ORAISON
Ce terme générique est employé pour désigner les formules déprécatoires que l'Eglise met dans la bouche des prêtres ou des fidèles t>our demander à Dieu le secours de ses grâces, ou lui en témoigner sa reconnaissance. Ce terme formé du latin Oratia signifie dans toute sa valeur étymologique l'action de parler. Ainsi orare ne veut pas seulement dire prier, mais encore user de la faculté de la parole. Aussi Orntio signifie pareillement discours. Mais restreinte au sens liturgique, YOraison est la formule employée dans l'Office, et qui porlc Ic*s divers noms de Collecte, Secrète, Postcommunion, ou simplement d'Onrnon. Nous parlons des trois premières en autant d'articles particuliers. La Collecte de la Messe récitée aux Heures canoniales y porte le nom d'Oraison. On comprend qu'il ne nous est pas possible de parler en détail des Oraison» qui font partie du culte divin. Outre celles dont nous venons de faire menlion» il y en a qui sont spéciales aux sacrements, aux sacramcnlaux.lcls que l'eau bénite, le pain bénit, etc. .aux Bénédictions aux consécrations, elc.
Les Oraisons liturgiques doivent être approuvées par l'autorité ecclésiastique, et le Concile do Milèvc au cinquième siècle en fit une loi expresse. Les capilulaircs de Charleniagnc ordonnent de rejeter toutes les Oroitons qui ne seraient point approuvées par l'Eglise. Ces prohibitions étaient urgentes en des siècles ou une piété mol entendue cherchait à introduire des formules qui ne présentaient pas toujours les caractères de l'orthodoxie. Mais de nos jours les précautions ne sont point à négliger, cl l'Eglise a maintenu ses anciennes règles.
Nous nous étendons assez longuement sur YOraison dite Collecte, dans l'article qui lui est consacré, et nous y réunissons beaucoup de notions sur YOraison en général. Nous y ajoutons ici ce que dit Durand , au sujet des Oraisons nommées exorcismes. Elles ne commencent point par la munition ordinaire Oremus, et ne finissent point par la conclusion qui mentionne les (rois Personnes do la sainte Trinité, mais bien par ces mots : Per eam qui venturus est judicare vivos et mortuos rt sacuium ptr ignem. Cet auteur ajoute, que le démon entendant que Jésus-Christ doit venir pour juger le monde par le feu, prend aussitôt la fuite, parce qu'il craint ce jugement de feu, sous le poids duquel il sera accablé éternellement, après la fin du monde. II cite le maître Gilbert, mayister Gilbertus, qui dit que les Oraisons pour les morts doivent se terminer de cette manière, mais que cependant elles ont celles : Per Dominum ou Qui viiis. L'Oraison Absolve, selon lu Rit parisien, se termine par la conclusion : Per eum qui venturus est, etc., tandis que dans le romain celle-ci ne diffère pas des conclurions ordinaires.
Dans toute Oraison récitée ou chantée à la
ATIIOLIQLE. m
Messe le célébrant élève les mains vers Us ciel. Tous les lilurgisles attachent À ce geste un symbolisme qui est facile à comprendre. Quant aux Oraisons du Canon et autres, la règ'e a des exceptions que nous ne pouvons ici faire connaître, et qui sont marquées par les Rubriques. Au Chœur, les Oraisons do l'Office oublie, sont chantées en tenant le» mains jointes, à moins que l'officiant ne suit obligé de s'en servir pour supporter le livre. Durand dit qu'à l'égard du souverain pontife, et en plusieurs Eglises aussi à l'égard des évéques, les minisires assistants leur soutiennent les bras pendant V Oraison, comme nous lisons dans le chapitre XVI de l'Exode, que les bras de Moïse étaient soutenus par Aaron cl Hur.
La Liturgie Mozarabe a un nombre d'Oraisons très-supérieur à toutea les autres Liturgies. Pour en donner un exemple, nous citerons la fête de saint Etienne, premier martyr, qui dans le corps entier de son Office présente vingt-une Oraisons différentes.
Nous n'avons point à nous occuper do Y oraison mentale. Un discours où l'on retrace les vertus et la vie d'un défunt s'appelle Oraison funèbre. Nous consacrons un article spécial à YOraison dominicale.