‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 40 sur 519 · ANN · texte numérisé non relu

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Les nouveaux Missels de Paris sont d'autant plus répréhcnsiblcs d'avoir supprimé celle admirable prose Qu'elle avait été composée dans le sein même de la capitale et spécialement pour cette Eglise. Une traduction ne pourrait être qu'une froide para phase cl la langue française ne saurait rendre l'énergie du texte.

Nous avous dit un mol de l'usage anciennement établi dans l'Eglise du Puy en Velay, de célébrer Y Annonciation , même le Vendredi saint, lorsqu'elle concourait avec ce jour. En l'année 1842 cela esl arrivé. On induit du souverain Pontife a fait revivre le privilège, et la fête a été solcnnisée au Vendredi saint. 11 y a eu, à cette occasion, un Jubilé ou grand pardon , et l'antique foi des peuples ne s'est pas montrée en défaut.

L'Annonciation est-elle une fêle de Noire- Seigneur ou bien une fête de la sainte Vierge? En consultant le Missel romain , elle serait classée parmi les fêtes de la Mère de Dieu. En effet, elle y est intitulée : In festo Annun- Uationis Beatœ Maria; la Préface y est celle de la Vierge, et ceci esl un caractère décisif. A Paris le Missel de Harlay lui impose ce litre : In Annuntiatione Dominica. Le Missel de Viulimillc, en 1738, la désigne sous ce litre : In Annuntiatione et Jncarnatione Domini, et la préface y est celle de Noël. Celle divergence notable mérite d'être examinée ; il est certain d'abord que le Sacramentel ro Grégorien l'appelle : Annuntiatio sanctœ Marie*. Un auteur hétérodoxe du dix-septième siècle, cité par Benoit XIV, fait observer que celle fêle doit être plutôt considérée comme celle d'un mystère de Notre-Seigneur. Suarex combat ce sentiment et dit que le grand bienfait de l'Incarnation ayant été annoncé à Marie, c'est à celle auguste Vierge que doit se rapporter l'honneur de la solennité , tandis que la fêle de Noël est plus spécialement celle de l'Incarnation du Verbe ; nous répondrons par des faits irrécusables. Dud de Mende , au treizième siècle, nous dit i cette (été est autant celle de Nolre-Scique celle de la sainte Vierge : Hoc nuirm feslum est de Domino et de Denta Maria, quare eadtm Prafatio dicitur in Natali et in Annuntiatione Domini. Nous voyons qu'à celle époque la Préface de la fête était celle de Noël ; nous y trouvons aussi que l'Introït, au lieu d'être Yuttum tuum qui dans le romain esl propre aux fêtes de la Vierge était alors : Borate cctli. Le nouveau Rit parisien de Vinlimille n'a donc fait que reprendre l'ancien usage, en adoptant l'Introït Borate vl la Préface de Noël. Le Missel de Harlay avait bien conscrvécetlnlroït.maisavailgarilé du ttil romain la Préfaco de la Vierge, fl rc-r

LiTvnuie.

sullerait de ce que nous venons de dire, que la Lilurgie romaine, au treizième siècle, considérait autant celte solennité comme fêle de Noire-Seigneur, que comme fête de la sainte Vierge. On a vu dans le premier paragraphe que la fête du 25 mars se nommait aussi très-anciennement : Annuntiatio Christi, Annuntiatio Dominica, etc. Un Bénédictionnal , annexé au Pontifical romain imprimé en 1511, porte la Bénédiction de ce jour sous le titre : In Annuntiatione Dominica; nous l'avons sous les yeux.

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