PAS50IR
[Voyez coir.otu.) PATÈNE.
Les Grecs donnent le nom de disque à un vase très-peu profond cl évasé, ayant une forme ronde, cl sur lequel iU placent le pain eucharistique du saint Surifue. Les Latins ont appelé un vase analogue ptteua. de paterc ou ras païens, vase ouvert et ayaut LnunniK
f.vT j,c,
plus de surface que de profondeur. Celle étymologie nous parait évidente. Il est vrai qu'on trouve quelquefois ce vase designé sous les noms de plati»\n , plateau , patella. Les deux premiers ne sont qu'une altération. On en reconnaît l'analogie dans le mol plat. Le second n'est que le nom païen du vase sur lequel les païens offraient aux dieux les prémices des viandes. Ainsi on appelait patellarii les dieux qui élaieni l'objet de cclto offrande. L'Evangile ne nous dit point si le divin Sauveur plaça le pain consacré dans un disque ou patène. Il est certain, néanmoins , que la patène est d'un très-ancien usage , puisqu'il en est fait mention dans la Liturgie de l'apôtre saint Jacques. Anastase, dans la Vie de Grégoire IV, dit que l'image du Sauveur était figurée sur ce vase.
Jusqu'au sixième siècle le pain eucharistique fut placé pendant tout le Sacrifice sur la patène. D'ailleurs, l'ancienne Bénédiction de ce vase l'exprime très-clairement : Consecramns et sanetificamus hanc patenam ad conftciendtvn in ea corpus Domint Noslri Jesu Cliristi. Lebrun dit qu'on a changé plus lard le nom de conficiendum en celui de cotifringendum , parce que depuis le siècle prêché , on ne se sert de ce vase , après la Consécration, que poury rompre l'Hostie cl s'en communier. On s'en servait aussi pour communier les fidèles, avant qu'on usdt du ciboire , et même encore aujourd'hui on communie avec la patène dans plusieurs circonstances que uous n'avons pas besoin d'énoncer. Mais anciennement ce n'était point avec la patène du Sacrifice. Ou avait pour la communion des fidèles d'autres pa lènes nommées ministérielles. Celles-ci étaient fort grandes , et il y en avait qui pesaient jusqu'à (renie livres. Elles étaient munies d'anses par lesquelles les ministres du saint autel les prenaient. Depuis la déplorable diminution de l'antique ferveur, ces énormes patènes n'ont plus été aussi nécessaires , et les ciboires les ont remplacées. Il existe encore en certains diocèses des espèces de patènes dont on se sert pour éviter les accidents qui pourraient survenir en donnant la communion. "Elles sont connue* sous le nom de sculella , écuelle , parce, qu'elles sont plus profondes que les patènes ordinaires. Elles ont une petite anse dais laquelle le prélrc p'ace le doigt index de la main gauche, dont il lient le ciboire, el en donnant la communion il met celle court» sous la bouche du fidèîc , en sorte que m l'Hostie tombait, elle serait reçue par ce vase. Outre la raison de prudm -c , nous croyons que c'est un vestige de l'ancienne jpatèin ministérielle.
Les règles établies pour la patine sont 'es mêmes que pour le calice. Elle doit élrc d'or ou d'argenl , cl dans ce dernier cas , qui est le plus commun , la face intérieure doit être dorée. On peut consulter pour d'autre» dé lails l'article calice. La consécration de la patène doit élrc faite par I evéque. Elle a lieu avant celle du calire. Le consérrateut
(7Vrn/e el une.)
récite uno Oraison en forme de monilion, dans laquelle il désigne l'usage principal de ce vase , ad eonfringendum in ea corpus Domini Nostri Jtsu Christi. On se rappelle ce que nous ayons dit plus haut. L'Oraison f.iil mémoire des vases d'or et d'argent dans lesquels, sous l'ancienne loi , on mettait la fleur de farine présentée à l'autel. 11 prie Dieu de bénir, de sanctifier , de consacrer la patène pour l'administration de l'Eucharistie. Puis par une autre Oraison . il fait un signe de croix avec le pouce trempé dans le Sainl- Cliréme et finit par oindre la patine tout entière.
L'extérieur de la patène est orné d'une croix gravée en relief, ou de tout autre sujet religieux. C'est le côté qu'on présente à baiser aux laïques dans certaines occasions. Aux prêtres et clercs, dans les Ordres majeurs, on présente l'intérieur de la patène. Il est utile d'observer que les Conciles d'Aix, en 1585, cl de Toulouse, en 1590, défendent de présenter la patène à baiser à toute personne qui n'est pas ecclésiastique. De là l'usage adopté généralement dans les provinces méridionales de donner à baiser aux laïques un crucifix lorsqu'ils viennent A l'Offrande.
La patène est l'objet de plusieurs cérémonies à la Messe. Selon plusieurs Hites, pendant tout le Canon jusqu'à la fraction de l'Hostie, le sous-diacre , ou quelquefois un clerc ou enfant de chœur, tient dans un plat recouvert d'un voile la patène, qui n'est plus nécessaire au prêtre pendant tout ce temps. L'Ordre romain dit qu on la donnait à garder à un acolyte qui la tenait devant sa poitrine* dans un linge attaché à son cou, en écharpe. C'est un vestige de l'ancienne Liturgie , qui ne permettait de placer ou de garder sur l'autel que ce qui était nécessaire au Sacrifice. D'ailleurs ces patènes étaient d'une plus granrle dimension que nos vases modernes. Au Pater le diacre prend la patène. Plusieurs Rubriques disent qu'il doit la tenir élevée, in signum Communionis , pour signal de la Communion qui approche. Pendant le Libéra nos , le célébrant fait sur lui le signe de la croix avec la patène, et la baise. Le Missel de Paris de 15V6 , dit qu'en prononçant le mot Petro, le prêtre touche avec la patène le pied du calice; au mot Paulo, le milieu; au mot Andréa, le dessus; cl qu'enfin aux mots : Cum omnibus tandis , il baise la patène et s'en touche les yeux en poursuivant l'Oraison. Nous avons vu nous-méme pratiquer ce cérémonial par des prêtres d'un grand âge qui nous ont assuré l'avoir ainsi appris dans le séminaire (Voyez canon). Nous disons ailleurs qu'à la fin de la Messe le prêtre bénissait le peuple en faisant le signe de la croix avec ta patène.
VARIÉTÉS
Grégoire de Tours raconte un fait qui
)>rouvc que les patènes de ce temps étaient brt grandes. Un comte de Bretagne ayant mal aux pieds et étant délaissé par les médecins, qui désespéraient de le guérir, suivit le conseil d'un de ses serviteurs qui lui insinua de faire apporter de l'église une patène
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pour y prendre un bain de pieds dans l'espoir d'être soulagé. Mais Dieu le punit de c« tie indigne profanation , et depuis ce temps le comte breton fut entièrement privé de l'usage de ses membres.
En Orient , les patènes sont des plats d'or ou d'argent d'une plus grande dimension que les nôtres, et sont recouvertes d'un couvercle à charnière de même matière. Les Arméniens ont des calices et des patènes à peu près comme les nôtres.
Les historiens rapportent plusieurs dons de grandes et riches patènes faits aux églises. Ainsi Anastase parle de quelques-unes de ces patènes données par des papes , lesquelles
[>esaienl vingt-cinq ou trente livres , et dont a matière était de pur or. Léon III fit présent d'une grande patène d'or avec anses et enrichie de pierres précieuses. Or ce ne pouvaientétre que des patènes ministérielles.
Lorsque l'usage des offrandes était en vigueur, on les recevait dans de grands plais que les auteurs ont aussi appelés patènes. mais qui sont plus communément nommés offertorium. On en a conservé encore plusieurs dans certaines églises. Us sont presque toujours en cuivre battu.
Certains vases qui servaient aux sacrements de Baptême et de Confirmation portaient aussi le nom de patène, patenœ chrismales.
PATEU.
(Voyez oraisos dominicale.)