ANGELUS
C'est le nom qu'on donne vulgairement aux (rois versets dont chacun est suivi de la Salutation angélique. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que celte dévotion a pour bnt d'honorer le mystère de l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie. Quoique ceci ne soil pas liturgique dans la rigoureuse acception du terme, nous avons cru devoir en traiter dans unarlicle spécial. On ne peut fixer l'époque à laquelle cette prière fut étah'ie. Nous voyons d'abord que le pape Jean XXII accorda des indulgences à ceux qui réciteraient trois fois Ave Maria, le soir. Puis le Concile provincial de sens, en 1 3 Wi, s'exprime ainsi qu'il suit , ehap. XIII : Item nuthoritate dicti Conrilii prœeipimus, quod observetttrinriolabiiiter oratio farta persunctet memoria? Joannem papam vigeaimum seewn— dum de dieendo ter Ave Maria, tempore seu hora ignùegii. in qua ordinatiane coneedilur indulgentia : o De même, par l'autorité dudil « Concile, nous ordonnons qu'on observe strie* « te meut la coutume de réciter la Prière ou « Oraison faile par le pape de sainte mémoire « Jean XXII , laquelle consiste a dire trois « Ave Maria à l'heure du couvre-feu, moyen- « naut quoi on gagne une indulgence. » Ces paroles du Concile semblent donner à entendre que c'est à ce pape qu'on est redevable de Y Angélus, et que ce pontife aurait fait suivre chacun de ces Versets : Angrlus Domini, Ecee ancilla. Et Verbum earo, ainsi . disposés par loi, de la Salutation angélique. Le Concile de Cologne, de l'an 1243, cité par Grnncolas, ordonne que tous les vendredis „ à midi, la cloche soit sonnée , en mémoire de la Passion de Jésus-Christ , et il ajoute qne cela doit être pratiqué selon la coutume observée tons les jours soir et matin, en mémoire de la Compassion de la sainte Vierge. Ainsi avant le pontificat de Jean XXII , on sonnait du moins deux, fuis pur jour, pour honorer, la Mère de Dieu. Mais on ne saurait
« UTURC1E CATHOLIQUE,
en déduire, que déjà dès ce temps, on récitât que dans un
la prière spéciale Ângelus
Voici une prescription postérieure au pape dont nous parlons. Elle se trouve dans les actes du Concile provincial de Lavaur, en 1368. Il est enjoint aux curés de faire sonner 'vers le déclin du jour une cloche, et les personnes qui réciteront cinq Pater en l'honneur des cinq Plaies, et sept (bis la Salutation angélique à genoux , pourront gagner une indulgence de trente jours. Grancolas ajoute : « Ensuite cela fut réduit aux trois Salutations. »
Celle dernière dévotion n'était pratiquée que par quelques personnes, lorsque le papel Calixlc III . effrayé du succès des armes de' Mahomet II, la recommanda spécialement afin d'implorer le secours de Dieu par la puissante intercession de la sainte Vierge.
Louis XI, qui , comme on sait , malgré 1rs torts qne l'histoire lui reproche, avait une grande dévotion envers Marie, ordonna que dans tout le royaume on sonnât la cloche, le matin, à midi et le soir, pour avertir les fidèles de réciter V Angelus. Celte institution a traversé quatre siècles de vicissitudes, et dans le temps présent, elle existe encore partout d'une manière uniforme.
D. Claude de Vert dit qu'avant l'institution de V Angelus par Jean XXII, comme on sonnait, le soir, Yignitegium ou couvre-feu , à trois reprises, c'est à résignai que fut subordonnée la récitation de Y Angelus. On donne à cet acte de piété , en plusieurs endroits , le nom de pardon , à cause des indulgences qui y sont attachées. Il est certain aussi qu'anciennement, on sonnait à midi , pour avertir les laboureurs de dételer leurs bœufs. A ces deux signaux, auxquels est venu s'ajouter celui du malin qui, dans les campagnes, indique le moment du lever, on a sans doute agi sagement d'attacher une pensée de piété. Ainsi Ta religion vient sanctifier les actes les plus ordinaires de la vie.
Le docteur Grancolas, en parlant de la dévotion envers la sainte Vierge, cile un livre de Prières de Sévère , patriarche d'Alexandrie, en 6V7. A la fin de son livre de Bilibus Baptismi, on lit cette Oraison: Fax tibi, Maria, gratia plena , Dominus tecum , benedicta tu inler mulieres et bened ictus fructus qui est in utero. Jésus Christus. Sancta Maria, mater Dei, ora pro nobis , inquam , peccatoribus. Amen: a Paix à vous, Marie, pleine de grâce, « le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie « entre toutes les femmes, et béni est le fruit « de vos entrailles, Jésus-Christ. Sainte Ma- « rie, mère de Dieu , priez pour nous , pour « nous, dis- je, qui sommes pécheurs. Amen. » Cette Prière est bien sans contredit le type de notre Ave , Maria , et on voit par l'Eglise grecque, dans laquelle nos hérétiques modernes prétendent puiser des preuves contre la croyance catholique, qu'ils ne sont pas plus heureux en cette circonstance que dans les autres. Au septième siècle, celle invocation à la sainte Vierge, n'était donc point une innovation. Le même lilurgiste l'ail observer
Bréviaire des Cordcliers , en 1515, il y a, après les paroles, pro nobis peccatoribus , ces aulres paroles qui terminent la Salutation angélique, nunc et in hora mortis nostra*. Enfin il ajoute que le pape saint Pie V mit Y Ave Maria dans le Bréviaire réformé. Celle salutation se trouvait déjà dans celui du cardinal de Sainte-Croix. Bona dit la même chose. Néanmoins, nous lisons dans le Ralional de Guillaume Durand, qu'avant les Heures canonicales et à la fin de l'Oraison dominicale, on dit à voix basse Ave Maria, etc. Est-ce une rubrique particulière que Durand a voulu indiquer?
■ Benoit XIV ordonna de réciter, à la place de Y Angelus, l'Antienne liegina cœli, pendant tout le temps pascal, en se tenant debout. Il accorda à la récitation de celle Antienne, les mêmes indulgences qu'à Y Angelus,
ANGES (Fêtes des).
La vénération pour les Anges, remonte aux
firemiers siècles de l'Eglise. Nous lisons dans es écrits des saints Pères, que ces Esprits bienheureux sont nos intercesseurs et nos avocats auprès de Dieu. Puisque c'est à ce litre que l'Eglise catholique honore tes Saints, il n'y a rien d'inconséquent à prier les Anges, à instituer des Fêtes en leur honneur. Il est vrai que dans les quatre premiers siècles de l'Eglise, nous ne trouvons aucune solennité établie pour leur rendre le culte de dulic. Ce culte a été réglé par suite de diverses apparitions de l'Archange saint Michel. La plus célèbre est celle qui eut lieu à Colosses, en Phrygie. Pour en perpétuer le souvenir, un temple magnifique fut élevé et le miracle eut un si grand retentissement, qu'une Fête en l'honneur de saint Michel , fut aussitôt établie. L'empereur Constantin voulut aussi édifier une Egtisc , sous le vocable de ce saint Ange, dans la ville de Con stantinoplc , parce qu'on disait que saint Michel avait apparu dans ce lieu et que plusieurs guérisons s'y étaient opérées.
La seconde apparition de saint Michel eut lieu sur le mont Gargan, en Sicile, et ce lieu porte depuis le cinquième siècle, le nom de mont Saint-Ange. C'est de là, que la vénération pour saint Michel, s'est répandue dans tout l'Occident. Le pape Boniface IV, fil bâtir, en 610, une église en l'honneur de cet Archange, sur le tombeau dit Mole d'Adrien. C'est aujourd'hui le château Saint- Ange, sur la rive droite du Tibre. La dédicace en ayant été célébrée le vingt-neuvième jour de septembre, l'Eglise a fixé à ce jour, la Fête instituée en l'honneur d* tous les Esprits bienheureux. Les Grec* célèbrent celle Fête le huitième jour dt novembre , et le 26 mars ils font celle df saint Gabriel.
La troisième apparition, est celle faite a Aulbert. évéque d'Avranrhcs. en 709, sur un rocher qui avance dans la Mer. Saint Michel déclara à ce pontife , qu'il voulait avoir sur ce rocher le même culte que celui qui lui était rendu sur le mont Gargan. Col