‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 357 sur 519 · PAP 9T · texte numérisé non relu

PAP 9T

nosttr, suivi des Versets : Salvum fuc servum tuum, etc. mitte ei. etc, etc. Alors le pape se tenant debout sur l'autel, sans mitre, dit les Versets : SU nomen Domini, et Adjutorium, et se tournant vers le peuple il donne sa première Bénédiction solennelle. Le pape remonte sur la sedia et va se dépouiller des habits pontificaux dans la chapelle de la piété, qui est vis-à-vis de celle des fonts baptismaux.

Si lo nouveau pape n'était pas revêtu du caractère épiscopal, ce qui de nos jours, est extrêmement rare, il reçoit la consécration. On a lu déjà la description de ce cérémonial. 11 ne peut différer de la consécration des autres évoques que dans quelques parties qui ne sont point essentielles à 1 ordination proprement dite.

Le couronnement du souverain pontife est, il est vrai, une cérémonie qui n'ajoute rien à la puissance d'Ordre et de juridiction du successeur de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ. Mais celle pompe, qui pour tout autre souverain c«t avant tout civile et profane, est à l'égard du pape un Hit, avant tout, religieux. Nous devons donc en présenter un tableau assez étendu pour en donner une idée.

On croit que 4e promier couronnement remonte à Léon III, en 795. C'est bien en effet en ce temps-là que les papes devinrent souverains temporels, grâces à la munificence des rois de France Pépin et Charlemagne. Ici, comme en toute autre cérémonie religieuse ou profane, le développement a été successif. Les anciens pontifes choisissaient pour leur couronnement un jour de dimanche ou de féte, comme cela se pratique encore de nos jours. lia cependant eu lieu, pour quelques pontifes, en un jour ouvrable. Quelques pratiques anciennes méritent une mention particulière. Dès le matin de la consécration papale on plaçait devant le nouveau pontife un coq sur une colonne pour rappeler la chute de saint Pierre et la fragilité humaine, et pour l'inviter à se montrer affable et indulgent envers le peuple. On dit aussi que l'on chantait devant le nouveau pape les paroles : Non videbisannos Pétri, «Tu ne verras « pas les années de saint Pierre, «comme pour le faire souvenir qu'il ne régnerait pas vingt cinq années. En ce même jour, les pontifes jetaient au peuple une' grande quantité de pièces de monnaie et faisaient un magnifique festin aux ambassadeurs des princes. Les papes Pie IV, Pie V. Grégoire XIII et Sixte V abolirent l'usage de jeter les pièces de monnaie, à cause des graves désordres et même des meurtres qui en résultaient. Les mêmes pontifes employèrent au soulagement des pauvres et à d'autres bonnes œuvres l'argent qui était dépensé pour le festin.

Si le pape habite le palais Quirinal il se rend en grand cortège à la basilique du Vatican. En passant sur le pont Saint-Ange , il est salué par l'artillerie du fort qui est pavoisé de drapeaux armoiries de l'écusson du nouveau pontife. Lorsqu'il est arrive à la chambre des ornements, alla caméra de para' menti, il se revêt des habits sacrés, qui sont lurial blanc, et la mitre de lames d'ur

S'il habile le Valican, il se rend à pied dans la même chambre .où il trouve les cardinaux en sandales et chapes rouges. Ceux-ci s'y sonl rendus en grand eorlége. Alors le pape monte sur la tedia gestaloria et s'avance professionnellement vers le portique de l'église de Saint-Pierre. Pour celte circonstance , le porlique est drapé de damas rouge avec des franges d'or. Les chanlres de la basilique entonnent l'Antienne : Tu es Petrus, et pendant ce lemps le pape, descendu de la tedia cl accompagné du sacré collège , des chanoines de Saint-Pierre et de tous les grands dignitaires civils cl militaires, va se placer sur le trône élevé sous le porlique, contre la porte sainle, et surmonté d'un magniGque baldaquin. Les cardinaux se placent à sa droilc et à sa gauche sur les bancs qui leur sont réservés. Une nombreuse milice contient la foule empressée de voir le souverain pontife. Alors le cardinal archiprélre de la basilique va baiser les pieds el les mains cl reçoit du pape la double accolade. Puis le môme cardinal prononce un discours de félicitalion qu'il termine en suppliant le pape d'accorder la faveur du baiseraent des pieds à tout le clergé de la basilique. Co que le pape accorde gracieusement. Le pape assisté de deux cardinaux diacres el du cardinal archiprélre admet à l'honneur de lui baiser les pieds tous les membres du clergé jusqu'aux chantres, aux élèves du séminaire du Valican el à tout le reste des clercs attachés à la basilique. Puis il remonte sur la tedia . entre par la porte majeure dans Saint-Pierre, el loul le cortège se rend à la chapelle du saint Sacrement, qui est exposé. Le pope descend, dépose la mitre el adore la sainte Eucharistie. Toute la basilique est tendue de damas rouge. Après sa prière , le pape remonte sur la tedia et le corlcge s'avance vers la chapelle de Sainl- Grégoirc dite Clémentine. C'était autrefois le salulalorium ou tecretarium. Le pape s'y rcvélaii des habits sacrés avanl de commencer la Messe, el y recevait les salutations qui lui ont fait donner le premier nom. On y récitait comme cela se pratique encore, 17/ cure sacrée ou Tierce, el le ponlife y donnait comme aujourd'hui , la Bénédiction au peuple. Voici le cérémonial présent :

Dans celle chapelle de Saint-Grégoire est élevé un trône richement paré. Le pape s'y assied el reçoK l'hommage ou obédience des cardinaux qui lui baisent la main. Là se trouvent le sénateur de Rome, les conservateurs dupcuplcromain.leschefsdes capo-rioni, etc. tous vélus de rouge avec des ganses d'or. Après que l'obédieuce est terminée, l'auditeur de note, qui remplit les fonctions de sousdiacre apostolique, se place avec la croix papale auprès du trône, et le pontife se tenant debout donne la Bénédiction précédée des Versets : SU nomen et Adjutorium. Ensuite les cardinaux diacres vont se dépouiller de la chape et de la barrette rouge pour se revêtir de dalraaliques blanches. Les cardinaux évéques suburbicaircs se révèlent du pluvial blanc, et les cardinaux prêtres de la chasuble de même couleur. Les patriarches, an hevé-

Page 1