‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 39 sur 519 · ANNONCIATION · texte numérisé non relu

ANNONCIATION

Sous ce titre l'Eglise honore le mystère de l'incarnation du Verbe dans le sein de la bienheureuse vierge Marie. Saint Luc nous raconte avec une admirable précision celte merveille ; nous n'avons point a retracer le texte historique; les Pères des premiers siècles ont fréquemment parlé de ce mystère et de sa commémoration solennelle dans le culte public. On peut donc croire sans témérité que cette fêle date des temps apostoliques. Le Sacramenteire de saint Gélyje démontre u"clle était établie à Rome avant le milieu u cinquième siècle, et ce ne pouvait être que la tradition des temps antérieurs. Jl est vrai que le litre donné à celle solennité a beaucoup varié dans les temps anciens. Nous la trouvons désignée sous les noms de Conception de Jésus-Christ, Annonciation de Jésus-Christ, Annonciation dominicale, Principe de la Rédemption. Les Grecs lui ont imposé le nom à" Evangélismc ou Bonne-Nouvelle, et de Cuthérisme ou Salutation. La LilurgieSsyrienne a une fête sous le nom de Buscarahé ou Information. C'est la môme que celle de l'Annonciation, mais elle se célèbre au premier jour de décembre.

Mais si la fêle est très-ancienne et universelle, le jour de sa célébration a beaucoup varié. Il est vrai que saint Augustin , dans son traité de la Trinité, regarde comme une tradition des siècles antérieurs, l'opinion que Jésus-Christ fut conçu le .huit des calendes d'avril, c'est-à-dire le 25 de mars. Néanmoins nous voyons le Concile de Tolède qui, à la fin du septième siècle, fixe cette fêle au dix-huitième jour de décembre ; mais les paroles du Concile font présumer qu'elle a été transférée à ce jour, parce que le mois de mars tombant habituellement au Carême, on ne pouvait La célébrer avec la pompe convenable. Un ancien Sacramentaire gallican de Hobio contient pour le mois de janvier une Messe intitulée : In Missa sanciœ Maria • cela ferait croire que cette fêle y était célébrée sous ce litre ,

LITURGIrT G

et d'aillears la conlcxlure de toute celte Messe le prouve plus que suffisamment. On peut consulter le texte dans le premier volume du Musœûm Jtalicum, de D. Mabilloti. Aujourd'hui et depuis un grand nombre de siècles, Y Annonciation est célébrée, en Orient comme en Occident, le vingt-cinquième jour du mois de mars. Pour se rendre compte de l'antiquité de celte concordance , il suffit de dire qu'elle est marquée pour ce jotir dans le Sacramciitaire de saint Grégoire le Gran4. Il y a irès-pcu d'exceptions.

Il ne faut pas confondre celle fôte avec celle de YAtlente des couches de la sainte Vierge qui se fait le dix-huit décembre; nous en parlons dans l'article O de l'A vent. 11 est vrai qu'à Tolède cl en plusieurs autres lieux de l'Espagne celle fêle semble avoir élé substituée à celle de YAnnonciation qui s'y célébrait, comme on a vu, en ce dit jour. Bergicr n'a fait qu'une seule cl môme fêle de ces deux solennités qui sont pourtant bien différentes. Le Missel romain a dans son supplément cette fêle de YAtlente des couches à 1 usage de divers lieux ; elle est marquée pour le dixliuil décembre, sous le litre : In erpectalione partus Beatœ Mariœ Yirrjinis (pro aliquibus locis. )

UAnnonciation a élé établie comme ffte obligatoire en France, au neuvième siècle. Les règles liturgiques défendent de la célébrer dans la semaine sainte et dans la semaine pascale ; elle est renvoyée ;iu lendemain de Quasimodo ; mais depuis 1802 elle n'est plus d'obligation en ce royaume, ce qui est à iegrelter. Au Puy en Velay, par exception, celte solennité était célébrée même le Vendredi saint , si ce jour était le 25 de mars. A Milan, elle est fixée au dimanche avant Noël. Nous parlons ci-dessous de ce privilège du Puy.

VAMÉTÉS.

Durand de Mende pense que le divin Sauveur s'incarna au printemps, car c'est ak-rs que se renouvelle la face de la terre ; il cite des vers composés en l'honneur de YAnnonciation et des événements qui se sont accomplis en ce jour; ils méritent de trouver ici leur place :

Safve lesta dics quae ruinera nostra coerres. Angélus est niions; est pansus cl in cruce Christ us. E<4 Ad.un faclus ci coiteiu (cm] orc lapsus. OI> ineriiutn déduis cadit Abel fralrisab ensc. Offert Mclchiscdedi ; I?oac suppomiur aris. Est decollalus Clirisli Daplista beatus.

Est Pelrus ereclus; Jacouus sub Herode pc rem plus. Oirpora saucloi um eum Chn.->lo limita resurgunl. I.altu pur Ctmsiuiii lam dulcem suscipll Aiiieu.

« Salut, jour solennel, qui guéris nos blrs-

■ sures! l'Ange est envoyé; le Christ souffre « cl meurt ; Adam est créé, et à la même éj u-

• que il tombe ; Abel, parce que son offrande

■ est préférée, périt par le glaive de son

• frère; Melchisédech offre un sacrifice ; « Isaac esl placé sur l'autel ; le Prophète qui

■ baptisa le Christ est décapité ; Pierre est « élevé .sur une croix ; Jacques esl mis à mort « par Hérodc; les corps des Saints ressuscitent arec Jésus-Christ; ic larron reçoit 'Je

VniOLIQUE. 72

« la bouche de Jésus-Christ la douce faveur « qu'il réclame. »

Quelques ordres religieux ou même militaires portent le nom d' Annonciade. Une célèbre confrérie fut fondée à Rome, sous ce titre en, 1470, par le cardinal Jean de Turrccremata , pour marier de jeunes filles. Bergicr dit que le 25 mars , féle de Y Annonciation, cette confrérie donne des do'.s de soixante écus romains chacune, à plus de quatre cents filles, une robe de serge blanche et un florin pour des pantoufiles.

Durand dit qu'on ne doit chanter à celte fête, ni le Gloria tn exolfis, ni Y lté missa esl, ni le Te Deuvr ; il ajoute que si cette solennité tombe ou le dimanche de la Passion ou celui des Olives, c'est-à-dire des Rameaux, on doit la renvoyer au lendemain. Si elle arrive trois jours avant Pâques, on l'anticipe en la célébrant le samedi avant les Rameaux. Ceci n'est plus observé.

Nous lisons dans le XIV* Ordre romain , qu'après la Messe de YAnnonciation , en laquelle on ne fait jamais Mémoire de la férié, le pape entonne les Vêpres qui sont solennelles, cl, après l'imposition de l'Antienne, prend la chape rouge. La couleur blanche est en général employée pour celte féle. Quelques Eglises y usent d'ornements bleus ou d'azur, comme dans toutes les fêtes de la sainte V ierge, selon ces mêmes Rites.

Nous ne pouvons entrer dans d'aulres détails liturgiques à cause des variations diocésaines. Ainsi Paris a une Prose que l'on ne dit qu'au temps pascal ; le Rit romain n'en a pour aucun temps Quelques diocèses qui ont adopté le parisien, ont retranché la Prose , etc. Abaifard a composé pour cette féle une belle Prose : Mittit ad Viryinem; elle ne se chaule plus ou du moins en Irès-peu de diocèses ; elle méritait d'être conservée dans le Rit de Paris.

Nous croyons que nos lecteurs ne seront pas fâchés de connaître celle pièce émanéo d'un auteur fameux à tant de titres ; nous leur laissons le soin de la traduction :

Millil ad virginem E\i qui mitlcris

Non uiieniMs augelum Ha?c doua dicere ;

Sed fortitudmem llevela veteris

i archangclum , Vclameu liitene,

Virtule nuoiu.

Accède, nuntia, Die, Ave, coniinus; Die, Fleua graiia ; Die. Tetuui Dominus ; El die, Ne liuieas. .

Yirgo, susclpias Dei deponituiii.

In quo pertictas ( '.as» a |.ro| ot»iluin El vcium leneas.

Au.lil el suscipil

l'tltll.1 IIUUllUU),

Cr« dit el conci|>it, El paru liluim Sed tdinirabilem.

Cousiliarium Huiiiani gcueris El Di-um lortiuin l'aireiuque notlero In pace sUbiIcm.

Fortem expédiât Pronobis nunUum, Nalune facial Ul prsjudicium, la parlu vtrginis.

Naturam superet Nalus, rcx glorise .

Regnel et imt erel, EtZytna v Tolial de i

Superbietilumi Teral fasligia.

Colla subliminal encans, vi propria, IVteus m prarlio.

Foras ejieiat Mundaiiuni principem, Muireinque ficial Secnm participent Tauis ituperii.

fui us ;tabi!:U* Ko, reddal statqlf i, Ne i*w (atiitrtas Humain laides

Sccum prutii ilel.

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