‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 38 sur 519 · ANNIVERSAIRE · texte numérisé non relu

ANNIVERSAIRE

0« Tannée révolue après un événement dont on veut consacrer le souvenir , annus vrsus, s'est formé le nom d'anniversaire. Cet usage se retrouve chez tous les peuples. Les chrétiens de la primitive Eglise avaient deux sortes d'anniversaires. Us célébraient celui d'i martyre d'un Confesseur. Selon leur minière de penser toute catholique , comme la mort d'un Martyr était pour lui la naissance à une vie meilleure , ce jour s'appelait dies natalis. Ces anniversaires joyeux sont l'origine des fétes des Saints. Les grands événements de la religion étaient aussi solennisés chaque année, le même jour qu'ils s'étaient passés, et c'est ce que nous appelons encore des Annuels. En ce qui tourne les Anniversaires des Saints, le cardinal Bona cite ces paroles remarquables de saint Grégoire le Grand , écrivant à Euloge d'Alexandrie : ■ Nous possédons réunis {collecta) en un cahier les noms de presque tous les Martyrs dont les passions sont classées à leur rang, jour par jour, et chacun de ces jours nous offrons le saint SacriGce en heur honneur. » On ne peut trouver rien de plus précis à cet égard. Quant aux mystères et à la mémoire qu'on faisait des jours anniversaires de leur accomplissement, on ne peut en avoir le moindre doute , comme nous le démontrons pour chaque Féte.

Comme dès les premiers temps on pensait que les âmes des fidèles pouvaient être soulagées par des prières et surtout par l'oblation du saint Sacrifice, on ne se contentait pas de prier pour eux le jour môme de leurs funérailles , mais l'année d'après , à pareil jour, on offrait encore le Sacrifice, on distribuait des aumônes, les parents et les amis se réunissaient à leur tombeau ; c'étaient encore des Anniversaires. Le terme propre est dans TerluUien , en son livre de la Couronne: Oblatiunes pro defunctis annua die facimus ; m Nous faisons des oblations pour les morts, « au jour Anniversaire ou annuel. » Le cardinal Bona ne fait pas difficulté d'insérer dans son ouvrage sur la Liturgie, un passage de Scsevola -qui parle du testament d'un païen , ordonnant que ses affranchis , en l'absence de ses filles , célèbrent chaque année «a mémoire auprès de son tombeau, ad sarcophaum meum memoriam meam r/uotannis celèrent. Ce n'était pas sans contredit par imitalion des païens, que les chrétiens de celle époque faisaient des Anniversaires pour les défunts dont la mémoire leur était précieuse. On sait bien qu'au contraire les premiers chrétiens avaient grand soin de ne pas imiter les coutumes du paganisme.

Les Anniversaires sont encore aujourd'hui, comme on sait, d'un usage universel. On donne aux fondations de ce genre le nom d'Obi t, obitus, décès (Voy. service).

VAKIÉTÉ*

Outre ces deux sortes d'Anniversaires qui

ANN -o

remontent au berceau de l'Eglise et qui en méritent excellemment le nom, on célèbre sous cette dénomination la mémoire d'autres faits remarquables, soit religieux , soit profanes, mais auxquels les cérémonies sacrées impriment un caractère liturgique. Ainsi le sacre d'un Kvéquc est solennisé tous les ans à pareil jour dans son diocèse. Il en est de même pour l'ordination sacerdotale par le prêtre lui-même qui en est l'objet. Les chrétiens pieux célèbrent aussi l'anniversaire de leur Baptême , celui de leur première Communion. Tels sont les anniversaires d'une prise d'habit religieux, d'un mariage, d'une cinquantième année de sacerdoce, etc.

Quelques anniversaires profanes sont célébrés par des fêles religieuses ; ainsi la lovée du siège d'Orléans par la puccllc Jeanne d'Arc, le 8 mai 1429; la réduction de Paris sous l'obéissance d'Henri IV, le 22 mars 1594, et ce dernier n'est plus solennisé depuis la révolution de 1789.

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