœ Utminaria mancipari , in nomine Domini. H Amen. « Recevez ce chandelier avec un « cierge, et sachez que vous vous dévouez à « allumer les flambeaux de l'église, au nom « du Seigneur. » L'évéque leur fait ensuite toucher une burette vide, en disant : Accipite urceolum ad suggerendum tinumet uquam in cucharistiam sanguinù Chrisli, in nomine /tomini. R. Amen. • Recevez la burette pour « fournir le vin et l'eau nécessaires au sacri-
• Dec du sang du Seigneur, etc. » Puis lr pontife leur donne sa Bénédiction qui est suivie de (rois Oraisons pareillement accompagnées d'une Bénédiction.
L'acolytat est le plus élevé des Ordres mineur», parce qu'il rapproche plus de l'autel celui qui en est revélo. Mais aujourd'hui celle fonction est à peu près simplement nominativo pour I acolyte. Les simples tonsurés et même les laïques soul chargés du luminaire, de l'eau et du vin pour le sacrifice et de toutes ces fonctions inférieures qui, an • (Vingt-tir.)
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dénuement ne pouvaient être remplies que par «le» personnes ecclésiastiques.
L'exorciste est immédiatement inférieur à l'acolyte. Ce t<'rmc grec Kf»/:«»r;{ signifie littéralement celui qui conjure ou adjure. Comme dans les premiers siècles il y avait un très-grand nombre de possédés du ocmuii, la charge de les expulser élait coufiéo aux clercs inférieurs, qui pour cette raison, étaient appelés exorcistes. Oq aurait lieu de s'étonner qu'une fonction de celle nature ne fut pas dévolue aux principaux ministres. Mais le simple clerc en était investi pour inarquer un plus grand dédain de. la puissance diabolique. Les cxnrcismes sur les catéchumènes étaient également faits par les exorcistes. Lorsque le pouvoir du démon eut cessé d'être aussi redoutable cl que le nombre des possédés fut beaucoup moins considérable, celle fonction ne fut plus exercée que par les prêtres, qui ont même besoin d'être commis a cet effet par l'évéque. La raison en est que les cas de possession doivent être examinés avec prudence, pour ne pas s'exposer à faire sans une véritable nécessité les adjurations de l'exorcisme.
La fonction de ces clercs consistait aussi à verser l'eau pour le sacrifice, à prévenir ceux qui ne communiaient pas de laisser une place libre aux autres. Mais celle-ci n'était quo secondaire. Le Concile de Carlhagu décrit leur ordination : « Quand l'exorciste est or- « donné, il doit prendre de la main de l'évc-
• que le livre dans lequel sont écrits les a exorcismes, et le pontife lui dit : Hecevei «ce livre cl conservez -en le souvenir, et
• ayez le pouvoir d'imposer les mains sur
■ les énergumènes soit baptisés, soit calé-
■ rhumènes. *> La formule de celle ordination est toujours la même. Mais comme il n'y a pas aujourd'hui de livres proprement dits des Exorcisme» , l'évéque présente et fait loucher à ces clercs le Rituel qui contient les exorcisâtes, ou le Pontifical ou même le Missel. Ensuite il récite sur eux deux Oraisons accompagnées de Bénédictions.
Le lecteur n'esl qu'au troisième degré de celle hiérarchie d'Ordres mineur*. Les Grecs le reconnaissent sous le nom d'anagnoste. qui a la même signification. Dans cette dernière Eglise les lecteurs étaient ordonnés par l'imposition des mains, en même temps que l'évéque lisait certaines prières. Les fonctions de cet Ordre étaient anciennement considérables. Les lecteurs étaient chargés de lire l'Ancien cl le Nouveau Testament à I Office qui se faisait pendant la nuit. Lorsque l'évéque prêchait, le lecteur lisait les passages de l'Ecriture qui allaientélre expliqués. Il élait en même temps dépositaire des livres sacrés, confiés a sa garde. Au lecteur il apparlenail aussi de faire la Bénédiction du pain et des fruits nouveaux. Ces différents devoirs sont encore retracés dans l'admonition que l'évéque adresse aux lecteurs, mais aujourd'hui ce n'est plus qu'un mémorial de ce qui autrefois se pratiquait.
L.ïi:.ti;i: catholique. m Le catéchisme romain dit que le lecteur était
chargé d'enseigner aux enfants les premiers éléments de la foi, et saint Charles, dans le premier Concile de Milan, recommande à ces clercs de se livrer à celte fonction si l'évé* que le juge convenable. En France aujourd liui et notamment à Paris, il n'esl pas rare de voir des clercs minorés chargés du catéchisme dans certaines paroisses avec l'approbation de l'Ordinaire. Chez les Grecs on a vu quelquefois les personnages les plus éminents recevoir l'Ordre de lecteurs, témoins l'empereur Julien et son frère Gallus oui en remplissaient la charge dans l'Eglise de Nicomédic.
L'ordination du lecteur a lieu par la tradition du livre et la formule : Accipite et esiolt verbi Dei relatores, habiluri , ti fideliter et Militer impleveritis officium tettrum, partem cumiisqui terlmm Dei bette minittrnvcrunt ab initio : « Recevez ce livre cl soyez lecteur « de la parole de Dieu, afin que si vous rem- « plissez fidèlement et utilement votre devoir, • vous ayez part à la récompense accordée à ■ ceux qui des le commencement onlannon- « cé dignement la parole de Dieu. » Celui formule diffère un peu de celle que nous lisons dans le Concile de Carthage. Le Rit se termine par deux Oraisons bénédiction uelles que récite l'évéque.
Le portier, osti-irius, est le plus infime des Ordres mineurs. Celle fonction paraît aujourd'hui un peu étrange. Mais dans les premiers siècles elle n'était pas sans importance. Les clercs qui en étaient revêtus gardaient les portes du temple, dont le clefs étaient dans leurs mains. Ils en défendaient l'entrée aux fidèles et la conservation do ce qui élait renfermé dans l'enceinte sacrée entrait dans leurs attributions. Dans l'église ils veillaient à ce que les hommes fussent séparés des femmes et que le peuple n'approchât point trop près de l'autel pêndaul la célébration des saints Mystères. Les Grecs ont connu cette fonction, mais ils ne l'ont jamais placée an rang des Ordres. C'étaient pour eux de simples officiers et assez sourenl, surtout dans les églises considérables, la garde des portes et des temples élait confiée a des diarres ou des sous-diacres, quelquefois même k de simples laïques.
Le Pontifical, dans l'admonition qui précède la collation de cet Ordre, place parmi les devoirs qui. y sont attachés, le soin de sonner la cloche, d'ouvrir l'église et la sacristie, de présenter le livre ouvert au prédicateur, de veiller A ce que rien de ce qui est dans l'église ne dépérisse, d'ouvrir enfin les portes du saint temple aux fidèles, et de les fermer aux infidèles. Nous n'avons
pas besoin de dire que tous ces devoirs sont aujourd'hui remplis par des personnes qui n'appartiennent point au cierge.
L'évéque fait loucher les clefs de l'Eglise aux ordinands en leur disant: Sic agite quasi reddiluri Deo rationem pro tu rebus quœ his clavibus rccluduMur. « Agissez comme dc- • vant rendre compte à Dieu des choses qui
m sont enfermées sous ces clefs. » L'archidiacre 1rs conduit aux portes de l'église, qu'ils ouvrent cl ferment. 11 leur fait toucher la corde de la cloche, qu'ils font tinter, et les ramène ensuite devait! l'évêquc, qui récite sur eux deux Oraisons pendant chacune desquelles il les bénit.
Le Concile de Carthagc prescrit seulement à l'évéquc de remettre aux portiers les clefs de l'église en leur adressant les paroles déjà citées. Ce n'est que postérieurement au siècle où le Concile a été tenu que l'Eglise a pu joindre aux autres devoirs de cet Ordre celui d'appeler les fidèles au service divin par le eon des cloches , celles-ci n'existant pas à cette époque. Le temple de Jérusalem avait aussi ses portiers préposés aux quatre portes et chargés d'en interdire l'enlrée à tout ce qui aurait pu le souiller
VARIÉTÉS
Selon saint Thomas , c'étaient les diacres qui , dans les premiers temps , remplissaient toutes les fonctions qui furent plus tard dévolues aux Ordres mineurs ; voici ses propres paroles : in primitive Ecelesia , propter paucilatem ministrorum omnia inferiora ministeria diaconibus eommittebantur , ut pntet per Dionysiumubi dicit : Minitlrorum alii étant ad portas templi clausas : alii aliud proprii ordxnis operantur ; atii autem sacerdofibus proponunt super altare sacrum panem et be~ vedlctionis calicem ; nihilo minus erant in una diaconi potestate ; sed postca ampliatus est cultus divinus, et Eccletta çuoditnplicite habtbat in uno ordine , explicite tradxdxt in diversis (Supplem. 3, quast. 37).
Néanmoins la lettre de saint Ignace que nous avons citée , ne laisserait aucun doulp sur l'existence des Ordres mineurs dans lo premier siècle. Il faut dire aussi que plusieurs théologiens ne croient point à 1 authenticité de celle lettre , et il parait que. saint Thomas la regardait comme non ayepue.
L'Eglise grerquene reconnaît parmi ces Ordres mineurs que le lectorat. 11 existe une lellred'InnocenllV ad Renaldum.cn 125i,dans laquelle ce pape prescrit aux Orientaux de donner les sept Ordres . comme dans l'Eglise latine ; en voici le texte : Prœcipimus quod Episcopi graeci Ordines seplem juxta morem Ecctestœ romance de ccetero conférant , cum hue usque 1res de minoribus circa ordinandot neglextsse vel prœtermUine dicanlur.
On n'ignore pas qu'anciennement ces quatre Ordres étaient conférés séparément et en observant les interstices. Le Pontifical contient cette prescription , mais il laisse aux evéques le soin de juger s'ils doivent l'observer : or très-généralement les Ordres mineurs sont conférés en un même jour au sujet qui y a été appelé.
Nous lisons dans Isidore de Séville, au sujet des lecteurs , une recommandation fort <age et qui pourrait être adressée à ceux qui , dans l'Eglise . sont chargés dïnsiruirc j»ar la lecture cl p;ir la prédication : tcc?«-
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tuum vint oportel scire leclorcm , ut noverit in qua syllaba vox prœtendatur pronuntiani\s ; plerumque emm imperiti tectores in verborumaccentibus errant, et soient irridere nos imperiliœ hi qui vident ur habere notUiam artis yrammaticce detruhentes et jurantes se penilus nescire quod dicimus. « Le lecteur « doit connaître la valeur de l'accentuation , « afin qu'il sache sur quplle syllabe il faut « appuyer en prononçant. Le plus souvent , « de malhabiles lecteurs se trompent dans « cette accentuation des paroles , et s'expo- • sent à la raillerie de ceux qui semblent a avoir une connaissance de la grammaire. « et qui jurent qu'ils ne comprennent rien « de ce que nous disons. » (Lio. de Officiit.)
L'histoire ecclésiastique nous a conservé les noms de plusieurs clercs constitués dans les Ordres mineurs qui ont souffert le martyre du temps des empereurs païens. Ainsi , sous Valérien , saint Tarsire , acolyte , Tut surpris portant la sainte Eucharistie. Comme il ne voulut point révéler aux païens la qualité de ce saint dépôt, il fut tué â coups dp bâton. Agalhon , exorciste , fut brûlé à Alexandrie avec le prêtre Cyrion et le lecteur ftasien. Pierre, également exorciste , souffrit le martyre avec le prêtre de Rome Marreilin. Parmi les lecteurs , nous trouvons saint Victor de Lyon , qui vécut en ermite arec sajnl Jusl : Synpsius qui, ordonné lecteur sous le pontificat de Sixte I , après avoir converti plusieurs païens , subit le martyre sous l'empereur Aorélien. L'Eglise honore encore comme martyrs les lecteurs saints Ma rien , Théodule, Sérapion, Ammonius, Dcsidcriu* nu Didier, Forlunat, Septime et une foulo d'autres. 11 est vrai que, de tous Ips clercs mineurs ceux-ci étaient les plus nombreux , parce qu'ils exerçaient une sorte d'apostolat par les instructions dont ils étaient chargés en faveur des catéchumènes. On ne ironie, pas dans ces premiers siècles beaucoup du portiers; la raison en pst bien évidente, c'est que l'Eglise étant continuellement sous le coup des persécutions, ne pouvait avoir des temples et des trésors A gnrdpr : ce ne fut donc qu'après la paix rendue au christianisme que l'Ordre des portiers dut compter un nombre considérable de clercs qui Cii étaient revêtus. (Voyez onmsATioN.)