‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 385 sur 519 · PERRUQUE · texte numérisé non relu

PERRUQUE

Un article avec ce litre semblerait au premier abord ne pouvoir trouver une place dans un livre comme celui-ci. Cette question se rattache pourtant a la Liturgie. Nous savons que dans les premiers siècles, les chrétiens regardaient comme indispensable l'obligation de prier, tète nue. En cela ils voulaient se distinguer des païens, qui au contraire avaient toujours la létc couverte d'un voile lorsqu'ils offraient des sacrifices à leurs impures divinités. Saint Paul, dans sa première Epftre aux Corinthiens, s'exprime ainsi : Tout homme qui prie ou qui annonce publiquement la parole de Dieu, ayant la téte couverte, déshonore sa tétc. Les Pères de l'Eglise en interprétant ces paroles de l'A poire, font ressortir la grave inconvenance de prier sans avoir la tétc découverte. Le Sacramcntaire de saint Grégoire contient cette prohibition : Nul lus clericus in Ecclesia stet operto eapile nisi habeat infirmilalem. ulto tempore. « Le Concile romain, en 7i3, « défend aux évéques, aux prêtres cl aux diacres, sous peine d'excommunication, d'assister au saint Sacrifice la téte couverte pendant la Messe, parce, dit-il, que l'Apôtre ne veut pas que les hommes prient dans l'église ayant la tétc couverte. » Nous venons de citer les paroles de Jean -Baptiste Thiers, dans son Histoire des Perruques. Nous no faisons dans cet article qu'analyser ce que dit sur celle matière l'érudil écrivain.

Ce principe posé, il s'agit de savoir si les ministres de 1 autel peuvent avoir la téte rouverte d'une chevelure artificielle, qui est connue sous le nom de perruque. Cetto question fut vivement agitée, lorsque les ecclésiastiques imitant les gens du monde s'affublèrent de cheveux empruntés, moins surtout pour se garantir la téte que pour suivre l'impulsion de la mode. Il esl certain d'abord que l'Eglise s'est relâchée sur la règle de saint Paul, en permettant aux clercs d user, pour se couvrir la létc, de mitres, de barrettes, de calottes, de camails. d'amicls. Néanmoins la prescription de l'Apôtre s'est loueurs maintenue en partie, et dans les mo-

Page 1