‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 347 sur 519 · ITUICIK CATIIOLIQLE · texte numérisé non relu

ITUICIK CATIIOLIQLE

fiostri Jesu Chrfrn. ft. Amen. Le Pontifical n'a rien changé à celle formule. Celle huile sainte esl celle des catéchumènes. Il est vrai que certains auteurs se sont servis du mot chrisma, mais uniquement d'une manière emphatique , car ce terme s'emploie même aujourd'hui dans le sens d'onclion.

L'huile du saint Chrême sert pour Yordination de l'évéquc. Le consécratcur en doit faire , selon l'ancien Ordre romain , une onction sur la (éle de l'élu en forme de croix , et dire en même temps : Ungatur et consecretur caput tuum cœlesti benedictionc in ordinepontificali. innomine Patris. etc. à. Amen. Le Pontifical a exactement retenu les mêmes paroles. EnQn le même Ordre romain veut que les mans du pontife soient ointes de la même huile , et la formule actuelle retrace pareillement l'ancienne : Ungantur manut ittœ de oleo sanctificato et ehrismate sanclifleationii. ticut unxit Samuel David in regem et prophetam, ita ungantur et consummentur, in nomine Patris, etc. 11 y a donc , quant à l'onction . entre le prêtre et l'évéque , une double différence. Pour le premier, elle n'a lieu qu'aux mains avec l'huile des catéchumènes. Pour le second, elle se fait aux mains et à la tête avec le saint Chrême. Le Pontifical en présente une troisième, qui consiste en ce que les mains du prêlre ne sont ointes que liansversalemenl par une ligne du pouce à l'index , et que 1rs évêques , outre celte onction , en reçoivent une qui s'étend sur toute la paume des mains.

On a donné plusieurs raisons mystiques de l'onction. Elle exprime l'émiucnce de la dignité sacerdotale; car de même que l'huile s'étend sur tous les corps humides et surnage à leur surface, de même le sacerdoce s'élève sur l'élal séculier et le domine par l'excellence de sa dignité Et d'ailleurs , comme l'huile polit et rend brillants les corps sur lesquels elle esl versée , ainsi le sacerdoce rend nos œuvres lumineuses de ecl éclat salutaire qui esl emprunté à celui qui a dit de lui : Je suis la lumière , et quiconque marche à la lueur de ce flambeau ne s'égarera jamais dans les ténèbres. Ce qu'on a dit de la force et de la douceur, qui sont figurées par l'huile, trouve encore dans le sacrement de l'Ordre une très-juste application.

Les diacres , et à plus forte raison ceux qui reçoivent les Ordres inférieurs , n'ont jamais reçu aucune espèce d'onclion , parce qu'ils ne représentent point Jésus-Christ, mais plutôt les anges messagers, et que leur office se borne au ministère de l'évéque et du prêtre plutôt qu'à la présidence et à la direction. Ils ne soul que ministres du saint Sacrifice, et non sacrificateurs.

Il nous reste A parler de l'imposition des habits sacrés aux ordinands. L'ancien Ordre romain fait mention de ce Rit. Il y est dit que pendant la lecture des Leçons et le chant du Graduel les ordinands se tiennent sous l arnbon. A un signe que le pontife fait à l'archidiacre . celui-ci place dans les mains

des ordinands les habits dent ils doivent être revêtus et qui étaient avant entre les mains do ceux qui les assistent. L'archidiacre prend un ordinand par la main pour le conduire à l'autel , et les autres suivent le

ftremier. Après que l'ordination est faite, 'archidiacre prend les éloles qui depuis la veille avaient été déposées sur la Confession, c'est-à-dire sur le tombeau de saint Pierre, cl en revêt les ordinands , puis le pontife les revêt à son tour de chasubles. Le passage qui nous fournil ce cérémonial est asser obscur. On serait fondé à croire que l'archidiacre revêt les ordinands de l'élole. orario, tandis que le pontife se contente de les revêtir de la chasuble , planela. Nous citons textuellement les paroles : Accèdent autem archidiaconus tollit orarios de Confessione, qui de hesterna die repotili sunt ibi; imponit super eos : et pontifex induit eos planelis. Mais dans le même Ordre nous li ons plus loin ce qui suit : Porro orarii qui dandi tunt, primum per totam noctem super al tare sunt repotiti et de al tari ab archidiaconu tollantur ut a pontifies super eorum colla ponantur. Ici l'archidiacre doit se contenter de prendre de l'autel les éloles qui sont mises par le pontife sur le cou des ordinands. Il est donc probable que, lorsque dans le premier passage il est dit que l'archidiacre met l'élole à l'ordlnand, il ne s'agit que d'un concours qu'il prête au pontife pour l'aider à en revêtir le lévite. Au reste cette difficulté ne peut être ici examinée que secondairement. II nous suffit de constater que dans ces temps reculés , l'imposition des habits sacrés aux ordinands était un Rit de leur ordination. Ceci néanmoins ne s'applique encore qu'aux diacres et aux prêtres. Quant à ce qui regarde les évêques , nous recueillons de saint Grégoire de Nazianzc, parlant de sa propre ordination , qu'il fut revêtu d'habils particuliers par I évéqno consécrateur. Hincmar, dans la Vie de saint Rémi , parle plus clairement encore d'habits pontificaux dont l'évéque revêtit ce saint prélat. Albin, qui a écrit la Vie de saint Wiliibrod , dit en parlant de lui , que le pape Scrgius en l'ordonnant évéque le revêtit des habits propres à sa dignité. On ne peut donc douter que, du moins en ce qui regarde les Ordres hiérarchiques, l'imposition des babits sacrés ne remonte aux premiers siècles.

On pourrait y ajouter, que le quatrième Concile de Tolède , en parlant de la réintégration des clercs qui auraient été dégradés, parle de la reslilulion solennelle des insignes de leur ancien état. Il y est dit qu'à l'évéque on doit rendre le bâton pastoral , l'élole et l'anneau ; au prêtre , l'élole et la chasuble ; au diacre, l'élole el l'aube.

Pour ce qui esl du sous-diaconat et des Ordres mineurs , comme ils n'appartiennent pas à la hiérarchie d'institution divine, il serait irralionel de rechercher si dans ce* temps anciens on pratiquait en les conférant une imposition d'habils. Nous disons ailleurs, que le sous-diacre n'est revêtu du manipule cl de la tunique que postéricureme-ut au

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cinquième siècle. L habit spécial des clercs servant au saint Sacrifice était uniquement l'aube. Depuis que le manipule et la tunique ont été introduits comme parements liturgiques et que le sous-diaconat a été classé parmi les Ordres majeurs, l'évéque, en ordonnant le sous-diacre , lui a imposé ces insignes de son rang clérical. Les Ordres mineurs n'ont jamais été distingués par un autre habit que celui des simples tonsurés. Or à ceux-ci l'évéque a toujours imposé, en les admettant dans le clergé , un habit qui les distinguait du simple laïque, ou du moins ils étaient revêtus de cet habit en se présentant pour recevoir la tonsure.

Eu partant de chaque Ordre en particulier et de celle dernière, nous entrons dans les explications convenables à ce sujet. On peut d'ailleurs consulter les articles qui sont consacrés à chaque habit clérical.

Chez les Grecs, l'imposition des habits sacrés par l'évéque à l'ordinand est très-explicite, quant au prêtre. Après que celui-ci a été ordonné, l'évéque prend le bout de l'élole qui pendait par derrière, et le ramène sur le devant. Puis il le revêt de la chasuble qui, comme l'on sait, couvre, en Orient, tout le corps. S'il s'agit d'un diacre, l'évéque lui impose sur l'épaule gauche l'élole, et lui remet l'éventail. Dans les deux cas les ordinands sont salués par des acclamations, et se mettent a l'instant en devoir de remplir leur rharge. Quant à l'évéque, le purement dislinclif de sa dignité est le palliant, dont il est revêtu après sa consécration. Le sous-diaconat n'étant pas regardé comme uu Ordre sacré, celui qui y est promu s'y présente avec l'aube, qui luiett commune avec les autres clercs, depuis leur initiation dans l'état ecclésiastique.

Depuis au moins le huitième siècle, l'imposition des vêtements cléricaux est accompagnée d'une formule qui en fait ressortir la signification symbolique. Quoiqu'un divers autres endroits nous parlions de ces habits sacrés, nous croyons devoir ici en retracer la catégorie, en tes rappelant comme objet de leur imposition par l'évéque dans le cérémonial de ['ordination. Le surplis est luimême l'objet d'une prière, quand l'évéque l'impose au simple tonsuré. Il est considéré comme la figure du nouvel homme, de la justice et delà sainteté qui font sa parure.

L'amict, le manipule et la tunique, sont les habits dislinctifs du sous-diaconat. Le premier désigne la prudence et la discrétion dans la parole. Il est placé par l'évéque sur la tête de l'ordinand, parce qu'en effet ce vêtement fut, dans son principe, un ornement de tête. Mais pourquoi l'évéque ne revêt-il point de l'aube, l'ordinand? Celui-ci se présente revêtu de l'aube qu'il a reçue dans la cérémonie de la tonsure, car ce que nous appelons surplis ou rochcl u'est autre chose «lue l'aube raccourcie ou modifiée. Le manipule est l'emblème du fruit des bonnes œuvres, et enfin la tunique, celui de la sainte joie. L'imposition de chacun de ces habits est accompagnée de trois signes de croix que

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l'évéque fait sur l'ordinand en invoquant les trois Personnes divines.

L'étole transversale et la dalmalique sont les insignes du diaconat, outre l'amict et l« manipule dont l'ordinand avait été paré dans l'Ordre inférieur. L'élole semble ici, d'après la formule, l'indice des fonctions qui sont conférées au diacre : Accipe stolam f eandhdam de manu Dei ; adimple minislerium tuum poltns enim e$t Deus ut augeat tibi grutiam $uam, qui vivit et régnât, etc. « Recevez de la « main de Dieu l'élole blanche ; accomplissez « le ministère qui vous est dévolu, car Dieu, « qui est tout-puissant, augmentera dans « vous sa grâce. » La dalmalique est envisa-

r comme le vêlement du salut, de la joie et la justice. Ici il n'y a point, comme pour les habits du sous-diacre, les signes de croix bénédiclionnels. L'évéque en fait un seul eu prononçant le mot stolam sur le nouveau diacre.

L'élole ramenée en forme de croix sur la poitrine et la chasuble sont les vêlements ca* ractérisliques du prêtre. La formule envisage, pour celui-ci, l'étole comme le symbolo du joug du Seigneur, de ce joug si doux, de ce fardeau si léger. En effet, l'étole diaconale est moins un vêlement qu'un indice du ministère, tandis que pour le prêtre, qui eu a le cou entouré et la poitrine partiellement couverte, elle est un habit. Nous disons ailleurs que celle élole sacerdotale était autrefois, en réalité, une robe dout ou n'a conservé que la bordure. La chasuble est considérée comme l'indice de la charité, dont le prêtre doit être enlièrement revêtu. Nul signe de croix n'accompague ces deux collalions d'habits sacrés.

Aucun vêtement sacré proprement dit n'est imposé à l'évéque, à moins qu'on ne considère ainsi la mitre et les gants. Mais nous pensons que sous le nom d'habits sacrés, dans toute la rigueur liturgique, on ne peut placer que les vêlements qui ont rapport à la célébration du saint Sacrifice, où l'évéque ne reçoit dans sou ordination, en ce qui touche le pouvoir d'offrir, aucun accroissement de puissance.

Ainsi les habits sacrés imposés dans le Rit de \ ordination sont, l' l'amict, 2* le manipule, 3- la tunique, 4» l'étole, 5* la dalmalique, 6- la chasuble.

VARiérés.

Il nous semble utile de placer ici quelques notions sur I âge des ordinands. Dans les premiers siècles, on ordonnait lecteurs des enfants qui à peine avaient atteint l'âge du raison, qui est celui de sept ans. Lorsque le sous-diaconat était classé parmi les Ordres mineurs, on le conférait quelquefois à des sujets qui n'avaient point dix ans. En 1080, le Concile de Melfi permit de le conférer, seulement quand on aurait atteint quatorze ans. En 1311, le Concile de Vienne exigea l'âge de dix-huit-ans ; puis, en 151fc, celui de lia— venno exigea au moins seize ans. Enfin lo Concile de Trente a fixé vingt-deux ans pour

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