V AU ÉTÉS
Il parait d'après un sermon de saint Augustin qu'on était dans l'usage de se frapper la poitrine aux mots : Dimitte no bit débita nostra, pendant l'Oraison dominicale chantée à la Messe. Quelques Missels, selon ce qu'eu dit Grancolas, marquaient cette Rubrique.
Nous empruntons du même docteur le trait suivant qu il cile en ces termes : « Léontius, « dans la Vie de saint Jean l'aumônier, pa- « triarcho d'Alexandrie , rapporte que co « saint ayant entrepris de réconcilier une « personne avec un prince qui en avait été « offensé, il prit un jour propre pour dire la « Messe en particulier devant ce prince, « n'ay.inl qu'un de ses gens pour la servir : « comme ils disaient tous trois V Oraison doa minicale, à ces paroles : Pardonnet-nous « nos offenses, le saint patriarche demeura « tout court sans vouloir continuer, et lit « signe à celui qui le servait do faire de » même. Ce qui fil assez connaître à ce
< prince l'obligation qu'il avait de pardou-
< ner à son ennemi. >
On a vu que selon l'ancienne Liturgie des Gaules, le peuple chantait avec le prêtre lo Pater, à la Messe. Grégoire de Tours, raconte un miracle qui s'opéra dans l'Eglise de Saint-Martin. Une femme muette élail venuu en dévotion au tombeau du saint évéque. Au moment où tout le monde chantait l'Oraison dominicale, cette femme sentit sa langue déliée et se mit à chanlcr avec les autres : Haec aperto ore cetpit sanctam or alionem cum retiçuis decanlarc.
Durand fait connaître un Rit particulier a certaines Eglises. Pendant les trois premières demandes du Pater, le prélre tenait le calice un peu élevé, et un enfant se plaçait derrière le diacre. Cet enfant était couvert d'une chape à l'envers, ex transverso, < pour « désigner que la téte, c'est-à-dire les Juifs « attendant le Messie, était devenue la queue « depuis l'avènement de Jésus-Christ. » Nous citons : Quod caput... transversum est in caudam. Ce symbolisme liturgique ne nous semble pas très-merveilleux.