‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 332 sur 519 · ODIT · texte numérisé non relu

ODIT

[Voyfi ANMVERSAinB, REQUIEM, SKIIVICB.)

ODLATES.

(Voyez bostib.) OBLATION.

Suas le nom latin Oblatio l'on entend deux choses , qui cependant doivent être distinguées, ce sont: l'Offrande elYOblation. L'Offrande , Offcrenda , est la chose qu'on offre

Ftour en faire une Oblation , et celle-ci est 'acte par lequel ['Offrande est réellement offerte à Dieu, Oblato. Pour éviter la confusion, on dit en latin : Oblatio populi. pour exprimer l'Offrande, et Oblatio sacerdotis , pour désigner V Oblation. D'après le sens que noua donnons à chacun de ces deux termes, il est aisé de voir que nous comprenons sons le nom d'Offrande tout ce que le peuple présente au prêtre, soit pour le Sacrifice, soit pour son entretien personnel , et que sous le nom d'Oblation, nous voulons parler de cette partie de la Messe dans laquelle le prêtre offre au Seigneur le pain et le vin qui doivent être changés au corps et au sang de Jésus-Christ , et même Jésus-Christ «'immolant dans ce sacrifice, quoique, en ce sens, l'auguste victime soit tout à la fois le prêtre et l'Hostie : ipse Offerens , ipse et

La méthode que nous nous faisons exige donc que nous parlions en un même article, d'abord de l'Offrande, ensuite do YOblalion.

i- Offrande. Le sacrifice d'Abel ne fut point précédé de l'Offrande ; ce fut un acte de piété spontanée que Dieu daigna accueillir favorablement. Celui de Noë fut aussi une Oblation mais non point une Offrande. Celleci ne commença de précéder le Sacrifice que sous la loi de Moïse. Tout co que le peuple doit offrir aux prêtres , y est prescrit. C'est à celle loi que le Sauveur du monde fait allusion , lorsqu'il dit : « Si en apportant à ■ l'autel votre Offrande . tous vous rappe- • lez, etc. »

Sous la loi nouvelle, la coutume de présenter des Offrandes, date, pour ainsi parler, de sa promulgation. Il est certain que les premiers fidèles les présentaient. Saint Justin et saint Irénéc parlent du pain et du vin offerts par le peuple pour le saint Sacrifice. Les prières de la Messe font d'ailleurs comprendre que les dons qui sont sur l'autel ont été offerts parle peuple.

Jusqu'au sixième siècle on avait montré beaucoup d'empressement à offrir des dons à l'autel , mais insensiblement la ferveur se refroidissait, et les Conciles furent obligés de rappeler l'Obligation de l'Offrande. Celui de Maçon , en 52a, régla sous peine d'ana- Ihèrae , que chaque dimanche , les hommes d'abord , puis les femmes viendraient offrir

UDL 863

« 0 Jérusalem ! ville do Dieu Tr&s-Ihul, lève amour de « loi tes regards et vom ton Seigneur qui va venir pour te « dégager de le* liens. »

du pain et du vin. Le deuxième Ordre romain,

3ui remonte au moins au sixième siècle, onne une description fort intéressante de la manière dont se faisait celle cérémonie. Eu voici la substance. Selon cet Ordre, pendant

Sue l'Antienne de l'Offertoire et les Versets u Psaume qu'on y joignait sont chaulés, les liommes, et après eux les femmes, présentent le pain et les vases pleins de vin, enveloppés d'une nappe blanche. A son tour, le clergé va offrir ses dons qui consistent uniquement en pain. Un choix est fait sur les pains qui doivent élre consacrés, cl on les met à part. De là est venu le nom de Secrète, * Oraison qui est récitée sur les dons choisis , Sécréta. Du vin offert et qu'on avait versé dans un vase destiné à cet usage , et qui était un cilice ministériel, on verse une parlie dans le calice du célébrant , après avoir eu soin de couler ce vin dans un passoir, nommé colatorium; mais il faut remarquer que le pain destiné à être consacré était pris sur celui que le clergé portait en Offrande , et que le viu était pris de l'Offrande du peuple.

Cel Ordre ou cérémonial de l'Offrande était suivi en France au neuvième siècle. Il était à peu près le même dans toute l'Eglise. Mais déjà, au onzième siècle, on ne le retrouve presque plus , pas même à Home. Il en est pourtant resté des vestiges . surtout en plusieurs diocèses de France. Aux Messes de Service pour les morts , il n'est pas rare de voir des Offrandes de pain et de vin, quelquefois même de blé ou de farine.

Celte Offrande, précieux mémorial de l'ancienne coutume, est marquée dans plusieurs Missels, comme devant avoir lieu avant 10blation de l'Hostie et du calice; mais la plupart des Rubriques la placent immédiatement après cette Oblation et avant le lavement des mains. 11 semblerait que ceci est plus convenable, et le père Lebrun voudrait qu'elle fût faite dès le commencement de l'Offertoire. Cependant, depuis la cessation de la véritable Offrande de pain et de vin destinés au Sacrifice, presque tous les Missels ont placé la présentation commémoralive, donl il est question, au moment qui précède le Lavabo , et après que le prêtre a offert la matière du sacrifice. Pour n'en citer qu'un exemple , tous les Missels de Paris , jusqu'à ceiui de 1664, l'ont indiquée pour ce moment.

11 est un usage adopté dans plusieurs églises , surtout à la campagne ; c'est qu'aux Messes des Morts on y fait l'Offrande de pain, de vin , de blé , de cire , d'argent , etc. pendant la Prose Dies ira. Cette coutume n'a pu s'introduire qu'en vue d'abréger le service; mais un motif de cette nature n'est pas admissible. 11 est bien vrai qu'à l'époque où la vraie Offrande avait lieu , le peuple présentait avant l'Evangile de l'argent , des étoffes , de la cire , des denrées et d'autres objets soit pour l'entretien du temple , soit pour celui des ministres ; mais on ne

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pourrait justifier par ccl exemple l'usage que nous réprouvons. Cette Offrande ne se rap-

fiortait aucunement au Sacrifice , tandis que e pain , enveloppé d'un linge blanc , et la houicillc ou burette de vin, qui sont présentés pendant les Messes de service pour les morts, sont une image de l'ancienne Offrande du pain et du vin dont une partie devait être rhangée au corps et au sang de Jésus- Christ.

A l'époque où V Offrande commença à devenir plus rare et finit par cesser entièrement, l'Eglise était déjà dotée de biens par de pieuses fondations , ri on dut se décharger sur elle-même du soin de pourvoir, soit a la matière du Sacrifice, soit à l'entretien de ses ministres. L'aumône ou intention de Messe nue le fidèle remet au prêtre peut être considérée comme une Offrande. { Voyez eulogie.)

2* Oblation. Quoique ce nom soit donné avec raison au saint Sacrifice tout entier, il est une partie de ce Sacrifice qui le porte .spécialement; c'est celle ou le prêtre offre à Dieu le pain ou l'Hostie sur la patène , et le vin dans le calice, en récitant des Oraisons ronvcnables. L'ancien Ordre romain , ni les anciens Sa crame nia ires ne présentent aucune formule pour cet acte, et il parait qu'anciennement cette Oblation se faisait en silence. 11 n'y avait d'autre prière sur les dons offerts que l'Oraison que nous appelons la Secrète. Jusqu'au onzième siècle, le Rit romain n'indiquait aucune autre espèce de formulo d Oblation. La raison eu est que la vraie, l'auguste Oblation de la victime céleste, n'est point en effet ici, mais plutôt dans la prière qui suit immédiatement la Consécration.

Lebrun pense, avec raison, que les prières actuelles de V Oblation ont été prises du Missel mozarabe, avec quelques changements.

L'Eglise de Rome, en les empruntant, voulut par ce moyen fixer et soutenir l'attention du cclél r.mt il .us ce moment où, avec la Messe des fidèles, commence l'action solennelle du sacrifice. D'ailleurs, toutes les Liturgies ont une ou plusieurs prières propres à l'Oblation. [ Voyez messe.)

Apres avoir découvert le calice, le célébrant offre d'abord à Dieu le pain, qu'il appelle par anticipation Hostie, ou victime. Aux Messes solennelles, c'est le diacre qui remet au prêtre la patène, afin qu'il paraisse du moins que le célébrant n'offre que ce que lui a présenté le peuple dont en ce moment le diacre semble être le député. Selon plusieurs Rites, même en France, V Oblation du pain et du vin a lieu en même temps, parce qu'au commencement de la Messe le célébrant a mis le vin et l'eau dans le calice- Ce dernier Rit est des plus ancien», eton nomme celte Obla- Hon : Ver modttm unius. Mais selon le Rit romain, le célébrant, après avoir placé la patène sou* le corporul. va à l'angle droit de l'autel pour mettre le vin et l'eau dans le calice, et revient au milieu pour en faire VOblation. Ce cérémonial est accompagne des Oraisons dont nous avons parlé : 1* Suscipe mvde

k' Jn Spiritu huaulitatit ; S* rem'. Sanctifiât' tor. II n'y a pas encore longtemps qu'a la place de celte dernière on récitait le Vent Creator, ou bien le Verset qui précède la Prose de la Pentecôte : Veni, Sancte Spiritus. reple tuorum, etc.

Après s'être lavé les mains, le prêtre incliné et les mains jointes récite encore sur le pain et le vin une sixième prière : Sutcipe, êancta Trinitas. On la trouve dans quelques anciens Missels sous le nom de Prière de saint Ambroise. Elle est dite au nom du prêtre et des fidèles conjointement. Dans les Heures de Charles le Chauve, au neuvième siècle, elle est indiquée pour les fidèles qui avaient présenté leurs Offrandes à la Messe. ( Koyes

SUSCIPE, SAXCTA TMIUTAS.)

Cette Oblation n'est, pour ainsi parler, que le prélude de la grande Oblation du corps et du sang de Jésus-Christ qui a lieu après la Consécration. Elle se trouve dans ta prière : (Inde et metnore*. lorsque le prêtre dit : Offerimus preeelarœ ma j estât i tuce de tuis donis oc datis hosliam puram, hostiam sanctam, hostiam immaculatam. panent sanctum vitee œtern<r, et calicem snlutis perpétua. « Nous offrons « à votre Majesté suprême l'Hostie pure, « l'Hostie sainte, l'Hostie sans tache, le pain « sacré de la vie éternelle, cl le calice de l'é- « ternel salut. » A chacune des augustes prérogatives dont le célébrant qualifie le mystère eucharistique, il fait un signe de croir sur les espèces pour signifier que le Sacrifice de l'autel et relui du Calvaire ne sont qu'un secs, cl même Sacrifice.

Pour la récitation de cette formule <V Oblation, il y a plusieurs Rubriques. Les unes veulent que le prêtre incliné tienne ses bras sur la poitrine en forme de croix, d'antres, qu'il les tienne étendus en la même forme. Le Rit romain, qui est le plus universellement suivi aujourd'hui, marque seulement que le célébrant élèvera ses mains. Chaque Kglise a, sous ce rapport, son Rit, auquel le prêtre qui en fait partie doit toujours se conformer. (Voyez canox, eau et tw.)

VARIÉTÉS

Dans les premiers siècles, on offrait à l'autel, entre autres présents, des épis nouveaux et des raisins. On fut obligé d'interdire celle dernière Offrande, parce que quelques prêtres mêlant avec le sang précieux le jus exprimé de ces raisins, donnaient ainsi I Eucharistie aux fidèles. On défendit, pour la même raison, les Offrandes de miel et de lait.

Plus tard, néanmoins, on voit paraître des Offrandes de toute espèce de prémices. Mais alors on distinguait soigneusement ces objets de la matière principale du Sacrifice.

L'Offrande du pain et du vin pour la Messe ne pouvait être faite que par ceux qui dc- •' vaienty communier. C'est bien là, sans aucun doute, l'origine de l'usage où l'on est en certains pays d'aller à l'Offrande, lorsque l'on doit s'approcher de la Table sainte, surtout pendant la quinzaine de Pâques. Un

Valet ,1 thHfuui hmntmtt; 3 \"Ojf< rimas tibi; prêtre instruit cl tvlc doit s'attacher à con-

m OBL

server dans sa paroisse un si précieux vestige de l'antiquité.

Le prêtre récitait les noms de ceux qui liaient venus faire leur Offrande, ol les recommandait è Dieu, dans le Canon. [Voyez

COMUÉMOHATION.)

On donne aussi le nom à'Offrandeàtxx présents dont les personnes riches cl généreuses graliliaienl les Eglises. Les chartes de fondation en faveur des monastères et tout établissement religieux étaient placées sur l'autel. Ainsi, la donation de Chariemagnc en faveur de l'Eglise de Rome fut déposée sur le grand autel de la basilique de Saint-Pierre.

La coutume d'encenser l'Offrande du pain et du vin qui doivent être consacrés, remonte au berceau de l'Eglise, du moins en Orient. Le Hit de cet encensement varie, ainsi que les prières qu'on doit réciter pendant celte cérémonie. C'est un acte de respect anticipé pour ces substances qui doivent être consacrées, et ce respect concorde parfaitement avec le nom à'Hostie sans tache, tmmacutatam hosliam, que nous donnons à celte matière dans l'Oraison de YOblation.

Le père Lebrun dit que jusqu'au quinzième siècle, selon le Rit romain, on plaçait le calice à la droite de l'Hostie, mais qu'en France et en Allemagne on me t iil ordinairement l'Hostie entre le calice cl le prélre. Aujourd'hui c'est la coutume universelle.

Durand de Mende veut que le calice soit posé directement sur la croix qui est gravée nu milieu de l'autel, ainsi que l'Hostie. 11 est clair, d'après cela, qu'il n'approuvait pas l'usage qui était alors en vigueur à Rome.

Il est bon de rappeler ici co que dit Bocquillot : « Lorsque les fidèles offraient du « pain et du vin pour le Sacrifice, c'était tou- « jours le meilleur.. Cet exemple, de la piété « de nos ancêtres, clercs cllaïqucs, doit faire « confusion à des curés et à d'autres prêtres,

• qui pour épargner le bon vin qu ils boi- « vent... » La citation peut se terminer ici. Plus bas, il ajoute : « En vérité, ce qui doit « servir de matière au plus auguste de nos

• mystères, ne devrait pas être négligé de la

• sorte. » ( Voyex l'article vis.)

A Milan, quatre femmes velues de noir, vont à la porte du chœur présenter aux ecclésiastiques qui vont à l'Offrande, le pain et le vin du Sacrifice. On les appelle diaconesses.

On nommait oblationnaires les officiers «cclésiasliqucs qui étaient chargés de recevoir les offrandes des mains des fidèles. C'étaient des diacres, cl quelquefois des sousdiacres. On lit dans les statuts de Théodulphc, evéque d'Orléans : Feminœ missam sacerdott célébrante nequaquam ad altare accédant, sedlocis suit stent, et ibi tacerdos obla— tiones earum Deo oblaturus accipiat. « Que

• les femmes n'approchent point de l'autel « pendant que le prêtre célèbre, mais qu'cl- « les se tiennent à leur place, et que le prélre « aille y recevoir les ohlalions qu'elles veu-

• lent offrir à Dieu. » On a vu que selon les Ordres romains les femmes avaient le droit de se présenter aussi bien que les hommes

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