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PÉNITENCIER

La discipline ecclésiastique traite ex pmfesso cette question. Nous nous contenions d'en dire quelques mots. Le P. Thomassin est entré à cet égard, dans un grand détail. Au temps des persécutions, les évêques qui jusque-là avaient été dans l'usage d'entendre seuls les confessions , établirent dans leurs Eglises des prêtres chargés de les seconder et leur donnèrent le tilre de pénitenciers. Ceux qui avaient eu le malheur de pécher depuis leur baptême devaient s'adresser à ces prêtres. Mais en Orient, sous le pontifical de Nectaire, une dame, après avoir fait sa confession au pénitencier, dans l'église de Constantinople, s'étant confessée en public d'avoir commis un péché grave avec un diacre, le patriarche jugea convenable d'abolir la charge de pénitencier et toutes les autres Eglises Orientales suivirent cet exemple.

En Occident, le Concile de Latrao, sou* le pape Innocent III, ordonna que dans les Eglises cathédrales et conventuelles, les évêques élabliraient des prêtres capables de le* soulager dans la confession. C'esl-là, selon Fleury, l'origine du prêtre pénitencier ou confesseur général chargé n'entendre les prêtres et les laïques pour les cas réservés, car pour les cas ordinaires, chacun se confessait à son curé. Il semble pourtant que les pénittneiers étaient connus avant le Concile de Lalran, car le Concile d'York, en 119^ statue que si les parjures excommuniés sont touchés d'un véritable repentir» l'évéquc, ou en son absence, le confesseur général du diocèse, leur imposera la pénitence canonique. Les pénitenciers chargés spécialement de confesser les prêtres, remplissaient encore celte fonction à l'époque où fut tenu le Concile de Trente, qui érigea en bénéfice celte charge ; en voici les termes : « Dans toutes les cathédrales, où cela pourra. a se faire commodément, l'évéque établira « un pénitencier , en unissant a celle fonc- « lion la première prébende qui viendra à a vaquer. 11 choisira pour celle place quel- «que maître, ou docteur, ou licencié en « théologie ou en droit Canon, de l'âge de « quarante ans, ou telle autre personne « qu'il jugera la plus apte à cet emploi. * Selon les lieux» cl pendant que ledit pé- « nitencicr sera occupé à entendre les coo- « fessions dans l'église, il sera considéré

« comme présent au chœur (Sut. XXIV,

chap. 8).

En général, dans chaque cathédrale il y a aujourd'hui un pénitencier pris parmi les chanoines titulaires ou honoraires. Durand dcMaillane. dit qu'en France, on ne souffrirait pas qu'un pénitencier fût simultanément promoteur, vice-gérant ou officiai de l'évéque. parce qu'on craindrait que par la voie de la confession, un pénitencier fût trop instruit pour exercer ces divers offices dans la juridiction extérieure et contenue use.

A Rome, on appelle pénitencerie un tribunal qui expédie des dispenses, ele, gratuitement.

PENTECOTE.

Les Juifs célébraient la féle du Cinquantième, en grec Pentecôte, le troisième jour du troisième mois de l'année , qui commençait au premier mars. On y offrait les prémices des fruits, sept agneaux sans tache, un veau eUdeux béliers. Ils devaient appeler ce jour très-solennel et très-saint, celeberrimum atque sanctitsimum. Le souvenir du grand événement de la promulgation de la Toi, sur le Sinaï, venait ajouter une nouvelle pompe à la solennité. Hais lorsque en ce même jour qui avait attiré à Jérusalem un immense concours, la promesse faite aux apôtres de leur envoyer l'Esprit Consolateur se fut accomplie, la Pentecôte devint pour les chrétiens une de leurs plus grandes fêtes. La descente du Saint-Esprit eut lieu, scion l'o» pinion des Pères de l'Eglise, un jour de dimanche, comme la Résurrcclionavail eu lieu aussi le lendemain du Sabbat. Ainsi la Pentecôte a été fêlée tout à fait dès le commencement du christianisme, ab initio. Saint Irénée, Tertullicn, Origèneen parlent comme d'une solennité depuis longtemps établie. On appelait, du reste, du nom de Pentecôte uon seulement la féle elle-même, mais le temps qui s'écoulait depuis Pâques jusqu'à ce jour qui en était le dernier. Tout ce temps était une fête continuelle. Nous pensons néanmoins qu'on ne s'y abstenait point entièrement du travail des mains. On s'assemblait seulement, quelques heures, à l'Eglise pour y entendre la lecture des actes des apôlrcs, et l'Office de chacun de ces jours ressemblait au Dimanche.

La veille de la Pentecôte on administrait le baptême comme le Samedi saint. On y bénissait le cierge, coutume qui a été conservée, en certains diocèses, presque jusqu'à nos jours cl qu'on a eu très-grand tort de laisser tomber en désuétude, puisque tout le reste de l'Office ressemble à celui du Same di saint. Le jeûne de cette veille est postérieur aux premiers siècles, car il était de règle qu'aucun jeûne n'eut lieu en temps pascal. Toutefois, quoiqu'en dise Quesncl, ce jeûne était observé longtemps avant le douzième siècle. On ne peut pas cependant en fixer la date précise. Durand de Mendo varie de ce jeûne en le faisant envisager

comme un acte de joie et d'allégresse plutôt que de mortification, Jejunittm exultationie et latitiœ, à cause de la solennité de l'Ascension.

Au jour de la Pentecôte, l'heure de Tierce se chante avec plus de solennité qu'en tout autre temps, parce qu'on croit que c'est en ce moment que le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. A la place du l'Hymne ordinaire on chante te Veni Creator, selon la prescription de saint Hugues, abbé de Cluny( dans le onzième siècle. Celte célèbre abbaye comme on sait, a donné le signal de plusieurs innovations liturgiques très-édifiantes. A Paris, pendant le chant de cette Hymne, lo célébrant et deux prêtres en chapes, à genoux, et ayant chacun à leur droite un thuriféraire, encensent l'autel aux première, troisième, cinquième et septième strophes ; les thuriféraires l'encensent aux deuxième , quatrième et sixième strophes. Ce Kit qui est ancien mériterait d'élre introduit dans les autres Eglises.

Autrefois pendant le chant de la Prose Veni tuncte spiritut, en un grand nombre d'Eglises, surtout en France, on sonnait do la trompette pour imiter le bruit véhément dont il est parlé dans les livres saints, lorsque l'Esprit consolateur descendit sur les apôtres. Du haut de la voûte tombaient des langues de feu qui expiraient au-dessus des fidèles, ou bien c'étaient des feuilles de roses rouges. Puis on lâchait des colombes, image du Saint-Esprit. Ce drame sacré qui était d'un «uissanl effet sur des âmes remplies d'une foi vive, ne pourrait plus se reproduire avec fruit dans notre siècle. On dit cependant qu'à Messine, en Sicile, la pluie de roses rouges s'est maintenue jusqu'à ce jour. C'est pourquoi la Pentecôte était appelée ta Pâque des roses, Pasqua rosata. Le Rit dont nous venons de parler avait aussi lieu à Saint- Jcan-de-Latran.

L'Office n'a comme celui de Pâques qu'un Nocturne cl trois Leçons. A Paris ainsi qu'en plusieurs autres diocèses, les Vêpres n'ont

Ïue trois Psaumes comme celle de Pâques, e Rit romain a les cinq Psaumes des Dimanches ordinaires ainsi qu'au jour de Pâques, et pour Hymne le Veni Creaior.

(V. ursiîiB.) Les trois Psaumes des Vêpres de la Pentecôte sont un mémorial de la Procession oui se faisait aux fonts baptismaux, eu cette fête, comme en celle de Pâques.

Une Octave de premior ordre est attachée â celte fétc. Anciennement elle était chômée en entier comme la semaine pascale. Plut lard, l'obligation fut' restreinte aux deux jours suivants. Plus lard encore, en France, le lendemain de la Pentecôte fut seul fêté. Aujourd'hui co jour y est ouvrable, tandis que le lundi et le utardi sont encore observes dans tout le reste de l'Occident catholique. L'Octave de la Pentecôte est désignée sous le nom de semaine , hebdomada Pentecostea, de même que celle de Pâques. Cette Octave se termine donc le samedi suivant, c'est mal â propos, selon nous, que le*

utirgie c,

Missels modernes ainsi que les Brefs ou Livrets d'Office désignent la Trinité comme jour de l'Octave de ia Pentecôte. Le Missel romain ne donne pas le titre d'Octave au Dimanche qui suit la Pentecôte.

La couleur de la féte est le rouge. Depuis qu'on a assigné diverses couleurs aux Offices, celle-ci a paru plus convenable pour rappeler les langues de feu qui s'arrêtèrent sur les apôtres. Elle est universellement adoptée dans tout l'Occident. Très-peu d'E-

{ [lises ont adopté, pour cette féte, la coueur verte.

Selon le Rit ambrosien ou de Milan, il y a deux Messes pour la féte de la Pentecôte : celle dite des Néophytes et celle du jour. La première esl un précieux vestige des temps anciens où en faveur des nouveaux baptisés u'on ne voulait pas rebuter par la longueur es Offices, on célébrait une Messe moins solennelle. C'est pour ce motif que l'Office «e se composait que de trois Leçons, comme l'observe le treizième Ordre romain. Le Hit ambrosien n'a point d'Octave pour ectto féle.

Les Eglises d'Orient célèbrent la Pentecôte avec beaucoup de pompe. La veillo de cette féte, la Messe commence à trois heures après midi. Elle est extrêmement longue car on y chante quinze prophéties tirées de la Genèse cl d'autre* livres saints. La Messe de la féte même y est célébrée le jour, contrairement à celle de Pâques et de l'Epiphanie qui sont chantées dans la nuit du samedi au dimanche. Celte différence provient de la croyance où sont les Orientaux que le Saini- Ksprit est descendu sur les apôtres à l'heure de Tierce.

VARIÉTÉS

La Pentecôte est désignée dans l'ancien Sacramcntairc gallican, dit de Bobio, sous lu litre : Inquim/naginsimo. C'est peut-être une f.iute de copiste pour In quinquayesimo, féte du Cinquantième jour après Pâques. Dans plusieurs auteurs le nom de Pentecôte, qui *ignific plus littéralement cinquante jours, est donné à tout le temps qui s'écoule de Pâques à celte féte. Pentecôte y esl donc synonyme de temps pascal.

Le quinzième Ordre romain marque les particularités suivantes. A la Procession <ic ce jour il y a sept chandeliers portés par les acolytes. Au second Alléluia après l'Epllre, le pape descend de son trône et va au biége placé devanl l'autel. Il y fléchit le genou après qu'on lui a ôlé la mitre et il se tient ainsi jusqu'aux mots : Tui amoris, du Kent, Sancte Spiritus, reple, etc. Il se lève ensuite et entonne la Prose : Sancti Spiritus, etc. ; c'est celle qu'on attribue à Hoberl, roi de France, et qui fui remplacée par celle de Yeni Sancte Spuïtus, et (mille cœlitus, attribuée au pnpe Innocent III.

Le onzième Ordre romain, antérieur au douzième siècle, dit que la veille de la Pcntecôte,h la Bénédiction des fonts baptismaux, <fd officium baptismi, on lit six Leçons en lalin et six en give. Les douze Lcçoos existent

1IOLIQIE. Mil

encore dans le Rit romain, mais le grec en a disparu. On sait que le Rit parisien et plusieurs autres les ont réduites à quatre.

Le sentiment le plus généralement suivi est que les apôtres ne commencèrent d'offrir le saint Sacrifice de la Messe qu'au jour de la Pentecôte. Cela parait d'ailleurs parfaitement conforme à ia raison et à l'idée que l'Ecriture nous donne des apôtres. Avant l'infusion du Saint-Esprit, comment ces hommes ignorants et grossiers auraient-ils pu célébrer les augustes Mystères? D'ailleurs, c'est à dulcr de la Pentecôte que commence véritablement l'ère du christianisme et que toutes les promesses de Jésus-Christ sont entièrement accomplies.

Le cardinal Prosper Lamberlini, depuis pape, dans son Traité des Fêles, entre autres questions fort curieuses qu'il discute, examine dans quelle maison se trouvaient les apôtres lorsque le Sainl-Esprit descendit sur eux. 11 pense que c'était la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, qui accompagna ensuite saint Paul < l saint Barnabe dans leurs courses évnngéliques. Les apôtres, pendant leur séjour à Jérusalem, habitaient celte maison. Le cénacle en était la partie supérieure, Sub dio, car on sait que le couvert des maisons orientales était et est encore aujourd'hui en forme de terrasse. Cependant Nicéphore désigne la maison de saint Jean l'évangélislc, Théophylacte, celle de Simon le Lépreux , Euthymc , celle de Joseph d'Arimalhic , ou celle de Nicodèmc. Sainte Hélène avait fait bâtir une église à l'endroit où l'on croyait que le Saint-Esprit était descendu. Les Arabes l'ont ruinée, en 1460.

Comme les Juifs ne célébraient pas la féte do Pâques le même jour de la semaine, puisque le quatorzième de la lune pouvait indistinctement tomber un tout autre jour que le dimanche, on demande si en effet ce fut aussi un dimanche que la descente du Saint-Esprit s'opéra. L'illustre auteur déjà cité répond que c'est une ancienne tradition de l'Egliso Romaine et que la Pentecôte judaïque était, celte première année, uu dimanche. H en fournit des preuves plausibles tirées de très-graves auteurs. Saint Léon qui écrivait au cinquième siècle, ledit positivement, et celle époque se rapproche trop du berceau de l'Eglise pour que ses paroles ne soient pas une autorité. On peut lire dans ce savant traité toul ce qui se rattache aux circonstances historiques, de ce grand événement qui changea la face de la terre. Nous ne pouvons cependant nous empêcher d'insérer ici une autre particularité.

On a demandé si le Saint-Esprit descendit seulement sur les apôtres? Le tcxle des Actes où ce prodige est rapporté ne semble point borner aux apôtres cette insigne faveur. Avec eux persévéraient dans la prière, les saintes femmes au nombre desquelles était Marie, mère de Jésus et les frères du Sauveur. Cent vingt frères ou disciples partageaient les exercices de cette sainte retraite. Rien n'indique leur absence au jour

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de la Pentecôte. Le texte nous dit,, au contraire, qu'ils étaient tous assemblés dans lo même lieu, et qu'ils Turent tout remplis du Saint-Esprit. Saint Jean Chrysoslomo rt saint Augustin expliquent en ce sens les Actes des apôtres» et les discussions qui se sont soulevées à cet égard, sont au moins oiseuses.

Quant à la nature du feu, D. Calraet, dit que ce ne fut pas un feu matériel et élémentaire, mais une clarté scintillante^ symbole de la lumière divine, et de l'ardeur dont les cœurs des assistants furent pénétrés.

Les Grecs ont un livre d'Office nommé Pentecostaire, parce qu'il contient tous les Offices qui se font depuis le jour de Pâques jusqu'à, la Pen/fcdfe.

PERFUSORIUM.

(Voyez piscine.)

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