ORDINATION, ORDRE
Sou» ce nom l'Eglise désigne le sacrement qui confère la puissance spirituelle el auquel elle donne le nom d'Ordre. On comprend que, traitant à part de chaque degré de la hiérarchie , nous n'avons à parler ici de cet objet que pour en compléter le développement; ci néanmoins encore le champ est vaste , quoique nous soyons tenus de nous borner à ce qui entre dans notre plan. L'ordre, Or do . selon sa signification grammaticale, est !«• rang qui est assigné à chacun dans une société, les membres qui la composent dohcnl y occuper la place qui leur convient. Il ne peut, du reste, s'agir ici que des membres enseignants, de ceux qui en sont les chefs, li?s régulateurs , chacun dans la portion d'autorité qui lui est attribuée. Le nom d'Ordre » Ordo, a élé assigné, dès les premiers siècles, nu sacrement en vertu duquel celui qui le reçoit esl gratifié du secours surnaturel dont
H a besoin pour exercer son ministère. Les Pères de l'Eglise emploient le nom d'Ordre dans une double signification : tantôt c'est le sacrement que nous appelons de ce nom, tantôt la forme de ce même sacrement, et en ce dernier sens c'est {'ordination. C'est donc de cette dernière qu'un ouvrage sur la Liturgie doit avant tout s'occuper. Les preuves de l'institution du sacrement, des dispositions qu'on doit y apporter, de ses effets, sont du ressort de la théologie proprement dite. L'élection, la juridiction, l'irrégularité, l'interdit appartiennent au droit Canon. Néanmoins il nous est impossible de ne pas loucher quelque fois à ces questions pour compléter notre travail. L'article eûmes renferme d'ailleurs plusieurs détails que nous ne pouvons ici reproduire.
Une question préliminaire doit être examinée. Pourquoi l'Eglise emploie-t-elle un cérémonial aussi chargé de Rites que l'est celui de V ordination T ne semble-t-elle pas ainsi prendre pour modèle les pratiques du judaïsme et de la genlilile? Il est aisé de répondre. Si en général l'Eglise use de cérémonies qui présentent quelquefois on rapport si frappant avec celles d'autres cultes, elle n'emploie que pour un légitime usage ce que le paganisme surtout employait pour un culte mensonger. Saint Augustin, dans son livre du Baptême contre les donalistes, nous dit qu'il n'y a rien à craindre sous ce rapport : Non soin m formidanda non tunt, sed ab ris, tanquam injuslis posstssoribu*, in usum notirum tindteanda. Terlullieo l'avait dit avant lui. Les païens, pour nous borner à notre sujet, imposaient les mains sur leurs pontifes : un augure imposa les siennes sur Mu ma pendant le cérémonial de sa prétendue consécration. Plutarque nous dit que les prêtres de Jupiter recevaient certaines onctions. Ces prélr. s étaient revêtus de certains habits qui différaient de ceux de l'usage civil. La raison seule pouvait leur dicter ces Rite? symboli-
3ues et leur faire comprendre que I homme évoué à un ministère sacré devait être l'objet d'une inauguration spéciale qui le distinguât de ceux qui ne devaient pas exercer des fonctions de cette nature. Nous répéterons ici re que nous disons ailleurs. S'il fallait répud.er tout ce qui, dans la Liturgie catholique, ressemble aux cérémonies des fausses religions, il n'y aurait pas de Liturgie de culte possible. Parce que les païens adoraient Jupiter, faudra-l-il donc que nous n'adorions pas le véritable Dieu ? Parce qu'ils avaient des fêtes, faudra-l-il que nous n'ayons aucune solennité commémoralive î et parce qu'ils avaient des prêtres et des pontifes, aucun homme parmi nous ne devra-t-il être consacré au ministère des saints autels ou à celui de la prédication î On recule devant de pareilles conséquences.
Quant au reproche d'imitation du culte jud.ifnue, il ne pourrait être sérieux. L'union de I ancienne loi et de la nouvelle est trop intime pour qu'on blâme celle-ci d'avoir adopté pour le culte de la réalité ce qui avait été institué pour le type figuratif. Ce n'est